31 juillet, 2014

La conférence d'Yves Daoudal sur l'idéologie du genre

Yves Daoudal a mis en ligne sa conférence sur Jean-Paul II et le « genre » – ce pape qui a non
seulement participé au renversement du communisme, mais qui a, définitivement, intellectuellement, philosophiquement, spirituellement réglé son compte à l'infernale idéologie.

C'est à télécharger et à lire ici.

C'est une présentation circonstanciée des catéchèses de Jean-Paul II sur la « théologie du corps », nouvellement et heureusement traduites par Yves Semen qui en a fait une présentation scientifique aux éditions du Cerf.

C'est aussi une magnifique mise en lumière de l'œuvre prophétique réalisée par Karol Wojtyla, puis Jean-Paul II, en nous donnant avant même qu'ils déferlent sur le monde les réponses aux fléaux du mensonge et du néant du refus de l'œuvre de Dieu, « Homme et femme il les créa 7.

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30 juillet, 2014

Le Royaume-Uni se dote d'une “Banque centrale du sperme”

Le Royaume-Uni vient de se doter d’une Banque nationale de sperme en vue de mettre fin à la pénurie de gamètes dont souffre le système de santé (socialisé) du pays. Le mot « banque » est bien choisi : il n’est pas seulement question de financement, mais encore de vente, d’acheminement, de marketing, de recrutement amélioré des donneurs potentiels. Avec cela on a certes à peu près tout dit – de la logique marchande à la réification de l’être humain le chemin est bien balisé – mais l’affaire mérite un coup d’œil plus affiné.
Il s’agit d’abord de la première Banque nationale de sperme au monde : le Royaume-Uni se voit ici comme pionnier dans le développement d’un système destiné à mieux répondre à la demande des « milliers » de patients ou de couples qui, surtout au sein de la NHS (National Health Service, ou service national de la santé) se heurtent à la pénurie.
C’est le National Gamete Donation Trust (Fondation nationale pour le don de gamètes, NGDT) qui a engagé des fonds pour permettre la mise en place d’un projet ; c’est en juillet 2014 que le Département de la Santé britannique a choisi de les utiliser pour doter la Banque nationale de sperme en partenariat avec le Birmingham Women’s Hospital. Elle sera opérationnelle en octobre, annonce-t-on.
Pourquoi Birmingham ? Parce qu’il s’agit d’une ville centrale, avec une population importante, jeune et métissée, assure l’une des membres du NGDT, Natasha Canfer, dans Bionews. La Banque sera au centre d’un dispositif semblable à une roue, chargée de coordonner les activités d’autres banques qui rayonneront autour de son axe, aussi bien pour la fourniture d’informations, le recrutement de donneurs qui pourront être testés sur place, que la conservation des cellules reproductrices.
Pour Natasha Canfer, elle-même utilisatrice de la procréation artificielle avec donneur de sperme, qui a expérimenté aussi bien le circuit privé que le circuit public, la centralisation du don de sperme n’a que des avantages. Aujourd’hui, explique-t-elle, la demande est à la hausse alors que la pénurie sévit partout dans le royaume – et surtout dans les cliniques de la NHS. Les solutions actuelles se résument à l’inscription sur une liste d’attente, au recours à des circuits de dons non contrôlés, à l’importation, au voyage à l’étranger pour obtenir la procédure de procréation médicalement assistée ou à son arrêt pur et simple.
De fait, les médias ont souligné à diverses reprises que les Britanniques sont devenus dépendants des importations de sperme danois, mais ce n’est pas, assure Natasha Canfer, seulement une question fascination pour les beaux mâles danois. C’est que le Danemark a su se doter des bonnes « infrastructures » à la fois dans le domaine du recrutement que dans celui de l’accueil des clients – qu’il s’agisse des donneurs ou de celles qui cherchent à concevoir. Que manque-t-il aux Britanniques ? Dans la plupart des cliniques, ce sont la technique de vente bien huilée et une bonne stratégie de marketing qui n’ont pas été considérées comme des priorités.
L’existence d’une Banque nationale assurera à ceux qui ont besoin d’acheter du sperme l’accès facile à l’information sur les donneurs disponibles, ainsi qu’un processus de commande et de livraison efficace. La VPC de la PMA en somme…
Mais alors pour tous. La Banque nationale devra remplir son objectif qui est d’assurer à « tous » un accès sûr, équitable et plus important à un sperme de qualité élevée et constante, grâce à une coordination nationale indispensable, selon un groupe de travail de la British Fertility Society, pour que l’égalité des patients soit effective. Pour cela, il faudra d’abord augmenter le nombre de donneurs.
Le but est de les valoriser comme participants à la conception d’une nouvelle vie, de « quelqu’un qui aura le spectre complet des émotions et des sentiments » ; la nouvelle Banque fonctionnera dans le « respect » des donneurs qui seront systématiquement honorés et remerciés pour leur altruisme. La régulation publique permettra également aux enfants nés de ces techniques de bénéficier de ce que l’on est tenté d’appeler la « traçabilité » de leurs origines, puisque le don de sperme, au Royaume-Uni, n’est ni obligatoirement gratuit ni anonyme.
En outre, se félicite Mme Canter, la centralisation – qui est une forme de nationalisation – du don de sperme permettra de limiter le nombre de demi-sœurs et de demi-frères nés d’un même donneur, puisque le nombre de familles pouvant bénéficier des dons d’un seul homme sera limité à dix.
C’est une systématisation publique de la polygamie. 

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29 juillet, 2014

La lettre de remerciement d’une femme africaine à Meriam Ibrahim

Je traduis ci-dessous la lettre très émouvante de Obianuju Ekeocha à Meriam Ibrahim, la Soudanaise condamnée à mort pour « apostasie », après sa libération  et son exfiltration qui a été marquée par une première halte au Vatican. Mme Ekeocha est nigériane ; elle vit au Royaume-Uni. Cette scientifique biomédicale a fondé Culture of Life Africa et collabore avec des médias catholiques pour promouvoir la défense de la dignité et du caractère sacré de la vie.
La grande nouvelle de l’arrivée de Meriam Ibrahim m’a procuré tant de joie, tant d’enthousiasme. Les images de cette femme Africaine si gracieuse, si belle, son bébé dans les bras, descendant de l’avion appelaient les regards, spécialement après la douleur et la souffrance innommables qu’elle a vécues dans la prison soudanaise.
Alors j’ai pensé que, par une lettre très simple, je devais poser sur le papier mes réflexions et mes
pensées de gratitude pour cette intrépide fille de l’Afrique dont le monde entier célèbre aujourd’hui la libération.
Au nom de toutes les femmes africaines, je vous remercie, Meriam Ibrahim, pour avoir montré à la face du monde le courage indomptable qui est au cœur de la féminité authentique. Je dis cela parce que votre douleur et votre persécution étaient liées si clairement à votre féminité. Et par conséquent, votre triomphe a été un témoignage des plus puissants pour la vie, pour la maternité, pour le mariage, pour l’amour et pour la foi.
Vous êtes vraiment une image fidèle de la foi et de la vertu, un vrai symbole de la force et de la capacité de faire face. Vous êtes, à mon humble avis, une vraie femme de poids, une femme de poids africaine dont l’histoire remplit mon cœur de courage et d’audace pour ma propre vocation, la défense de notre culture africaine de la vie, du mariage, de la maternité, de la foi et de la famille, peu importe les difficultés, la honte ou la douleur que cela peut me causer.
Car sous le coup d’une persécution intense, vous avez refusé de renier votre foi chrétienne. Sous les menaces des extrémistes, vous êtes restée debout : témoin et martyre.
Dans la souffrance de l’incarcération, vous avez refusé de renier votre mari ou de renoncer à votre mariage.
Entravée par les lourdes chaines de la prison, vous aviez encore assez de force et de fierté pour donner la vie, pour donner naissance.
Sous le coup d’une sentence de mort certaine vous avez eu assez de détermination pour allaiter votre précieux petit bébé.
Par votre puissant exemple, le monde a pu voir la ténacité d’une jeune femme africaine qui, dans les pires conditions, a témoigné héroïquement des vertis de la foi, du mariage, de la maternité. Vos luttes indicibles, ces dernier mois, auront été le rayon lumineux le plus radieux qui a percé les nuages les plus noirs, en apportant la contradiction à un monde moderne qui nous dit que la foi ne signifie rien, que la liberté religieuse n’est pas si importante, que le mariage n’est que ce que nous voulons en faire, que la maternité doit résulter d’un choix afin de la réservé aux périodes qui nous arrangent le mieux, que nos bébés ne doivent naître qu’aux moments qui nous conviennent.
Vous, ma sœur africaine, vous êtes devenue un paratonnerre par rapport aux féministes radicales de notre temps qui répudient et dénigrent chaque vertu que vous incarnez. En votre corps, vous avez subi les marques et les cicatrices du vrai chrétien : comme épouse, mère et martyre. Et ainsi vous nous avez montré ce qu’est une femme autonome et libérée – et je suis heureuse de dire que cela n’a rien à voir avec ce que voudraient nous faire croire les radicaux et les idéologues d’Occident. Ils essaient de nous dire que pour que les femmes africaines deviennent autonomes, il leur faut devenir « sexuellement libérées » : égoïstes, individualistes et férocement autonomes. Mais vous, Meriam, par votre propre exemple, vous nous avez enseigné que la femme africaine libérée est la femme libre de vivre et de pratiquer sa foi, d’aimer son mari, et d’aimer ses enfants, nés ou pas encore nés. Une femme libérée, c’est une femme de foi, une femme pour la famille. C’est cela, la vérité qui doit être proclamée d’un bout à l’autre de l’Afrique.
Aujourd’hui, le monde entier vous regardait alors que vous respiriez l’air léger de la liberté, et que vous avez fait votre première halte, non pas à la Maison Blanche, mais plutôt à la maison de sainte Marthe – Casa Santa Marta – qui est aussi la maison du Saint-Père, le pape François. Au lieu de la poignée de main présidentielle que beaucoup auraient désirée d’abord, vous avez choisi celle du pape. Plutôt que la réception politique, vous avez choisi la bénédiction apostolique pour vous et pour votre famille. Vous avez préféré le pape au POTUS (ndlr : President of the United States of America).
Vous êtes une femme de grande sagesse, de grande force, et l’Afrique vous porte haut, elle vous honore, elle vous célèbre.
Nous sommes dans la joie avec vous et pour vous.
Nous sommes dans la joie parce que vous êtes enfin libre.
Et grâce à notre joie, je prie pour que davantage de femmes – de notre Afrique et de tous les coins du monde – réfléchissent profondément à votre expérience, afin de faire comme vous.
Je prie pour que des femmes de foi se lèvent et portent leur courageux témoignage, s’il le faut jusqu’au martyre.
Je prie pour que les femmes enceintes choisissent la vie pour leurs bébés, à tout prix.
Je prie pour les femmes qui sont épouses et mères pour qu’elles restent fidèles à leurs vœux et à leurs vocations.
Je prie pour qu’au-delà de la joie qui a gagné toute la terre, nous puissions être embellies de ne serait-ce qu’un peu de la vertu héroïque du féminisme authentique de Meriam Ibrahim, purifié et forgé dans le creuset enflammé de la persécution religieuse.
Obianuju Ekeocha,
Fondatrice et responsable de www.cultureoflifeafrica.com.


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28 juillet, 2014

Politique de l'enfant unique en Chine : le relâchement ne suffit pas

La Chine, qui doit à la masse de sa population son essor économique actuel, a trop joué avec sa démographie. Menacée d'un hiver démographique aux conséquences sociales désastreuses, elle a décidé de relâcher un peu sa politique de l'enfant unique mais les résultats ne sont pas au rendez-vous : c'est durablement, semble-t-il, que les Chinois se sont résignés à limiter de manière drastique leur descendance, pour de multiples raisons analysées par  The Economist.


Si l'on voulait bien appeler les choses par leur nom, on ajouterait que la Chine est victime des « structures de péché » – selon l'expression de Jean-Paul II – que des années de communisme ont consolidées.

L'assouplissement de la politique de l'enfant unique date de la fin de l'année dernière : désormais, si au moins l'un des deux membres d'un couple est enfant unique, un permis peut être délivré pour une deuxième grossesse. Les autorités de la commission nationale du planning familial envisageaient entre 1 et 2 millions de naissances supplémentaires à court terme, répondant au désir d'enfant frustré chez de nombreux couples. En définitive, fin mai, seuls 270.000 couples avaient fait la demande de ce permis de procréer ; 240.000 permis étaient accordés. Les autorités chinoises espèrent à terme une légère hausse de la natalité : 17 millions de naissances par an au lieu des 16 millions actuels.

Plusieurs freins ont joué, selon The Economist. Le premier est celui de la bureaucratie chinoise elle-même : dans les provinces, on a ralenti et compliqué les processus afin d'éviter un babyboom soudain que ni les hôpitaux, ni les écoles ne pourraient absorber. La paperasserie a été démultipliée, histoire d'éviter un embouteillage prévisible alors qu'en théorie, 11 millions de couples pourraient théoriquement demander à bénéficier de la mesure.

On notera au passage que loin de reconnaître le droit souverain des familles d'accueillir la vie, le gouvernement communiste chinois demeure intégralement dans le cadre de sa mainmise totalitaire, s'immisçant dans les alcôves avec la brutalité de toujours. Il reste impensable en Chine d'avoir un deuxième enfant, dans le cadre d'un contrôle de la population toujours aussi coercitif, sans passer par l'administration. Et qui dit contrôle, dit aussi sanctions, stérilisations, avortements forcés. A cet égard rien ne change.

Mais le permis de procréer n'est pas tout. Alors que la prospérité se répand parmi certaines catégories de la population, les familles chinoises ont peut-être envie d'avoir davantage d'enfants, mais redoutent les frais qui les accompagnent. Dans les villes, on se bat pour avoir une place dans une bonne maternelle : le choix se fait sur dossier, quasiment par concours. Le logement est cher. Et selon Crédit Suisse, il faut quelque 3.000 € par an pour élever un jeune enfant. C'est à peu près le niveau moyen des revenus en Chine.

A cela s'ajoutent les conséquences de 30 ans de politique de l'enfant unique : au lieu de pouvoir compter sur les grands-parents pour garder les enfants, bien des Chinois qui ont eu leur enfant tard sont maintenant obligé de prendre soin de la génération d'au-dessus comme de celle d'en-dessous. Et ils sont seuls, sans frère ou sœur pour alléger cette charge. Et la Chine ne connaît pas de système qui fait fonctionner (au meilleur des cas) la solidarité de tous.

La Chine affiche aujourd'hui 1,5 enfant par femme : en clair, d'une génération à l'autre, un quart de la population disparaît puisque le taux théorique de remplacement des générations est de 2,1. Il faut augmenter le rythme pour soutenir « la stabilité sociale et économique sur le long terme », affirme le journaliste. Cette capacité de remplacer ses générations serait « plus normale » pour un pays du niveau de développement de la Chine, note-t-il.

Et c'est là qu'on s'interroge. L'Europe connaît un taux de fécondité de 1,5 enfant par femme, ainsi que le souligne le journaliste. Comme la Chine. Mais sans s'en émouvoir du tout. Alors ce qui n'est pas normal pour la Chine le serait-il pour l'Europe ? Faut croire…


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27 juillet, 2014

Divorcés-remariés : les dominicains entrent en lice. C'est revigorant !


La revue thomiste Nova et Vetera publie un document très riche et très clair sur la question de « l'accompagnement pastoral des personnes divorcées remariées », dans la perspective du Synode extraordinaire sur la famille qui se réunira cet automne à la demande du pape François. On sait que le cardinal Kasper avait proposé un assouplissement de la procédure de reconnaissance de la nullité de certains mariages – et même un basculement de la voie juridique vers la voie spirituelle et pastorale – et l'accès à l'absolution et à la communion sacramentelles pour des divorcés « repentis » engagés dans une nouveau mariage civil.

Huit dominicains, John Corbett, O.P., Andrew Hofer, O.P., Paul J. Keller, O.P., Dominic Langevin, O.P., Dominic Legge, O.P., Kurt Martens, Thomas Petri, O.P., et Thomas Joseph White, O.P, issus de la Faculté pontificale de l'Immaculée Conception au Centre d'études dominicain de Washington D.C., de l'Athénée de l'Ohio et de l'Ecole de droit canon de la Catholic University of America, co-signent ce document de 21 pages à paraître dans l'édition d'août 2014 dans la revue théologique internationale.

Celle-ci a déjà publié en ligne cette étude très argumentée des Récentes propositions pour l'accompagnement pastoral des personnes divorcées remariées – Evaluation critique en anglais, allemand, espagnol, français et italien, accessibles ici. La version française est .

Après un rappel historique montrant que l'indissolubilité du mariage est un enseignement constant de l'Eglise qui n'a d'ailleurs jamais été facile à accepter, sans oublier de redire sa signification la plus profonde qui est de « servir de signe sacramentel de l'amour du Christ pour son Epouse, l'Eglise », le pères dominicains mettent en lumière ce qu'il y de vraiment nouveau dans les propositions du cardinal Kasper :

« Au cœur des propositions actuelles, il y a un doute sur la chasteté. C’est en effet la suppression de l’obligation de la chasteté pour les personnes divorcées qui est leur principale innovation, puisque les personnes divorcées remariées qui, pour une raison sérieuse (telle que l’éducation des enfants), continuent de vivre ensemble, sont autorisées par l’Église à recevoir la communion si elles acceptent de vivre en frère et sœur et s’il n’y a pas de risque de scandale. Jean-Paul II et Benoît XVI ont tous deux enseigné cela. 
En tous les cas, l’hypothèse des propositions en question est qu’une telle chasteté est  impossible pour les personnes divorcées. N’y a-t-il pas là un désespoir caché vis-à-vis de la chasteté et de la puissance de la grâce sur le péché et sur le vice ? Le Christ appelle toute personne à la chasteté, selon son état de vie, que celle-ci soit non mariée, célibataire, mariée ou séparée. Il promet la grâce d’une vie chaste. »
Le document note que l'autorisation de communier qui serait au contraire donnée à des couples qui font délibérément le choix de ne pas vivre dans la chasteté, ferait naître « un réel danger qu'ils soient confirmés dans leur vice », sans parvenir à comprendre leur « état de péché objectif », tout en décourageant la loyauté de ceux qui vivent chastement ou s'y efforcent, en reconnaissant leurs chutes et en demandant la grâce de l'absolution pour repartir dans une intention droite.

Il balaie les objections quant à une prétendue pratique des premiers temps de l'Eglise quant à un possible second mariage, en soulignant qu'il s'agissait de permettre le remariage de jeunes veufs et veuves, ou le remariage de l'adultère après une période de pénitence de sept ans – après la rupture de la relation adultère. Et ce nonobstant les glissements ultérieurs de la pratique orthodoxe orientale, auxquels les pères consacrent des pages sans ambiguïté.
« En outre, les propositions actuelles préconisent ce que même les orthodoxes orientaux n’accepteraient pas : la communion pour ceux qui vivent des unions civiles (adultères) non bénies. Les orthodoxes orientaux admettent les personnes divorcées remariées à la communion seulement si leur union ultérieure a été bénie au cours d’un rite orthodoxe oriental. En d’autres termes, l’admission de personnes divorcées remariées à la communion exigerait inévitablement de l’Église catholique qu’elle reconnaisse et bénisse les seconds mariages après un divorce, ce qui est clairement contraire au dogme catholique établi et à l’enseignement expresse du Christ. »
Il s'agit pour les pères dominicains de montrer que si débat il y a eu, il a toujours été résolu dans le même sens au sein de l'Eglise catholique, notamment de manière solennelle par le Concile de Trente en pleine tourmente de la Réforme.

Ne pas y adhérer, soulignent-ils, c'est ouvrir la voie à bien d'autres aberrations : divorce, contraception, accès d'homosexuels pratiquants à la communion, bénédiction d'unions de même sexe, comme le font aujourd'hui les anglicans.

« Ainsi, l’Église a rendu, dans le monde contemporain, un témoignage consistant à la vérité tout entière sur la sexualité humaine et la complémentarité des sexes. Le bien de la sexualité humaine est intrinsèquement lié à son potentiel à engendrer une vie nouvelle et sa juste place se trouve dans une vie partagée de fidélité réciproque et aimante entre un homme et une femme. Ce sont des vérités salvifiques que le monde a besoin d’entendre ; l’Église catholique est de plus en plus une voix solitaire qui les proclame. »
Serait-ce acceptable d'adopter les propositions de Walter Kasper dans le cadre d'une simple pratique pastorale ? Non, répondent les pères dominicains : cela nécessiterait « que l'Eglise accepte en principe que l'activité sexuelle en dehors d'un mariage définitif et fidèle est compatible avec la communion avec le Christ ».
« Si elle accepte cela, toutefois, on voit mal comment l’Église pourrait refuser d’admettre à la sainte communion des couples non mariés cohabitant ou des personnes engagées dans une union homosexuelle, etc. En effet, la logique de cette position suggère que l’Église devrait bénir de telles relations (comme le fait maintenant la Communion anglicane), et même accepter toute la gamme que comporte la « libération » sexuelle contemporaine. La communion pour les personnes divorcées remariées n’est que le début. »
Ils ajoutent qu'il est « très bon d'encourager » le désir de communion sacramentelle qu'éprouvent des divorcés remariés parce que cela peut les conduire à « se convertir » de leur péché, en renonçant à ce qui y fait obstacle. Un regret global quant au mariage antérieur ou à la situation nouvelle ne saurait suffire : il faut « la résolution de ne plus pécher ». Prétendre le contraire pourrait entraîner pour les divorcés remariés qui communieraient sans vouloir changer de vie – le ferme propos de s'amender – « des conséquences potentielles de la plus haute gravité ». Penser cela aboutirait également à « saper la doctrine de l'eucharistie ».

Les pères n'oublient pas de rappeler que le remariage des divorcés est cause de scandale, auquel leur accès à la communion sans intention de vivre dans la continence ajoute un nouveau scandale, faisant d'eux les « tentateurs de leur prochain ».

Sur l'argument de l'invalidité supposée de nombreux mariages, les pères dominicains apportent aussi des réponses précises, rappelant notamment que la validité du sacrement n'est pas fonction de l'état de grâce du ministre ou de sa foi mais « de la forme et de la matière correcte » ; il suffit que les mariés aient pour intention « les biens naturels du mariage ».

La lenteur des procédures juridiques pour faire reconnaître une véritable nullité ne saurait dispenser, expliquent-ils ensuite, d'avoir recours à cette procédure : il s'agit cependant de l'améliorer notamment en ce qui concerne l'instruction.

« On voit souvent l’approche pastorale comme opposée à l’approche canonique. C’est une  fausse dichotomie. Benoît XVI exhortait les séminaristes « à comprendre et – j’ose dire –à aimer le droit canon dans sa nécessité intrinsèque et dans les formes de son application
pratique : une société sans droit serait une société privée de droits. Le droit est condition de l’amour. » L’approche canonique est pastorale par nature, parce qu’elle pose les conditions nécessaires en vérité pour changer les cœurs. Là où cela ne se produit pas, c’est le droit canon lui-même qui a été mal interprété. Malheureusement, ce qu’on appelle souvent approche pastorale mène à des décisions arbitraires et donc injustes. C’est le danger imminent lorsqu’on envisage d’abandonner les procédures tracées par le droit. » 
Pas question, ajoutent les pères, de s'en remettre au jugement de la conscience individuelle des protagonistes de ces affaires : parce qu'il est subjectif, mais aussi parce qu'il pourrait faire du tort au mari ou à la femme abandonnée après le premier mariage, ou aux enfants : un procès privé ne suffit pas.

Que faire ? Pour les co-signataires de l'article, la première chose serait de remettre la chasteté à l'honneur. La deuxième, d'expliquer que le pardon et la miséricorde divines permettent réellement à l'homme de changer de l'intérieur pour « vivre libre du vice et du péché : ils guérissent. Mais pour cela, il faut « revitaliser la catéchèse sur ce point »… La troisième, de traiter les divorcés-remariés avec « respect » en les encourageant à continuer d'assister au « Sacrifice de la messe », à prier, à contribuer aux œuvres de charité, à « élever leurs enfants dans la foi chrétienne »… C'était là ce que demandait déjà Familiaris Consortio. La quatrième ? Mieux préparer au mariage. La cinquième : renforcer les tribunaux de première instance pour qu'ils puissent avoir les moyens de répondre aux demandes. Et enfin, montrer que l'enseignement de l'Eglise n'est pas intolérant mais vise le « bien authentique de toutes les personnes », et mène « au bonheur et à l'amour ».

Le texte intégral mérite vraiment d'être lu : je le répète, c'est par .


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26 juillet, 2014

Lituanie : autoriser l'euthanasie pour ceux qui ne peuvent se payer des soins palliatifs ?

On pourrait bien avoir besoin de l'euthanasie pour les pauvres qui ne peuvent se permettre d'avoir accès aux soins palliatifs : c'est l'aveu candide du nouveau ministre de la Santé en Lituanie, Mme  Rimantė Šalaševičiūtė, selon une déclaration rapportée ici le 24 juillet. Et traduite par l'excellent bioedge.org.

La franchise du ministre est à saluer : voilà enfin l'aveu clair du lien entre euthanasie et économie.

Rimantė Šalaševičiūtė vient de prendre ses fonctions au début du mois, après avoir été longtemps chargée des droits des enfants : cela ne s'invente pas.

Sans donner de précisions, elle a expliqué dans la presse locale que la Lituanie n'est pas un Etat-providence où les soins palliatifs seraient accessibles à tous, suggérant que l'euthanasie pourrait être une option pour ceux qui ne désirent pas tourmenter leurs proches en leur imposant le spectacle de leurs souffrances.

A peine entrée en fonctions, elle a également suggéré que la Lituanie puisse légaliser l'euthanasie pour les enfants, en notant que cette possibilité avait été offerte aux enfants belges au terme d'un long débat public. Pourquoi ne pas ouvrir ce débat en Lituanie ?

Même si la Lituanie souffre d'une démographie qui plonge et du taux de suicide le plus élevé au monde,  ce qui témoigne d'un fort instinct de mort, elle compte près de 80 % de catholiques : autant dire que les déclarations du ministre ont suscité des vagues dans son pays.

L'Eglise catholique, mais aussi de nombreux médecins, s'opposent clairement à l'euthanasie. Le Dr Andrius Narbekovas, qui est à la fois prêtre et médecin, et membre de la commission de bioéthique du ministère lituanien de la Santé, a réagi dans les médias :

« Le ministère de la Santé doit protéger la santé et la vie, au lieu de chercher des moyens d'ôter la vie. Il va sans dire que cela serait… profitable et rentable… Mais une société démocratique doit clairement comprendre que nous devons prendre soin des malades, et non les tuer. »

La démocratie n'a jamais été garante du respect des lois non écrites, encore moins du Décalogue… 

A moins qu'il ne faille mettre nombre de « démocraties » modernes au même rang que les démocraties populaires ?

Celles-ci ne sont pas des inconnues pour Rimantė Šalaševičiūtė : alors que la Lituanie était encore sous le joug soviétique, elle était membre du Parti communiste lituanien. En 1990, après le départ des russes, elle a rejoint le Parti démocratique du travail.

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25 juillet, 2014

Propagande pour l'avortement au Salvador : toujours le mensonge

L'agit-prop en faveur de l'avortement légal est en marche au Salvador où des organisations féministes brandissent le cas de 17 femmes emprisonnées, disent-elles, pour avoir avorté – et encore, spontanément. Au début du mois une manifestation de cent femmes devant l'ambassade salvadorienne au Nicaragua a même eu lieu pour demander leur libération.

L'affaire court depuis le début de l'année et a déclenché, fin mai, une enquête de la part de l'organisme officiel de protection des droits humains du Salvador (PDDH) a qui le Groupement citoyen pour la dépénalisation de l'avortement thérapeutique, éthique et eugénésique avait remis le dossier de chacune des 17 femmes.

Elle reçoit un écho international avec la mobilisation d'Amnesty International qui a lancé une campagne pour la légalisation au Salvador sous l'intitulé « Mon corps, mes droits ».

Une journaliste salvadorienne a lancé une contre-attaque en publiant une tribune dans le média en ligne elsalvador.com sur la réalité de ces 17 cas : toutes les femmes incarcérées, condamnées à de lourdes peines de 30 ou 40 ans, l'ont été pour « homicide » et non avortement, assure Evangelina del Pilar de Sol.

Il s'est agi systématiquement d'infanticides sur des nouveau-nés, tués après leur naissance à terme : noyés, asphyxiés dans des sacs en plastique, frappés à coups de couteau ou frappés tout court. Ils ont été retrouvés dans des cartons, des sacs en plastique,  des fosses septiques, l'un a même été retrouvé avec ses entrailles mangés par des animaux. La journalistes qui l'affirme commente : « Ce sont des assassinats aggravés, pas des avortements ! »

Les manipulatrices de l'opinion font croire, ajoute l'article, que les femmes en question ont été condamnées pour des « avortements spontanés », des fausses couches donc dont elles ne porteraient aucune responsabilité. La manœuvre est d'autant plus grossière que la peine pour l'avortement est fixée, au Salvador, à 2 à 8 ans d'emprisonnement, alors que les « héroïnes » mises en avant dans cette campagne purgent des peines bien plus longues qui correspondent en effet à l'assassinat.

La journaliste interpelle les députés salvadoriens en se disant prête à apporter les preuves de ce qu'elle avance, se bornant dans sa tribune libre à donner rapidement le détail de quatre des dis-sept dossiers.

Les scènes ou autopsies décrites sont horrifiques, comme celle de ce nouveau-né mis au monde par Cinthia Marcela Rodriguez, chez qui ont été trouvé plusieurs plaies causées par un couteau et même une estafilade de 9 cm de profondeur dans le cou. L'état des poumons prouve qu'il a respiré à la naissance. C'est donc cela, un « avortement spontané », selon les féministes ?

Les hispanophones trouveront la suite de l'article ici.

Infocatolica note que ce que veulent les féministes n'est pas la libération de ces femmes, mais la dépénalisation de l'avortement.


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Un référendum pour l'avortement en Irlande, demande une agence de l'ONU

Le même comité des droits de l'homme de l'ONU qui a enjoint au Chili d'élargir son projet de dépénalisation de l'avortement thérapeutique a également fait pression sur l'Irlande, où est pourtant entré en vigueur, cette année, la loi ouvrant la possibilité à l'avortement légal en cas de danger pour la vie de la mère, risque de suicide compris.

Assurant toujours – et de manière inexacte – que ces pays violent les traités internationaux de droits de l'homme en n'assurant pas l'accès à l'avortement dans certains cas, le comité demande à l'Irlande d'ajouter aux cas déjà visés par sa loi ceux de « viol, d'inceste, de risques graves pour la santé de la mère ou d'anomalie fœtale mortelle ».

Les fonctionnaires onusiens ont notamment demandé aux représentants de l'Irlande dans quelle mesure le fait d'obliger une femme menaçant de se suicider si elle devait poursuivre sa grossesse à se faire examiner par trois médecins avant de pouvoir obtenir un permis d'avorter était « conforme à l'obligation de la protéger de la torture mentale ».

Ils ont ajouté que la loi, avec ses exigences « compliquées », prive en pratique de leurs droits les femmes des milieux les plus défavorisés qui pourraient bien ne pas les comprendre suffisamment pour en obtenir le bénéfice. La loi actuelle – ce premier pas vers la légalisation de l'avortement dans un pays qui l'interdisait dans tous les cas, et qui affiche un taux de mortalité maternelle exceptionnellement bas – avait été obtenue sous la pression de l'Union européenne et de la Cour européenne des droits de l'homme.

Le comité de l'ONU, composé de 18 rapporteurs,  revient donc à la charge pour que l'Irlande aille elle aussi plus loin, sans quoi elle sera considérée comme « privant les femmes de leurs droits humains ».

L'agence onusienne a fait un appel solennel pour que l'Irlande organise un référendum sur l'avortement, encourageant ce pays qui a une des plus belles constitutions au monde à la modifier afin de permettre l'élargissement de la loi sur l'avortement.

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Une agence de l'ONU pousse le Chili à légaliser l'avortement “thérapeutique”

Le comité des droits de l'homme de l'ONU a enjoint au Chili d'étendre la liste des cas où « l'avortement thérapeutique » sera dépénalisé si le projet en cours promu par la présidente Michelle Bachelet voit le jour. Aux exceptions déjà prévues dans le projet socialiste – risque pour la vie de la mère, non-viabilité du fœtus ou grossesse consécutive à un viol – l'agence onusienne veut voir ajouté le cas de l'inceste.

Le Chili a fait les 7 et 8 juillet l'objet de la surveillance périodique des Etats membres de la part du comité des droits de l'homme. L'« examen » se déroule à Genève et permet aux technocrates onusien de scruter la législation et la politique des Etats sur des thèmes choisis. Comme souvent, c'est l'occasion d'une promotion éhontée de la légalisation de l'avortement qu'aucun instrument international ne prévoit d'imposer comme « droit humain ». Sans mandat et sans compétence, pourtant, sous le drapeau de l'ONU, bien des agences de l'organisation internationale jouent de pressions et de menaces en inventant une prétendue obligation de légaliser l'avortement ou de faire d'autres réformes dans le sens de la culture de mort.

C'est ce qui se passe ici : le Chili doit, selon le comité, se hâter d'adopter sa loi de légalisation de l'avortement « thérapeutique ».

Le Chili est à l'heure actuelle la cible du lobby de la mort : c'est un des derniers pays au monde à ne dépénaliser l'avortement sous aucun – en même temps, en Amérique latine, le Chili est le pays qui affiche le taux de mortalité maternelle le plus bas.

Le comité affiche sa « préoccupation » devant l'absence de la cause d'inceste et ajoute son inquiétude devant le nombre des « avortements clandestins » pratiqués dans ce pays qui ont eu pour conséquence des « morts maternelles » et, s'il faut en croire le compte-rendu du quotidien chilien La Nacion, des « grossesses adolescentes ». Comprenne qui pourra.

L'agence onusienne veut voir le Chili rendre les « services de santé reproductive » accessibles à toutes les femmes et adolescentes – tandis que celles-ci, tout comme les garçons, doivent bénéficier d'une « éducation sexuelle » afin d'éviter les « grossesses adolescentes ».

Poursuivant son ingérence, le comité à déploré que les lois « discriminent » à l'égard des femmes en maintenant en vigueur le régime de la « société conjugale ». « L'Etat doit accélérer l'adoption d'une loi pour abroger ce régime en assurent que le nouveau régime patrimonial du mariage garantisse l'égalité de droits de l'homme et de la femme », affirme le texte.

Le code civil chilien définit le mariage comme un contrat solennel par lequel un homme et une femme s'unissent actuellement et indissolublement, et pour toute la vie, afin de vivre ensemble, de procréer et de s'apporter un secours mutuel. L'un des régimes matrimoniaux, le plus communément choisi par les époux, est la « société conjugale » qui est également le régime par défaut. Dans ce régime c'est le mari qui administre à la fois les biens propres de l'homme, de la femme et les biens communs au couple ; en revanche celle-ci administre seule et pleinement les biens qui sont le fruit de son travail. Les époux sont libres de changer de régime matrimonial au cours du mariage.

Le comité des droits de l'homme insiste sur la nécessité de mener au Chili des campagnes d'éducation ou de sensibilisation pour en finir avec la discrimination à raison de l'orientation sexuelle ou de l'identité de genre.

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24 juillet, 2014

La loi sur l'égalite femmes-hommes définitivement votée (et l'“IVG” devient un droit)

Le Sénat et l'Assemblée nationale ont adopté le même jour, en seconde lecture, la loi sur l'égalité entre hommes et femmes. Lé Sénat, c'était ce matin ; l'Assemblée nationale tard dans la soirée. Personne n'a voté contre. Dans l'opposition, la plus grande partie de l'UMP s'est contentée de s'abstenir, même si d'aucuns ont osé dénoncer l'introduction dans la loi d'une disposition qui fait disparaître du droit toute référence à une condition de « détresse » pour la femme qui veut obtenir une « IVG ». Ainsi l'avortement devient un droit en France sans contestation possible. Ce qui était vrai déjà dans les faits et assez largement dans la loi est entériné. Et le projet de loi est définitivement adopté.

Texte idéologique par excellence, la loi sur l'égalité « femmes-hommes » prévoit notamment un partage obligatoire du congé parental de trois ans, droit ouvert à compter du deuxième enfant, entre les parents, le père devant en prendre au moins 6 mois. Dès le premier enfant, chaque parent pourra prendre 6 mois. Manière de souligner que papa et maman, c'est tout comme.

Pour les couples éclatés, l'Etat-nounou prendra le relais d'une nouvelle manière, puisqu'un fonds de garantie pour pensions alimentaires impayées verra le jour.

De nouvelles mesures pour la parité viennent compléter le dispositif déjà existant, avec des sanctions alourdies.

Car on veut changer non seulement les mœurs, mais aussi les « mentalités ».

La mesure symbolique qui fait disparaître la notion de détresse de la loi sur l'avortement n'est pas le seul aspect contestable de la loi, mais elle est le plus tragique. L'UMP, par la voix d'André Reichardt, a annoncé la saisine du Conseil constitutionnel sur ce point. 


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23 juillet, 2014

Pérou : des autorités religieuses et politiques signent une charte des “principes non négociables”


L’archevêque de Lima, le cardinal Juan Luis Cipriani Thorne, a participé avec des responsables d’autres confessions et des groupes politiques péruviens à la signature d’une charte intitulée « Engagement pour le Pérou » où sont énoncées les « valeurs » que chacun s’engage à défendre.
« Il s’agit de défendre la vie, la famille, le mariage, l’éducation et la liberté religieuse, c’est pourquoi je crois que c’est une plateforme constituée par ce que le pape Benoît XVI a appelé les biens et les valeurs non négociables », a déclaré le cardinal.
Les autorités ecclésiales, religieuses et politiques signataires s’engagent à unir leurs forces pour que la communion, le respect mutuel, la solidarité, la justice et le bien commun puissent prévaloir au sein de la nation, en promouvant le droit et le respect de la vie, la liberté religieuse, la défense et la promotion du mariage et de la famille, et le droit à l’éducation.
Cela représente la pensée de 95 % des Péruviens, a assuré le cardinal : tous ceux qui appartiennent aux confessions religieuses dont les responsables ont signé la charte. « C’est évidemment un rejet de l’avortement », a-t-il précisé, et notamment de « l’avortement thérapeutique » que le gouvernement péruvien tente d’imposer par voie règlementaire.
Et d’interpeller le gouvernement :
« C’est à lui de prendre des décisions, nous autres nous sommes dans le domaine des principes et des valeurs, mais c’est le gouvernement qui doit décider : par exemple, abroger ce guide de l’avortement thérapeutique serait un point de départ permettant de dialoguer davantage et savoir ce qui intéresse vraiment le pays. (…) Cette plateforme de défense de la vie, de la famille et de l’éducation a été détruite dans le monde et nous ne pouvons pas suivre ce chemin-là au Pérou. »
Les signataires de la charte, outre le cardinal de Lima et d’autres représentants de l’Eglise catholique, sont le Conseil national évangélique, l’Eglise anglicane, l’Eglise orthodoxe, l’Union des Eglises chrétiennes évangéliques, l’Eglise de Jésus-Christ des Saints des Derniers Jours, l’Association islamique et les communautés bouddhiste et baha’ie, et des membres de partis politiques péruviens.
S’agit-il là d’un « dialogue interreligieux » imprudent ou malvenu ? Non : les points mis en avant relèvent de la loi naturelle et constituent le point de départ et la condition de l’organisation juste de toute nation humaine, et la collaboration sur le plan humain en vue de leur mise en œuvre n’implique aucune édulcoration de la foi.
Et avec l’islam ? On sait combien la prudence s’impose dans ce domaine. Le texte affirme le respect de la liberté religieuse : c’est déjà une manière de se garder face au totalitarisme de l’islam qui, lorsqu’il est dominant, punit – et même de mort – toute conversion d’un musulman à une autre religion.
La Charte a été solennellement signée à la Bibliothèque nationale du Pérou : le parchemin est d’ailleurs confié à sa garde et y sera exposée tel un document historique.

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Italie : une école catholique menacée de sanctions pour “homophobie”

Le ministre italien de l’Education a menacé une école catholique de sanctions « sévères » après que sa directrice a décidé de ne pas renouveler le contrat à durée déterminée d’une enseignante au motif de son homosexualité. Stefania Giannini a annoncé dans le quotidien de gauche La Repubblica l’ouverture d’une enquête à l’encontre de Sœur Eugenia Libratore, accusée de « racisme » et de « discrimination » à l’égard de l’enseignante.
La religieuse avait interrogé ladite enseignante, objet de rumeurs persistantes, sur son « orientation sexuelle ». « Silvia » – le nom qu’elle a donné dans une interview à La Repubblica – n’a jamais confirmé qu’elle est lesbienne. « Me demander de réfuter des rumeurs à propos de mon orientation sexuelle, et faire dépendre de la réponse le renouvellement de mon contrat, était inacceptable. Comme s’il était normal de poser des questions sur ce qui se passe sous la couette des employés… »
Mais la directrice de l’école Sacro Cuore de Trente, tout en précisant que l’enseignante est une bonne professionnelle, a revendiqué le droit de cet établissement catholique de s’intéresser au comportement moral de son corps professoral pour satisfaire à son devoir de « protéger l’environnement de l’école » : « Nous avons un millier d’élèves ici. Voilà le problème : l’école catholique possède des caractéristiques et des exigences d’éducation qui lui sont propres : il nous semble que nous devons les défendre à tout prix. »
Il faut préciser qu’aussi bien des élèves et des parents de l’école, ainsi que certains collègues enseignants s’étaient plaints de la teneur de certaines déclarations faites par l’enseignante en cours. Un communiqué de la direction précise que « plusieurs personnes avaient fait part de leur désapprobation à propos du discours du professeur sur la sexualité, qu’ils considéraient inapproprié, pas à sa place et incompatible avec l’environnement scolaire ».
L’enseignante a mis en action le lourd arsenal de la dictature du relativisme en allant se plaindre à la Confédération générale du travail italienne (CGIL), non sans prévenir l’association militante pro-LGBT ArciGay qui a, de son côté, sommé le gouvernement italien de s’expliquer sur ce qui s’est passé dans cette « école privée financée par des fonds publics ». La responsable pour « l’Egalité des chances » de la province du Trentin, Sara Ferrari, a jugé pour sa part que s’il s’avère que le non-renouvellement du contrat a été en effet motivé par une considération liée à la sphère privée, ce serait « grave ».
« Silvia » accuse sœur Eugenia d’avoir interprété son refus de dire si elle avait une concubine comme « démontrant la réalité » des rumeurs. En lui proposant de rechercher la « guérison » de son attraction homosexuelle, ajoute l’enseignante, elle s’est montrée « raciste » : « Elle devrait réfléchir au concept d’homophobie. » « Silvia » s’est dite « particulièrement offensée » lorsque des recommandations sur l’homosexualité ont circulé dans l’école, où il était notamment question de « thérapie réparatrice ». »
« Ce qui m’arrive est digne du Moyen Age : cela fait penser à la discrimination subie par les Juifs ou les Noirs », a-t-elle ajouté, exprimant le souhait que les pouvoirs publics exercent un vrai contrôle à ce sujet sur les écoles privées qu’ils subventionnent.
L’enseignante a reçu le soutien d’Ivan Scalfarotto, militant homosexualiste et vice-président du Parti démocratique au pouvoir, secrétaire d’Etat à la Réforme constitutionnelle et initiateur de la loi « anti-homophobe ». Il a déclaré à La Repubblica qu’il faut une « évaluation civile-légale pour empêcher cette violation injustifiable du principe d’égalité et de non-discrimination sanctuarisé dans la Constitution, les conventions internationales et les lois » : que l’école en question reçoive des fonds publics, ajoute-t-il, « fait que cette histoire est encore plus insupportablement triste ».
Source : Hilary White, sur LifeSite.

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20 juillet, 2014

Cristiano Ronaldo ? Si l'IVG avait été légale, il ne serait pas là !

Et encore une belle histoire pour ce dimanche…

Cristiano Ronaldo, meilleur buteur de la sélection portugaise et attaquant au prestigieux FC Real Madrid aurait pu nejamais naître. Celui que l’on donne comme seul rival sérieux de Lionel Messi dans le panorama du football mondial aurait pu succomber à l’avortement.
C’est ce que vient de révéler Dolores dos Santos, sa mère, dans sa biographie intitulée Mère Courage. Elle vivait dans la pauvreté – presque la misère – sur l’île de Madère et avait déjà trois enfants. Le père ? Absent, la plupart du temps. Il fallait travailler sans relâche pour nourrir sa famille. A l’annonce de sa quatrième grossesse, elle a demandé l’avortement. Son médecin refusa.
Ce n’est pas parce que la méthode choisie alors par Dolores est inefficace – boire de la bière brune jusqu’à n’en plus pouvoir – que l’intention de se débarrasser de cet enfant n’était pas là.
L’avortement à la demande eût-il été légal à l’époque – et il l’est aujourd’hui… – le petit Ronaldo aurait été passé par pertes et profits.
Sa mère a raconté la scène qui a sauvé la vie à son fils à l’auteur de sa biographie.
Préoccupée par les difficultés qui s’annonçaient avec ce nouvel enfant, elle s’était décidée à demander l’avortement. Nerveuse et inquiète, elle ose en parler au médecin.
— D’aucune façon ! Vous n’avez que trente ans, il n’y a aucune raison physique pour laquelle vous ne pouvez pas avoir ce bébé. Vous verrez : ce sera la joie de la maison !
Dolores raconte que ces paroles l’avaient heurtée. La joie de la maison, une bouche qu’elle n’arriverait même pas à nourrir ? C’est une voisine du village qui, connaissant les angoisses de Dolores, lui recommanda sa recette de bonne femme. Après avoir bu la bière chaude, il fallait courir, courir, et le bébé « passerait » tout seul…
Il n’en fut rien. Et c’est alors que Dolores posa la main sur son ventre, et dit : « Si la volonté de Dieu est que cet enfant naisse, qu’il en soit ainsi. » Sa foi avait gagné.
Sachez cependant que si cette histoire vous a ému, vous devriez vous endurcir un peu, cultiver le cynisme. Tous ce qui est pro-vie est à la fois suspect et risible. La preuve ? Voyez comme la raconte PureBreak, site « people » qui joue les arbitres des élégances et de la réflexion, à sa façon…

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“America's got talent” : 12 frères et sœurs séduisent le jury

La belle histoire du dimanche

Merci au site « famille » de MercatorNet, FamilyEdge, pour cette jolie vidéo d'une famille qui s'aime ! Une famille nombreuse : l'âinée a 21 ans, la plus jeune 3. Et ensemble, ils ont constitué un orchestre. Parce qu'ils aiment être ensemble, et ça se voit.

La vidéo montre la participation des douze frères et sœurs à « America's got Talent » où ils livrent une version appalache des Joies quotidiennes, parce qu'après tout ils sont cinq de plus que les von Trapp…

Et leur joie est communicative. Le jury, ébloui, se demande d'où vient toute cette joie et cette harmonie – « Une chose est sûre, leur maman doit être épuisée ! ». Eh bien, la maman, Brenda Willis, semble être plutôt la grande sœur de son aînée. « Super Mom ! », dit celle-ci.

Autant dire que le jury est ébloui, par leur talent, leur énergie, leur allure. « Adorables ! » J'ajouterai : leurs bonnes têtes. Leurs costumes sans vulgarité. La croix et la fleur de lys fièrement portées par l'aînée. Le jury n'aura que compliments pour cette famille rayonnante – cette famille nombreuse où chacun apporte son propre talent et son individualité.





Leur histoire a commencé après la venue dans leur ville américaine d'un spectacle de danse irlandais. La vue de « Riverdance » a convaincu les parents, Brenda et Troy, que c'était là l'activité artistique qu'il fallait aux quatre enfants qu'ils avaient déjà.

A partir de là, rien n'a plus arrêté les enfants. Ils forment leur orchestre familial, chantent, dansent, s'offrent le temps de remporter des titres de lutte ou de natation, ils écrivent, composent… « C'est incroyable, la créativité dont ils font preuve à l'heure de faire la vaisselle ! », commente leur papa. Ils s'installent à Nashville, Tennessee – quand on a l'intention d'être les meilleurs, c'est là qu'il faut être.

Leur histoire fut tragique au départ. Le père de Troy Willis, pasteur, et sa mère, se rendaient en van familial depuis leur domicile au Tennessee vers le Wisconscin quand un morceau de débris tombé d'un camion au chargement mal arrimé – et conduit par un homme qui avait obtenu son permis contre un dessous de table – tomba sur leur voiture, provoquant un incendie qui fit périr six des neuf enfants du couple. C'était en 1994. La famille obtint 100 millions de dollars de dommages, grâce auxquels Troy put prendre sa retraite à 30 ans et s'occuper de faire développer les talents de ses enfants, aux côtés de sa femme qui avait depuis la naissance de son premier décidé d'être mère au foyer.

Troy note que ce destin n'est pas le lot de tous. Mais il souligne : « Nous vivons notre vie à plein. J'espère que les gens qui regardent notre show sauront dépasser le côté cirque et comprendre que si les parents veulent bien investir du temps et de l'énergie et de l'amour au bénéfice de leurs enfants, ils peuvent avoir le même genre de résultats. »

Si on préfère la musique irlandaise – avec des morceaux de danse époustouflants de légèreté et de maîtrise – il y a ceci :



Et leur site – avec une video de leurs talents variés, est par.

J'oubliais de vous dire : les douze enfants Willis ont bénéficié de l'école à la maison.


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19 juillet, 2014

Affaire Bogdan Chazan : le médecin défenseur de la vie s'exprime

LifeSiteNews publie une interview du Dr Bogdan Chazan par Natalie Dueholm. Elle a pu s’entretenir avec celui qui a été sanctionné pour avoir invoqué sa conscience face à l’avortement. Le maire de Varsovie, Hanna Gronkiewicz-Waltz, a annoncé sa révocation comme directeur de l’hôpital de la Sainte-Famille après son refus d’indiquer à une femme enceinte de près de sept mois un médecin qui serait prêt à éliminer son enfant atteint de malformations.
Cette femme de 38 ans, déjà victime de quatre fausses couches, est devenue enceinte pour la 5e fois à la suite d’une fécondation artificielle à la clinique de fertilité Novum de Varsovie, qui n’assure pas le suivi des grossesses. Elle a été orientée vers le Dr Maciej Gawlak de l’hôpital de la Sainte-Famille – celui du Dr Chazan. C’est lors d’une échographie à la fin de la 21e semaine révélant des anormalités que le Dr Gawlak a expliqué à la patiente quelle est la loi polonaise et qu’il l’a renvoyée vers un établissement plus spécialisé, l’Institut de la Mère et de l’Enfant, où de nouveaux tests furent réalisés. Le Dr Gawlak avait demandé à cet Institut d’envisager l’avortement, mais cela fut refusé.
De retour à l’hôpital de la Sainte-Famille, le Dr Gawlak reçut la femme en présence du Pr Chazan. Elle fit une nouvelle demande d’avortement au jour de la fin de la 24e semaine. La loi polonaise laisse une possibilté d’avortement eugénique au-delà de cette date, dans une sorte de « zone grise » où certains médecins assurent qu’un fœtus atteint de malformations n’est pas encore viable.  L’OMS, elle, fixe le début de viabilité à la fin de la 22e semaine.
Le Dr Chazan refusa alors l’avortement pour des motifs de conscience, mais proposa de suivre la femme et son enfant et d’assurer à celui-ci les soins palliatifs.
Le Dr Gawlak renvoyé alors la patiente vers un troisième établissement, l’hôpital Bielański, connu pour pratiquer des avortements : on lui expliqua que les délais étaient dépassés. La femme décida alors de donner naissance à son enfant plutôt que d’obtenir un avortement à l’étranger. C’est dans cet hôpital qu’elle a accouché ; son petit garçon a vécu quelques jours.
Voici ma traduction de l’entretien accordé par le Pr Chazan.
— Dr Chazan, vous avez été lynché par les médias, votre hôpital a été condamné à une amende, et vous avez été renvoyé de votre poste de directeur. Est-il fréquent en Pologne que des médecins soient aussi sévèrement sanctionnés ?
— Pas très souvent. Je dirais même : très rarement. En règle générale, par rapport aux gens comme moi, les choses se règlent dans la discrétion. Par exemple, plus souvent, les grandes sociétés n’embauchent pas de gynécologues qui ne prescrivent pas la contraception. Personne n’évoque ouvertement le recours à l’« objection de conscience ». On cache les choses, on ne laisse pas de traces écrites.
J’ai eu connaissance, par exemple, du cas d’une femme pro-vie très connue à qui l’on a refusé un cursus post-doctorat. Récemment, l’un des candidats au poste de directeur du service de gynécologie à l’Université médicale a été interrogé pour savoir qu’il avait signé la Déclaration de Foi et Conscience (NDLR : il s’agit d’une lettre ouverte signée plus de 3.000 médecins polonais exprimant leur hostilité à l’avortement et s’engageant à ne pas prescrire de contraceptifs). Ayant répondu par l’affirmative, il n’a pas obtenu le poste. Il y a peut-être d’autres circonstances, mais je n’en ai pas connaissance.
Votre hôpital a été puni d’une amende parce que vous êtes accusé d’avoir abusé de la clause de conscience en refusant d’orienter une patiente vers un médecin avorteur. Un médecin polonais peut-il véritablement refuser toute collaboration avec l’avortement ?
— Très simplement, non. Et en particulier, il ne peut le faire de manière ostentatoire, ainsi que je l’ai fait.
— Ostentatoire ?
— Je parle ici d’une situation où le médecin, de manière claire et ferme, refuse d’orienter une patiente vers un autre médecin ou un autre établissement en vue d’obtenir un avortement. Le plus souvent, les médecins se contentent d’invoquer la clause de conscience pour refuser de pratiquer l’avortement. Il faut rappeler qu’en Pologne, si l’on se réfère aux statistiques, chaque année « seulement » deux avortements sont pratiqués par service de gynécologie. La plupart des médecins – une majorité significative des gynécologues – ne pratiquent pas l’avortement dans les hôpitaux, ni dans leur cabinet privé. La plupart des médecins refusent pour des raisons morales.
— Pourquoi l’hôpital s’est-il vu infliger une amende de 17.000 euros ?
— Il s’agit d’une mesure punitive. Peut-être la meilleure façon d’éviter ce genre de problèmes à l’avenir consisterait-elle à signer des contrats avec le Fonds national de santé (FNS) gouvernemental qui exclueraient explicitement les procédures d’avortement. Mais le FNS serait-il d’accord ? J’estime que tant que restera en vigueur la loi actuelle qui permet les avortements eugéniques, seuls les établissements médicaux assurant le diagnostic prénatal « devraient » pratiquer des avortements. Bien évidemment, toutefois, je suis opposé à l’avortement n’importe où et pour n’importe quelle raison.
— Vous avez été révoqué à la suite d’une inspection menée par la ville Varsovie. Pouvez-vous commenter cette décision ?
— C’est une sanction douloureuse et injuste. Depuis que j’ai pris la direction, l’hôpital s’est développé, agrandi et modernisé, et les relations médecin-patient se sont améliorées. L’hôpital a gagné en popularité dans l’ensemble de Varsovie.
Je dois préciser cependant que techniquement, je n’ai pas encore été licencié. Le maire de Varsovie n’a fait qu’annoncer mon renvoi.
— Selon le rapport de la ville de Varsovie, la patiente a demandé l’avortement alors que la 24e semaine de grossesse était déjà révolue. Vous auriez pu refuser en lui indiquant simplement  que ce délai étant passé, l’avortement n’était plus légal. Au lieu de quoi vous avez refusé en vous fondant sur votre conscience. Pourquoi avez-vous choisi cette voie ?
— Je dois préciser qu’il n’est pas exact de dire qu’en Pologne, l’avortement est illégal au-delà de  la 24e semaine. Aucun règlement ne fixe le nombre de semaines au-delà duquel l’avortement ne serait plus possible. Cela est à la discrétion du médecin.
Lorsque – ainsi que me l’avait demandé la patients – j’ai exprimé par écrit mon refus basé sur l’objection de conscience, j’ai écrit honnêtement la raison pour laquelle je n’étais pas d’accord pour qu’un avortement soit pratiqué dans mon hôpital. J’ai également déclaré à la télévision que je ne pouvais imaginer que des avortements aient lieu à l’hôpital de la Sainte-Famille, à moins de lui donner un nouveau nom : l’hôpital Felix-Dzerzhinsky, en hommage à l’odieux meurtrier de la NKVD. (NDLR : Dzerzhinsky, qui sévissait dans la police secrète soviétique d’avant le KGB, est né en Pologne.)
— Selon le même rapport, deux autres hôpitaux ont refusé l’avortement à cette femme. L’un des refus était même antérieur au vôtre. Savez-vous si ces établissements vont subir des inspections publiques ?
— Oui, probablement. Nous aimerions savoir ce qui s’y est passé. Mais dans ces hôpitaux, personne n’a exprimé son refus par écrit. Tout s’est passé oralement. Il n’y a aucune trace de ces refus dans le dossier médical de la patiente.
— Le bébé que vous avez refusé d’avorter, et qui avait été conçu in vitro, était malade et présentait des malformations…
— Au cours d’une échographie et des IRM pratiquées à l’Institut de la Mère et de l’Enfant (ce n’est pas mon hôpital) les problèmes de l’enfant ne paraissaient pas si graves. Une opération semblait possible. Cependant, selon le Pr Dębski, la situation du bébé s’est révélée être plus grave à la naissance : en réalité, il ne pourrait pas vivre.
— Ce médecin, le Dr Romuald Dębski de l’hôpital Bielański, a décrit le visage du bébé à la télévision, avec des détails insupportables. L’avocat de la femme a dit que l’enfant n’aurait jamais dû naître. Quel est votre commentaire par rapport à cette discrimination à l’égard des bébés-éprouvette ?
— Il est bien triste que mon confrère ait montré ait fait preuve d’une telle cruauté à l’égard de cet enfant, en violation de sa dignité et de son humanité. Nous ne devrions pas traiter les personnes en fonction de leur aspect. Plus tard, le Dr Dębski, et moi aussi d’ailleurs, n’aurons pas non plus un aspect très engageant, nous pourrions même être horribles à voir. Je n’aimerais pas que les gens se détournent de moi. « Traitez les autres comme vous aimeriez qu’ils vous traitent. » C’est une bonne règle.
— De nombreuses études montrent que les enfants conçus in vitro ont plus de risques de présenter des défauts.
— Oui c’est vrai, et cela mérite d’être redit : les enfants conçus in vitro ont plus de risques de présenter des défauts. Mais cela ne signifie pas que nous ne devons pas aimer ces enfants. Ils méritent notre amour. Ils sont aimés de Dieu.
Soit dit en passant : je crains que ce type de « spectacle » réalisé par le Dr Dębski à la télévision n’augmente la peur des femmes d’avoir des enfants. Je crains aussi que cela n’augmente le degré de perfectionnisme déjà recherché par certaines femmes qui envisagent de devenir mères.
— Quels sont vos projets pour l’avenir ?
— Peut-être resterai-je à mon poste de directeur de l’hôpital de la Sainte-Famille. Peut-être Mme le maire de Varsovie reviendra-t-elle sur sa décision. Sinon, je pourrai toujours travailler à l’Université, à la Commission de la population du gouvernement (Rządowa Rada Ludnościowa), au Comité de la science démographique, ou à MaterCare International… Je peux également continuer mon travail de bénévole à Isiolo au Kenya. Si j’en ai le temps, et que Dieu me prête vie et force…

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