28 mai, 2015

La rencontre « confidentielle » à la Grégorienne à Rome autour du cardinal Marx. Objectif : faire basculer le synode vers l’acceptation des unions homosexuelles

Ce n’est pas moi qui le dis, mais le vaticaniste anglophone Edward Pentin, généralement bien informé. Il a rendu compte dans le National Catholic Register de la rencontre confidentielle qui a eu lieu lundi à Rome autour du cardinal Reinhard Marx, ou du moins de ce que l’on peut en savoir. L’objectif ? Il est simple : il s’agit de promouvoir les « innovations pastorales » mises en route par le cardinal Kasper et qui se sont invitées au synode extraordinaire sur la famille en octobre dernier. Organisée de manière confidentielle, discrète ou secrète, selon le point de vue, la réunion d’un jour a eu lieu à l’Université pontificale grégorienne. Le Rhin se jette une nouvelle fois dans le Tibre…
Voici ce qu’en dit Pentin. La rencontre a rassemblé une cinquantaine de participants : des théologiens, des évêques et même des représentants des médias, à l’invitation des présidents des conférences épiscopales d’Allemagne, de Suisse et de France, soit le cardinal Marx, Mgr Markus Büchel et Mgr Georges Pontier, archevêque de Marseille. Tout cela, on le sait, en revanche, la réunion s’est tenue à huis-clos et l’un des thèmes clefs, selon des participants qui ont tout de même parlé, était de déterminer comment  l’Eglise peut mieux accueillir les personnes se trouvant au sein d’unions stables de même sexe. Il semblerait que « personne » ne se soit opposé à la reconnaissance par l’Eglise de ces unions comme étant valides.
Incise.
— S’il y avait des représentants des médias, la rencontre ne peut pas avoir été confidentielle et discrète, et encore moins secrète !, direz-vous.
Mais si, justement. Un journaliste sait se taire, c’est même une de ses principales et paradoxales qualités. Il sait quoi dire, et jusqu’où. Il semble, s’il faut en croire Edward Pentin, ou plutôt un observateur qu’il cite, que ces représentants des médias soient importants dans le dispositif, leur rôle étant de promouvoir les thèmes soulevés et leur traitement, conformément aux choix de ce Rhineland Group qui pivote autour de l’épiscopat allemand, dans les semaines qui précéderont le synode sur la famille à l’automne prochain. Pour la France, des journalistes de La Croix  et d’I-Media étaient présents selon The New Catholic Register qui affirme être en possession de la liste complète des participants.
Quoi qu’il en soit la rencontre aura été à la fois une opération discrète et une opération de communication. S’agit-il de préparer les esprits à une tentative massive de modification de l’enseignement multi-séculaire – et surtout certain ! – de l’Eglise catholique ?
Outre le nouveau regard sur les unions homosexuelles, les participants ont évoqué, selon Pentin, la nécessité de « développer » l’enseignement de l’Eglise sur la sexualité humaine, afin de remplacer la « théologie du corps » de saint Jean-Paul II par une « théologie de l’amour ». Sur l’outrecuidance de ce discours je vous renvoie au blog d’Yves Daoudal, qui cite le communiqué des évêques allemands sur ce point, publié par leur « conférence » à l’issue de la réunion : « Un second temps a pris en compte les données d’une théologie de l’amour, réfléchissant notamment à la sexualité comme langage de l’amour et don précieux de Dieu. Cette théologie est en attente de propositions nouvelles, qui noue un dialogue intense entre la théologie morale traditionnelle et les meilleurs apports de l’anthropologie contemporaine et des sciences humaines. »
Comme si le monument de la théologie du corps n’avait pas existé…
Mais poursuivons avec Pentin. « Un prêtre suisse a mis en avant « l’importance de la libido humaine » ; un autre participant, parlant de la communion pour les divorcés remariés, demande : « Comment pouvons-nous la refuser, comme si c’était une punition pour les gens qui ont eu un échec et qui ont trouvé un nouveau partenaire avec qui commencer une nouvelle vie ? »
Selon La Stampa, Anne-Marie Pelletier, docteur en science des religions, lauréate du Prix Ratzinger en 2014, a salué le dialogue qui a eu lieu entre théologiens et évêques comme un « vrai signe des temps ». L’Eglise doit entrer « dans une dynamique d’écoute mutuelle », a-t-elle dit selon le quotidien italien, où le magistère continuera de guider les consciences mais ne pourra le faire de manière efficace qu’en se faisant « l’écho des paroles des baptisés ». Et d’ajouter que la réunion avait « prix le risque de la nouveauté, dans la fidélité au Christ ». Un autre participant cité par La Stampa a déclaré, selon celui-ci, que le synode serait un « échec » qu’il continuait simplement d’affirmer ce que l’Eglise a toujours enseigné.
« Fidélité au Christ » ? On peine à y croire.
Cette nouvelle « écoute » de l’Eglise, réclamée par les évêques de Suisse, et d’Allemagne est revendiquée à l’heure où les laïcs de ces pays ont répondu massivement aux questionnaires dressés dans la foulée des Lineamenta du synode en réclamant une adaptation de l’enseignement de l’Eglise à la réalité du monde sécularisé.
Edward Pentin rapporte que le cardinal Reinhard Marx est sorti de la réunion en insistant sur le fait qu’elle n’était pas « secrète », mais pressé de questions sur le manque de publicité qui lui avait été donnée, il s’est irrité, affirmant qu’il était là de manière « privée » et qu’il avait tous les droits de s’y rendre comme il voulait.
Personne ne se trompe en tout cas sur les grands objectifs de la rencontre, discrète ou pas, puisque le cardinal Marx ne cache pas sa volonté de voir modifier l’approche de l’Eglise vis-à-vis des homosexuels : dimanche dernier, jour de la Pentecôte, son homélie appelait à une « culture de l’accueil » de la part de l’Eglise à l’égard des homosexuels : « Ce ne sont pas les différences qui comptent, mais ce qui nous unit. »
Parmi les participants, Edward Pentin évoque la présence du chef de la conférence épiscopale suisse, Mgr Büchel de Sankt-Gallen qui préconise l’ordination des femmes. Mgr Pontier, également présent, ne brille pas par la rigueur de ses déclarations. Le Père jésuite Hans Langendörfer, secrétaire général de la conférence épiscopale d’Allemagne, a été la cheville ouvrière de lois du travail allemandes qui permettent aux divorcés remariés et aux couples homosexuels de travailler au sein d’institutions catholiques.
Une mention spéciale pour le P. Eberhard Schockendorff, théologien moral : les catholiques allemands de tournure plus traditionnelle y voient le « cerveau » des attaques contre l’enseignement certain de l’Eglise au sein de l’épiscopat allemand. Il est connu comme critique de Humanae vitae et comme soutien du clergé homosexuel, ainsi que de tous ceux qui demandent une modification de l’éthique sexuelle. Dès 2010, il donnait une interview où il rendait hommage à la permanence et à la solidarité que l’on constate au sein de certaines unions homosexuelles, d’une réelle « valeur éthique », disait-il. Toute évaluation des actes homosexuels « doit être reléguée au siège arrière » parce que les fidèles se distancient toujours davantage de la « morale sexuelle catholique » qui leur paraît « irréaliste et hostile », disait-il. Le pape et les évêques « doivent prendre cela au sérieux et ne pas rejeter ces idées comme laxistes », disait-il. Sans surprise, il propose de « libérer » la théologie morale de la « loi naturelle » et que la conscience doit s’appuyer sur « l’expérience de vie des fidèles ».
Il est partisan de l’accès des divorcés remariés à la communion au motif que cela « ne remet pas sérieusement en cause l’indissolubilité du mariage », ce qui est le signe soit d’un ramollissement cérébral soit d’une totale absence de foi en la présence réelle de Notre Seigneur dans l’Eucharistie…
Edward Pentin cite encore parmi les présents Marco Impagliazzo, président de la communauté laïque Sant’Egidio, le père jésuite Andreas Battlogg, professeur de philosophie et de théologie, rédacteur en chef du journal de gauche Zimmen der Zeit, et le salésien Mgr Markus Graulich, auditeur prélat de la Rote romaine, l’un des rares représentants officiels de la Curie à prendre part à ce qu’il faut bien appeler cet exercice subversif.
On voit bien où tendait la rencontre, quels étaient ses objectifs, quelle est sa stratégie de présence médiatique. Pourquoi le demi-secret ? C’est Jean-Marie Guénois du Figaro qui a le premier annoncé le rendez-vous :  ce « fuitage » a-t-il été délibérément organisé ou l’affaire a-t-elle échappé des mains des organisateurs ?
Ils peuvent se vanter en tout cas d’avoir remis au centre de la discussion des questions qui sont closes depuis longtemps. Qui se lèvera pour résister ?

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27 mai, 2015

P. Linus Clovis : « l'Effet François » désarme des catholiques qui n'osent plus affirmer la doctrine catholique

Les 8 et 9 mai s'est tenue à Rome une série de conférences dans le cadre du Forum sur la vie, co-organisé par “Voice of the Family”, LifeSiteNews et Human Life International et, sur place, par “Famiglia Domani”. Je vous propose ici la traduction de l'allocution de l'abbé Linus Clovis, prêtre à Sainte-Lucie, aumônier du Population Research Institute, qui œuvre à la diffusion du message et des demandes de Notre Dame de Fatima, sur l'« Effet François » et la manière dont certains propos du pape sont parvenus à faire taire des catholiques sur les vérités de la foi et de la morale catholiques.

Ce texte, je le verse au débat en sachant qu'il va peut-être choquer certains, paraître irrespectueux ou inopportun. Que les choses soient donc clairement dites : il ne s'agit pas, dans mon esprit – pas plus, comme le montrent les conclusions de ce texte, que dans celui du P. Clovis – d'un appel à la déloyauté, à la critique malveillante du Saint-Père. Mais il ne faut pas non plus taire la confusion qui règne ni la manière dont l'exploitation de certains propos du pape par les médias laissent croire que la doctrine serait en train de changer.

Nous savons que la doctrine ne changera pas, et que les portes de l'enfer ne prévaudront pas contre l'Eglise qui a la promesse de la vie éternelle. Nous savons que c'est seulement en son sein, et sous la conduite du Saint-Père assisté par le Saint-Esprit, que nous atteindrons le bon port.

Cela n'empêche pas de poser le problème tel qu'il est aujourd'hui, avec une filiale inquiétude et une non moins filiale confiance. Mais pour autant que nous avons un rôle à jouer dans cette crise qui est réelle au sein de l'Eglise – et nous l'avons par rapport à nous-mêmes et à nos prochains – il me paraît important de faire connaître cette réflexion, qui porte sur le droit du laïc de rappeler la vérité qu'il sait immuable.

J.S.


P. Linus Clovis
Une crise est un temps de grandes difficultés ou de danger. Sur le plan médical, c’est le tournant
décisif d’une maladie où un changement important se produit, débouchant sur la guérison ou sur la mort.
Mgr Athanasius Schneider a identifié quatre grandes crises dans l’Eglise : l’arianisme, le schisme d’Occident, la réforme et le modernisme. Ce dernier, contre lequel l’Eglise se bat depuis bien plus d’un siècle est parvenu à opérer une mainmise sur l’Eglise depuis la clôture du Concile Vatican II.  Saint Pie X l’a qualifié de synthèse de toutes les hérésies.
Au cours de ces cinquante dernières années la majorité des catholiques, faisant confiance à la vigilance de leurs pasteurs, ont dormi de manière irrégulière, mais les voici subitement réveillés par l’alarme déclenchée par le synode extraordinaire sur la famille de 2014. Un futur Jérôme pourrait bien se lamenter de voir qu’en se réveillant « ils se découvrent, avec horreur, modernistes ». Le drame du Synode qui s’est joué dans les médias, où tel cardinal était opposé à d’autres cardinaux, les évêques contre des évêques et les conférences nationales des évêques faisant de la résistance face à d’autres conférence nationale, semble être la réalisation littérale de la prophétie de Notre-Dame à Akita le 13 octobre 1973 : « L’action du diable s’infiltrera même dans l’Église, de sorte qu’on verra des cardinaux s’opposer à des cardinaux, des évêques contre d’autres évêques. Les prêtres qui me vénèrent seront méprisés et combattus par leurs confrères… l’Église sera pleine de ceux qui acceptent les compromis. »
Soudain, certains pasteurs ont commencé à parler d’une voix étrange. Avec une  témérité stupéfiante, le cardinal Timothy Dolan, commentant le « coming out » d’une star gay du football américain, a déclaré au programme « Meet the press » de NBC : « Tant mieux pour lui, je n’ai aucunement l’idée de le juger… Dieu te bénisse. Je ne pense pas… Regardez, la même Bible qui nous dit, qui nous enseigne bien en ce qui concerne les vertus de chasteté et de fidélité, et le mariage, nous dit également de ne pas juger les gens. Alors j’aurais envie de dire “Bravo”. »
Confrontés à de telles déclarations et de telles actions de la part de prélats puissants, de premier plan, que vient couronner la scie pontificale du « qui suis-je pour juger », les évêques de tournure traditionnelle, les prêtres et même les laïque sont désarmés et paralysés. Après tout, s’ils restent fermement attachés à l’enseignement moral et à l’ordre catholique traditionnels, ils risqueraient d’être tôt accusés d’être plus catholiques que le pape. Ce désarmement du clergé et de la hiérarchie constitue « l’Effet François ».
Le Pape





  Pour écouter la conférence en anglais, “clic” sur la flèche.
                                                           Source : LifeSiteNews.

 Les catholiques aiment le pape. Qui qu’il soit, où qu’il vienne, il représente toujours pour eux un signe évident et efficace de la présence du Christ dans le monde. Même avant que Notre Dame ne demande aux enfants de Fatima de prier pour le Saint Père, elle qui a répété cette demande à Akita le 13 octobre 1973 en disant : « Priez beaucoup pour le pape, les évêques et les prêtres », les catholiques priaient quotidiennement pour lui et ils ne se tournent pas seulement vers lui comme chef mais le considère également comme cette fondation ferme et sûre sur laquelle repose l’autorité de l’Eglise pour enseigner. Pour les catholiques, la pureté de l’enseignement est tellement importante qu’il est en fait plus facile pour eux d’accepter la possibilité que le pape puisse ne pas être le pape, qu’il ne l’est de croire qu’un pape puisse enseigner l’erreur.
Le Catéchisme de l’Église catholique (CEC)  enseigne que « la transmission de l’Évangile s’est faite de deux manières : oralement (la sainte tradition) et par écrit (l’Ecriture sainte) » et qu’il est « continuellement proclamé à travers la succession apostolique » (le Magistère). Il définit l’Ecriture sainte comme « la parole de Dieu en tant que, sous l’inspiration de l’Esprit divin, elle est consignée par écrit ». Etant inspirée par Dieu, elle est « utile pour enseigner, pour reprendre, pour corriger, pour instruire dans la justice ». Au paragraphe 81, le Catéchisme affirme que « la sainte Tradition porte la parole de Dieu, confiée par le Christ Seigneur et par l’Esprit Saint aux apôtres, et la transmet intégralement à leurs successeurs, pour que, illuminés par l’Esprit de vérité, en la prêchant, ils la gardent, l’exposent et la répandent avec fidélité ».
Tout au long de ses lettres Saint-Paul insistait sur le fait qu’il n’avait pas inventé une nouvelle doctrine et qu’il n’avait pas dévié de ce que lui-même avait reçu. En ce qui concerne l Eucharistie en particulier il déclarait : « Car j’ai appris du Seigneur ce que je vous ai moi-même transmis, que le Seigneur, la nuit où il était livré, prit du pain… » (1Cor.11:23) ; et il prévenait encore dans le verset 29 que « quiconque mange et boit indignement, mange et boit sa propre condamnation, ne discernant pas le Corps du Seigneur ». Avec plus de force encore, il dit aux Galates que certains cherchent à pervertir l’Evangile du Christ, de telle sorte que « si quelqu’un, fût-ce nous-même ou un ange du ciel, vous annonçait un autre évangile que celui que nous vous avons annoncé, qu’il soit anathème ! » (Gal. 1, 8).
En ce qui concerne le Magistère ou la charge d’enseignement propre à l’Eglise, le Catéchisme en son paragraphe 85 déclare que « la charge d’interpréter de façon authentique la Parole de Dieu, écrite ou transmise, a été confiée au seul Magistère vivant de l’Église ». Puisque l’Eglise exerce son autorité au nom de Jésus Christ, il s’ensuit que la « charge d’interpréter » a été transmise « aux évêques en communion avec le successeur de Pierre, l’évêque de Rome ».
En outre, le Catéchisme dans son paragraphe 86 souligne encore que « le Magistère n’est pas au-dessus de la parole de Dieu, mais il la sert, n’enseignant que ce qui fut transmis, puisque par mandat de Dieu, avec l’assistance de l’Esprit Saint, il écoute cette Parole avec amour, la garde saintement et l’expose aussi avec fidélité, et puise en cet unique dépôt de la foi tout ce qu’il propose à croire comme étant révélé par Dieu ».
Le Magistère possède l’autorité de lier définitivement les consciences des fidèles en matière de foi ou de morale et le fait au moyen de définitions dogmatiques, comme le montre CCC § 88 : « Le Magistère de l’Église engage pleinement l’autorité reçue du Christ quand il définit des dogmes, c’est-à-dire quand il propose, sous une forme obligeant le peuple chrétien à une adhésion irrévocable de foi, des vérités contenues dans la Révélation divine ou bien quand il propose de manière définitive des vérités ayant avec celles-là un lien nécessaire. »
Le Magistère pontifical selon l’enseignement de Vatican 1 (D.3070) n’a pas été établi en vue de révéler une nouvelle doctrine mais plutôt pour garder et transmettre fidèlement les vérités de la foi confiées par le Christ à ses apôtres. « Car le Saint-Esprit n’a pas été promis aux successeurs de Pierr pour qu’ils fassent connaître sous sa révélation une nouvelle doctrine, mais pour qu’avec son assistance ils gardent saintement et exposent fidèlement la Révélation transmise par les apôtres, c’est-à-dire le dépôt de la foi. »
Alors que les fidèles doivent obéissance au pape en tant que Vicaire du Christ, le  pape lui-même doit obéissance à la Parole et à la Tradition apostolique et par ce moyen, il facilite l’obéissance des fidèles à son égard. Dans un monde qui n’est pas sans ressemblance avec celui « où il se passera des jours nombreux, pendant lesquels Israël sera sans vrai Dieu, sans prêtre, sans docteur et sans loi » (2 Chr. 15,3)  il est nécessaire que le pape se montre sage et clair dans son enseignement afin que ceux qui l’écoutent puissent éviter les pièges de la mort : « Veille sur toi-même et sur l’enseignement, persévère dans ces choses, car en faisant cela, tu te sauveras toi-même et ceux qui t’écoutent. »
Le pape Félix III, qui vivait dans un monde hostile au message de l’Évangile, voyait la nécessité de corriger l’erreur et de renforcer la vérité, affirmant qu’une erreur à laquelle on ne résiste pas est approuvée ; une vérité qui n’est pas défendue est supprimée.
Le pape François
Dès la première année de son pontificat, le pape François a réussi à mettre mal à l’aise même les moins critiques des catholiques, qui essayaient désespérément de justifier l’ambiguïté de ses paroles et de ses actions. Le fait que les ennemis traditionnels de l’Eglise lui réservent leur haute approbation suscite des inquiétudes, notamment en raison de la mise en garde du Seigneur : « Si le monde vous hait, sachez qu’il m’a haï avant vous. Si vous étiez du monde, le monde aimerait ce qui serait à lui ; mais parce que vous n’êtes point du monde, et que je vous ai choisis du milieu du monde, c’est pour cela que le monde vous hait. Souvenez-vous de la parole que je vous ai dite : Le serviteur n’est pas plus grand que son maître. S’ils m’ont persécuté, ils vous persécuteront aussi : s’ils ont gardé mes paroles, ils garderont aussi les vôtres. »
Les inquiétudes des catholiques ont grandi de manière proportionnelle à la densité du brouillard recouvrant la véritable position du pape sur les questions clefs. On raconte qu’en tant qu’archevêque de Buenos Aires, désirant apparemment être aimé de tous, de faire plaisir à tous il avait tendance à émettre des signaux mélangés, de telle sorte qu’« un jour il était capable de faire un discours contre l’avortement à la télévision, et le lendemain, dans la même émission, on le voyait bénir les féministes pro-avortement de la Plaza de Mayo. Il peut faire un discours magnifique contre les francs-maçons et, quelques heures plus tard, dîner et boire avec le Rotary Club. Saint Jean rapporte que certains de ceux qui suivaient le Christ était des pharisiens : « Plusieurs néanmoins des sénateurs mêmes crurent en lui ; mais à cause des pharisiens ils n’osaient le reconnaître publiquement, de crainte d’être chassés de la synagogue. Car ils ont plus aimé la gloire des hommes, que la gloire de Dieu. »
L’effet François consiste à désarmer et à réduire au silence les évêques catholiques, les prêtres et le laïcat. Rester fermement attaché à la doctrine catholique et à sa pratique ressemble à un acte de déloyauté à l’égard du pape ; mais acquiescer, c’est trahir l’Eglise.
A la consternation des catholiques et pour la plus grande satisfaction du monde, le pape François a suscité de nombreuses et importantes controverses, la plus remarquable d’entre elles étant son commentaire : « Qui suis-je pour juger ? » Cette question pontificale a aussitôt désarmé tous ceux qui résistent aux incursions du lobby gay. Le Saint-Père s’était abstenu de faire les distinctions requises, à savoir que l’Église ne juge pas les personnes mais qu’elle a le droit et le devoir de juger leurs actions et leurs enseignements. L’Eglise n’a jamais jugé la morale personnelle des archi-hérétiques eux-mêmes, mais elle a certainement mise en garde les fidèles quant au caractère pernicieux de leurs enseignements. Lorsqu’il écrit aux Corinthiens, saint Paul lui-même valide cette position : « Mais quand je vous ai écrit que vous n’eussiez point de commerce avec ces sortes de personnes, j’ai entendu que si celui qui est du nombre de vos frères, est fornicateur, ou avare, ou idolâtre, ou médisant, ou ivrogne, ou ravisseur du bien d’autrui, vous ne mangiez pas même avec lui. Car pourquoi entreprendrais-je de juger ceux qui sont hors de l’Eglise ? N’est-ce pas de ceux qui sont dans l’Eglise que vous avez droit de juger ? Dieu jugera ceux qui sont dehors ; mais pour vous, retranchez ce méchant du milieu de vous. » (1 Cor. 5 :11-13).
Les catholiques se sont inquiétés encore davantage lorsque les déclarations pontificales semblaient s’en prendre au troupeau : on se souvient l’assertion selon laquelle « c’est une présumée sécurité doctrinale ou disciplinaire qui donne lieu à un élitisme narcissique et autoritaire » ; et de son accusation selon laquelle on parle trop de la contraception  et de l’avortement. Qui, hormis les provie, cela pouvait-il viser ? Vittorio Messori, dans son livre En défense de chaque vie, cite Jean-Paul II qui disait : « Il est difficile d’imaginer une situation plus injuste (que l’avortement), et il est très difficile de parler l’obsession à ce propos, alors que nous parlons d’un impératif fondamental de toute bonne conscience : la défense du droit à la vie d’un être humain sans défense et innocent ».
 La très grande majorité des catholiques peut témoigner de ce qu’en général les prédicateurs de l’Evangile n’évoquent jamais les questions de la contraception ou de l’avortement. Mais à propos de ces choses, saint Paul ordonne aux prédicateurs de « presser les hommes à temps et à contre-temps ; reprenez, suppliez, menacez, sans vous lasser jamais de les tolérer et de les instruire » (2 Tim. 4 :2)
L’affaire « Rabbitgate » (l’affaire des « lapins ») a été particulièrement blessante pour les mères catholiques du monde entier, spécialement celles qui ont donné naissance à leurs enfants au prix de lourds sacrifices personnels. Le pape qui avait déclaré « Qui suis-je pour juger » dit désormais : « J’ai admonesté une femme qui en était à sa huitième grossesse après sept césariennes ; [je lui ai dit :] "Vous voulez que vos enfants soient orphelins ?". Il ne faut pas tenter Dieu… Il (Paul VI) parle de paternité responsable. »
Non content de reprendre cette femme-là, il a étendu son jugement au monde entier : « Oui, Dieu nous donne des moyens… Mais excusez-moi, il y en a qui croient que pour être de bons catholiques, on doit être comme des lapins ! Paternité responsable : pour cela, dans l’Église, il y a des groupes  conjugaux, des experts sur ces questions, et il y a aussi des pasteurs. Et je connais de nombreux moyens licites, qui ont aidé dans ce domaine. »
Dans l’actuel climat d’impératifs pastoraux, sa position sur Humanae Vitae, la pierre d’angle de l’éthique sexuelle catholique, est incertaine, d’autant plus qu’on parle d’aller au-delà de ce que l’encyclique enseigne. Tout aussi alarmante est son apparente ouverture au « mariage gay » sous forme d’« unions civiles ». Mais le plus troublant est bien son soutien déclaré au cardinal Kasper qui, lors du synode de 2014, a appelé à permettre aux divorces remariés d’accéder à l’Eucharistie sans changer au préalable leur statut marital. Cela a touché les catholiques au vif et a suscité des inquiétudes quant à l’orthodoxie du pape.
Ces déclarations papales ambiguës n’ont pas seulement suscité de l’inquiétude mais aussi de la confusion parmi les catholiques qui pour la plupart, hésitent à critiquer ou à juger le pape. Mais ici comme précédemment il faut faire une distinction : ce n’est pas la personne du pape que l’on juge mais plutôt ses actions. Il faut préciser aussi que le jugement de ses actions ne vise pas à produire de l’indignation, mais qu’au contraire il est porté parce que ces actions sont cause d’indignation parmi les fidèles et menacent leur foi.
Ce jugement à propos du pontife peut se faire en invoquant l’autorité de saint Paul qui dit aux Galates : « Or Céphas étant venu à Antioche, je lui résistai en face, parce qu’il était répréhensible. Car avant que quelques-uns qui venaient de la part de Jacques fussent arrivés, il mangeait avec les gentils ; mais après leur arrivée, il se retira, et se sépara d’avec les gentils, craignant de blesser les circoncis. Les autres Juifs usèrent comme lui de cette dissimulation, et Barnabé même s’y laissa aussi emporter. Mais quand je vis qu’ils ne marchaient pas droit selon la vérité de l’Évangile, je dis à Céphas devant tout le monde : Si vous qui êtes Juif, vivez comme les gentils, et non pas comme les Juifs, pourquoi contraignez-vous les gentils de judaïser ? »
Il y a un précédent dans l’histoire justifiant un tel jugement sur les actions du pape. Les théologiens de l’Université de Paris, des cardinaux, des évêques et des rois se sont opposés à Jean XXII (1316-1334) lorsque, à l’occasion de ses homélies du dimanche, il enseignait de manière erronée que les bienheureux ne verront pas Dieu avant le Jugement dernier. Au 16e siècle Melchior Cano, le théologien espagnol au concile de Trente, mettait en garde contre l’obséquiosité à l’égard du pape : « Mais il faut brièvement dire maintenant que ceux qui défendent aveuglément et sans discernement n’importe quel jugement du souverain pontife dans n’importe quelle matière affaiblissent l’autorité du Siège apostolique ; ils ne le soutiennent pas, ils le subvertissent… Pierre n’a nul besoin de nos mensonges ; il n’a nul besoin de notre adulation. »
A notre époque le code de droit canonique de 1983 reconnaît également le droit des fidèles à cet égard, quand il déclare : « Selon le savoir, la compétence et le prestige dont ils jouissent, ils ont le droit et même parfois le devoir de donner aux Pasteurs sacrés leur opinion sur ce qui touche le bien de l'Église et de la faire connaître aux autres fidèles… »
Conclusion
L’Eglise est désormais confrontée au spectacle de cardinaux et d’évêques en conflit ouvert à propos de la doctrine et de mesures pastorales. Au synode extraordinaire sur la famille en 2014 les principaux membres de la hiérarchie de l’Église, a quelques notables exceptions près, ont ouvertement et publiquement débattu du contournement des paroles même de Notre Seigneur Jésus-Christ afin d’institutionnaliser la révolution sexuelle dans l’Eglise par l’accès des divorcés remariés à la communion. Si l’on accepte cela, alors Clément VII a eu tort dans son attitude à l’égard d’Henri VIII et la réforme anglaise était sans objet. De plus, pourquoi les couples qui cohabitent et les homosexuels pratiquants, non repentants se verraient-ils refuser la communion ? Il y a dans tout cela quelque chose de déjà vu : « Et en même temps tous les princes des prêtres et le peuple s’abandonnèrent à toutes les abominations des gentils, et profanèrent la maison du Seigneur, qu’il avait sanctifiée pour soi à Jérusalem. Or le Seigneur, le Dieu de leurs pères, leur adressait souvent sa parole par l’entremise de ceux qu’il leur envoyait ; et il s’empressait de leur donner chaque jour des avertissements, parce qu’il voulait épargner son peuple et sa maison. Mais eux se moquaient des personnes que Dieu leur envoyait, ils méprisaient ses paroles, et traitaient très-indignement ses prophètes, jusqu’à ce que la fureur du Seigneur s’élevât contre son peuple, et que le mal fût sans remède. Car il fit venir contre eux le roi des Chaldéens, qui égorgea leurs enfants dans la maison de son sanctuaire, sans avoir pitié ni des jeunes gens, ni des jeunes filles, ni des personnes âgées, ni même de ceux qui étaient dans la dernière vieillesse : Dieu les livra tous entre ses mains. » (2 Chr. 36, 14-17)
Alors que l’islam grandit en force, pourrait-il apporter à notre temps un remède comparable à celui apporté par le roi chaldéen ?
L’effet François consiste à désarmer et à réduire au silence les évêques catholiques, les prêtres et le laïcat. Rester fermement attaché à la doctrine catholique et à sa pratique ressemble à un acte de déloyauté à l’égard du pape ; mais acquiescer, c’est trahir l’Eglise. Les catholiques demandent, avec Pierre : « Seigneur, à qui irions-nous ? » (Jn 6,29). Il est impératif qu’ils demeurent au sein de l’Eglise et qu’ils restent armés car, si les pasteurs sont descendus comme Aaron pour se joindre aux Bacchanales, alors l’Eglise a besoin de Lévites : « Moïse voyant donc que le peuple était demeuré tout nu (car Aaron l’avait dépouillé par cette abomination honteuse, et l’avait mis tout nu au milieu de ses ennemis, se tint à la porte du camp, et dit : Si quelqu’un est au Seigneur, qu’il se joigne à moi. Et les enfants de Lévi s’étaient tous assemblés autour de lui… » (Ex 32, 25-27). Le Christ avait déjà mis en garde contre ce temps, disant : « Alors on vous livrera aux magistrats pour être tourmentés, et on vous fera mourir ; et vous serez haïs de toutes les nations à cause de mon nom. En ce même temps plusieurs trouveront des occasions de scandale et de chute ; ils se trahiront, et se haïront les uns les autres. Il s’élèvera plusieurs faux prophètes, qui séduiront beaucoup de personnes. Et parce que l’iniquité abondera, la charité de plusieurs se refroidira. Mais celui-là sera sauvé, qui persévérera jusqu’à la fin. »(Mt. 24, 9-13).
L’Eglise est face à une crise : une crise aussi grave que celle de l’arianisme. Sa résolution apportera le rétablissement ou la mort. Pour assurer le rétablissement, les catholiques doivent rester dans l’Eglise et rester pleinement armés. A cette fin, cinq choses sont nécessaires :
Premièrement, priez. Le combat appartient au Seigneur. (Lc 21, 36). Priez surtout pour le pape de même que l’Eglise des premiers temps priait sans cesse pour Pierre (Actes 12, 5.)
Deuxièmement, étudiez. Les catholiques doivent connaître la foi, être bien au fait des Ecritures, savoir l’enseignement constant de l’Eglise, et comprendre les principes de la théologie morale. Saint Athanase était seul face au monde et donc : « Souvenez-vous de vos conducteurs, qui vous ont prêché la parole de Dieu ; et considérant quelle a été la fin de leur vie, imitez leur foi. Jésus-Christ était hier, il est aujourd’hui, et il sera le même dans tous les siècles. Ne vous laissez point emporter à une diversité d’opinions et à des doctrines étrangères. » (Heb. 13, 7-9).
Troisièmement, transmettez la foi en l’enseignant et en la partageant au sein de la famille, en pratiquant et en priant ensemble, et les uns pour les autres, en tant que familles.
Quatrièmement, soutenez-vous les uns les autres ainsi que toutes les organisations et tous ceux qui s’expriment qui sont vraiment et authentiquement catholiques. Les 500 prêtres qui ont signé une lettre ouverte demandant que le synode sur la famille promeuve la doctrine catholique doivent être loués et soutenus par tous les catholiques inquiets.
Cinquièmement, préparez-vous pour le martyre. Dans le Nobis quoque du canon romain nous prions : « Et à nous aussi pécheurs, vos serviteurs, qui mettons notre espérance en votre miséricorde infinie, daignez nous accorder une place dans la communauté de vos Saints Apôtres et Martyrs, de Jean, Etienne, Matthias, Barnabé… et de tous Tes Saints ; admettez-nous en leur compagnie, nous vousen supplions, sans considérer nos mérites mais votre miséricorde. Par le Christ notre Seigneur. Amen.
Père Linus Clovis
(Traduction : Jeanne Smits.)

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24 mai, 2015

L'Irlande adopte le “mariage” gay par référendum – et s'éloigne délibérément de l'Eglise catholique

Journée noire pour l’Irlande. Les grands médias du pays, après avoir donné leur soutien entier à l’« égalité dans le mariage », saluent aujourd’hui quasi unanimement le « oui » au « mariage » gay qui l’a emporté avec 62 % des voix. Deux Irlandais sur trois ont approuvé la modification de la Constitution irlandaise qui dispose désormais : « Le mariage est légalement contracté entre deux personnes sans distinction de sexe. » De ce fait les couples homosexuelles seront désormais considérées à l’égal des familles qu’on ne pourra donc plus qualifier de « normales », bénéficiant de l’ample protection que la Constitution leur octroie.
Ainsi l’article 41 va-t-il désormais bénéficier aux « familles LGBT » :

« Article 41 
1.1° L'État reconnaît la famille comme le groupe naturel, primaire et fondamental de la Société, et comme une institution morale possédant des droits inaliénables et imprescriptibles, antérieurs et supérieurs au droit positif. 2° L'État, par conséquent, garantit la formation et l'autorité de la famille, comme la base nécessaire de l'ordre social et comme indispensable au bien-être de la nation et de l'État. 
2.1° En particulier, l'État reconnaît que, par sa vie au foyer, la femme apporte à l'État un soutien sans lequel le bien commun ne peut être atteint.  2° L'État, par conséquent, s'efforce de veiller à ce que les mères ne soient pas obligées par les nécessités économiques à travailler en négligeant les devoirs de leurs foyers. 
3.1° L'État s'engage à prêter une attention spéciale à l'institution du mariage sur laquelle la famille est fondée et à la protéger contre toutes les attaques.  2° Aucune loi accordant la dissolution du mariage ne peut être adoptée.  Tout tribunal établi par la loi peut accorder la dissolution du mariage si, mais seulement si, il est convaincu que :i) à la date de l'introduction de la procédure, les époux ont vécu séparément pendant une ou des périodes équivalentes à quatre ans au moins durant les cinq dernières années ;  ii) il n'y a pas de perspective raisonnable de réconciliation entre les époux ;  iii) toute disposition que le tribunal juge appropriée au regard des circonstances existe ou est prise concernant les époux, les enfants de l'un ou de l'autre ou des deux ensemble, et toute autre personne visée par la loi, et  iv) toutes les autres conditions prévues par la loi sont observées.[modifié par le 15e amendement, 17/6/1996]  3° Aucune personne dont le mariage a été dissous selon la loi civile d'un autre État, mais dont le mariage reste valable selon la loi en vigueur à cette époque sous la juridiction du Gouvernement et du Parlement établis par la présente Constitution, ne peut contracter un mariage valide sous cette juridiction durant la vie de l'autre personne avec laquelle elle était mariée. »

La fiction du « mariage » homosexuel et celle de l’« homoparentalité » font ainsi leur entrée dans un des derniers pays où l’on aurait cru la chose possible, et qui plus est par un vote populaire, ce qui ne s’est produit nulle part au monde jusqu’à ce jour.
Mais dire que « deux Irlandais » sur trois ont approuvé le « mariage » gay constitue une distorsion des faits. Le référendum n’a mobilisé que 60 % de l’électorat : sur les quelque 3,2 millions de votants potentiels, 1,2 millions ont voté « oui », soit 37,5 % des électeurs. Quelque 750.000 personnes se sont déplacées pour dire « non », malgré l’opprobre associé à ce choix.
Et c’est donc, en fait, d’une courte majorité que les « je ne sais pas » et les « je m’en moque » ont véritablement remporté ce référendum.
Je pourrais gloser sur l’exécrable façon dont le « oui » a été favorisé : dans les médias et dans les grands partis qui ont tous fait campagne pour la dénaturation du mariage. Le Premier ministre Enda Kenny a parlé des 24 heures qui ont précédé le résultat comme d’une « sorte de veille au terme d’un long voyage » – l’analogie religieuse était, je pense, délibérée et voulue. Et de dire que les LGBT vont pouvoir vivre « à l’abri » de la majorité, et non « dans notre ombre ».
« Oui à l’inclusion, oui à la générosité, oui à l’amour, oui au mariage égalitaire », a-t-il lancé.
La vice-Premier ministre, Joan Burton, saluant l’avènement d’une « nation arc-en-ciel », par le « oui à l’égalité, le oui à l’amour », a déclaré : « Nous n’en sommes qu’au début d’un immense mouvement global en faveur de l’égalité LGBT. »
Je pourrais évoquer les fonds étrangers qui sont venus soutenir la campagne du « oui » : la culture de mort est riche et peut compter sur les grands de ce monde/
Je pourrais évoquer aussi la manière dont l’Eglise catholique d’Irlande a tenté de peser dans le débat, plaidant pour le « non », mais face à des handicaps considérables parmi lesquels le « Qui suis-je pour juger » du pape François qui – au moins sur le plan médiatique – a créé l’impression que l’accueil des personnes doit entraîner l’absence de tout jugement moral sur leurs actes ; et les déclarations de quelques évêques irlandais refusant de condamner ceux qui voteraient « oui » en conscience.
Mais ces handicaps ne suffisent pas à expliquer le spectaculaire retournement de l’opinion – à l’aune de l’histoire immémoriale et même des décennies récentes – qui a marginalisé l’affirmation de la réalité et d’une morale naturelle qu’il est de bon ton de récuser.
Il faut y ajouter la manipulation qui consiste à faire croire que voter « non » au mariage et à la famille LGBT est un « non à l’inclusion », un « non à la générosité », un « non à l’amour ». Et donc une manifestation d’exclusion, d’égoïsme, et de refus du bonheur et des sentiments d’autrui.
Il faut y ajouter encore le pilonnage sans pitié de l’Eglise catholique, et à travers elle de tout ce qu’elle représente et enseigne, à travers les scandales des « prêtres pédophiles » mais aussi les montages médiatiques sur les enfants de filles-mères jetés dans des fosses sceptiques (c’était faux) ou sur le refus d’avortement qui aurait entraîné la mort d’une jeune maman (l’enquête a révélé la véritable nature des erreurs qui ont conduit à sa mort par septicémie). C’est collectivement que de nombreux Irlandais se sont détournés de l’Eglise, mais au prix de combien de mensonges et de pressions !
A quoi il faut ajouter le manque de formation de générations de catholiques à qui l’on n’apprend guère les exigences du plan de Dieu pour la sexualité, le mariage et la famille. Ils ne savent plus « rendre compte de leur espérance » parce qu’en Irlande comme dans tant de pays, les commandements de Dieu ne sont plus présentés que comme des commandements de l’Eglise, et l’Eglise est perçue comme faisant peser un fardeau trop lourd sur les fidèles, que l’on a persuadés de croire que l’observance de ces commandements relève d’un idéal que nul être humain « normal » ne peut atteindre.
De là on glisse rapidement vers la redéfinition de ce qui est « normal », puis de la « norme » elle-même. Comme l’écrit Fintan O’Toole, éditorialiste à l’Irish Times, la « petite Irlande » vient d’enseigner au monde qu’il y a un « nouveau normal », en redéfinissant le sens des mots « être humain ordinaire ». Finie, la « tolérance » : les « personnes LGBT sont nous : nos fils et nos filles, nos pères et nos mères, nos frères et nos sœurs, nos voisins et nos amis » ; la tolérance a été remplacée par « l’égalité de citoyenneté ».
Cela fait quelques années déjà que les lesbiennes et autres « GBT-QI » ne veulent plus de leur étiquette, en dehors de son utilisation revendicative : ils ne réclament plus le droit à la différence, mais à l’indifférence. L’Irlande a fait son « coming out » de nation démocratique, transcendant les clivages de toutes sortes, sa « paranoïa » et son « pessimisme », écrit O’Toole. Son article est bien tourné. Assez bien pour qu’on lise sans peine entre les lignes : la paranoïa et le pessimisme sont ceux de la morale de papa, et encore plus ceux de la morale du pape, dont on nous prie d’ailleurs si souvent de croire qu’elle permet bien des accommodements !
Tel était le sens véritable de ce référendum : non pas de gagner le droit au « mariage » dont l’immense majorité des LGBT n’a rien à faire, mais de voir reconnaître la « normalité » de leur conduite.
Les Irlandais pour le « non », comme les Français, ont axé leur combat sur les droits des enfants et les dangers auxquels les expose le mariage gay. C’est un point de vue légitime, et il fallait assurément le porter sur le devant de la scène. Mais on n’a guère entendu de vérités sur le caractère contre nature de l’acte homosexuel, sur les dangers spirituels mais aussi physiques qu’il comporte, et qui se traduit sur le plan purement matériel par une espérance de vie amputée, et sur le plan moral par la mort de l’âme. Dire cela aujourd’hui, c’est s’exposer à l’accusation d’homophobie. Et pourtant, peut-on imaginer une plus grande haine de l’autre que de ne pas l’avertir, même si on en est sincèrement et raisonnablement convaincu, du mal qui l’attend ?
A accepter que ces choses-là ne soient pas dites, on part battu d’avance, car en vérité le combat pour les « droits » LGBT est alors déjà gagné.

Comme le note le Daily Telegraph, cela fait pourtant belle lurette que le mariage n'est plus perçu comme existant « pour les enfants » ni pour la filiation : dès lors qu'il est le simple couronnement d'un sentiment et qu'on peut d'ailleurs le défaire à volonté lorsque le sentiment s'émousse, pourquoi en exclure ceux qui s'aiment vraiment ? Le « mariage » gay, le mariage dénaturé, est l'aboutissement logique du mariage dévalué…
Que tout cela se soit produit en Irlande est un symbole d’une importance terrifiante.
Yves Daoudal commente sur son blog la nouvelle réalité de « Feu l’Irlande catholique » ; c’est à lire ici. Il conclut à l’urgence de modifier le préambule de la Constitution irlandaise qui proclame : « Au nom de la Très Sainte Trinité, de laquelle découle toute autorité et à laquelle toutes les actions des hommes et des États doivent se conformer, comme notre but suprême, Nous, peuple de l'Irlande, Reconnaissant humblement toutes nos obligations envers notre seigneur, Jésus Christ… »
Le 34e amendement apporté à la Constitution irlandaise au nom de l’« égalité » des homosexuels en est une contradiction stridente, violente.
Pat Buckley, militant pro-vie catholique irlandais du European Life Network, constatait avec amertume, la semaine dernière, que la modification envisagée de la Constitution de son pays constitue un « refus frontal des commandements de Dieu » et qu’elle « ajoute l’insulte à l’injure en proposant d’inclure une telle abomination dans le texte de notre Constitution dédiée à la Très Sainte Trinité ».
Abomination… Le mot est déjà presque désuet. En attendant d’exposer ses utilisateurs aux poursuites.


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23 mai, 2015

Symposium sur le climat au Vatican : une conférence de Maria Madise, de “Voice of the Family”

Les 8 et 9 mai s'est tenue à Rome une série de conférences dans le cadre du Forum sur la vie, co-organisé par “Voice of the Family”, LifeSiteNews et Human Life International et, sur place, par “Famiglia Domani”. Je vous propose ici la traduction de l'allocution de Maria Madise, de “Voice of the Family”, sur l'étrange symposium sur le climat qui s'est tenu au Vatican le 28 avril. Une question des plus importantes pour ceux qui s'engagent dans la défense de la vie et de la famille. Cette traduction fait suite à celle du texte sur ce qui s'est passé au synode extraodinaire d'octobre dernier, dans un résumé proposé par Matthew McCusker, membre de “Voice of the Family”, qui met très bien en relief la manière dont on a tenté de manipuler le synode – une entreprise partiellement réussie. – Le premier texte se trouve ici. — J.S.

Maria Madise, “Voice of the Family”
Le mardi 28 avril s’est tenu au Vatican, un symposium s’est tenu à l'Académie pontificale des sciences sur le thème Protéger la Terre rendre digne l'humanité. Les dimension morales du changement climatique et du développement durable. L’atelier s'est déroulé en présence de deux des principaux promoteurs mondiaux du contrôle de la population, Ban Ki-moon, le secrétaire général de l'ONU, et le professeur Jeffrey Sachs, directeur de l’Earth Institute. L'événement a été co-organis » par l'Académie pontificale des sciences, par le Réseau Solutions pour un développement durable (Sustainable Development Solutions Network) et par Religions for Peace (« religions pour la paix »), dans l'attente de la nouvelle encyclique du pape sur l'environnement.
Le symposium a abouti, conformément à son objectif, à la publication d’une déclaration conjointe sur « l'impératif moral et religieux du développement durable, mettant l'accent sur le lien intrinsèque entre respect de l'environnement et respect à l'égard des personnes ». Cette affirmation de l’existence d’un lien intrinsèque est extrêmement trompeuse ; elle fait le lien entre la véritable crise humaine de la pauvreté et de l'esclavage moderne et certaines théories du changement climatique. Les participants à l'atelier du Vatican cherchaient à « éveiller les consciences conscience et à créer un consensus sur le fait que les valeurs du développement durable sont en cohérence avec les valeurs des traditions des grandes religions, en s’intéressant tout particulièrement sur les plus vulnérables ».
Nous autres du lobby provie et pro-famille sommes en droit de poser cette question : quelles sont les implications de cette focalisation spéciale sur les plus vulnérables ? Les promoteurs de la vie et de la famille qui font du lobbying à l’ONU, parmi lesquels plusieurs sont présents ici aujourd'hui, ne savent que trop à quel point les questions environnementales sont devenues une sorte de parapluie qui sert à couvrir un large spectre d’atteintes à la vie humaine et à la famille. Ces attaques constituent une menace immédiate à l'égard de la vie des plus vulnérables : les enfants à naître, les handicapés et les personnes âgées, en même temps qu’elles entraînent de graves violations des droits des parents en tant que premiers éducateurs de leurs enfants.
Au vu des attaques contre la vie humaine et innocente qu'on a pu constater à l’ONU sous couleur de régler des problèmes environnementaux, il est très troublant de noter l'objectif mise en avant dans l'ordre du jour de cet atelier : il s’agit d’« aider à construire un mouvement global et trans-religieux au service du développement durable et du changement climatique tout au long de 2015 et au-delà ».
Il est encore plus troublant de voir que cet ordre du jour correspond exactement, dans le temps, aux négociations des Objectifs du développement durable (Sustainable Development Goals, SDG) à l'ONU, où l'on trouve précisément ces attaques contre les membres les plus vulnérables de la population mondiale. Les négociations SDG qui vont aboutir en juin et juillet vont déterminer l'orientation et l'aide financière pour les pays du tiers-monde au cours des quinze prochaines années. Au moment où ces négociations auront lieu, nous devrions disposer d'une encyclique pape sur…  l'environnementalisme.
On peut imaginer à quel point le lobby du contrôle de la population et de l'avortement légal se sentiront forts de l'influence exercée au Vatican par deux figures de proue de la culture de mort, Ban Ki-moon et le professeur Jeffrey Sachs, et ce d'autant que nous sommes nous à la veille de la publication d'une encyclique sur l'environnement. L’ONU doit attendre avidement cette encyclique et d'espérer qu’elle permettra de fournir une justification morale pour la mise en place d’Objectifs de développement durable contraignants dans le monde entier. Si l’encyclique reste silencieuse à propos de la politique cachée de l'ONU, on peut être absolument certain que l'ONU et l’administration Obama trouveront des moyens pour utiliséer l'encyclique en vue de promouvoir les Objectifs du développement durable.
Qui sont ces personnes qui conseillent les gardiens de l'enseignement de l'Eglise qui ont pour tâche de guider et de protéger les fidèles dans la vérité de l’Amour du Christ ?
Ban Ki-moon a maintes fois fait la promotion d’un droit mondial à l'avortement. Il a également publié cette année un rapport controversé sur la violence sexuelle dans les zones de confit, un rapport qui critiquait le manque d'avortement « sûrs » dans de nombreuses situations de conflit. Cette directive est en contradiction avec le consensus en vigueur à l’ONU selon lequel l'avortement est une question qui doit rester de la compétence des nations individuelles.
Jeffry Sachs est un promoteur mondialement connu du contrôle de la population et de l'avortement. C'est lui, l'homme qui sème la panique et a peur en disant que le monde est surpeuplé et qu'il faut faire diminuer les taux de fécondité. En 2007 Sachs soutenait que le monde était « plein à craquer ». lLa semaine dernière j'ai eu le plaisir d'entendre une excellente présentation d'Elizabeth Yore, militante bien connue des droits des enfants, sur la genèse et le développement des objectifs de Sachs. Elle a expliqué comment son prédécesseur, Paul Ehrlich, proposait des solutions qui allaient de l'introduction de contraceptifs dans l’eau potable jusqu'à la stérilisation forcée, afin de contrôler la croissance de la population. Elle a également montré comment, malgré le fait que les prophéties apolcalyptiques d’Ehrlich étaient frauduleuses, l'ONU a commencé à publier ses premiers édits sur la reproduction au niveau mondial en vue de réduire la fertilité, en y incluant la contraception, la stérilisation et l'avortement.
Dans un récentes article publié par le site italien bien connu La Bussola, Riccardo Cascioli écrit : « J'ai rencontré Sachs il y a quelques années lors d'une réunion à Rimini, où il était l'un des orateurs, et lorsqu’une question a été posée à ce sujet il a répondu en souriant : “J'ai parlé avec de nombreux évêques du contrôle des naissances et ils m'ont dit en privé qu’ils sont en accord avec moi, bien que pour des raisons évidentes ils ne puissent pas le dire de manière ouverte. » Les raisons évidentes sont évidemment le Magistère de l'Eglise, la doctrine qui affirme que chaque vie humaine est sacrée, sans exception.
Le Dr Sachs est l'un des architectes des Objectifs du millénaire et il est membre du bureau exécutif du Réseau Solutions pour le développement durable. Dans la droite ligne des positions de Paul Ehrlich sur la surpopulation, il se sert du trafic d’êtres humains et du changement climatique pour justifier l’urgence de disposer des outils de l'avortement et la stérilisation afin d'atteindre les objectifs SDG de l'ONU. Le réseau auquel appartient Sachs a proposé des Objectifs de développement durable provisoires qui contiennent des mesures radicalement contraires au droit à la vie depuis la conception jusqu'à la mort naturelle, au droit et à la dignité de la famille, et au droit des parents d'être les premiers éducateurs de l'or d'enfants.
Ces rencontres qui se tiennent à l'ombre du synode sur la famille visent à aligner la terminologie des documents pontificaux sur la même ligne que celle des directives de l'ONU. Cette terminologie que nous récusons à l’ONU,  où le Saint-Siège est la seule délégation qui ces 20 dernières années a clairement rejeté les plans de l'ONU pour le contrôle de la population, reçoit désormais quelque crédit dans l'attente de la publication d'un nouveau document pontifical. Le document final des SDG à l’ONU doit être signé en septembre. Le pape François s'adressera à l'Assemblée générale de l'ONU en septembre, à propos de l'environnementalisme. Hélas, il n'est que trop évident que ses propos pourrait être interprétés comme une acceptation où une validation de la part de l'Église catholique du plan global de contrôle de la population. Le pape François a déjà été cité comme disant que l'humanité et l'homme sont à la racine de 99 % du changement climatique.
Sans préjuger de la validité ou non des nombreuses théories du changement climatique, celles-ci ne doivent pas être exploitées en vue de remettre en question ou de nier l’inviolabilité et la caractère sacré de chaque vie humaine, née à naître, malade ou en bonne santé, pas plus qu'elles ne doivent justifier la redéfinition du mariage, de la famille et des droits des parents – ni de l'absence de 200 millions de petites filles asiatiques.
La plupart d'entre vous savez comment la loi et la pratique sont formés et manipulés à travers le langage. Les questions environnementales dans les négociations internationales ne s’intéressent pas au fait de planter des arbres mais de tuer des bébés, les infirmes et les vieillards. Il n'y a pourtant pas une seule famille pauvre au monde dont l'index de bonheur puisse augmenter lorsqu'elle se débarrasse de ses bébés ou de ses grands-parents. Les drames du monde et la désespérance que ce langage va fatalement susciter est indicible. Et pourtant tous ces ambassadeurs de la culture de mort sont accueillis en vue de conseiller notre Pape.
La tenue de cette conférence d'une importance vitale au Vatican en ce moment crucial entre les deux synodes sur la famille, en préparation de la publication des Objectifs du développement durable, avec la participation de promoteurs  internationaux de avortement de tout premier plan, est d'autant plus inquiétante si on la juge à la lumière de la plus récente prise de position de Hilary Clinton disant qu’en effet, l’opposition à l'avortement doit cesser d'exister, y compris au sein de l'enseignement de l'Eglise.
Au début de cette année la secrétaire de l'agence de protection de l'environnement de l'administration Obama , Gina McCarthy, s'est rendue au Vatican en vue de coordonnéer leurs objectifs environnementaux avec l'encyclique sur l'environnement en préparation. Lorsqu'elle est arrivée au Vatican, McCarthy a souligné que l'administration Obama est sur la même ligne que le pape François sur le changement climatique.
Liz Yore écrit dans le journal The Remnant que Tim Wirth, ancien chef du contrôle de la population du département d'Etat de Clinton, qui « exposait fièrement un arbre de capotes dans son bureau », faisait partie des hôtes invités par le Vatican cette année..
 Pour conclure : l’idée que l'ONU et l'administration Obama puissent envisager une solution commune avec le Vatican pour répondre aux problème qui agitent le monde moderne devrait déclencher la sonnette d'alarme chez tous ceux qui sont engagés dans le mouvement provie et pro-famille. Il s'agit d'une situation schizophrénique, où l'on recherche une collaboration entre ceux qui considèrent la vie comme un don de Dieu et ceux qui y voient un fardeau pour la planète.
Nous devons rester forts et fidèle à la vérité, au sein de la Vérité et de l’Amour du  Christ, dans cette tempête-ci comme dans les autres. Nous ne devons ni désespérer ni avoir peur, mais nous devons fortifier et fortifier ceux qui nous sont proches afin de confronter ces turbulences dans la prière et avec courage, en insistant par tous les moyens dont nous disposons pour dire que toute discussion autour de l'environnement doit s'enraciner dans la certitude que la famille, correctement définie, est la clef du développement durable, spécialement en ce temps où le synode sur la famille a été appelé par le pape François pour confronter les problèmes auxquels la famille fait face.
Maria Madise
(Traduction : Jeanne Smits.)

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21 mai, 2015

Que s'est-il passé au synode extraordinaire sur la famille ? L’allocution de Matthew McCusker de “Voice of the Family” à Rome le 8 mai

Les 8 et 9 mai s'est tenu à Rome une série de conférences dans la cadre du Forum sur la vie, co-organisé par “Voice of the Family”, LifeSiteNews et Human Life International et, sur place, par “Famiglia Domani”. Je vous propose ici le résumé de ce qui s'est passé au synode extraodinaire d'octobre dernier par Matthew McCusker, membre de “Voice of the Family”, qui met très bien en relief la manière dont on a tenté de manipuler le synode – une entreprise partiellement réussie. – J.S.

Un peu plus tôt cette année, Voice of the Family a eu l'honneur d'accueillir Son Eminence le cardinal Demeurer dans la vérité du Christ à propos du sacrement de mariage, lors d'une réunion à Chester le nord de l'Angleterre.
Raymond Burke, qui a donné une conférence intitulée
Au cours de sa conférence Son Eminence a eu la bonté de rendre hommage au travail de Voice of the Family ; en particulier, il nous a remerciés d'avoir rendu compte avec exactitude des travaux de la session de 2014 du Synode des évêques.
Cette phrase du cardinal Burke met l'accent sur ce qui est sans doute l'élément le plus essentiel du travail de Voice of the Family : la communication de la vérité, à la fois la vérité de l'enseignant de l'Eglise sur les questions relatives à la vie humaine, au mariage et à la famille, et la vérité sur ce qui se passe aujourd'hui dans l’Eglise. La connaissance de la vérité est le fondement de tout jugement prudent et de toute action prudente et efficace.
Dans cette présentation j'ai l'intention de donner un bref aperçu des événements qui ont précédé le synode extraordinaire d'octobre 2014 et de ceux qui l'ont suivi.
 Le 17 mars 2013, quatre jours après son élection au siège de Pierre et au cours de son premier Angélus sur la place Saint-Pierre, le Saint-Père a attiré l'attention sur un livre récemment publié par le cardinal Walter Kasper, et il en a fait un éloge remarqué :
« Ces derniers jours j'ai pu lire un livre par le cardinal le cardinal Kasper – un théologien de talent, un bon théologien – sur la miséricorde. Et il m'a fait beaucoup de bien, ce livre – mais ne pensez pas que je fais la publicité pour les livres de mes cardinaux ! Ce n'est pas le cas ! Mais il m'a fait du bien, tant de bien. »
Cela fait un grand nombre d'années que le cardinal Kasper proposer le changement de l'enseignement d'Eglise sur la réception de la Sainte Communion par les divorcés remariés, et le livre en question, La miséricorde : notion fondamentale de l'Evangile : clé de la vie chrétienne, fait également la promotion de beaucoup de thèses qui posent problème, et qui sont à la racine de ses prises de position en faveur de tels changements.
Parmi ces thèses – mais ce ne sont pas les seules – il y a la manière dont Kasper présente la nature de la justice et de la miséricorde, sa théologie de la justification, et plus gravement encore, sa vision même de la nature de Dieu. Le fait que le pape François ait pu parler de Kasper et de son nouveau livre en de tels termes a gravement préoccupé de nombreux catholiques.
Le 8 octobre 2013 le Saint-Père a annoncé que deux synodes allaient permettre de discuter des questions des défis pastoraux de la famille dans le contexte de l'évangélisation : ce synode devait être organisé par le secrétariat général du Synode avec à sa tête le cardinal Lorenzo Baldisseri. Le 26 octobre de secrétariat a envoyé un questionnaire à toutes les conférences épiscopales invitant les catholiques à tous les niveaux de l'Eglise à faire connaître leur opinion sur les matières relatives au mariage et à la famille.
A peine trois jours plus tôt, le 23 octobre, le préfet de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi, son Eminence le Cardinal Gerhard Ludwig Müller avait publié un long article dans l'Osservatore Romano, sous le titre : Un témoignage en faveur de la puissance de la grâce, sur l’indissolubilité du mariage et le débat sur les divorcés remariés civilement et les sacrements.
Cet article prenait la défense de l'enseignement irréformable de l'Eglise selon lequel un mariage sacramentel, ratifié et consommé ne peut être dissous par aucune puissance sur cette terre, tandis que les personnes divorcées qui ont contracté une union civile ne peuvent recevoir ni le sacrement de pénitence ni la sainte communion sans une véritable repentance et l’amendement de leur vie. Cet article de Müller indique clairement son inquiétude à propos de la direction qu’allait prendre le synode, dès ce stade très précoce.
Bien évidemment, le cardinal Reinhardt Marx, président de la Conférence épiscopale d'Allemagne et membre du G9 du pape François a déclaré que le cardinal Müller ne serait pas en mesure « d'arrêter le débat » ; au synode « tout allait être discuté », et à ce moment-là il « n'était pas possible de savoir quel seraient les résultats du débat ».
Il s'agit là d'indicatiosn très précoces montrant que la question de la Sainte Communion pour les divorcés remariés était déjà à l'ordre du jour du synode.
Si un doute subsistait à ce sujet, il a disparu le 20 février 2014 lorsque le cardinal Kasper s'est adressé au consistoire des cardinaux qui avait été réuni dans le but précis de préparer le synode à venir. Dans son allocution il a plaidé pour que les divorcés remariés puissent communiquer sans amender leur vie au préalable, et il a proposé des justifications potentielles au secours de cette pratique. Il dit également ne pas exclure que « le dernier mot serait donné au synode, en accord avec le pape ».
Nombre de comptes-rendus indiquent qu'il y eut une forte opposition à la proposition de Kasper de la part des autres cardinaux présents. Le cardinal Ruini, vicaire émérite de Rome, assure, dit-on, que 85 pour cent des cardinaux présents ont pris le contre-pied de la proposition de Kasper.
Celui-ci eut la possibilité de répondre à ceux qui l’avaient critiqué et il a d'emblée dit clairement qu'il n’agissait pas seul ni de sa propre initiative. Il dit au consistoire sa reconnaissance à l’égard  du Saint-Père, qui lui avait fait confiance en le chargeant de ce rapport. Le père Lombardi, porte-parole du Saint-Siège, déclarait alors à la presse que le Saint-Père avait dit aux cardinaux que le problème de la communion pour les divorcés remariés devait être abordé sans « casuistique ». Le père Lombardi poursuivit en déclarant que l’allocution de Kasper était en « grande harmonie » avec les paroles du pape.
Le lendemain, le pape François devait faire l'éloge appuyé de l'allocution du cardinal Kasper. Il dit :
« Hier, avant de m’endormir, mais non en vue de m’endormir, j'ai lu ou plutôt relu les remarques du cardinal Kasper. Je voudrais le remercier car j’y ai trouvé une théologie profonde, et des pensées de théologie sereine. Cela m’a fait du bien et j’ai eu une idée – et pardonnez-moi si je vous mets mal à l’aise, Eminence, mais l’idée est celle-ci : c’est ce qui s’appelle faire de la théologie à genoux. Merci. Merci… »
Lorsque l’allocution du cardinal Kasper fut publiée sous forme de livre un mois plus tard ces paroles du pape furent publiées sous forme d’approbation sur la quatrième de couverture.
Cependant, si le cardinal Kasper espérait que le soutien public du pape allait empêcher que ses propositions ne rencontrent une forte opposition, il se trompait lourdement.
Au cours des semaines et des mois qui suivirent nombre de publications d’importance allaient prendre de front ses propositions ; la plus significative d’entre elles était un livre cosigné par cinq cardinaux et quatre autres universitaires. Le livre : Demeurer dans la Vérité du Christ, mariage et communion dans l’Eglise catholique, réfutait de manière systématique les arguments mis en avant par le cardinal Kasper.
Kasper lui-même mena une intense campagne en faveur de sa position, donnant de nombreuses et longues interviews aussi bien à des religieux qu’aux médias.
Tout au long de cette période il a clairement affirmé qu’il agissait en accord avec le pape.
Par exemple, le 26 septembre 2014, quelques jours avant l’ouverture du synode, Kasper accorda une interview à Il Mattino où il déclarait :
« Je suis en accord avec lui sur tout. Il était d’accord. Que peut faire un cardinal, sinon être avec le pape ? »
Un peu plus loin, il confirmait de nouveau :
« J’étais d’accord avec le pape, je lui ai parlé deux fois. Il s’est montré content. »
Le Saint-Père lui-même a donné une claire indication de sa propre vision des choses. Dans une interview accordée à un journal argentin peu avant le synode on lui posa une question à propos de Demeurer dans la vérité du Christ. Le journaliste lui demandé si ce livre était pour lui source de « préoccupation », assurant que ce livre était – je cite – « critique quant à vos positions ».
Le Saint-Père ne rejeta pas la suggestion selon laquelle il était en accord avec le cardinal Kasper ; il répondit plutôt : « Chacun a quelque chose à apporter. J’ai même plaisir à débattre avec les évêques très conservateurs, mais bien formés sur le plan intellectuel. »
Il poursuivit :
« Le monde a changé et l’Eglise elle-même ne peut s’enfermer dans des interprétations supposées des dogmes. »
Lors de son sermon d’ouverture du synode le pape François dénonça « les mauvais pasteurs qui font peser des fardeaux insupportables sur les épaules des autres, alors qu’ils ne bougent pas un petit doigt pour les soulever ». Et de poursuivre encore : « Les assemblées synodales ne sont pas faites pour discuter d’idées belles et intelligents, ni pour voir qui est le plus intelligent. »
La première session du Synode se tint le lundi 6 octobre et très rapidement il devint évident que les événements se déroulaient conformément à un ordre du jour préétabli.
De fait, nous avions été mis en garde à ce propos. Le 20 septembre le journaliste Marco Tossati écrivait dans La Stampa qu’un cardinal resté anonyme avait expliqué de quelle manière le synode allait être manipulé en vue d'obtenir le changement de l'enseignement de l'Eglise sur la question de la communion pour les divorcés remariés.
Tosatti donnait les trois éléments de ce plan.
Premièrement : s’assurer que toutes les interventions écrites soient soumises bien à l'avance. C’était déjà fait au moment où l'article de Tosatti a été publié.
Deuxièmement : lire tous les présentations avec attention pour pouvoir s’assurer qu’avant une intervention jugée « problématique » il y eût toujours un autre père synodal pour parler au préalable et répondre aux points qui allaient être soulevés.
Troisièmement, empêcher certains pères synodaux de parler au motif qu’ils avaient dépassé leur temps de parole.
Nous ne savons pas exactement ce qui a été dit dans la salle du synode, car pour la première fois dans l'histoire récente des synodes, les interventions des Pères synodaux restèrent secrètes. Toute communication entre les Pères synodaux et le public se faisait par le truchement de conférences de presse quotidiennes et par des points presse organisés par la salle de presse du Saint-Siège. Des membres de l'équipe Voice of the Family  ont assisté à chacun de ces rendez-vous. Nous sommes tous pleinement d'accord avec l'affirmation du cardinal Burke selon laquelle l'information été manipulée de manière à mettre l'accent sur une seule position, au lieu de rapporter fidèlement les diverses positions qui avaient été exprimées.
Cette manipulation s’est le plus évidemment manifestée dans la relatio post disceptationem publiée à mi-parcours du Synode. Ce document d'étape, supposément basé que les interventions des Pères synodaux, était, pour reprendre les mots du cardinal George Pell, « tendancieux et faussé », et pour reprendre ceux du cardinal Wilfrid Napier, archevêque de Durban, le document était « pour ainsi dire irrattrapable », il « ne correspond en rien à ce que nous disons ».
Ce rapport d'étape à clairement montré que le but des radicaux n'était pas simplement de faire accéder un certain groupe à la communion, mais plutôt de lancer une attaque portant sur l'ensemble de l'édifice de l'Eglise sur les questions de la vie du mariage et de la famille. Faire une analyse complète de ce document dépasse le cadre de cette présentation, mais la situation a été bien résumée par le cardinal Burke :
« Le synode s'est retrouvé entre en train de s'occuper, d'une manière confuse et parfois erronée, de pratiques qui contredisent l'enseignement constant de l'Eglise et sa pratique à l'égard du mariage sacrement du mariage. Je me réfère à des pratiques qui donneraient accès aux sacrements à ceux qui vivent dans un état public d'adultère, et qui justifieraient, d'une certaine manière, la cohabitation conjugale en dehors du sacrement de mariage, et les relations sexuelles entre les personnes de même sexe. »
Il décrivit le rapport d'étape comme « un manifeste, une sorte d'incitation à aborder une nouvelle manière des questions fondamentales de la sexualité humaine au sein de l'Église ».
 Le cardinal George Pell exprimait un point de vue semblable lorsqu’il a expliqué qu'il y avait des éléments radicaux au sein de la hiérarchie qui utilisaient la question de la communion pour les divorcés remariés comme un « cheval de Troie ». Ce qu'ils recherchaient vraiment, dit le cardinal Pell, c'est l'acceptation de la cohabitation et de l’union de couples de même sexe.
Il ne faut pas s'étonner dès lors si les médias du monde entier ont qualifié ce document de « révolution » à l'intérieur de l'Eglise.
Il y eut cependant une opposition significative à ce document parmi de nombreux pères synodaux et cela s'est manifesté lorsque les pères se sont réunis en petits groupes pour discuter autour du texte. Chacun de ces petits groupes devait produire un rapport demandant que des amendements soient apportés.
Le matin du jeudi 16 octobre le cardinal Baldisseri a annoncé que les rapports de ces petits groupes ne seraient pas publiés, ce qui constituait une nouvelle rupture par rapport à la pratique antérieure. Son annonce a provoqué un tollé au sein de la salle du synode. Les comptes-rendus indiquent qu'un nombre significatif de Pères synodaux, conduits par le cardinal Pell, demandaient que les rapports soient publiés, ce qui a été accordé dit-on, par un hochement de tête du Saint-Père après quelque quinze minutes.
Le cardinal Burke a expliqué combien la publication de ces rapports était nécessaire : « Il était essentiel que le public puisse connaître, à travers la publication de ce rapport, que la relatio est un document qui comporte de graves irrégularités et n'exprime pas de manière correcte l'enseignement et la discipline de l'Eglise et même, sous certains aspects, elle propage l'erreur doctrinale et une approche pastorale fausse. »
La publication des rapports des petits groupes a permis d’assurer le report d'amendement significatifs dans le texte du rapport final du Synode. La relatio synodi finale contient de nombreuses réaffirmations de l'enseignement catholique sur une partie des questions clef, mais pas sur toutes.
Ainsi le rapport d’étape déclarait que « les unions entre personnes de même sexe ne peuvent pas être mises sur le même pied que le mariage entre l'homme et la femme ». Cette déclaration pouvait évidemment être interprétée comme voulant dire qu'il y avait au moins une manière de les considérer comme légitimes.
Le rapport final d’un autre côté, cite l'enseignement antérieur de l'Eglise lorsqu'il dit qu’« il n'y a absolument aucune raison pouvant justifier que l'on considère les unions homosexuelles comme ressemblant de quelque façon que ce soit, fût-ce par une analogie lointaine, au plan de Dieu pour le mariage et la famille ».
Bien que ces modifications soient évidemment très positives Voice of the Family considère que les deux document son essentiellement entachés des mêmes problèmes de fond et que la relation synodi, bien qu'améliorée, demeure inacceptable.
Nous savons, parce que le cardinal Baldisseri l'a confirmé, que le Saint-Père a lu et approuvé tous les documents produits à toutes les étapes du processus synodal.
Le synode extraordinaire sur la famille s'est achevé le samedi 18 octobre dans son allocution finale au Pères synodaux le pape François a condamné ce qu'il a pu appeler :
« La tentation du raidissement hostile, c’est-à-dire vouloir s’enfermer dans ce qui est écrit (la lettre) et ne pas se laisser surprendre par Dieu, par le Dieu des surprises (l’esprit) ; à l’intérieur de la loi, de la certitude de ce que nous connaissons et non pas de ce que nous devons encore apprendre et atteindre. Depuis l’époque de Jésus c’est la tentation des zélés, des scrupuleux, des attentifs et de ceux qu’on appelle – aujourd’hui – “traditionalistes” et aussi des intellectualistes. »
Il critiquait ensuite les défauts de ceux qu'on appelle les progressistes et libéraux, qu’il accusait de panser les plaies sans d'abord les guérir et de traiter les symptômes et non pas les causes et la racine des problèmes des gens. Mais il revenait ensuite sur ceux qui, je cite, « transforment le pain en pierre et le jette contre les pêcheurs, des faibles, les malades, en le transformant en fardeau insupportable ».
Il est compréhensible, vu le contexte de ces remarques et le contenu des débats au cours du Synode, que de nombreuses personnes aient pu interpréter les paroles du Saint-Père comme une critique à l'égard de ceux qui défendent la doctrine catholique face à la menace du plan radical mis en avant par le cardinal Kasper et d'autres prélats de haut rang.
Je conclus en citant cette courte réflexion du cardinal Burke lors d'une interview donnée au Catholic News Service après la fin du synode : « En peu de temps combien sommes-nous descendu, combien nous sommes-nous éloignés de la vérité de notre foi et de la vérité de la loi morale dans la société en général. Mais le fait que cette que ce type de questions soient aujourd'hui sérieusement en discussion au sein de l'Église devrait nous choquer tous, et nous éveillé à la nécessité, aujourd'hui, de donner un témoignage héroïque de la vérité et de l'indissolubilité du mariage face aux attaques qui émanent de l'intérieur de l'Eglise elle-même. »
Il poursuivait : « Le fait même que matières aient fait l’objet de discussions et aient été remises en question par les présidents de conférences épiscopales, par les chefs des dicastères de la Curie romaine, et par d'autres personnes spécialement nommés par le Saint-Père pour le synode, a été la cause d'une confusion terrible et pourrait même induire les fidèles en erreur à l'égard de renseignements sur le mariage et à l'égard d'autres renseignements. Depuis la fin du Synode la confusion au sein de l'Église ne fait que se renforcer et les menaces contre la famille se sont étendues. »
Matthew McCusker
(Traduction : Jeanne Smits.)

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