01 octobre, 2014

Conte moderne

Jennifer Cramblett est blonde et blanche, elle habite dans une petite ville de l’Ohio, blanche aussi, un brin « raciste »… Mais sa petite fille est un peu noire. Elle a des cheveux qui frisent, la peau foncée de son papa. Pour Jennifer, c’est un problème, car il faut aller loin pour trouver un coiffeur qui sache s’occuper de Payton, 2 ans ; et puis dans cette ville de 2.500 âmes, la petite fille se remarque. Elle est différente. Elle sera la seule de sa couleur lorsqu’il sera temps d’aller à l’école. D’ailleurs on la regarde un peu de travers… Jennifer envisage de déménager, histoire d’aller dans une ville plus métissée. Où Payton sera un peu blanche, un peu trop. Voilà une vie pas facile qui s’annonce…
Pourtant Jennifer Cramblett avait tout fait pour avoir un bébé blanc. D’ailleurs sa partenaire Amanda, blanche et blonde elle aussi, en était d’accord. Le catalogue du Midwest Sperm Bank de l’Ohio laissait le choix ; elles avaient flashé sur le donneur 380, blanc. Ne parlez pas de « papa », surtout, pour Payton il n’y en aura pas. La commande avait été faite par téléphone, et notée sur un bout de papier.
Lorsque les six fioles de sperme sont arrivées chez Jennifer et Amanda – 400 $ l’unité – elles étaient persuadées d’avoir bientôt l’enfant de leurs rêves. Personne ne nota que les fioles portaient le numéro 330. Jennifer une fois inséminée et enceinte, elles se sont dit que se serait bien de prévoir un petit frère ou une petite sœur. Re-coup de fil à la banque de sperme : elles revoulaient du même. Six nouvelles fioles arrivèrent, cette fois avec le bon numéro. Payton n’était pas encore née que sa maman savait qu’il y avait eu erreur. Jennifer était envahie de « colère, de déception et de peur ». Le facteur « racial » allait se révéler à la naissance…
Jennifer a porté plainte et réclame des dommages et intérêts. Elle qui n’avait pas rencontré d’Afro-Américain avant d’aller à l’université, elle qui n’arrivait déjà pas à faire totalement accepter son homosexualité par sa famille – un brin raciste ou, comme l’a dit l’avocat de la jeune femme, « 100 % blanche et involontairement indélicate » – aime énormément la petite Payton mais veut réparation.
Elle ne se contente pas du remboursement des six premières fioles que la compagnie lui a adressé aussitôt l’erreur révélée. Jennifer se fondera sur une « violation de garantie » et  plaidera également la « naissance injustifiée ».
Après tout, comme l’a exprimé son avocat, « ce n’est pas comme si elle avait commandé une pizza ».

• Voulez-vous être tenu au courant des informations originales paraissant sur ce blog ? Abonnez-vous gratuitement à la lettre d'informations. Vous recevrez au maximum un courriel par jour. S'abonner

© leblogdejeannesmits



30 septembre, 2014

Pays-Bas : + 15 % d'euthanasies en 2013, on pique même les malades mentaux

Le nombre d’euthanasies et suicides assistés déclarés aux Pays-Bas a augmenté pour la cinquième année consécutive pour atteindre 4.829 cas en 2013, à comparer avec les 2.636 cas déclarés en 2009 : un quasi doublement sur la période. La loi néerlandaise exige que chaque acte soit signalé à l’une des cinq commissions régionales d’évaluation qui en vérifie la conformité avec les « strictes » conditions de la loi. L’affaire peut, en cas d’irrégularité, être renvoyée au ministère public pour d’éventuelles poursuites.
Dans la pratique, jusqu’ici, il n’y a jamais eu de renvoi devant la justice même en cas d’évaluation négative : cette année il y en eut cinq – une paille – dont trois pour défaut d’indépendance par rapport au dossier du deuxième médecin obligatoirement consulté. Les deux autres affaires ont été jugées non conformes en raison du non suivi des directives sur l’euthanasie qui imposent une substance précise pour obtenir le coma avant d’administrer le relaxant musculaire qui entraînera la mort. Rien de bien grave !
Cela veut dire que dans 99,9 % des cas les spécialistes des commissions ont approuvé les décisions des médecins de terrain, étant entendu que grâce à une informatisation de la procédure, allégée qui plus est pour qu’une seule personne soit chargée d’évaluer les cas les plus courants, les commissions ont pu rattraper leur gros retard. C’est bien là le premier motif de satisfaction des rédacteurs du rapport. La paperasserie est en ordre.
On se souviendra cependant des assurances néerlandaises selon lesquelles les conditions légales pour la dépénalisation de l’acte d’euthanasie étaient particulièrement sévères et rigoureuses. Cela n’a pas empêché la rapide explosion du recours à cette pratique et le rapport lui-même souligne que l’« acceptabilité » de l’euthanasie va croissant dans la société et, surtout, parmi les médecins qui la mettent en œuvre, dont il est aussi souligné qu’ils connaissent de mieux en mieux la loi. Ils hésitent donc moins de passer à l’acte.
La plupart des cas répertoriés en 2013 concernait des malades du cancer souffrant d’importantes douleurs, « sans perspective » de les voir s’achever autrement que par la mort : 3.588 des « morts volontaires » ont eu lieu dans ce cadre.
Mais les chiffres les plus significatifs sont les suivants, modestes seulement en apparence : 97 personnes souffrant de démence, commençante ou déclarée, ont été « régulièrement » piquées, ce qui représente une grosse progression par rapport aux quelques dizaines des années précédentes, ainsi que 42 personnes souffrant de maladies mentales, contre 14 en 2012 et 13 l’année précédente.
Les médecins néerlandais, qui passent pour tellement plus sérieux que les Belges dont les euthanasies extravagantes défraient la chronique, ne sont pas vraiment en reste : ils acceptent de plus en plus la perte d’autonomie, la peur de souffrir, l’humiliation, la désespérance comme des motifs valables. Parfois l’euthanasie vient même mettre un terme à une vie de souffrance provoquée par un traumatisme d’enfance, et personne n’y trouve à redire – alors qu’il s’agit clairement d’un échec de la société et de la médecine. A moins que ce ne soit la désespérance ordinaire d’une société qui a commencé par enterrer Dieu avant de passer à l’euthanasie des humains ?
Ainsi, en 2013, 251 cas d’euthanasie sont venus « abréger les souffrances » de personnes âgées souffrant d’affections multiples et de désagréments divers liés à la vieillesse.
L’euthanasie des personnes démentes ou en voie de le devenir sont l’un des principaux chevaux de bataille actuels du lobby de l’euthanasie aux Pays-Bas. En 2010, on en avait éliminé 21 qui n’étaient pas encore trop malades pour exprimer librement leur volonté, en pleine possession de leurs moyens. A l’époque, l’immense majorité des médecins n’envisageait pas de tuer une personne incapable de réitérer sa demande d’euthanasie en raison de l’évolution de sa maladie, alors on anticipait, et la commission d’évaluation approuvait.
Depuis lors la NVVE, association pour une fin de vie volontaire, a multiplié les campagnes pour alerter les plus de 70 sur le fait que leur désir d’euthanasie risquait de ne pas être entendu : de réunions d’informations en conférences dans les villes de provinces, elle a « informé » le public afin que les directives anticipées se multiplient et souligné que dans sa lettre, la loi de 2002 n’interdit pas d’exécuter l’euthanasie sur une personne ayant clairement, avant de perdre la faculté d’exprimer valablement sa volonté, fait part de ses dernières volontés. Pendant ces réunions, on invoque les situations « insupportables » à éviter : devenir incontinent, dépendant, ne plus reconnaître ses proches…
Le rapport donne les détails de quelques cas d’euthanasie exécutées selon la loi en 2013.
• Une octogénaire souffrant d’hallucinations, de raideurs et de la peur de devenir davantage démente. Elle a été euthanasiée grâce à la clinique de fin de vie.
• Une autre octogénaire craignait les souffrances futures liées à l’Alzheimer dont elle souffrait. Son euthanasie a été pratiquée sur la foi de demandes réitérées appuyées par deux vidéos datant de deux ans en arrière où elle expliquait vouloir être piquée au cas où son transfert dans un établissement de soins deviendrait inévitable.
• Un couple d’octogénaires souffrant de diverses « maladies graves » : elle n’arrivait guère à marcher sur de longues distances et ne pouvait plus participer aux activités organisées par la maison pour personnes âgées où ils vivaient ; lui souffrait d’Alzheimer. Il a refusé de partir en maison de soins sans sa femme et a demandé l’euthanasie le premier. Sa femme a décidé qu’elle voulait mourir elle aussi parce qu’elle ne pouvait plus s’occuper d’elle-même, qu’elle avait le souffle court et des difficultés de communications. Ils ont été euthanasiés ensemble par deux médecins différents, leurs souffrances ayant été jugées « insupportables » et « sans espoir ».
• Suivant déjà partiellement les revendications de la NVVE qui voudrait voir l’euthanasie autorisée dès 70 ans pour ceux qui sont « fatigués de vivre », la commission a validé l’euthanasie d’un nonagénaire, presque aveugle et presque sourd, qui avait perdu toute vie sociale et qui avait des « souvenirs traumatiques » liés à la guerre, ainsi que des insomnies. Sa souffrance a été jugée « insupportable » parce qu’il ne pouvait plus entrer en relation significative avec autrui.
• Une trentenaire souffrant de problèmes post-traumatiques liés à des abus sexuels pendant l’enfance, qui avait fait plusieurs tentatives de suicide et s’était automutilée de manière répétée – elle expliquait que c’était « la guerre dans sa tête » et elle souffrait de cauchemars et de désordres alimentaires », a obtenu l’euthanasie dès lors que des pyschiatres ont certifié qu’il n’y avait plus aucune voie thérapeutique possible.
• Une trentenaire souffrant de troubles bipolaires et de désordres alimetaires a connu le même sort.
Cela fait plusieurs années déjà que les médias néerlandais se sont fait l’écho d’arguments suscités par le lobby de l’euthanasie selon lesquels les « suicides illégaux » des malades mentaux ou des déprimés font désordre, sont gênants et traumatisants : il faudrait donc les médicaliser (comme l’avortement) pour éviter un surcroît de souffrance et de troubles. La propagande a été efficace et aujourd’hui bien des Néerlandais sont persuadés qu’il vaut mieux « aider » ces gens à mourir plutôt que de prendre le risque qu’ils se jettent sous un train. C’est douloureux pour eux, et source d’ennuis pour les voyageurs…

• Voulez-vous être tenu au courant des informations originales paraissant sur ce blog ? Abonnez-vous gratuitement à la lettre d'informations. Vous recevrez au maximum un courriel par jour. S'abonner

© leblogdejeannesmits



Espagne : Mgr Munillo, l'avortement et le devoir des catholiques en politique

Pour ce qui est du respect de la vie, l’Espagne connaît les mêmes problèmes que la France, comme vient de le démontrer la reculade – la trahison ! – du gouvernement Rajoy sur la question de l’avortement. Véritablement, l’acceptation du « droit à l’IVG » est le ticket d’entrée et le sauf-conduit qui permet d’accéder et de demeurer aux postes de gouvernement, aux médias, aux divers organes de la représentation nationale, le ministre espagnol de la Justice, Ruiz Gallardon, vient de l’apprendre à ses dépens.
Alors que faire, quand on est catholique, dans ce monde qui rejette le plus élémentaire respect des êtres humains créés à l’image de Dieu ? Pour Mgr José Ignacio Munilla, il ne peut y avoir de réponse sans cohérence. Je traduis ci-dessous le texte qu’il a publié sur InfoCatolica, dimanche.
C’est moi qui souligne quelques passages clef de cet article sans concessions. – J.S.


La voix des sans-voix

Le retrait par le président du gouvernement de « l’avant-projet de loi organique pour la protection de la vie de l’enfant conçu et des droits de la femme enceinte » est une décision politique aux implications morales très graves, étant donné que la mesure prise par M. Rajoy condamne des centaines de milliers de vies humaines au plus absolu des abandons.
Le droit à la vie n’est pas un droit de plus, c’est celui qui est antérieur à tous les droits et sur lequel tous les autres droits reposent. Evidemment, le jugement moral sur les politiques développées par un gouvernement ne se limite pas à la protection de la vie. L’expérience nous apprend que certains partis sont habituellement plus sensibles à des valeurs éthiques déterminées, tandis que d’autres le sont à l’égard d’un autre type de valeurs morales. Mais quand ce qui est en jeu est le droit de vivre lui-même, il ne faut pas nous dire que nous sommes devant une question parmi tant d’autres. Il s’agit probablement du plus grand des drames moraux de notre société. Chaque jour, en Espagne, voit l’extermination de plus de 300 vies humaines, à qui l’on nie le plus élémentaire des droits : le droit de vivre. Et cela se fait sous l’égide d’une loi inique qui reconnaît le droit d’avorter, c’est-à-dire le droit de tuer.
S’il est vrai que le Partido Popular avait manifesté, tant qu’il était dans l’opposition, son désaccord avec la loi pro-avortement de Zapatero (2010), il a pour finir achevé d’assumer l’aberration qui consiste à considérer l’avortement comme un droit humain. (Il convient de souligner qu’il n’y a pas d’autre Etat dans le monde qui considère l’avortement comme un droit dans sa législation.) Malheureusement, ce n’est pas la première fois que se produit une telle dérive au Partido Popular. Les faits démontrent que la prétendue « gauche » est celle qui finit par baliser le chemin de la prétendue « droite ». Il y a toujours moins de différences idéologiques entre les partis politiques, étant donné qu’ils ont tous assumé les valeurs du néocapitalisme, du relativisme et de l’idéologie de genre. Quelqu’un a dit que la caractéristique de la pensée politiquement correcte de notre temps est d’être théoriquement marxiste, pratiquement libérale et psychologiquement freudienne.
La décision prise par le Président du gouvernement rouvre de manière définitive le débat qui existe déjà depuis longtemps au sein de l’Eglise catholique : quel est le type de présence que doivent avoir les catholiques dans la vie politique ? Est-il cohérent que les catholiques s’intègrent au sein de partis politiques qui accueillent dans leurs programmes des propositions diamétralement opposées aux valeurs évangéliques ? Les catholiques peuvent-ils voter pour des partis politiques qui sont dans cette situation, en se fondant sur le principe du « moindre mal » ? Le temps a démontré qu’en prenant le chemin du « moindre mal » on finit par arriver au « mal plus grand ». L’option du « moindre mal » ne peut être accueillie par le chrétien que de manière circonstancielle et transitoire ; sans succomber à la tentation d’en faire sa devise. C’est que… Jésus-Christ nous a enseigné à choisir le bien, non le moindre mal.
De manière similaire à ce qui s’est passé lorsqu’un nombre significatif de militants du Parti nationaliste basque ont démissionné de leur militantisme politique lorsque leur parti a intégré les postulats pro-avortement, je n’ai aucun doute quant au fait que de nombreux membres du Partido Popular feront la même chose (bien que les appareils politiques tentent de mettre cela en sourdine). Nous nous trouvons devant un test important pour mesurer notre hiérarchie des valeurs : l’idéologie au-dessus des valeurs morales ? Ou les valeurs morales au-dessus de l’idéologie ? Il ne peut y avoir d’accommodements ; il faut choisir.
Les croyants ont un sérieux problème : l’arc parlementaire actuel ne comprend aucun parti d’envergure capable de représenter le vote catholique. Pour le dire clairement : un catholique qui aspire à être fidèle aux principes de la doctrine sociale catholique ne peut pas en toute cohérence voter pour les partis politiques d’envergure nationale présents dans l’actuel congrès des députés.
La charge des évêques est d’apporter l’éclairage moral, et non de créer une alternative politique. Voici l’une des tâches spécifiques les plus importantes des laïcs en ce moment. La vocation des laïcs catholiques, à la différence des prêtres et des évêques, est de se rendre présents dans la vie politique en proposant d’autres choix, capables d’incarner de manière cohérente dans la vie publique les principes qui inspirent la doctrine sociale catholique.
Il n’est pas besoin de dire que, si ces réflexions s’adressent en priorité aux catholiques, elles sont aussi applicables aux membres d’autres confessions religieuses, et même aux citoyens non croyants qui ne sont pas peu nombreux à faire le choix de l’intégrité des valeurs morales, y compris l’inviolabilité de la vie humaine dans le sein maternel.
La question est la suivante : qui donnera sa voix à ceux qui n’ont pas de voix ? Qui est disposé à défendre le droit à la vie de centaines de milliers d’innocents qui ne peuvent pas encore parler pour eux-mêmes ? Et qui donnera aux femmes enceintes qui se trouvent dans des situations difficiles l’alternative à ce piège mortel appelé « droit à l’avortement » ?
José Ignacio Munilla
Obispo de San Sebastián




• Voulez-vous être tenu au courant des informations originales paraissant sur ce blog ? Abonnez-vous gratuitement à la lettre d'informations. Vous recevrez au maximum un courriel par jour. S'abonner

© leblogdejeannesmits



Marisol Touraine est contente : “les droits progressent”

On va faire des économies sur la branche famille, les allocations familiales aux adolescents, le congé parental, mais jamais on n'a vu autant les droits progresser ! C'est Marisol Touraine qui tweete…



Sûr qu'avec la contraception et l'avortement remboursé à 100 %, la branche famille va aller mieux. Genre : salut vieille branche, tu profites bien de ta retraite?

• Voulez-vous être tenu au courant des informations originales paraissant sur ce blog ? Abonnez-vous gratuitement à la lettre d'informations. Vous recevrez au maximum un courriel par jour. S'abonner

© leblogdejeannesmits



29 septembre, 2014

Espagne : un évêque pose les vraies questions sur l'avortement

Trouvé sur Religion en Libertad, ce texte décapant d'un évêque émérite espagnol, Mgr José Gea Escolano, parti comme missionnaire au Pérou. Lisez-le jusqu'au bout : chaque question posée par cet homme au franc-parler revigorant est importante. Il s'était exprimé sur le projet de loi Gallardon en soulignant qu'il ne clarifiait rien, puisqu'il partait comme la loi Zapatero du principe que le gouvernement a le droit de laisser supprimer une vie innocente.  – J.S.

Marche avant ou marche arrière pour la loi sur l'avortement ?

Le thème de l’avortement est d’actualité. On parlait beaucoup ces derniers jours de la question de
savoir si la loi d’avortement du gouvernement Zapatero allait être modifiée, si on allait la laisser telle quelle, si la promesse du PP allait s’accomplir, si le PP va perdre beaucoup de voix en faisant marche arrière, s’il faut rechercher un consensus… Ce qui est certain, c’est que le Président a dit qu’il retirait le projet de loi, qu’il est parti pour la Chine et qu’immédiatement, le ministre de la Justice a démissionné.
Les partisans de l’avortement semblaient attendre la réforme de la loi pour pouvoir se jeter comme des hyènes furieuses dans la mêlée pour défendre l’avortement, et d’autres semblaient espérer que la réforme ne soit pas mise de côté parce qu’en ce cas ils cesseraient de voter pour le PP. On allait vers un vrai bazar. Chacun sait à quoi s’attendre et se prépare en conséquence.
Dans cet article je me propose de poser juste quelques questions pour que chacun y réponde en cherchant la vérité, en laissant de côté ce qui relève de ma vérité et de ta vérité, parce que la vérité est une et qu’elle coïncide avec le bien ; et le bien n’est ni à moi ou à toi, c’est le bien commun.
Allons-y donc pour les questions :
1. Qu’est-ce que l’avortement ? L’élimination de la vie d’un être humain pendant qu’il grandit dans le sein maternel. Non ?
2. Le gouvernement a-t-il la faculté de permettre la destruction d’un être humain conçu mais pas encore né, c’est-à-dire du nasciturus ? Il croit l’avoir depuis 1985 où il a commencé à s’arroger la faculté de supprimer des vies humaines innocentes.
3. Ce qu’il y a dans le ventre d’une femme enceinte, est-ce ou non un être humain, l’enfant de la femme qui l’engendre ? Et si c’est d’une femme, qu’est-ce ? Certainement pas un petit chevreau !
4. La femme a-t-elle le droit d’avorter son enfant ? Parce que, une fois avorté et même si on appelle par euphémisme l’avortement « interruption volontaire de la grossesse », ce qui est avorté n’est-il pas définitivement un enfant mort ?
5. Le père ne compte-t-il pour rien par rapport à l’avortement, ou non, de son enfant ? Le père n’a-t-il pas droit à son enfant ? Pourquoi la loi ne le protège-t-elle pas pour qu’il exerce son droit de paternité s’il veut empêcher l’avortement ?
6. Selon l’actuelle loi d’avortement, toute femme ne peut-elle pas avorter, comme ça, parce que, sans plus, parce qu’elle en a envie ? C’est bien qu’on lui a reconnu le droit de tuer son enfant, comme si cette vie était sa propriété.
7. Pour beaucoup, l’avortement, c’est le progrès ; mais le progrès vers où ?
8. Si ce que cherche notre gouvernement, c’est le consensus, si l’on pouvait s’adresser l’enfant pour qu’il y ait un consensus, que dirait-il ?
9. Si nous savons tous que des lois assassines ont été votées par des majorités parlementaires (rappelons-nous Staline ou Hitler et tant d’autres monstrueux génocides), pourquoi tolérons-nous, impassibles, que l’on approuve des lois perverses et pourquoi ne condamnons-nous pas les milliers d’avortements qui se commettent en Espagne ?
10. D’où pensent-ils qu’un gouvernement peut obtenir le droit de permettre que n’importe qui puisse supprimer légalement les vies innocentes des plus faibles et sans défense dans le sein maternel ?
11. Serait-il juste de faire approuver par la majorité le droit de la femme maltraitée par son mari ou son compagnon de le tuer comme un injuste agresseur ? Et le bébé, lui, n’attaque ni ne blesse sa mère, il lui donne juste des petits coups de pied pour attirer son attention à mesure qu’il grandit.
12. Les soi-disant gens de progrès qui approuvent l’avortement, toléreraient-ils qu’on enlève la vie à l’un de leurs enfants ? Lequel : le nouveau-né, celui de deux ans qui n’arrête pas de pleurer, ou l’adolescent qui va boire en troupeau dans la rue ?
13. Si on ne peut pas tuer l’enfant handicapé qui vient de naître, pourquoi peut-on le tuer avant qu’il naisse ?
14. Un Président du gouvernement comme l’actuel qui, avec la majorité absolue, maintient une loi par laquelle s’autorise la suppression de milliers et de milliers de vies humaines innocentes, à qui ressemble-t-il le plus, à Hérode, à Esaü vendant son droit d’aînesse pour un plat de lentilles, ou à Judas, qui a vendu Jésus pour 30 pièces d’argent ?
15. Si le motif pour ne pas changer la loi d’avortement a été l’absence de consensus, M. le Président pense-t-il qu’il viendra plus tard, qu’ils gagnent ou qu’ils perdent les futures élections ?
16. Et comment ont réagi ces ministres du gouvernement de Rajoy qui se déclarent publiquement catholiques ? Croient-ils qu’ils peuvent continuer de collaborer comme membres du gouvernement à l’« holocauste silencieux » de l’avortement ? Ne sont-ils pas coresponsables ?
17. Que dirait l’enfant à sa mère si elle se convertissait par la suite et que, étant pardonnée, elle allait au ciel ? Je crois qu’elle lui dirait quelque chose comme ceci : « Maman, combien j’ai eu envie de te serrer très fort dans mes bras. Dès que je suis venu au ciel, j’ai dit au Père, en imitant Jésus : Père, pardonne à ma maman car elle ne sait pas ce qu’elle a fait. »
Mgr José Gea Escolano
Mgr Gea, né en 1929, a été évêque d’Ibiza et de Mondoñedo-Ferrol. Parti à la retraite en 2005, il est parti comme missionnaire au Pérou au nord de Lima, dans une paroisse où il confesse en moyenne six heures tous les dimanches, et quelques heures chaque jour de la semaine.
 Il anime sur Religion en Libertad le blog « Un obispo opina ».

• Voulez-vous être tenu au courant des informations originales paraissant sur ce blog ? Abonnez-vous gratuitement à la lettre d'informations. Vous recevrez au maximum un courriel par jour. S'abonner



© leblogdejeannesmits



28 septembre, 2014

France : un pas vers la PMA pour les homosexuels

A lire en v.o. anglaise sur LifeSite.

• Voulez-vous être tenu au courant des informations originales paraissant sur ce blog ? Abonnez-vous gratuitement à la lettre d'informations. Vous recevrez au maximum un courriel par jour. S'abonner


© leblogdejeannesmits



Comme Ban Ki-moon, faites-vous photographier avec une pancarte anti-homophobe !



A l'Assemblée générale des Nations unies qui se tenait cette semaine à New York, les dirigeants mondiaux, les employés de l'ONU et les visiteurs ont été invités à se faire photographier avec une pancarte afficheant leur soutient à lutte contre l'« Homophobie ».

C'est au pied de l'escalier d'apparat près de l'entrée principale qu'ils ont pu faire une halte au photomaton installé à cet effet pour faire comme Ban Ki-moon : le secrétaire général de l'ONU avait donné l'exemple le 17 mai dernier à l'occasion de la Journée internationale contre l'homophobie et lk la transphobie. 

Le photomaton était opérationnel de 9 h à 18 h. Chaque utilisateur était assuré de recevoir non seulement l'impression « papier » de sa photo mais aussi sa version électronique par courriel ou par les réseaux sociaux.

L'histoire ne dit pas si l'on pouvait se faire tirer ainsi le portrait gratuitement ou si – comme dans n'importe quel photomaton du monde – il fallait payer son écot. Ni si le gadget a eu du succès.

Ce qui est sûr, c'est que l'affaire a mobilisé du monde. « Cette initiative est le résultat d'une collaboration entre le Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l'homme (HCDH) et le Groupe inter-régional LGBT », assure le communiqué officiel.

Ce groupe comprend l'Argentine, le Brésil, la Colombie, la Croatie, El Salvador, Israël, le Japon, le Monténégro, les Pays-Bas, la Nouvelle-Zélande, la Norvège, l'Uruguay, le Royaume-Uni, les Etats-Unis, l'Union européenne et, bien sûr, la France.

Un mot sur le « message » : « Les droits de l'homme sont pour tous = qui que vous soyez ou qui que vous aimiez. » Bien sûr : droit de ne pas être traité injustement, droit de ne pas être torturé, persécuté, de ne pas subir de violences… Mais derrière les bons sentiments, il y a le militantisme pour des droits LGBT : droit à l'union civile, au « mariage », à la procréation, etc, toujours au nom de l'« égalité ».


• Voulez-vous être tenu au courant des informations originales paraissant sur ce blog ? Abonnez-vous gratuitement à la lettre d'informations. Vous recevrez au maximum un courriel par jour. S'abonner



© leblogdejeannesmits



27 septembre, 2014

France : le congé parental des mères réduit à 18 mois ?

J’ai eu sans le savoir le nez creux en publiant ici hier mon article sur la loi « égalité femmes hommes » écrit au moment du vote de la loi, en juillet dernier. La nouvelle est tombée il y a quelques minutes : dans le cadre du plan d’économies de 50 milliards d’euros, le gouvernement envisagerait de réduire de le congé parental qui serait désormais limité à 18 mois pour la mère, contre 3 ans avant le vote de la loi.
Ce congé de trois ans est proposé à partir du deuxième enfant et rencontre un succès qui dérange : il coûte cher, et en outre il perpétue l’idée que les femmes sont contentes de rester à la maison, affreux passéisme.
La loi d’égalité prévoyait que la totalité du congé ne pouvait être pris qu’au cas où le père – pardon, « l’autre parent » – en prendrait six mois. C’était déjà une négation du rôle spécifique de la mère auprès des très jeunes enfants, mais comme après tout il y a maintenant des « familles » avec « deux papas », tout cela était cohérent. Avec l’idéologie du genre surtout.
Mais il faut l’être encore davantage. Selon Le Parisien, c’est au nom du « principe d’égalité » que le gouvernement fera lundi l’annonce de ce nouveau pas vers l’« égalité réelle ».
Personne n’est dupe : si la volonté idéologique du gouvernement Valls ne fait aucun doute, le motif premier est économique. Tout le monde sait bien que dans la vraie vie, les pères ne sont pas nombreux à vouloir ou à pouvoir interrompre leur activité professionnelle pour s’occuper de la maison et des enfants. L’hypocrisie est là : le gouvernement table sur les « stéréotypes de genre » pour anticiper un marge désintérêt des pères pour ces 18 mois de congé qui leurs seraient généreusement offerts – avec 300 à 400 millions d’euros économisés sur la « branche famille ».

• Voulez-vous être tenu au courant des informations originales paraissant sur ce blog ? Abonnez-vous gratuitement à la lettre d'informations. Vous recevrez au maximum un courriel par jour. S'abonner



© leblogdejeannesmits



Canada : acquittement d’une femme qui a caché le corps de son nouveau-né

Une Canadienne accusée d’avoir recelé le corps de son enfant nouveau-né en le plaçant dans un sac plastique sur le balcon de son appartement, en 2006, a été acquittée au motif qu’elle avait pu pratiquer un auto-avortement et que son bébé était peut-être mort-né. Etant donné que l’auto-avortement est dépénalisé au Canada, quel que soit le stade de la grossesse – en l’occurrence il s’agissait d’une petite fille à terme – le juge a estimé que la « possibilité raisonnable » que les choses se soient passées ainsi lui interdisait de sanctionner le recel.
L’état de décomposition du petit corps a interdit de déterminer si le bébé était né vivant. Le médecin légiste a affirmé ne pas pouvoir affirmer avec certitude que  la petite fille n’était pas morte avant la naissance, ni qu’elle n’avait pas pu mourir à la suite d’une prise de drogues par sa mère, une strip-teaseuse toxicomane.
En revanche il était établi que la jeune femme avait cherché à obtenir un avortement tardif dès le 5e mois, sans s’y résoudre, ce qui, selon le juge, établit le fait qu’elle avait le désir et le motif de pratiquer un auto-avortement lorsque son enfant est arrivé près du terme.
« L’effet pratique de la loi, tel que je le vois, est que toute femme peut détruire son fœtus à terme ou près de son terme et peut induire un avortement de ce fait, et faire ce qu’elle veut des restes sans encourir de sanction pénale », a estimé le juge Toni Skarica du tribunal de Brampton, Ontario. Il poursuit :
« Franchement, je trouve cela profondément perturbant et même répugnant selon n’importe quelle aune morale. Cependant je suis lié par la loi telle que l’interprète la Cour suprême du Canada. Je pourrais ajouter : n’était cette possibilité raisonnable d’un auto-avortement je n’aurais aucune hésitation (…) à condamner l’accusée. Vous, Ivana Levkovic, avez attiré la honte et le rejet de la communauté sur votre personne. Cependant, étant données les preuves apportées et la loi, la Couronne n’a pas prouvé son accusation au-delà du doute raisonnable. Je dois donc vous dire non coupable. … Vous êtes acquittée. Vous êtes libre de partir. »
Où l’on sent que le juge n’est pas ravi de juger ainsi… Mieux, il met en évidence – volontairement ou involontairement, qui le saura ? – la répugnance d’une loi qui autorise une femme à tuer son enfant jusqu’au terme de sa grossesse, et son incohérence aussi : pourquoi la condamner dans le cas où elle tue son enfant né vivant ?
L’avocat d’Ivana Levkovic a déclaré à la presse que les poursuistes judiciaires à l’encontre de sa cliente « constituaient une ingérence indue sur les choix reproductifs d’une femme » : « Il n’y a pas de limite légale quant au moment ou la manière dont une femme exerce son droit à l’avortement au Canada (…) et nous sommes en droit de nous appuyer sur la loi telle qu’elle est. »
Ivana Levkovic a été impliquée dans une autre affaire : un de ses anciens amants et souteneurs, Mark Hinds, avait témoigné à la police en 2005 que trois ans plus tôt, la jeune femme avait donné naissance à un enfant dans leur appartement, attestant qu’il était présent à la naissance, que l’enfant avait bougé et fait du bruit et que sa mère l’avait laissé dans les toilettes jusqu’à ce qu’il arrête de le faire. Une fois mort, selon Hinds, Ivana Levkovic avait placé le corps dans un sac-poubelle qu’elle avait gardé au congélateur pendant trois ans, jusqu’à ce que Hinds avait trouvé un ami pour se débarrasser du sac en le jetant dans le fleuve Humber. Hinds est mort en 2006 et l’affaire n’a pas eu de suites judiciaires.
Tout cela a le mérite de montrer le lien intime entre avortement et infanticide :  un lien qui aboutit « à l’extension du “droit à l’avortement” », ainsi que le met régulièrement en évidence Yves Daoudal sur son blog.

• Voulez-vous être tenu au courant des informations originales paraissant sur ce blog ? Abonnez-vous gratuitement à la lettre d'informations. Vous recevrez au maximum un courriel par jour. S'abonner



© leblogdejeannesmits



26 septembre, 2014

La loi d'égalité femmes hommes de Najat Vallaud-Belkacem

La loi sur « l'égalité réelle entre les femmes et les hommes » a été votée cette été à la toute fin de la session parlementaire, pour être promulguée symboliquement le 4 août. Le fait qu'elle a été peu commentée, la nomination de celle qui l'a portée, Najat Vallaud-Belkacem, comme ministre de l'éducation nationale, et la gravité de ce texte m'ont incité à vouloir publier ici l'article que j'avais écrit fin juillet pour Monde & Vie, je le fais avec l'aimable autorisation de Jean-Marie Molitor, directeur de cette revue catholique. Le site est ici et pour s'abonner, c'est par  (il y a des offres spéciales pour les nouveaux abonnés). 

Pour le parlement,  l’égalité « femmes-hommes » passe par l’avortement et le genre


Le gouvernement a profité de l’été pour faire passer la « loi pour l’égalité réelle entre les femmes et les hommes », adoptée définitivement le 23 juillet, aux derniers jours de la session parlementaire extraordinaire. Face à ce texte à forte saveur idéologique, et qui va jusqu’à faire de l’IVG un droit que n’« excuse » même plus la « détresse », il ne se sera trouvé aucun député pour voter contre. Vacances ?

*

Aucun vote contre la loi d’égalité « femmes-hommes » – attention à ces mots, l’ordre est celui du texte ! –, voilà ce que l’on retiendra d’abord d’un projet adopté à marches forcées parce qu’il joue un rôle majeur dans l’entreprise de révolution sociétale engagée par François Hollande et ses gouvernements successifs depuis l’arrivée des socialistes au pouvoir.

Il n’a donc pas rencontré d’opposition sérieuse. Quelques députés UMP l’ont même voté ; les autres – ceux qui étaient présents en cette fin de mois de juillet – se sont abstenus. Et Gilbert Collard, Marion Maréchal Le Pen, Jacques Bompard ? Sans doute n’étaient-ils pas là. Qu’auraient changé trois voix con­tre, pourraient-ils observer. Ce n’aurait été effectivement que pour l’honneur…

Ce vote doublé d’une abstention quasi consensuelle en dit long sur le terrorisme intellectuel qui régit ces questions. On ne vote pas « contre » l’égalité. C’est impossible. Cela fait de vous d’emblée un contre-révolutionnaire. Egalité, que de crimes on commet en ton nom !

Le crime est bien là, oui. Il est au cœur de la loi et dans l’entière logique de la loi : au nom de l’égalité, celle-ci vise à faciliter l’accès à l’avortement.

L’IVG, un droit

L’article 24 du texte définitif le dit de manière laconique : « A la première phrase de l’article L. 2 212-1 du même code (de la santé publique), les mots : “que son état place dans une situation de détresse” sont remplacés par les mots : “qui ne veut pas poursuivre une grossesse”. »
La « justification » de l’avortement disparaît : justification de façade, certes, destinée à faire accepter l’inacceptable au nom de la compassion, mais enfin c’était une limite. Une manière de dire que l’« IVG » est une sorte de moindre mal, de solution ultime dans une situation de grande souffrance ou de misère. Solution facile, aussi, puisque dès lors qu’il y a détresse, pourquoi ne pas en chercher la cause et proposer une aide ?
En faisant disparaître la notion de détresse, il ne reste plus que la volonté de la femme. Elle, et elle seule, exerce droit de vie et de mort sur l’enfant qu’elle porte. Légalement, l’avortement achève de devenir un droit.
Il l’était déjà dans les faits ; il l’était largement sur le plan juridique. Jamais l’obligation posée dans la loi Giscard-Chirac-Veil de proposer une aide aux femmes dans un entretien préalable en vue de les encourager à garder leur enfant n’a été respectée ; jamais le financement de centres d’accueil aux futures mères n’a été pris en charge par l’Etat.
Et aux fil des révisions, depuis la loi Neiertz et les lois Aubry (ci-dessus)  jusqu’à la décision de rembourser l’avortement à 100 % prise à Pâques 2013, le caractère intouchable de l’« IVG » s’est précisé. Le délit d’entrave est né : l’avortement est le seul acte chirurgical qui bénéficie d’une telle protection. L’obligation d’entretien préalable a disparu en 2001 – elle était le corollaire de la justification de l’avortement par la « détresse ». La publicité pour l’avortement n’est plus un délit… Et les pressions « morales et psychologiques » pour convaincre une femme de ne pas avorter ont elles aussi été classées parmi les délits.

Non-droit de savoir

La loi d’égalité « femmes-hommes » va encore plus loin. Elle élargit le délit d’entrave au fait d’empêcher une femme de « s’informer » sur l’avortement – une information sur son droit à l’avortement – et ce simple fait est puni de deux ans d’emprisonnement et de 30 000 euros d’amende.
Tout cela a été voté pour « assurer aux femmes la maîtrise de leur sexualité, notamment par l’accès à la contraception et à l’interruption volontaire de grossesse ».

Cela est parfaitement, abominablement cohérent : comment arriver à la « parité », à « l’égalité réelle » si la femme voit sa vie embarrassée par l’arrivée d’une grossesse ou, « pire », celle d’un enfant qu’elle va devoir aimer toute sa vie ?

L’UMP, par la voix d’André Reichardt, a an­noncé la saisine du Conseil constitutionnel sur la disparition du mot « détresse ». Une disparition symbolique, mais lourde de sens. Que l’élu UMP ose in­voquer ici le « principe du respect de tout être humain dès le commencement de la vie » prend un goût particulièrement amer, dès lors que l’avortement justifié par la détresse a déjà fait plus de sept mil­lions de victimes en France depuis cette loi Veil qu’il dit vouloir faire respecter dans ses « principes fondamentaux ».

Partage des responsabilités

La mesure la plus commentée de la loi, celle qui touchera sans doute le plus de gens dans leur vie ordinaire, est celle obligeant les parents à partager leurs droits au congé parental, sous peine d’en perdre une partie.

Concrètement – et en simplifiant un peu, car on est en pleine usine à gaz – le congé parental actuellement fixé à six mois pour la naissance du premier enfant pourra atteindre un an – mais à condition que l’autre parent prenne le deuxième semestre. La loi ne parle pas de père ou de mère : cela est totalement dépassé depuis la loi Taubira. Mais en pratique, il s’agit donc que le père mette la main aux fourneaux. L’article 1er de la loi – votée sans un seul vote contre, rappelons-le – montre bien qu’elle vise à « lutter contre les stéréotypes sexistes », à « favoriser une meilleure articulation des temps de vie et un partage équilibré des responsabilités parentales ».

A partir du deuxième enfant, la « prestation partagée d’éducation de l’enfant » pourra atteindre trois ans – mais à la condition que six mois au moins soient pris par l’« autre parent ». Cela compliquera un peu plus la vie de celles qui choisissent d’être mè­res au foyer.

« Changer les mentalités »

Najat Vallaud-Belkacem, qui a dit vivre, lors de l’adoption de la loi, « un moment d’émotion pure », l’a bien précisé lors de son dernier discours à la commission mixte paritaire qui a travaillé d’arrache-pied pour obtenir un texte prêt à voter avant les vacances parlementaires : il s’agit de « changer les mentalités ». D’en finir avec l’« inéquitable répartition des responsabilités domestiques et parentales ».

On se croirait au plus fort du zapatérisme, où « la » maire d’une petite ville a décrété un couvre-feu pour les hommes le jeudi soir afin que leurs femmes puissent sortir pendant qu’ils font la vaisselle.
Cette répartition des tâches imposée par la loi se fonde évidemment sur la chasse aux stéréotypes de genre, devenus « stéréotypes sexistes » dans le premier article de la loi : on jongle là entre la promotion de la parité qui est en réalité une discrimination positive en faveur des femmes, et la négation de la différence entre hommes et femmes qui fait aussi partie de ses objectifs. Si l’on peut se sentir indifféremment homme ou femme quel que soit le sexe biologique, pourquoi faire ces manœuvres compliquées au bénéfice des femmes ? C’est une énigme qui reste à résoudre…

La fin du bon père de famille

Totalement logique, en revanche, est la disparition programmée par la loi du concept et des termes « bon père de famille » de tous les textes français où ils se trouvaient encore. Ils sont remplacés par le mot « raisonnable » ou « raisonnablement » – encore une petite folie socialiste !

Au-delà du toilettage sémantique, et à sa racine, se trouve un refus du « patriarcat », du « paternalisme », et même de la « paternité » tout court. Cela peut paraître anecdotique, mais c’est en réalité bien plus significatif que toutes les mesures de parité dans l’entreprise et les partis politiques que la loi d’égalité met en avant.

Cela s’inscrit pleinement dans l’idéologie du gen­re dont la loi est une mise en œuvre claire et nette. Pour ceux qui ont encore besoin de preuves, voici le dernier objectif de la loi énoncé dans son article premier : la politique pour l’égalité devra comporter « des actions visant à porter à la connaissance du public les recherches françaises et internationales sur la construction sociale des rôles sexués ».
Aucun vote contre…

Jeanne Smits


J'ajoute l'encadré qui a paru en même temps que le texte ci-dessus…

L’exemple suédois

Le choix compulsif d’une répartition des tâches maternelles et paternelles afin de diluer le rôle spécifique de chacun dans une « parentalité » indéfinie a été dicté par l’exemple des pays scandinaves. Ils ont été les premiers à instaurer une obligation d’alternance de congés pour les pères et les mères travaillant tous deux, avec une indemnisation similaire et importante et une durée de congés prolongée – jusqu’au deuxième anniversaire de l’enfant, au plus fort de l’expérience.
C’est le fameux « modèle suédois » dont les gouvernements successifs, et aujourd’hui le législateur, se sont inspirés pour créer la nouvelle loi.

En fait, c’est un contre-modèle. A 18 mois, 92 % des enfants suédois vont en structure d’accueil ; l’école à la maison est interdite en pratique. Le travail des femmes est une quasi nécessité. Le sociologue Jonas Himmelstrand fait la corrélation entre ces réalités et les taux de dépression, de mal-être, et de difficultés d’éducation exceptionnellement élevés chez les jeunes, les adolescents et parents suédois.


• Voulez-vous être tenu au courant des informations originales paraissant sur ce blog ? Abonnez-vous gratuitement à la lettre d'informations. Vous recevrez au maximum un courriel par jour. S'abonner

© leblogdejeannesmits



Organisation des parrainages des enfants chrétiens orphelins ou sinistrés d’Irak et d’ailleurs.

Je répercute volontiers ici l'appel de Bernard Antony pour les parrainages d'enfants chrétiens dans les pays de persécution. Je vous en prie, faites-lui bon accueil. – J.S.



L’originalité de Chrétienté-Solidarité-Persécutions, depuis 1986, est d’avoir tenu notre promesse, notre vœu de ne rien prélever sur les parrainages généreusement versés par nos amis français pour ces enfants victimes des guerres visant à l’éradication des chrétiens de leurs terres ancestrales par les fractions les plus activistes de l’islam fondamentaliste.

Et nous avons envoyé hier encore aux dominicains repliés à Erbil cinquante nouveaux parrainages d’enfants réfugiés bien identifiés alors que la plupart des anciens parrainés ne sont pas encore retrouvés.

Cela rappelé, nous acceptons bien volontiers de l’aide pour nos frais de locaux, de propagande, de déplacement, d’administration et de secrétariat.

Bernard Antony
Président de Chrétienté-Solidarité

Pour faire un don, cliquez ici, le lien est en bas de page.

Chrétienté Solidarité
70 Bd Saint-Germain
75005 PARIS

Contact : ici.

• Voulez-vous être tenu au courant des informations originales paraissant sur ce blog ? Abonnez-vous gratuitement à la lettre d'informations. Vous recevrez au maximum un courriel par jour. S'abonner


© leblogdejeannesmits



Kenya : un infirmier condamné à mort pour un avortement

Voilà l'information qui sans aucun doute va tourner en boucle dans les médias français, déjà reprise par les plus gros médias anglophones, comme la BBC, sous le titre que je donne à cet article. Le titre, précisons-le tout de suite, est trompeur. Jackson Namunya Tali a certes été condamné à la pendaison, mais c'est parce que la jeune femme à qui il a procuré un avortement illégal est morte au bout de son sang, huit jours après l'avortement.

Il est condamné pour deux meurtres : le juge kenyan a déclaré que « l'accusé a tué deux personnes » et doit « souffrir la mort » par pendaison.

Christine Atieno avait sollicité l'« aide » de l'infirmier alors que sa grossesse était encore précoce. A la suite de l'opération elle avait eu de fortes hémorragies. Huit jours plus tard, l'infirmier avait embarqué la jeune femme dans sa propre voiture pour l'emmener de la clinique de Gachie, à 15 km de Nairobi, vers un hôpital qui pourrait lui donner les soins requis. Elle est morte pendant le trajet.

Et sans cette mort, il n'y aurait pas eu de condamnation à la pendaison ; sans doute n'y aurait-il même pas eu de poursuites.

D'ailleurs, l'infirmier a opéré dans la clinique où il travaillait : il ne s'agissait pas d'un avortement clandestin dans une arrière-cuisine. 

Tali a nié avoir pratiqué l'avortement, affirmant que Cristina Atieno s'était présentée dans sa clinique alors qu'elle avait déjà subi l'intervention et qu'elle saignait. Le juge Nicholas Ombija a retenu le fait que Tali n'a jamais pu expliquer comment il se pouvait que la jeune femme s'était, de l'avis des témoins, présentée en bonne santé, sans hémorragie, affirmant que la seule explication possible était que Tali avait bien pratiqué l'avortement.

Le juge l'a condamné pour « avoir avec préméditation causé la mort de la défunte en l'aidant à avorter volontairement ; je le condamne en conséquence ».

L'avortement est illégal au Kenya sauf en cas de danger pour la vie de la mère.

La dernière peine de mort effectivement exécutée au Kenya remonte à 1987.


• Voulez-vous être tenu au courant des informations originales paraissant sur ce blog ? Abonnez-vous gratuitement à la lettre d'informations. Vous recevrez au maximum un courriel par jour. S'abonner



© leblogdejeannesmits



 
[]