19 juin, 2013
A l'issue de l'audience générale ce matin à Rome, le pape François a fait monter un jeune homme trisomique dans sa jeep : le garçon s'est installé sur le fauteuil blanc et l'a fait tourner sur lui même, ravi de l'accueil chaleureux du pape…
Mais ce n'est pas le seul enfant trisomique que le pape a accueilli avec une particulière attention et affection ce matin. Sur la vidéo de son bain de foule d'avant l'audience, ce matin, on le voit embrasser un jeune garçon trisomique et lui parler longuement, avant de plonger dans le stock de cadeaux qui lui sont jetés par la foule pour en extraire une casquette et la planter solidement sur la tête du bonhomme.
C'est sur cette vidéo sur le site du Vatican, vers 20 mn 30 sec.
D'ailleurs lorsque François voit un enfant sans chapeau ou casquette sous le chaud soleil romain, il interpelle les parents, montre sa calotte et fait signe de lui couvrir la tête…
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18 juin, 2013
Et qu'en est-il des femmes qu'on empêche d'avorter ?
Eh bien, dans leur immense majorité, elles vont très bien. Une étude menée par le New York Times auprès de 200 femmes à qui l'avortement fut refusé aux Etats-Unis, généralement parce qu'elles étaient hors délais, affirme que 5 % d'entre elles seulement, une fois l'enfant né, « auraient souhaité ne pas l'avoir ». Les autres « s'adaptent », « s'ajustent » pour traduire plus littéralement le mot anglais.
En mettant ainsi l'accent sur les 5 % – une toute petite minorité – les commentateurs de l'étude mettent bien en évidence leur propre avis. De fait, l'enquête a été menée par des chercheurs pro-avortement en vue de répertorier les effets négatifs d'une naissance non désirée au point que la mère a eu un projet d'avortement déjà bien engagé.
Ne voir qu'une forme d'« ajustement » à une situation à laquelle on ne peut rien chez l'immense majorité de ces femmes qui ne regrettent pas l'avortement qu'elles n'ont pas eu, c'est vraiment choisir la litote. Car elles parlent plutôt du bonheur qui est aujourd'hui le leur.
Ainsi l'étude se voit obligée de rapporter le propos d'une jeune femme, S, qui ne faisait pas partie de l'étude originale mais dont l'expérience donne lieu à d'amples commentaires de la part des chercheurs.
Pour S., les choses sont simples : empêchée d'avorter parce qu'elle en était à 23 semaines de grossesse, elle commente, à propos de son bébé : « Elle est bien plus que ma meilleure amie, elle est plus que l'amour de ma vie. Elle est toute ma vie. »
LifeSite rapporte comment les chercheurs ont tordu ce témoignage frappant : ils ont aligné les « conséquences négatives » auxquelles S. a dû faire face – les « sacrifices » inhérents à la maternité, tout simplement. S. a dû renoncer à son travail et à son appartement, souligne le chercheur Joshua Lang, et ses finances sont devenues plus précaires. Conclusion tirée par Lang : « L'étude (…) pose une question gênante : l'avortement est-il un bien social ? »
Et tant pis si S. est bouleversée de bonheur…
Ce bonheur ne compte pas, aux yeux des chercheurs. Plutôt que de faire confiance aux « narrations » des femmes qui se sont adaptées à la présence de leur bébé – parce qu'il est « psychologiquement dans notre intérêt de raconter une histoire positive pour pouvoir avancer » comme le dit une bioéthicienne – il faudrait comparer le statut socio-économique des femmes qui ont eu accès à l'avortement à celui des femmes qui n'ont pas pu y avoir accès : « Voir si une femme qui a démarré à peu près au même niveau est aujourd'hui à l'école ou à l'université, si elle bâtit une relation stable ou une carrière ou si elle a eu plus tard un bébé pour lequel elle était prête… »
Quant à celles qui se disent heureuses de n'avoir pas avorté, et bien elles se mentent à elles-mêmes, et à la société, selon Joshua Lang.
Pour preuve, il avance le cas de J., 38 ans. Victime d'une grossesse-surprise, elle obtient un avortement, qui rate. Désormais hors délais, elle va aller de clinique en clinique pour essayer de trouver un médecin prêt à faire le travail comme il faut, quitte à subir un avortement tardif : à la quatrième, au terme d'un voyage à travers plusieurs Etats de l'ouest, la voilà débarrassée de son fardeau à 23 semaines de grossesse.
« J. a obtenu un emploi d'opératrice sur machinerie lourde dans une usine de fabrication à 15 $ de l'heure. Cela faisait 6 mois qu'elle essayait d'obtenir ce travail. Si elle avait eu le bébé, elle n'aurait pas pu accepter le poste. »
Et ça, bien sur, c'est toujours mieux que d'avoir un bébé à aimer pour la vie !
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17 juin, 2013
Pape François : un lobby gay dans l'Eglise ?
Le Salon beige ayant repris des extraits importants de mon article de samedi dans Présent sur le « lobby gay » à la curie, j'aime autant qu'il soit intégralement disponible sur Internet (et je profite de l'occasion pour vous dire que Présent, organe de presse libre et indépendant, a besoin de soutien et de lecteurs pour que nous puissions continuer de faire notre travail et continuer de paraître, si vous appelez au journal de ma part au 01 42 97 51 30 on vous fera des propositions très intéressantes pour les nouveaux abonnés !). Et vous pouvez bien sûr faire suivre ce message à vos contacts qui pourraient s'intéresser à ces questions. Merci !
Voici donc ce papier :
Un « lobby gay » dans l’Eglise ?
Le pape François, lors d’une conversation à bâtons rompus avec l’équipe dirigeante de la CLAR (Confédération latino-américaine des religieux et religieuses) le 6 juin, a fait quelques déclarations explosives qui ont été consignées de mémoire par les participants et rapportées sur le site progressiste reflexionyliberacion.cl. Au cours de la rencontre, très décontractée – le pape était au milieu de ses visiteurs pour leur parler « comme un simple frère », ont-ils dit – il a évoqué l’existence d’un « lobby gay » au sein de la curie.
« Dans la curie, il y a des gens saints, en vérité, des gens saints. Mais il y a aussi un courant de corruption, il y a cela aussi, c’est vrai… On parle du “lobby gay”, et c’est vrai, il est ici… Il faut voir ce que nous pouvons faire… »
La CLAR a publié un communiqué jeudi regrettant la publication de ces propos rapportés de mémoire à usage interne et souligné que seul leur sens général est exact. Cela permet néanmoins de s’interroger sur la grave accusation que porte le pape François contre un réseau dont les membres n’ont pas été identifiés.
Son affirmation, ou en tout cas sa teneur, ne tombe pas comme un coup d’éclair dans un ciel serein. On évoquait l’existence de réseaux gays à propos du rapport remis en février à Benoît XVI après l’enquête menée par trois cardinaux à la retraite, à sa demande : Julian Herranz, Jozef Tomko et Salvatore De Giorgi. Le premier d’entre eux l’aurait évoqué avec le pape en octobre dernier, parlant d’un « réseau transversal uni par l’orientation sexuelle ». Il est vrai que cette « fuite », réelle ou supposée, a été orchestrée par un journal de gauche, peu favorable aux catholiques, La Repubblica. Et que, par conséquent, il fallait la prendre avec prudence.
Il est frappant aussi que le pape François, qui n’est pas né de la dernière pluie et qui multiplie depuis son élection les avertissements plus ou moins directs, mais toujours vifs, à l’intention d’une part de la hiérarchie vaticane – pointant le carriérisme, l’amour de l’argent, l’esprit fonctionnaire… – a choisi un cénacle plutôt marginal pour lancer cette accusation gravissime.
Pourquoi ? Lui seul le sait. On peut simplement noter que le propre des lobbies contemporains est d’être riches, puissants, installés, forts de leur discrétion mais également habiles dans la manipulation de l’opinion. Noter aussi que le pape François a certainement voulu faire passer un message.
A l’heure où la France découvre le niveau qu’atteint la persécution politique, légale, policière et judiciaire à l’égard de ceux qui ne partagent pas l’« homo-hérésie », on comprend un peu mieux l’insistance de certains cardinaux romains à dire que la défense de la vie et de la morale naturelle pourraient bientôt conduire ses protagonistes vers une forme de martyre, voire au martyre. Ce fut le cas par exemple du cardinal Comastri appelant les participants à un congrès pour la vie à Rome, en 2010, à trouver le « courage des martyrs » pour témoigner de l’Evangile de la vie. Et il y eut d’autres occurrences.
Cette forte préoccupation affirmée par certains princes de l’Eglise, et les actes posés par Benoît XVI durant son pontificat dans le cadre du scandale des prêtres pédophiles, donne à tout le moins une idée de la puissance des lobbies de la culture de mort.
Quel rapport ? direz-vous. Un début de réponse est donné par un prêtre polonais qui a enquêté longtemps sur ce qu’il appelle le « lobby gay » dans l’Eglise, et il établit d’emblée le lien entre la présence de clercs homosexuels et l’affaire des prêtres pédophiles, en notant que 80 % des affaires concernent des relations avec des garçons pubères ou adolescents : l’éphébophilie, qui est une variante de l’homosexualité masculine. Et il note que cet aspect du scandale a été largement passé sous silence. C’est lui, le P. Dariusz Oko, qui témoignait dans une interview à la presse italienne traduite et citée par benoit-et-moi.fr, de l’existence de cette « homo-hérésie » soutenue par un important groupe de théologiens « qui rejettent l’enseignement de l’Eglise sur l’homosexualité », n’acceptant pas « que la tendance homosexuelle soit un trouble de la personnalité ». Et d’ajouter que certains théologiens, à l’abri de leur chaire dans des universités catholiques, enseignent sans encombre l’idéologie du genre.
L’animatrice du site benoit-et-moi faisait alors le rapprochement entre cette interview publiée dans la presse italienne le 21 décembre dernier et les vœux de Noël de Benoît XVI qui, peu de jours plus tard, dénonçait « l’attaque, à laquelle nous nous trouvons exposés, contre la forme authentique de la famille composée du père, de la mère et des enfants ». Il visait explicitement l’idéologie du genre, le « “gender” (…) présenté comme une nouvelle philosophie de la sexualité. Le sexe, selon cette philosophie, n’est plus un fait originel de la nature que l’homme doit accepter et remplir personnellement de sens, mais un rôle social que l’on décide de façon autonome », disait Benoît XVI. « A cette occasion, les observateurs les plus attentifs ont souligné que les paroles vibrantes de Benoît XVI étaient adressées aussi à l’intérieur de l’Eglise, à l’intérieur même de la curie », notait benoit-et-moi.
Une longue étude du P. Oko sur l’étendue et la puissance du lobby gay au sein même de l’Eglise a été publiée en polonais l’an dernier et traduite intégralement sur le site anglophone lifesitenews.com en février, où il est toujours accessible en première page sous le titre « Avec le pape contre l’homo-hérésie ». Le Courrier de Rome en a publié de longs extraits.
Homo-hérésie ? Le mot me semble bien choisi : il s’agit d’une déviance par rapport à un enseignement fondamental de l’Eglise sur la nature humaine et sur la manière dont l’homme fut créé à l’image et à la ressemblance de Dieu. C’est bien un faux dogme qui s’est installé, assorti d’un blasphème punissable par le « bras séculier » : naguère, c’est l’activité homosexuelle qui était considérée comme déviante et éventuellement passible de sanctions, aujourd’hui « l’homophobie » est l’objet d’un opprobre si possible plus grand encore et elle est devenue à la fois socialement inacceptable et pénalement réprimée dans de nombreux pays.
Le P. Oko répertorie de nombreux prélats qui ont été écartés pour cause de pédophilie ou d’éphébophilie homosexuelle, ainsi que d’autres qui ont « couvert » ces activités de la part du clergé dont ils avaient la responsabilité. Mais plus encore, il pointe les difficultés et les empêchements à l’action qui ont assuré une forte impunité aux coupables d’abus de jeunes dans certains pays et dans certaines congrégations, explicables seulement, selon lui, par l’existence, non seulement d’un lobby mais d’une « homoclique » ou d’une « homomafia ». Et de citer l’étonnement de l’actuel ministre de la Justice polonais devant les obstacles mis aux poursuites contre des prêtres soupçonnés d’abus dans le diocèse de Plock.
Avec beaucoup de compassion, le P. Oko note combien il est difficile pour un homme homosexuel de vivre chastement, et combien grande est la tentation pour eux de se « cacher » dans la vocation de la prêtrise, où pourtant leur liberté, une fois achevées les études, va les exposer à des tentations de passage à l’acte plus fortes encore. La peur d’être découverts les porte alors à se rechercher et à se protéger mutuellement, affirme le P. Oko, qui a eu affaire à des victimes de prélats de ce type, et qui s’est trouvé face à « un mur infranchissable » lorsqu’il s’est agi de faire reconnaître l’abus.
La décision de Benoît XVI de refuser l’accès à la prêtrise et même aux séminaires aux hommes ayant des tendances homosexuelles montre qu’il a pris la mesure du problème, et la résistance à ses décisions – le P. Oko cite des jésuites américains – montre la force du réseau homosexuel.
Que le pape François ait décidé de l’appeler par son nom est intéressant. Et montre que sa réforme de la curie ne se veut pas seulement administrative.
• © Présent daté du samedi 15 juin 2013
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Espagne : manif pro-avortement – et anticatholiqe
Un millier de personnes ont encerclé dimanche la cathédrale de Saint-Jacques de Compostelle au terme d'une marche en faveur de « l'avortement libre et gratuit » qui entend dénoncer les (timides) propositions du gouvernement de Mariano Rajoy de réduire les cas où l'avortement est libre en Espagne.
Le choix de la cathédrale n'avait rien de fortuit comme en témoigne ce délicat slogan : « Nous allons brûler la Conférence épiscopale parce qu'elle est machiste et patriarcale ».
Au terme de la marche les manifestants ont lu un manifeste accusant le « retour en arrière sans précédent » du Partido popular de Rajoy qui tente d'inverser les acquis d'une « bataille dure et longue pour le droit des femmes de choisir leur maternité » sous la conduite de la Conférence épiscopale.
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L'activité homosexuelle masculine, les MST et le cancer
LifeSite rapporte les résultats d'une méta-étude portant sur les maladies et problèmes de santé liés à l'activité homosexuelle masculine, publiée en décembre dernier par la revue scientifique The Lancet et à laquelle relativement peu de publicité a été donnée… on se demande pourquoi.
L'étude porte notamment sur l'incidence des cancers chez les hommes qui ont une activité homosexuelle et les résultats devraient porter à la réflexion : de fait, cette catégorie (« les hommes qui pratiquent le sexe avec des hommes » ou MSM) est exposée à un risque significativement accru d'avoir un cancer. Ainsi, une douzaine des 47 études retenues, et qui portent sur le risque de cancer anal, note un risque notablement plus important chez les hommes qui n'ont pas exclusivement une activité « hétérosexuelle ».
On trouve des taux de papillomavirus humain (responsable aussi de cancers du col de l'utérus, souvent en lien avec une multiplicité de partenaires, chez les femmes) plus importants chez les « garçons » ayant une orientation homosexuelle ou bisexuelle.
L'étude cite une enquête française auprès de patients porteurs du virus HIV montrent que les homosexuels actifs ont une plus forte incidence du papillomavirus que les hétérosexuels qui s'injectent des drogues (85 contre 46 %) et présentent davantage d'anomalies cytologiques (72 contre 36 %).
Autrement dit, pour nombre d'affections, l'activité homosexuelle est un plus grand facteur de risque que le fait de se shooter…
9 des 47 études montrent que les MSM sont plus souvent infectés par l'herpès humain type 8 associé à une prédisposition au syndrome de Kaposi.
Et alors que l'hépatite B, dont la prévalence en forte décroissance dans la population en général entre 1990 et 202, est de plus en plus présent chez les MSM sur la même période, passant de 7 à 18 % de cette population. Ce virus est associé au cancer du foie.
L'une des études portant sur le cancer des poumons chez 75.164 étudiants en université montre que le risque d'avoir ou d'avoir eu une maladie respiratoire aigüe est significativement plus importante chez les gays et lesbiennes.
Quant aux malades du sida, ils ont un plus fort risque de mortalité s'ils sont des hommes homosexuels par rapport aux hommes et aux femmes hétérosexuels et à ceux qui se shootent.
Pour les chercheurs, « l'orientation sexuelle est encore largement ignorée par rapport au cancer », et il conviendrait de mener davantage de recherches qui permettrait de connaître « les effets de l'orientation sexuelle sur le cancer, de la prévention au taux de survie ».
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12 juin, 2013
L'Irlande s'apprête à légaliser l'avortement
Sous la pression de l'Europe et des médias, le gouvernement irlandais s'est mis d'accord pour légaliser l'avortement dans certains cas supposés « limites » et devrait publier son projet de loi dans les heures à venir. La loi s'appelle « Loi pour la protection de la vie au cours de la grossesse », ce qui signe bien son caractère inversé.
Car il ne s'agit pas de protéger la vie de l'enfant à naître, l'être le plus vulnérable qui soit, ni même de protéger les deux vies en cause, celles de la mère et de l'enfant. Non : le texte entend protéger la vie de la mère en permettant que des établissements de santé puissent être habilitées à pratiquer des avortements autorisés.
D'aucuns ont prétendu que la nouvelle loi irlandaise n'était qu'une sorte de coquille vide destinée à se mettre en conformité avec une jurisprudence nationale et la décision de la Cour européenne des droits de l'homme A, B, C c. Irlande qui invitait l'Irlande à préciser sa loi sur l'avortement.
Les contours du texte laissent cependant comprendre qu'il n'en est rien. Si par rapport à sa mouture initiale le texte donne au ministre de la Santé le pouvoir de suspendre l'activité des établissements qui mettraient la loi en œuvre de manière « inappropriée », ce qui montre bien qu'une certaine latitude leur sera tout de même offerte. D'ailleurs le texte prévoit la publication annuelle des statistiques d'avortement dans le cadre d'un rapport du ministère.
Par rapport au texte initial, le projet prévoit l'habilitation d'un nombre accru d'hôpitaux – 24 au total – autorisés à pratiquer ces avortements qui, loin de se limiter au cas où la vie de la femme serait directement et immédiatement menacée par sa grossesse, englobent également le cas où elle menacerait de se suicider si elle devait mener sa grossesse à terme.
Cela ouvre la porte à de nombreux abus, alors même que des études montrent que l'avortement n'a jamais amélioré l'état de santé mentale d'une femme.
Pour justifier l'avortement, il faudra un seul médecin dans le cas de l'urgence médicale, deux médecins pour certifier que la vie de la femme est sous le coup d'une menace physique du fait de sa grossesse (l'avortement n'étant dès lors même pas un recours d'urgence !), et trois en cas d'idées suicidaires.
Dans ce dernier cas, à côté de celui de l'obstétricien, il faudra l'avis de deux psychiatres, dont un spécialisé dans la santé mentale des femmes enceintes.
Toutes ces dispositions laissent entrevoir que des avortements légaux auront lieu en Irlande dès lors que le texte entrera en vigueur et que c'en est donc fini de l'exception irlandaise qui, soit dit en passant, a fait de ce pays l'un des champions de la sécurité des grossesses puisqu'il affiche l'un des taux de mortalité maternelle les plus bas du monde, sinon le plus bas.
Le Premier ministre irlandais, Enda Kenny, s'est répandu dans la presse ces jours-ci pour se plaindre des lettres de désapprobation et de menace (et des médailles et des scapulaires) qu'il reçoit de la part des particuliers, et pour faire savoir qu'il ne laisserait aucune pression l'empêcher de remplir son « devoir » de faire aboutir le projet – la pression de l'Eglise catholique notamment qui ont fortement exprimé leur opposition à la légalisation de l'avortement.
« Je suis fier de me tenir ici comme un représentant du peuple, comme un Premier ministre (Taoiseach) qui se trouve être un catholique et non un Premier ministre catholique. Un Taoiseach pour tous, c'est ça mon métier. Je suis fier d'être à la tête du gouvernement pour gouverner tout notre peuple, tout notre peuple, tout notre peuple, quel que soit le secteur de la société dont ils sont issus », a-t-il déclaré.
Et pour que les choses soient encore plus claires et mieux verrouillées, Enda Kenny a fait savoir que les membres des partis représentés au gouvernement n'auront pas la liberté de vote sur cette question (et donc pas la liberté de la conscience non plus).
Le projet ne devrait pas passer en commission parlementaire avant le 12 juillet prochain.
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11 juin, 2013
Mgr Léonard, pour l'union civile ?
Le blog de Sandro Magister évoquait ce matin le cas des quelque six prélats (comme le cardinal émérite Danneels, le cardinal Schönnborn et le cardinal Ruben Salazar de Bogota) qui ont, de diverses manières, approuvé les unions civiles pour les homosexuels.
Ces prélats, dans la mesure où ils adhèrent vraiment à cette reconnaissance légale des unions homosexuelles, seraient alors en contradiction totale avec le point de vue de l'Eglise sur l'activité homosexuelle, qui est objectivement un péché grave et qui n'ouvre aucun droit civil en tant que telle.
Le plus apparemment emblématique, parce que réputé plutôt conservateur, des prélats cités est Mgr André-Joseph Léonard de Bruxelles. En précisant tout de même que le porte-parole de celui-ci avait démenti les propos attribués à cet évêque par un quotidien belge.
Le démenti a notamment été fait auprès de LifeSite la semaine dernière après que De Tijd eut publié une déclaration attribuée au porte-parole de Mgr Léonard selon laquelle celui-ci « n'avait pas d'objection par rapport aux unions civiles entre des hommes gays ». « Ne l'appelez pas un mariage gay, mais une relation gay », aurait dit Jeroen Moens, le responsable de la communication du diocèse, ajoutant : « Disons que Mgr Leonard approuve un engagement gay. »
Ces propos ont été publiés à la suite des déclarations du cardinal Danneels, connu pour son libéralisme effréné, qui s'était dit carrément favorable à la légalisation du « mariage » gay en tant qu'évolution « positive » même si le « mariage » gay n'est pas un « mariage vrai ».
Bref, on était, médiatiquement, dans un mécanisme d'agit-prop au service des droits LGBT.
Jeroen Moens a fait une mise au point le 5 juin dernier auprès de LifeSite en assurant qu'il avait bien affirmé que Mgr Léonard « n'est pas homophobe ». « Il n'a aucun problème par rapport aux homosexuels et il n'est pas opposé à un engagement légal », a-t-il précisé à propos de l'évêque, ajoutant que cela n'impliquait pas d'approbation par rapport au comportement homosexuel ni par rapport à la loi belge sur le « mariage » des homosexuels, de quelque manière que ce soit.
L'argumentation de l'évêque telle que rapportée par son porte-parole est intéressante : c'est celle qui aurait pu et dû être mise en avant contre le mariage gay et l'union civile fondée sur un pseudo droit né de l'activité sexuelle (alors que naguère c'est le mariage et lui seul qui ouvrait droit à l'union conjugale).
« Il n'y a rien à redire par rapport aux arrangements civils entre deux personnes en ce qui concerne leur propriété » : « Il est tout à fait permis d'avoir un accord entre n'importe quelles deux personnes. Il ne s'agit ni d'une union civile ni d'un mariage. Tout le monde est libre de trouver un accord quelconque à propos de sa propriété », a précisé Jeroen Moens, en insistant sur le fait qu'il peut s'agir là d'un « engagement entre n'importe quel type de personnes ; ce n'est pas une “relation” et ce n'est pas le mariage. Une tante peut faire un arrangement avec sa nièce, un prêtre peut le faire avec une personne de confiance » en vue de disposer de leur propriété personnelle et d'en organiser l'usage.
De fait, si les contrats civils n'ont pas de connotation sexuelle et se bornent à rendre possible une transmission d'héritage plus sûre et moins onéreuse, par exemple pour une personne n'ayant ni descendance ni famille, en vue d'assurer l'avenir d'une personne proche avec qui elle aurait partagé des aspects matériels de la vie, il n'y a là aucun problème moral. Le contrat n'est pas signe d'une union et il s'agirait plutôt de rendre possible une solidarité humaine dans un monde éclaté.
Le fait de vouloir réserver aux couples qui revendiquent leur activité homosexuelle, et d'en exclure – par exemple – deux innocentes vieilles dames ayant partagé logement et couvert, voire soins mutuels à une époque où l'Etat nounou n'arrive pas à s'occuper de toutes les personnes dépendantes, signe bien le caractère idéologique de l'« union civile » réservée aux gays.
Il faut noter que cette volonté de créer des divisions apparemment profondes parmi les prélats, en opposition avec la doctrine clairement affirmée par l'Eglise et en attribuant au pape lui-même des déclarations favorables à l'union civile (chose qui reste à vérifier), vise à semer la confusion.
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08 juin, 2013
Le pape François, la politique, la charité et le savon
Le pape François, lors d'une rencontre à Rome vendredi avec des milliers d'élèves d'écoles jésuites avec leurs parents et professeurs, a exhorté les chrétiens à s'engager en politique. « C'est une obligation pour les chrétiens qui ne peuvent pas s'en laver les mains comme Pilate ». « La politique est la forme la plus haute de la charité, car elle cherche le bien commun », a-t-il ajouté – à la suite de saint Thomas d'Aquin.
Mais il a également dit à ce propos, ainsi que le rapporte la presse de langue anglaise :
« Les laïques chrétiens ont le devoir de s'enfoncer dans la politique. La politique, c'est sale – mais elle est peut-être sale parce que les chrétiens ne s'y impliquent pas. »
Une phrase à méditer en ce printemps français…
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05 juin, 2013
Les Lords britanniques adoptent le “mariage” gay
Par 390 voix contre 148, la Chambre des Lords britannique a voté pour que le texte du gouvernement de David Cameron légalisant le « mariage » des couples de même sexe puisse poursuivre sa route parlementaire et passer ainsi à la prochaine étape après la première lecture par les Communes, à savoir l'examen en commission dans la Haute assemblée.
Le texte va désormais recevoir d'éventuels amendements avant de faire l'objet d'un vote d'ensemble, et final de la part des Lords.
Ce vote très majoritaire correspond à une phase du processus législatif de la loi britannique où un texte reçoit (ou se voit refuser) un accord de principe sur l'économie générale du texte.
En l'occurrence, on s'attendait à un vote moins massif.
Mais l'affaire s'est compliquée des craintes de voir le gouvernement invoquer le Parliament Act en cas de rejet du texte – une possibilité qui avait été réclamée par Lord Geoffrey Dear, ancien chef de la police – pour passer outre à l'avis la Chambre des Lords pour imposer l'adoption du texte.
Déjà, de nombreuses exigences légales ont été « oubliées », selon Lord Geoffrey Dear : ainsi le projet de faire légaliser le mariage des couples de même sexe ne figurait pas dans les engagements de campagne des membres du gouvernement et le projet n'a pas davantage figuré dans le Discours de la reine.
Mais les Lords ont eu peur de la « crise constitutionnelle » qui aurait pu naître de leur refus pur et simple du texte, tandis que la large majorité de Lords qui annoncent ne vouloir accepter le texte qu'à certaines conditions craignaient plus précisément de ne plus avoir la possibilité de l'amender.
Ce qui laisse prévoir une bataille plus âpre lorsque le texte sera examiné de manière plus précise.
On peut évidemment l'espérer. Mais force est de constater que les Britanniques sont nettement moins mobilisés contre l'aberration du « mariage » gay que les Français.
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Libellés : Angleterre, Grande-Bretagne, mariage gay, mariage homosexuel, Royaume-Uni
04 juin, 2013
Avis à Manuel Valls !
5.000 euros pour le dommage moral produit par des mauvais traitements policiers lors d'une manifestation illégale, et la reconnaissance de la violation de la Convention européenne des droits de l'homme : c'est ce que la Cour européenne des droits de l'homme vient d'accorder à une femme qui avait été malmenée par les forces de l'ordre lors d'un rassemblement le 16 mars 2004. Plusieurs motifs sont invoqués : le devoir pour les Etats parties à la Convention de respecter la liberté d'expression et le droit de rassemblement des citoyens, le fait qu'une nombreuse présence policière est de soi de nature à préserver l'ordre public dans ce cas, et même le devoir de l'Etat d'assurer positivement la possibilité pour les citoyens de manifester ainsi leur opinion.
Autant de considérations que Manuel Valls pourrait très utilement méditer par les temps qui courent, où les gardes à vues, les contrôles d'identité abusifs ou abusivement mises en œuvre et autres vexations et interdits tombent quotidiennement ceux qui expriment leur désaccord avec la loi Taubira.
Mais – au moment même où la grande presse apporte son évident soutien aux manifestations turques contre le pouvoir « islamo-conservateur », comme ils disent, et découvre à Istanbul des matraques qu'il perçoit à peine à Paris – il se trouve que cet arrêt de la CEDH vise la Turquie. Pour la France, il faudra attendre.
La requérante est une ressortissante turque, Güllü Özalp Ulusoy, qui avait participé sur la place Beyazıt à Istanbul à une manifestation de mouvements d'extrême gauche venue commémorer des « assassinats perpétrés en Syrie, commémorer les victimes du massacre d’ Halabja commis en 1988 et les victimes de l’explosion du 16 mars 1978 ». De nombreux étudiants y participaient. Scénario classique : les forces de l'ordre indiquent que la manifestation est illégale, somment les participants de partir (non sans les avoir copieusement fouillés à l'arrivée, ce qui indique selon la Cour que les autorités étaient parfaitement averties et bien préparées à maintenir l'ordre s'il le fallait), annoncent l'usage de la force, puis chargent.
C'est un scénario que les juges européens n'ont pas apprécié.
D'autant que Mme Ulusoy a fait une fausse couche 10 jours après avoir été frappée et piétinée par la police, ainsi qu'elle l'affirme.
La Cour a donc examiné les « traitements inhumains ou dégradants » allégués, assurant que l'enquête judiciaire turque avait été insuffisante à cet égard, et aussi le respect de l'article 11 de la Convention :
1. Toute personne a droit à la liberté de réunion pacifique et à la liberté d’association, y compris le droit de fonder avec d’autres des syndicats et de s’affilier à des syndicats pour la défense de ses intérêts.
2. L’exercice de ces droits ne peut faire l’objet d’autres restrictions que celles qui, prévues par la loi, constituent des mesures nécessaires, dans une société démocratique, à la sécurité nationale, à la sûreté publique, à la défense de l’ordre et à la prévention du crime, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d’autrui.En l'espèce, la Cour déduit du contexte le fait que la manifestation avait bien été notifiée aux pouvoirs publics et ajoute :
« Il est important que les pouvoirs publics fassent preuve d’une certaine tolérance envers les rassemblements pacifiques, afin que la liberté de réunion garantie par l’article 11 de la Convention ne soit pas privée de tout contenu (Disk et Kesk c. Turquie). »Savourons aussi la suite :
77. En l’espèce, il ressort des documents produits par les parties que les manifestants, qui s’étaient réunis pour attirer l’attention du public sur une question d’actualité – à savoir la commémoration de l’explosion du 16 mars 1978 qui a tué sept étudiants devant la faculté de pharmacie d’Istanbul et de l’utilisation d’armes chimiques à Halabja le 16 mars 1988 –, ne menaçaient nullement l’ordre public mais risquaient tout au plus de perturber la circulation. A cet égard, la Cour rappelle sa jurisprudence selon laquelle toute manifestation dans un lieu public est susceptible de causer un certain désordre dans le déroulement de la vie quotidienne et de susciter des réactions hostiles, situation qui ne justifie pas en soi une atteinte à la liberté de réunion (Berladir et autres c. Russie, no 34202/06, §§ 38-43, 10 juillet 2012). Dans ces conditions, la Cour n’est pas convaincue par l’argument du gouvernement défendeur selon lequel l’ingérence litigieuse visait à garantir la circulation dans une artère principale très fréquentée. Elle relève en particulier que les autorités nationales se sont empressées de mettre fin à la manifestation en plaçant en garde à vue ceux qui y participaient ou en les rouant de coups, pratique dont la requérante a été victime (voir Oya Ataman c. Turquie, no 74552/01, § 41, CEDH 2006‑XIII, et, a contrario, Éva Molnár c. Hongrie, no 10346/05, § 42, 7 octobre 2008).
78. En conséquence, la Cour estime qu’en intervenant brutalement contre les manifestants au nombre desquels figurait la requérante, la police a eu recours à une force disproportionnée et qu’elle a empêché le déroulement d’une manifestation au cours de laquelle une déclaration à l’intention de presse devait être prononcée. Elle considère que pareille intervention n’était pas nécessaire à la défense de l’ordre public, au sens du deuxième paragraphe de l’article 11 de la Convention.
79. En conséquence, la Cour conclut à la violation de l’article 11 de la Convention.
P.S. S'agit -il de cette Güllü Özalp Ulusoy, actrice et cinéaste ? Je n'ai pas réussi à vérifier…
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Libellés : CEDH, France, la manif pour tous, liberté d'expression, loi taubira, mariage gay, Turquie
“Mairage” gay mais religieux : ça commence…
Lu dimanche dans Ouest-France :
« La date est déjà calée. Début 2014, Alain-Michel, 50 ans, et Franck, 39 ans, vont se
marier en mairie à La Roche-sur-Yon. Ce couple de Yonnais, ensemble depuis dix ans, est l’un de premiers à avoir remis son dossier en municipalité.
“Nous avons prévu un mariage traditionnel, indique Alain-Michel. Repas simple, soirée dansante… Et fontaine à champagne bien sûr ! Mathieu Durquety (Conseiller municipal délégué aux espaces publics), avec qui je suis très proche et qui a toujours défendu cette égalité de mariage, nous mariera. Je suis croyant. Il est possible qu’on ait une bénédiction mais il faut trouver le prêtre… On aurait bien aimé se marier à l'église.” »
Ben oui, voilà. Le petit couple homo rêve d'un mariage en blanc sous l'œil bienveillant de M. le curé. Mais il se contentera de n'importe quel vicaire ou prêtre complaisant pour obtenir cette « bénédiction » sur cette terre de prêtres réfractaires que fut la Vendée.
Que peut bien signifier le mariage pour eux, demanderez-vous. C'est simple. Une cérémonie publique qui permet de prendre acte du fait que la société « consent au mœurs », pour reprendre l'expression de Christiane Taubira. Et si c'est une cérémonie religieuse, c'est encore mieux parce que cela fait disparaître aussitôt toute notion de péché et de responsabilité morale individuelle. Revanche ultime sur des siècles d'homophobie.
Espérons qu'aucun prêtre ne s'y prêtera.
Mais sans trop risquer de se tromper on peut s'attendre à ce l'on passe bientôt de la simple demande – trouver le prêtre qui bénira – à la demande comminatoire et à l'obligation pure et simple, au nom de la non-discrimination.
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02 juin, 2013
Le cardinal Eijk déplore l'élargissement des critères de l'euthanasie
La clinique de fin de vie créée en 2012 aux Pays-Bas pour répondre aux demandes d'euthanasie qui ne sont pas honorées par les médecins traitants, soit que ceux-ci fassent partie des 15 % d'objecteurs de conscience, soit qu'ils estiment qu'une demande donnée ne répond pas aux critères de l'euthanasie légale, connaît un franc succès avec le doublement des « escadrons de la mort » en un an, et une cinquantaine d'euthanasies effectivement à son actif.
Le cardinal Willem Eijk, archevêque d'Utrecht, médecin de formation et spécialiste de la bioéthique, a réagi à cette information sur une radio catholique néerlandaise en se demandant d'emblée si la demande publique est bien ce qui est explique le succès de la clinique de fin de vie. En notant que c'est bien souvent l'offre qui crée la demande.
Il a souligné par rapport à ces médecins qui sont prêts à pratiquer des euthanasies alors que le médecin traitant du demandeur ne le veut pas, que « la question est de savoir comment ces médecins considèrent les critères existants, qui exigent une souffrance sans perspective d’amélioration et aussi insupportable. »
De fait la KNMG, l'association professionnelle des médecins, a publié des directives en 2011 annonçant que ces critères étaient appliqués de manière trop restrictive. Loin de s’en tenir aux critères dans le cadre d’une maladie physique ou psychique déterminée, souligne le cardinal Eijk :
« La KNMG est d’avis au contraire qu’il faut tenir compte d’un ensemble complexe de facteurs et d’affections liés à la vieillesse. (…) On constate une tendance ces dernières années à vouloir étendre le champ de la souffrance sans perspective et insupportable, une tendance que l’on constatait dès le début des discussions dans les années 1980. Au départ il était question d’agir pour mettre un terme à la vie à la demande personnelle du patient et dans une phase de maladie vraiment terminale – quelques semaines tout au plus avant la fin de vie attendue – et c’est après que de tout autres indications se sont ajoutées, visant les affections psychiatriques par exemple. Aujourd’hui on voit qu’on n’exige même plus d’un diagnostic médicalement répertorié.
Les critères s’étendent de plus en plus, comme il est naturel lorsque vous avez entrouvert la porte : elle va d’elle-même s’ouvrir de plus en plus. Si vous portez atteinte au principe fondamental selon lequel les hommes ne disposent pas du droit sur la vie et la mort, si dans certains cas, des “exceptions”, vous permettez d’y déroger, en affirmant que dans certains cas il n’y a plus de perspectives ou que la souffrance est insupportable, alors si le cas est tout petit peu moins sans perspectives ou juste un peu moins insupportable, pourquoi ne pourrait-on pas accepter l’euthanasie ou l’aide à mourir dans ces cas ? »
Ce danger était annoncé au début des années 1980 et c’est la tendance qui s’installe aujourd’hui, affirme le cardinal, qui explique :
« Lorsqu’on lâche le principe fondamental selon lequel nous, en tant qu’êtres humains, n’avons pas le droit de disposer de la vie et de la mort qui revient à Dieu seul, on atterrit sur une pente glissante, qui est aussi une échelle variable – car où fixer la limite ? C’est une limite qui ne cesse d’être repoussée.
Au fil des ans, on a pu constater que pour diverses raisons la capacité des gens à souffrir a diminué. Se dessine l’idée selon laquelle une vie marquée par la souffrance serait totalement dénuée de sens. Du point de vue chrétien nous voyons cela autrement, et nous croyons que l’on peut trouver la force, même dans une vie marquée par la souffrance, d’unifier tout cela dans la prière, et de manière sacramentelle, avec le Christ souffrant.
Quoi qu’il en soit cela reste un critère subjectif qui est évalué de manières très diverses, mais de ce fait même la frontière au-delà de laquelle ma souffrance va paraître insupportable va descendre de plus en plus.
Il est également bien connu que la frontière de la douleur est très subjective et sujette à l’influence psychologique. Nous savons que les personnes accueillies en centres palliatifs qui utilisent des médicaments lourds pour faire disparaître ou atténuer leur douleur ont besoin de beaucoup moins de ces médicaments s’ils sont dans un environnement aimant où ils sont entourés de soins et d’attention. »
Le cardinal se demande : peut-on raisonnablement utiliser un critère subjectif pour justifier une décision d’euthanasie qui est à ce point sans retour ?
Interrogé sur l’attitude que doit adopter l’Eglise alors que la clinique de fin de vie a déjà mis sur les routes néerlandaises trente équipes qui tournent pour pratiquer l’euthanasie, Mgr Eijck répond :
« Tout d’abord, l’Eglise doit s’accrocher à ce que l’Eglise a toujours enseigné. Ce qu’elle voit comme l’ordre imprimé par Dieu dans la Création. (…) L’homme est créé à l’image et à la ressemblance de Dieu, l’homme n’est jamais un moyen en vue d’une fin, et cela ne vaut pas seulement pour sa dimension spirituelle mais aussi pour son corps. La vie du corps est toujours une fin en soi et jamais un moyen pour réaliser quelque chose. C’est aussi la raison pour laquelle nous ne pouvons sacrifier la vie humaine, pas même pour mettre fin à la souffrance.
Naturellement il nous revient dès lors, même si nous ne pouvons totalement faire disparaître la douleur et la souffrance des gens, de la ramener à des proportions supportables. Je pense qu’aux Pays-Bas nous devons travailler avec le plus grand sérieux pour offrir des soins adéquats pour les malades, les personnes âgées, isolées aussi, et là où c’est nécessaire, assurer une bonne offre de soins palliatifs. »
Interrogé enfin sur le vieillissement de la population grâce aux maladies maîtrisées, le prélat pointe l’isolement, et spécialement le vieillissement des personnes âgées comme un des plus grands problèmes dans les sociétés occidentales, un défi auquel il nous faut répondre par la présence effective auprès de notre prochain, sans s'en remettre à des solutions collectives ou étatiques.
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30 mai, 2013
El Salvador : l'enfant à naître de Beatriz aura la vie sauve
48 jours après le déclenchement d'une procédure pour obtenir un avortement dépénalisé sur une jeune femme malade, la chambre constitutionnelle de la Cour suprême de justice (CSJ) d'El Salvador a rejeté définitivement, mercredi, la demande par un jugement majoritaire, en affirmant qu'aucune atteinte n'avait été portée à ses droits.
Beatriz, 22 ans, actuellement enceinte de 25 semaines, déjà mère d'un petit garçon de deux ans, a sollicité l'« avortement thérapeutique » pour deux raisons : atteinte de lupus, ses jours seraient menacés par la poursuite de la grossesse, et son enfant est anencéphale et « mourra » donc à la naissance, ainsi que l'affirme la presse salvadorienne. Et avec elle, une nuée de pasionarias de l'avortement et du féminisme qui mènent campagne pour enfoncer un coin dans les lois intégralement pro-vie du Salvador.
Le double motif ne manque pas d'interpeller : en fallait-il autant ? Ou bien cherchait-on simplement de faire d'une pierre deux coups ?
Quoi qu'il en soit, la Cour a totalement blanchi le chef de service hospitalier qui avait, d'emblée, refusé l'avortement à Beatriz, en soulignant que l'état de santé de la jeune femme a été constamment sous étroite surveillance, et que celle-ci est stable. Il appartient aux médecins, ont-ils ajoutés, de prendre toutes les décisions, voire les risques propres à leur profession, aussi bien qu'ils le peuvent compte tenu des données actuelles de la science médicale et des examens qu'ils doivent réaliser sur leur patients, pour « garantir la vie tant de la mère que de son enfant à naître ».
C'est d'ailleurs là le motif fondamental de cette décision « pro-vie » : la Constitution salvadorienne impose la protection de l'être humain « dès l'instant de la conception ». Les juges ont souligné que les droits de la mère ne pouvaient donc l'emporter sur ceux de l'enfant à naître – ni l'inverse.
Malgré des appréciations légèrement divergentes, tous les juges étaient d'accord pour affirmer leur opposition à l'avortement. L'un d'entre eux a souligné que Beatriz n'a jamais été en danger de mort ; le laps de temps écoulé entre sa demande et l'arrêt de la Cour, ainsi que le fait qu'elle ait pu venir tranquillement pour être entendue par les juges à la mi-mai le confirment.
Fin avril, la Conférence épiscopale d'El Salvador avait dénoncé la « manipulation » de l'affaire Beatriz. Son communiqué du 27 avril soulignait que la résistance à la demande d'avortement de « Beatriz » ne viole aucun droit constitutionnel, car elle cherche à protéger la vie à naître : « Les médecins doivent sauvegarder la vie de la mère et de son enfant, en mettant en œuvre les procédures médicales adéquates et éthiques. Ce cas ne doit pas être utilisé pour légiférer contre la vie humaine, spécialement contre l'enfant à naître. »
Les juges n'ont pas dit autre chose en rappelant à plusieurs reprises que les médecins, confrontés à une femme enceinte en difficulté, doivent tout faire pour tenter de sauver les deux vies.
Et la manipulation est encore plus évidente si l'on considère qu'aucune preuve attestant du danger de mort où se trouverait Beatriz, comme la presse le répète pourtant, n'a été produite au cours de la procédure. Et que la jeune femme elle-même, selon le directeur de l'Institut de Médecine Légale qui s'était lui aussi prononcé contre l'avortement il y a quelques jours, n'a pas été correctement informée des procédures de soins dont elle pourrait bénéficier sans passer par la mise à mort de son enfant : « Il est faux qu'il y ait un dilemme entre sa vie et celle de son enfant. Les deux peuvent et doivent être sauvées. »
L'AFP rend compte de cet arrêt en donnant une large place aux institutions et aux organisations féministes qui crient au scandale.
Dès le lendemain de la décision, rendue mercredi soir, la Cour interaméricaine des droits de l'homme (CIDH), liée à l'Organisation des Etats américains (OEA), a ordonné à l'Etat du Salvador « d'adopter et de garantir de manière urgente toutes les mesures nécessaires » pour sauvegarder la vie de la jeune femme. « En raison de l'état de santé de la mère, cette grossesse menace sa vie », a estimé la CIDH dans un communiqué publié à San José.
L'idéologie est décidément plus importante que le dossier médical.
Et l'imagerie déployée par les partisanes de la mort pour l'enfant de Beatriz trop blasphématoire pour que je la reproduise ici.
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CEDH : Lillian Ladele, officier d'état civil, aurait dû accepter d'enregistrer des unions homosexuelles
Lillian Ladele, officier d'état civil britannique, vient de voir rejeter par la Cour européenne des droits de l'homme sa demande de faire entendre par la Grande chambre sa plainte contre ses employeurs qui entendaient la forcer à célébrer des unions civiles homosexuelles.
La CEDH rend ainsi définitif, en fermant la porte à dernière possibilité d'appel de Mme Ladele, l'arrêt de chambre qui en janvier dernier a décidé que la jeune femme n'avait pas subi de discrimination antichrétienne ni de méconnaissance de son droit à l'objection de conscience.
C'est un véritablement harcèlement au travail qu'a subi cette employée de la municipalité d'Islington à Londres où elle était chargée depuis 2002 d'enregistrer des actes civils : naissance, décès et mariages civils qui concernent en Angleterre ceux qui ne se marient pas religieusement. En 2005, avec l'entrée en vigueur d'un partenariat civil ouvert aux couples homosexuels, aligné sur le mariage civil en ce qui concerne l'enregistrement, Lillian Ladele s'était organisée de manière à ne pas avoir à participer à ce style d'unions.
Si d'autres municipalités britanniques ont admis que des employés puissent se soustraire, ainsi, pour des motifs de conscience, à l'enregistrement d'unions gays, il n'en a pas ainsi à Islington où, sous l'impulsion de collègues homosexuels qui se sentaient « discriminés », les collègues de Mme Ladèle l'ont accusée d'alourdir leur tâche de manière intolérable. Si bien que son employeur a fini par lui proposer un avenant à son contrat, fondé sur la politique avancée de « non-discrimination » de la commune. Les négociations furent longues, Lillian Ladèle ne voulait pas céder, et elle finit par renoncer à son poste. Mais non sans se plaindre devant la justice du « harcèlement » subi. Dans un premier temps elle obtint gain de cause devant un tribunal du travail de Londres. Mais elle devait perdre ensuite à tous les échelons judiciaires, en terminant par cet arrêt de chambre de la CEDH.
En rejetant la demande d'appel formulée par Mme Ladele, la Cour solennise l'idée que les droits de chrétiens doivent pouvoir céder le pas devant les droits de personnes « protégées » face à la discrimination, comme les homosexuels.
« La Cour reconnaît généralement aux autorités nationales une ample marge d’appréciation lorsqu’il s’agit de droits conventionnels qui se trouvent en compétition (…). La Cour considère que les autorités nationales, à savoir l’employeur représentant l’autorité locale, qui a mis en place la procédure disciplinaire, ainsi que les cours locales qui ont rejeté la plainte pour discrimination de la demanderesse, n’ont pas outrepassé la marge d’appréciation qui leur est reconnue. »
Pourquoi ? Parce que la non-discrimination à l’égard des homosexuels peut prendre le pas sur la non-discrimination à l’égard des chrétiens.
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Libellés : CEDH, christianophobie, Cour européenne des droits de l'homme
29 mai, 2013
Premier “mariage” gay sous le regard de Notre Dame… Ils ont osé !
La mise en scène était parfaite. Salle froide, cadre contemporain, branchitude tendance skaï, métal, verre et plastique. La cérémonie a coûté cher à la ville de Montpellier, en protections de ministre et rapporteur, députés et élus, forces de l'ordre et retransmission mondiale par internet. Le premier “mariage” gay de l'ère Taubira vient d'avoir lieu entre Bruno et Vincent, qui nous auront donné la nausée… en ondulant, incertains, pendant leur courte allocution finale.
Mais le pire, la signature certaine de cet événement que les pouvoirs publics ont voulu si exemplaire et grandiose, était dans le décor.
Hélène Mandroux, maire de Montpellier, l'avait soigné, dans la salle des Rencontres plus vaste et plus solennelle que celle réservée aux mariages ordinaires, banals – les mariages de papa. Derrière elle, sur sa droite, un portrait de Hollande. A sa gauche, une froide Marianne, mieux à sa place ici, à vrai dire, qu'à la Manif pour tous, le bonnet phrygien rappelle davantage la Terreur et les tricoteuses que l'ordre naturel…
Et derrière, bien visible face à la caméra, déployé à côté du drapeau européen et de l'autre drapeau de Montpellier, un « M » sur fond bleu et blanc, (pas de drapeau français), le blason de la ville. Un blason orné d'une Vierge à l'Enfant assise sur son trône d'or, et surmonté de deux lettres : A et M, Ave Maria.
Oui, elle a osé, ils ont osé mêler l'image de la Vierge très pure à cette cérémonie de refus de Dieu et de sa loi, comme pour la narguer encore plus sûrement que par la présence de Sœurs de la perpétuelle indulgence, ces travestis qui se sont installés parmi les invités triés sur le volet.
Comment Notre-Dame qui est Reine de France peut-elle protéger et secourir ses enfants si elle est ainsi officiellement conspuée ?
Eh bien elle le peut, car elle est aussi la Mère de toute Miséricorde. Et Dieu sait si nous en avons besoin.
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Contrôle de la population musulmane en Birmanie
Les autorités birmanes ont décidé de limiter à deux le nombre d'enfants que pourront avoir les familles musulmanes dans les provinces de Buthidaung et Maundow près du Bangladesh pour réduire la croissance démographique de cette population, bien plus forte que celle des bouddhistes qui forment la majorité de la population du Myanmar.
Ce sont les « tensions » entre la communauté bouddhiste majoritaire et les musulmans Rohingya qui justifient ces mesures de contrôle, voire de nettoyage ethnique, aux yeux des autorités – des violences qui ont commencé voici un an avec des attaques à la machette de bouddhistes contre les habitations musulmanes : des milliers d'entre eux avaient alors perdu leur toit et plusieurs centaines avaient été tués.
Les violences ont repris de plus belle ces dernières semaines.
Les musulmans Royingha ne font pas partie des 135 ethnies officiellement reconnues au Myanmar et ils sont considérés comme illégaux, même si de leur côté ils affirment avoir habité ces régions depuis des siècles. Leur taux de croissance démographique, selon les autorités birmanes, est dix fois supérieur à celui des bouddhistes voisins et c'est donc la « peur » face à cette expansion qui justifie ces mesures que l'on peut qualifier de génocidaires.
Par ailleurs le gouvernement birman entend interdire la polygamie des musulmans dans les provinces concernées : c'est une autre histoire qui pour le coup, ne relève pas d'une atteinte aux droits fondamentaux.
A noter : rendant compte de la dénonciation de ce contrôle étatique des naissances par l'opposante birmane Aung Suu Kyi, l'Associated Press trouve le moyen d'expliquer que les mesures birmanes sont bien à distinguer de la politique de l'enfant unique en Chine puisque celle-ci n'est pas mise en œuvre sur des critères religieux, est la même pour tous et épargne les minorités. Et là, ce n'est plus grave du tout !
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Libellés : avortement forcé, Birmanie, contrôle de la population, démographie, islam, Myanmar, stérilisation
28 mai, 2013
Hollande a osé !
Devant les lycéens de Buffon, alors que des dizaines de personnes étaient illégalement encerclées et emmenées une par une dans plusieurs postes de police pour avoir dénoncé la dénaturation du mariage dont il est directement responsable, il a déclaré :
« Les mots ont toujours un sens. Il faut leur donner leur signification. »
François Hollande dénonçait l'utilisation des mots « fasciste », « nazi », « totalitaire » utilisés la veille pour dénoncer son pouvoir à la Manif pour tous.
Et le mot mariage n'at-il pas un sens et une signification ?
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25 mai, 2013
Les provocs à prévoir pour dimanche
Une « source bien informée », selon l'expression consacrée, annonce que les pouvoirs publics se concertent avec les médias pour bien mettre en exergue les débordements qui auront lieu demain à la Manif pour tous – foi d'animanual – afin de mieux justifier la répression qui s'annoncent pour demain.
Gabrielle Cluzel, dans une talentueuse mise en boîte de Frigide – c'est ici – est donc fondée à prévoir les provocs :
« Les dernières fois, au milieu de cette foule poupine et joyeuse en pantalon pastel, on voyait les flics en civil — tout de noir vêtus et qui faisaient la gueule — comme le nez au milieu de la figure. Si l’on veut qu’ils se fondent dans la masse, qu’on leur apprenne donc à sourire et qu’on leur offre un polo rose. C’est fou ça, il faut tout lui dire, à Valls. »
Il se trouve qu'on m'a fourni quelques photos prises le 24 mars à Montparnasse. Ça vous donnera une idée.
Il semble que le garçon à terre ait cherché à photographier une intervention policière.
Rien que de très normal dans la France de François Hollande.
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Le Saint-Siège dénonce la “pilule du lendemain” comme abortive à l'OMS
Le président du Conseil pontifical pour la pastorale de la santé, Mgr Zygmunt Zilowski, est intervenu le 22 mai devant la 66e assemblée mondiale de la santé à Genève qui se déroule jusqu'à mardi prochain, pour condamner très explicitement la qualification par l'OMS de la « pilule du lendemain » ou contraception d'urgence comme « produit d'importance vitale ». Il a souligné que dans le cas où la conception a déjà eu lieu, « certaines substances contenues dans la pilule du lendemain produisent un effet abortif ».
La résolution EB132.R4 de l'Organisation Mondiale de la Santé a classé la contraception d'urgence parmi les 13 « produits d'importance vitale » (ou « produits pour sauver des vies ») dont les Etats membres sont poussés à améliorer la qualité, les stocks et l'utilisation.
Mgr Zimowski, tout en saluant les efforts de l'OMS dans le cadre de ses initiatives pour promouvoir une « vieillesse active » qui est au centre des débats de cette semaine, et son engagement pour sauver les vies des mères et des enfants comme le veulent les « Objectifs du Millénaire », a consacré un quart de son temps de parole à la question de la pilule du lendemain.
J'emprunte à Zenit la traduction de son intervention à ce sujet :
« Le Saint-Siège est tout à fait d’accord sur la nécessité de réaliser une réduction ultérieure des pertes de vies humaines et la prévention des maladies moyennant un meilleur accès à des interventions moins coûteuses mais respectueuses de la vie et de la dignité des mères et des enfants, à chaque étape de la vie, depuis sa conception jusqu'à sa fin naturelle.
A ce propos, la délégation du Saint-Siège veut soulever de sérieuses préoccupations au sujet du Rapport du Secrétariat et de la Résolution recommandée par le Comité Exécutif pour promouvoir la réalisation des recommandations de la Commission sur les produits d’importance vitale pour les femmes et les enfants. Tandis que certaines de ces recommandations entendent véritablement “sauver la vie”, celles concernant la “contraception d’urgence” peuvent difficilement être considérées comme telles du moment que, comme on le sait très bien, lorsque la conception a déjà eu lieu certaines substances employées dans la “contraception d’urgence” produisent un effet abortif.
Pour ma Délégation, il est tout à fait inacceptable de se référer à un produit médical qui constitue une atteinte directe à la vie de l'enfant in utero comme à un “produit d’importance vitale” et, pire encore, d'encourager “un usage plus étendu de ces substances dans toutes les régions du monde”. »
Cette déclaration est à rapprocher, bien sûr, de l'affaire qui a avait éclaté en Allemagne au printemps lorsqu'une femme victime de viol s'était vu refuser la pilule du lendemain par deux établissements de santé catholique. Devant le tollé des médias, le cardinal Meisner avait affirmé que la pilule du lendemain doit être fournie en cas de viol et la presse avait retenu que la Conférence des évêques d'Allemagne l'autorisait donc en cette circonstance.
Par la suite, une clarification emberlificotée avait précisé qu'il ne s'agissait que des pilules du lendemain non abortives. Qui n'existent pas. Voir ici par exemple.
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Libellés : contraception d'urgence, OMS, pilule du lendemain, Saint-Siège
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