20 septembre, 2014

Titouan, le prématuré de Poitiers : euthanasie ou fin de vie respectée ?

L'agitation médiatique qui a entouré la courte vie et la mort du petit Titouan a été utilisé pour promouvoir l'idée de l'euthanasie. Né à 24 semaines, le 31 août dernier, le petit garçon avait reçu des soins de réanimation au CHU de Poitiers. À moins de 900 g, il avait peu de chances de s'en tirer. Mais grâce aux progrès de la médecine, le voici apparemment sauvé, grâce au ventilateur et à l'intubation qui compensent son incapacité à respirer de manière autonome. Fragile, il subit plusieurs hémorragies cérébrales, avec un risque de rester handicapé à vie.

C'est alors que, se prévalant de la loi sur la fin de vie – la loi Leonetti – ses parents vont se répandre dans les médias pour dire leur désaccord avec les soins prodigués à leur enfant. Ils assurent que l'équipe médicale ne les écoute pas, qu'elle fait de l'acharnement thérapeutique, qu'elle fait souffrir le petit garçon. Et ils demandent l'arrêt immédiat des soins.

L’équipe médicale, on le sait, refuse au motif que d'une part, Titouan ne reçoit pas de soins lourds, et de l'autre, qu'il n'est pas encore possible d'évaluer sa situation et les risques qu'il encourt du fait de sa grande prématurité.

Les médias vont prendre fait et cause pour Mélanie et Aurélien, les parents du petit garçon. Entrant clairement dans une logique euthanasique, ils emploient à l'encontre de ceux qui font le pari de la vie à peu près les mêmes arguments qu'ils réservent aux opposants de l'avortement ou de la mort choisie.
Pourtant il ne s'agit pas d'une affaire d’euthanasie.

À mesure que l'on a avancé les limites où il devient possible de sauver un prématuré, de vraies questions éthiques se sont posées. Est-on toujours obligé de réanimer ? Jusqu'à quel point ? Faut-il tenir compte du risque de très grands handicaps, et en ce cas « laisser partir » l’enfant ? S’agirait-il alors d'une mort délibérément infligée ?

En fait ces cas ne sont pas si rares dans les hôpitaux français où les équipes de néonatologie ont tendance à tout faire pour essayer de sauver les grands prématurés. Et en règle générale, les décisions d’arrêt de soins lourds sont pris en accord avec la famille.

Que c'est il passé dans l'affaire de Titouan ? Il y a sans doute dans cette affaire des dimensions personnelles qui ne seront jamais connues. Mais on sait que ses parents ne voulaient pas d'un enfant lourdement handicapé. Ils voulait qu'on mette fin à ses souffrances. On est là déjà dans une logique d’euthanasie, renforcée par les déclarations pour le moins maladroites d’un néonatologiste de Bordeaux, Christophe Elleau, affirmant qu'il n'est « jamais d'urgent de tuer, d’autant que c’est irréversible ». 

En réalité, on voit mal comment on peut parler ici d’euthanasie car justement il n'est pas question de poser un acte qui a pour but d'entraîner la mort, mais de s'incliner devant une situation où la médecine, malgré des efforts extraordinaires, ne fait que prolonger de la vie par des moyens disproportionnés. 

Pour en être sûrs toutefois, les médecins avaient besoin de savoir si le petit Titouan n’allait pas s'en sortir. C'est une loterie, il y a des enfants plus résistants que d'autres qui dans sa situation, supportent bien la réanimation et finissent par retrouver une vie normale fût-ce avec un petit handicap. Ou même un gros ; mais l'hémiplégie n'est pas incompatible avec la vie. 

Dans le cas de Titouan, jeudi – au bout de quelques semaines de vie – une dégradation de son état a semble-t-il fait comprendre aux médecins que les efforts de réanimation allaient – mais allaient seulement à partir de ce moment-là – devenir disproportionnés par rapport à son état. En accord avec la famille cette fois, ils ont décidé d’« accompagner la fin de vie » du petit garçon. Cela ne veut pas dire qu'ils ont cessé des soins en vue de le faire mourir, mais qu'ils ont retiré la ventilation artificielle qui aurait pu lui faire passer le cap de sa grande prématurité. Pour reprendre les termes de la loi Leonetti, c’eût été de l’« obstination déraisonnable ».

L'histoire ne dit pas si Titouan a ensuite respiré de manière autonome. S'il y était parvenu de manière durable, il aurait selon toute probabilité était soigné car il semble bien qu'il n'y ait eu aucune intention de le faire mourir. Il s'agissait de laisser la nature suivre son cours.

Le docteur Alain de Broca, neuropédiatre et spécialiste de l'éthique médicale au CHU d’Amiens, a bien voulu éclairer cette affaire pour les lecteurs de ce blog ; il est également spécialiste des soins palliatifs et de la notion d'autonomie dans la décision médicale :

« Le cerveau des grands prématurés et comme du parchemin. C'est le processus de maturation lui-même qui provoque des hémorragies. Selon la gravité, elles peuvent être résorbées, et l’enfant grandira, ira à l'école, fera des bêtises comme les autres. Elles peuvent au contraire causer de graves lésions, ou même de très graves lésions. Dans ce cas les techniques extrêmes n’apporteront plus de bénéfices. Et alors ce n'est pas tant la question de l’arrêt du traitement qui se pose, que celle de la mettre en place, ou non, chaque jour étant l'occasion d'une réitération de la décision. Et alors il nous faut accepter que nous n'avons pas la toute-puissance thérapeutique. »

Il en va de même pour le grand cancéreux qui pourra préférer renoncer à une chimiothérapie invasive qui le fera souffrir sans apporter une réelle amélioration.

C'est une décision, a-t-il ajouté, que le médecin ne peut pas prendre seul et en dernier ressort, quoi qu’en dise la loi Leonetti, car il est important justement que les parents y soient associés. Il ne s'agit pas d'une décision de mise à mort, mais bien d'une abstention par rapport à des moyens déraisonnables. « Les parents le comprennent bien en général. »

Le débat, en réalité, ne porte pas sur l’euthanasie, mais sur le fait de ne pas mettre en oeuvre des moyens qui prolongent artificiellement la vie, étant posé ce point capital rappelé par le docteur de Broca : « Ce n’est pas nous qui arrêtons la vie, c’est la maladie. »

Il a également souligné combien il est important que l'enfant, que le prématuré, ne voie pas sa vie abrégée délibérément. Il y a une différence entre s’incliner devant ce qui est devenue inévitable et prendre la décision de tuer. Ces jours de vie sont importants, ils peuvent permettre à la famille, aux oncles, aux tantes, aux grands-parents, de connaître l'enfant, de le laisser s'inscrire dans l'histoire familiale, explique-t-il. Et le deuil est moins difficile alors. « On ne peut pas bien lui dire au revoir qui si on a bien dit bonjour. » Si ce n’est pas le cas, « le deuil sera souvent pathologique »… « Il est important d’accompagner cet enfant qu’on a pu embrasser : le deuil ne se fait bien que si on a fait un bon lien », souligne le docteur de Broca. Le deuil se passe mieux, aussi lorsque l'enfant meurt dans les bras de ses parents, a-t-il constaté : cela les aide à accepter la folie de sa mort. 

Cela montre que le respect de la vie est dans l'ordre des choses, on souffre davantage de vouloir escamoter les souffrances qui sont bien là.

Reste un paradoxe, c'est lui de l’avortement médical possible jusqu'à la fin de la grossesse, qui permet d'éliminer des enfants moins gravement handicapés qui après la naissance aurait été soigné le mieux possible.

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18 septembre, 2014

Emouvante interview de Myriam Ibrahim, la jeune chrétienne Soudanaise qui a échappé à la pendaison

« La foi, c’est la vie. Si vous n’avez pas la foi, vous n’êtes pas vivant. »

Myriam Ibrahim, la jeune femme qui a échappé à une sentence de mort au Soudan où elle avait été condamnée pour apostasie et adultère, vit désormais aux Etats-Unis avec son mari, citoyen américain, et ses deux enfants. Sous la pression internationale, une cour d’appel soudanaise s’est vue contrainte de lever la condamnation.
Rappelons qu’en France, c’est Chrétienté-Solidarité, sous l’impulsion de Bernard Antony, qui a organisé une manifestation pour Myriam Ibrahim devant l’ambassade du Soudan, le 26 mai. La seule, semble-t-il.
Myriam Ibrahim a donné sa première interview à Megyn Kelly, de Fox News. L’entretien, diffusé le 15 septembre, est superbe et émouvant. Il est visible ici. Pour les non anglophones, je vous propose ici la traduction de leurs échanges. – J.S.

Pour voir la vidéo, cliquez ici.

— Myriam, c’est magnifique de vous voir ici.
— Je suis heureuse d’être ici avec vous.
— Vous avez été incarcérée alors que vous étiez enceinte de plusieurs mois. Vous aviez déjà un petit garçon d’un peu plus d’un an au moment de votre emprisonnement en janvier 2014. À quoi pensiez-vous dans votre cellule de détenue ?
— La situation était difficile mais j’étais sûre que Dieu resterait à mes côtés. Je ne me suis appuyée que sur ma foi, sûre que Dieu serait là à n’importe quel moment et dans n’importe quelle situation.
— Il n’a fallu que six semaines pour qu’on vous déclare coupable d’apostasie et d’adultère. Vous ont-ils donné la possibilité de renoncer à votre foi chrétienne?
On m’a donné trois jours. En outre, des personnes de l’association des savants de l’islam sont venues me voir dans ma cellule. C’étaient des imams qui m’ont récité des sourates du Coran. Je faisais face à des pressions énormes.
— Mais vous avez refusé. Vous étiez enceinte, vous aviez un petit garçon d’un an qui était avec vous dans la cellule de prison : n’a-t-il pas été très difficile de rester fidèle à votre foi ?
— J’avais pour moi la confiance en Dieu : la foi était ma seule arme au cours de ces confrontations avec les imams, car c’est ce que je crois…
— Pourquoi n’avez-vous pas tout simplement dit ce qu’ils avaient envie d’entendre, pour sauver votre vie ?
— Si je l’avais fait, cela aurait été la même chose que de tout abandonner. Cela n’est pas possible parce que ce n’est pas vrai. C’est mon droit de suivre la religion de mon choix. Je ne suis pas la seule à avoir souffert d’une telle situation : il y a beaucoup de Myriam au Soudan et à travers le monde. Il n’y a pas que moi, je ne suis pas la seule.
— Pensiez-vous qu’ils vous tueraient ?
— La foi, c’est la vie. Si vous n’avez pas la foi, vous n’êtes pas vivant.
— Douze jours après que fut prononcé la sentence de mort, vous avez donné naissance à Maya, en prison. Dites-nous dans quelles conditions cela s’est passé.
— Maya est née dans des circonstances difficiles. Je devais accoucher à l’hôpital mais ma demande a été rejetée. A l’heure où je devais donner naissance ils ont refusé d’enlever les chaînes de mes chevilles et j’ai dû accoucher entravée. Ce fut difficile.
— Quel noir moment cela a dû être. Vous vous trouvez dans cette prison Soudanaise, vous tenez votre nouveau-né dans vos bras, votre petit garçon est là près de vous, vous savez que vous êtes condamnée à mort. Comment avez-vous réussi à faire face?
— C’était une situation très difficile mais j’avais ma foi en Dieu. Je savais qu’Il m’aiderait, qu’Il savait que j’étais victime d’une injustice. C’est mon droit de pratiquer la religion de mon choix.
— Comment voyez-vous ce que le gouvernement des États-Unis a fait pour vous?
— Au départ avant mon incarcération Daniel et moi sommes allés au consulat des États-Unis. Le consul a refusé de nous parler et d’entendre les détails de l’affaire. Cette femme a refusé de s’occuper de nous et nous a dit d’aller voir auprès des Nations unies. Cependant l’ambassadeur Jerry Lanier m’a soutenue et son soutien a vraiment changé ma vie.
— Finalement sous la pression internationale une cour d’appel vous a libérée. Quel effet vous a fait cette nouvelle?
— J’ai ri, j’ai pleuré, j’étais très heureuse.
— A l’aéroport ils ont essayé de vous empêcher de quitter le Soudan mais pour finir vous y êtes parvenue. Vous avez fait route pour l’Italie en compagnie du ministre délégué des affaires étrangères, qui à quelques minutes de l’atterrissage à Rome a envoyé un message : « Mission accomplie. » Puis vous avez rencontré le pape. Cela a du être surréaliste.
— J’étais très heureuse. Je n’ai aucun problème avec personne. Je n’ai commis aucun crime. La seule chose dont je sois coupable, c’est d’avoir voulu vivre ma vie conformément à mes choix.
— Avez-vous été triste de quitter le Soudan, malgré tout?
— Oui, cela était triste car c’est le pays où je suis né. Mon peuple, mes amis, mes voisins sont tous là-bas, et ma vie est profondément enracinée au Soudan. Malgré toutes les souffrances, et toutes les circonstances difficiles – on s’y habitue.
— Parlons de l’islam. Le Soudan est le théâtre régulier de persécutions envers les chrétiens. Elles n’ont rien d’inhabituel. 88 % des filles subissent des mutilations génitales. Quelle est selon vous la dangerosité de l’islam radical?
— Comme je l’ai dit, j’ai mis ma vie dans la balance pour les femmes du Soudan. J’étais très près d’elles et je ressentais leurs souffrances. J’ai partagé avec elles les conditions difficiles de la prison et de la vie en général. En ce qui concerne la situation des chrétiens, c’est un fait bien connu que leur vie est difficile, qu’ils sont persécutés, traités avec dureté. Ils ont peur de se dire chrétiens par crainte de la persécution. Parfois des chrétiens qui se trouvent en prison en raison de difficultés financières s’entendent dire que le gouvernement remboursera leurs dettes s’ils se convertissent à l’Islam. Je n’ai jamais été musulmane. J’ai toujours été chrétienne. Si vous êtes chrétien et que vous vous convertissez à l’islam, cela deviendra difficile de le quitter : si vous le faites vous encourrez la peine de mort.
— Vous vivez désormais aux États-Unis, dans le New Hampshire. Comment cela se passe-t-il?
— Pour l’instant je n’ai pas encore une vie stable. Mais c’est mieux que la prison.
— Merci ! (Rires). Avez-vous encore le sentiment d’être en danger ?
— Oui.
— Comment cela ?
— Parce que j’ai à l’esprit une image très vive de la situation au Soudan.
— Et comment vont vos enfants ici ?
— Mes enfants sont très heureux d’être avec leur père, ensemble, comme une famille.
— Comment voyez-vous l’avenir, Myriam ?
— J’aimerais aider les gens au Soudan, en Soudan, spécialement les femmes et les enfants ; j’aimerais promouvoir la liberté de la religion.
— Et à ceux qui vous considèrent comme une héroïne pour les chrétiens ? Que leur dites-vous?
— Je leur dis: merci pour votre soutien et pour vos prières. Mais j’ai toujours besoin de soutien. J’ai besoin de prières. J’ai besoin du soutien des autres.
— Et vous les aurez. Je vous souhaite tout ce qu’il y a de mieux pour vous et votre famille.
(Avec un radieux sourire.) Merci. Merci beaucoup.

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17 septembre, 2014

La contraception, pas si sûre ! Des rappels fondamentaux

Un journal peu suspect de complicité avec les défenseurs de la vie, le New York Times a publié samedi les résultats d’études sur le long terme de l’efficacité des moyens de contraception ou d’espacement des naissances. Elle est à connaître, puisque l’analyse des chiffres démontre à elle seule le lien intrinsèque entre contraception et avortement – quand la propagande habituelle veut faire croire que là où la contraception progresse, l’avortement régresse.
L’article, signé Gregor Aisch et Bill Marsh, s’appuie sur les données de James Trussell de l’Office of Population Research, université de Princeton, et de la Brookings Institution, l’un des plus anciens think tanks américains, spécialisé dans les sciences sociales. Il s’agit d’une présentation très visuelle des taux d’échec des différentes formes de contraception, que je vous invite à aller voir à la source et à conserver, tant elle met en évidence le caractère inévitable de la survenue de « grossesses non désirées ».
L’efficacité d’un moyen contraceptif est exprimée dans l’article par le pourcentage de femmes qui auront une grossesse non désirée sur une période de dix ans dans le cadre de son utilisation habituelle. Ordinairement, les taux d’échec sont évoqués pour une période d’un an mais bien sûr, plus la durée augmente, plus le nombre de femmes qui concevront augmente aussi.
Utilisation habituelle ne veut pas dire parfaite : il est très rare, précisent les auteurs, que les couples se conforment systématiquement, surtout sur une période aussi longue, aux conditions optimales d’utilisation ; et puis il y a les défaillances de diverses sortes. Pour chaque moyen étudié, on trouvera donc sur les graphiques très parlants publiés par le New York Times le taux d’échec en cas d’usage « parfait » et en cas d’usage « habituel » et donc le plus conforme à la réalité.
Pour les spermicides, au bout de 10 ans, ces pourcentages sont de 86 % en usage parfait et de 96 % en usage habituel. Voici quelques autres pourcentages :
• Méthodes d’auto-observation : 26 % et 94 %
• Préservatif masculin : 18 % et 86 %
• Pilules, patches, anneaux vaginaux : 3 % et 61 %
• Depo-Provera (contraceptif longue durée) : 2 % et 46 %
• Stérilet (méthode contragestive) : 6 % et 8 %
• Stérilisation féminine : 5 % dans tous les cas
• Stérilisation masculine : 2 %
• Implant hormonal : 1 %.
Bref, aucune méthode n’est absolument efficace.
Et dans l’ensemble, on peut noter que pour les méthodes sans doute les plus répandues, comme la pilule ou le préservatif, largement plus d’une femme sur deux aura une grossesse en 10 ans d’utilisation : combien en 30 ans ?
Toutes ces méthodes – à l’exception des différentes formes d’auto-observation – ont pour point commun le refus de l’enfant par principe. Cela explique que dans un pays comme la France, quelque 70 % des « IVG » sont pratiquées sur des femmes utilisant une forme de contraception. Si celle-ci « rate », l’avortement est alors un simple moyen de rattrapage.
Les méthodes d’auto-observation, dites aussi « méthodes naturelles » sont celles – hormis le contraceptif masculin – qui affichent une plus grande distance entre l’utilisation parfaite et l’utilisation « typique ». Ici quelques remarques s’imposent : il y a plusieurs méthodes d’auto-observation, certaines plus exactes que d’autres, et plusieurs moyens de les utiliser. Soit en ayant recours à l’abstinence aux jours féconds, dans le refus cohérent de toute contraception artificielle, soit en utilisant ces jours-là des moyens en eux-mêmes peu efficaces comme le retrait ou le préservatif. C’est en tout cas ce type de régulation des naissances qui, seul, peut être compatible avec un esprit d’ouverture à la vie.
Autre remarque, et elle me semble importante : que ce soient les pilules, les préservatifs ou autres contraceptifs de courte durée, elles affichent un taux d’échec assez important et ce sont donc elles que l’on retrouve chez ces femmes qui avortent « malgré » la contraception.
En revanche, ce qui fonctionne vraiment bien aux dires des partisans du contrôle de la population, outre la stérilisation qui est irréversible en principe, ce sont les dispositifs intra-utérins au cuivre ou au levonorgestrel ou, mieux encore, l’implant hormonal (enfin : pas toujours).
Une large couverture contraceptive par ces moyens aurait indubitablement des effets sur le nombre de grossesses non désirées et pousserait sans doute les avortements à la baisse, apportant de l’eau au moulin des partisans de la contraception pour « éviter » les avortements. En passant par pertes et profits, évidemment, les avortements très précoces provoqués par la fonction anti-nidatoire de nombre de ces méthodes.
Quoi qu’il en soit, on assiste depuis plusieurs années à une promotion forte de la contraception de longue durée, ce qui explique peut-être pour partie que la dénonciation de la contraception orale soit devenu enfin un thème accepté dans la grande presse, alors que sa nocivité était bien documentée au moins depuis la parution du livre d’Ellen Grant, Amère pilule, en 1985.
Faut-il s’en réjouir ? Les contraceptifs de longue durée, par définition, marquent un refus de la vie plus absolu que les autres et sont le reflet d’une mentalité de plus en plus gangrenée par la culture de mort. Elles bouleversent encore plus profondément l’état physique – et pourquoi pas psychique ? – des femmes, en les stérilisant durablement, c’est-à-dire en empêchant volontairement leur corps de fonctionner de manière saine. Ce faisant elles déresponsabilisent encore davantage que ne le font les autres contraceptifs artificiels.
Et ce n’est pas une bonne nouvelle pour la société.
Merci au site pro-vie canadien de Suzanne Fortin, bloggueuse catholique attentive et avisée, à qui je dois cette info : voir ici.



16 septembre, 2014

La photo du jour : quel est le féminin d'“un instituteur gai et gentil” ?

Merci au pédopsychiatre Vincent Rouyer qui a relayé cette photo sur sa page facebook – elle vaut le détour. 




Est-elle authentique ?

Ce qui est sûr, c'est que l'exercice en question fait partie de l'« évaluation diagnostique du début de CM1 » en 2010 (voir ici).

Et que l'irrégularité de l'écriture, les fautes d'orthographe et le choix des mots sont tout aussi caractéristiques de l'enfant du XXIe siècle que cette focalisation sur le discours LGBT…

Donc, selon toute probabilité, oui.

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14 septembre, 2014

Bordeaux : un mort par inversion de seringues. Voulaient-ils tuer quelqu'un ?

La presse révèle qu'un patient de 61 ans est mort mercredi dernier dans un hôpital de Bordeaux à la suite d'une inversion accidentelle de seringues, « après avoir reçu en intraveineuse une dose de chlorure de potassium au lieu de l'injection de corticoïdes prescrite ». Une information pour homicide involontaire a été ouverte. Il s'agit clairement d'une « erreur d'administration médicamenteuse », précisé le communiqué de l'Institut Bergonié, spécialisé en oncologie. Les emballages des deux seringues étaient étiquetés, et non les seringues elles-mêmes, a indiqué Marie-Madeleine Alliot, procureur de la République de Bordeaux.

Le patient était hospitalisé dans une unité de soins palliatifs de l'Institut Bergonié.

On sait d'ores et déjà que la seringue de chlorure de potassium était en réalité destinée à un patient se trouvant dans une autre chambre.

Et là on se pose évidemment des questions. Dans cet établissement qui accueille des malades du cancer, y compris en soins palliatifs, injecterait-on volontairement des doses létales de chlorure de potassium comme celle administrée par erreur au malade décédé mercredi ? Une euthanasie était-elle programmée, mais s'est on simplement trompé de victime ?

L'administration du chlorure de potassium n'est pas forcément destinée à tuer le patient : elle a au contraire généralement pour objet de pallier un manque de potassium et, même s'il s'agit d'un médicament « à haut risque », son usage est répertorié. Mais uniquement sous forme diluée – la dilution devant être réalisée par du personnel formé – par perfusion en intraveineuse, avec une durée minimale de pose, et sous contrôle précis, deux personnes devant intervenir en principe pour vérifier l'ampoule initiale ayant servi à la dilution et l'étiquetage, la concentration et la vitesse de perfusion (directives de l'ARS en Ile-de-France).

Les accidents par confusion de produit sont rares mais se comptent tout de même par dizaines dans le monde, raison pour laquelle les procédures ont été mises en place pour que ces morts « évitables » ne se reproduisent plus – tardivement en France comme le montre cet article. Une circulaire du 14 février 2012 attire l'attention des établissements de santé sur la gestion de ces risques.

Il semble en tout cas que l'ampoule de chlorure de potassium (KCl) soit clairement identifiable : elle n'existe que dans deux dosages, un pour adulte, un pour enfant, et présente une apparence non moins reconnaissable :


On imagine mal que la jeune infirmière étudiante en troisième année qui a administré la piqûre mortelle en présence de l'infirmière confirmée qui la surveillait ait vu cette ampoule.

Elle n'aurait donc vu que la seringue. Avec un produit dilué ? Non dilué ?

S'agissait-il de deux seringues à intraveineuse ? Sauf erreur, on n'injecte pourtant pas du KCl directement en intraveineuse…

Les seringues à intraveineuse sont-elles différentes des autres ? Un étudiant infirmier est-il habilité à faire des injections en intraveineuse ?

Autant de questions qui se posent. Peut-être des infirmiers pourraient-ils nous éclairer…

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13 septembre, 2014

Kenya : mobilisation “religieuse” pour le planning familial

Un vieux poster vantant la limitation des naissances
Des leaders religieux ont été mobilisés par le gouvernement kenyan pour faire la promotion du
planning familial : c'est du moins l'objectif de la campagne « Des familles pour une meilleure santé au Kenya » qui annonce comme objectif la baisse de la mortalité infantile. Moins d'enfants dans l'absolu implique – c'est mécanique – moins d'enfants morts dans la période périnatale. Lea Conseil interreligieux du Kenya, IRCK, a d'ores et déjà apporté son soutien à la campagne, en attendant que les dignitaires sur le terrain suivent.

« Families for a healthier Kenya » entend démontrer, par le biais d'un discours religieux habillé d'images, de musiques, de vidéos et autres animations que l'espacement des naissances et le contrôle de la taille des familles n'a que des retombées positives : une opération « gagnant-gagnant » qui assure une meilleure santé aux enfants, plus de moyens pour les élever, les éduquer et les soigner.

Et puisque ce sont souvent des « croyances religieuses » qui façonnent les comportements des couples et des familles à l'égard de la procréation, eh bien, ce seront les représentants des religions qui divulgueront les messages fortement axés sur l'acceptation de la contraception.

Sans surprise, la campagne est soutenue, inspirée et même largement financée par USAid, l'organisme officiel d'aide au développement des Etats-Unis : l'une de ses représentantes, Jerusha Karuthiru a indiqué qu'il s'agir d'« aligner » les questions de santé reproductive et de planning familial avec les cadres et croyances des religions, à l'instar de ce qui s'est passé en Egypte notamment. USAid a investi près de 2,3 millions de dollars dans l'opération prévue pour durer cinq ans.

Précision : l'Eglise catholique fait partie de l'IRCK, mais il est précisé qu'elle est opposée à « diverses formes de planification familiale ».


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Le gouvernement Rajoy renonce à modifier la loi sur l'avortement (presse espagnole)

La presse hispanophone reprend largement cette information d'El Mundo qui s'appuie sur des « sources gouvernementales » non identifiées : pris entre son opposition de gauche et le ventre mou de son Partido Popular, le Premier ministre espagnol aurait déjà pris la décision de remiser son projet de durcissement de la loi sur l'avortement, sans même avoir pris la peine d'en avertir le ministre de la justice qui porte le projet, Alberto Ruiz-Gallardon.

Je n'ai certes pas la possibilité de vérifier l'exactitude de l'information, mais – comme le signale elperiodico.es pour s'en réjouir – le fait est que le projet a rencontré des résistances au sein du parti au pouvoir qui s'était pourtant fait élire, en 2011, sur la promesse d'abroger la « loi des délais » introduite sous Zapatero. Cette loi fait de l'avortement un droit de la femme pendant les délais légaux.

Vrai encore : devant l'absence de consensus au sein de son parti, Rajoy a tenté d'apaiser les uns et les autres en ouvrant des consultations internes et en laissant s'exprimer les chefs de régions affolés à l'idée de perdre leurs mandats sur cette polémique.

Vrai aussi, le recours de Rajoy aux divers atermoiements qui font qu'en près de trois ans, et malgré les avis favorables : une première version avait été approuvée en décembre dernier et le projet définitif présenté au gouvernement par Ruiz Gallardon en juin, un peu retoqué pour tenir compte des résistances, aurait pu être soumis au Parlement dès la rentrée. S'il avait été dans l'intérêt de Rajoy de le faire, note El Periodico, il n'aurait pas tardé.

Mais la restriction significative des conditions de dépénalisation de l'avortement, que le projet entend réserver aux seuls cas de danger pour la vie de la mère et de grossesse résultant d'un viol. Ruiz Gallardon avait mis un point d'honneur à éliminer des cas de dépénalisation la « malformation grave » de l'enfant à naître, aux relents évidemment eugéniques. C'est sur ce dernier point que portaient les dernières discussions en date, sous la pression du lobby de l'avortement.

Le PP aurait-il enterré sa promesse à son électorat, massivement présent dans la rue à intervalles réguliers ces dernières années pour réclamer « l'avortement zéro » ? Beaucoup de choses semblent l'indiquer, à commencer par le fait que Ruiz Gallardon n'a pas pu présenter son projet qu'il assurait devoir porter devant le législateur « avant la fin de l'été ».

La presse espagnole parle du « coût électoral élevé » du projet alors que de nouvelles élections approchent en 2015. Aux européennes, il a manqué 2,5 millions de voix au Partido Popular qui, selon les analyses internes, sont celles de centristes ayant choisi l'abstention. Or le centriste est moins pro-vie ; il s'agirait donc de le récupérer en faisant profil pas sur cette question.

La presse se demande désormais si, pour ne pas faire perdre la face à son ministre de la justice, Rajoy ne va pas faire approuver le projet de loi en conseil des ministres pour ensuite jouer une nouvelle série d'atermoiements devant le Parlement, équivalents à un enterrement sur la durée. L'autre option étant de l'« oublier », purement et simplement.

HazteOir, la « plateforme citoyenne » pro-vie espagnole, lançait dès vendredi une nouvelle campagne pour que la manifestation pro-vie prévue pour le 21 septembre à Madrid et dans de nombreuses villes d'Espagne et du monde hispanophone soit une énorme succès, destiné à rappeler à Rajoy ses engagements solennels d'introduire une législation restrictive sur l'avortement.

La Ve Marche pour la Vie ne se bornera plus à exprimer son espoir ni sa volonté de voir éliminé l'avortement légal des lois espagnoles, appelant le Premier ministre et le PP à tenir leurs promesses, mais dira son indignation. « 292.000 êtres humains exterminés avec le PP au pouvoir, et voici qu'ils disent que leur promesse de légiférer pour la vie allait rester dans les cartons, “en paix” ! » « Tout ce qu'ils ont fait pendant tout ce temps, c'est de discuter pour savoir si certaines personnes pouvaient être avortées », souligne HazteOir.

La vidéo appelant à la Marche pour la Vie comporte l'enregistrement de Rajoy s'engageant à modifier la loi sur l'avortement « pour renforcer la protection du droit à la vie ». 300 avortements par jour : c'est le triste bilan de son gouvernement « conservateur ».






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12 septembre, 2014

Pays-Bas : une église sanctionnée pour refus de location aux gays

Le Collège des droits de l'homme – instance publique néerlandaise similaire à la HALDE en France – vient de donner raison à un groupe d'homosexuels qui se sont plaints d'avoir été empêchés de louer un local abrité par une église évangélique d'Utrecht, l'an dernier.

La location avait été demandée l'an dernier par le groupe « Jong en Out » (jeu de mots sur le « coming out », alors que « Jong en Oud » signifie « jeunes et vieux »), membre d'une des principales associations homosexualistes, COC, en vue d'organiser des journées mensuelles de coming out pour les jeunes justement.

La location des salles était confiée à une société sous-traitante, qui en a référé à la direction de la communauté évangélique. Celle-ci a refusé, arguant du fait que sa « base » n'accepterait pas le type d'activités envisagé. L'affaire avait causé grand bruit – d'autant que le refus de location avait été rendu public à la date précise de la « Journée nationale du Coming out » aux Pays-Bas. Les directives pour la location imposées au sous-traitant précisaient que celle-ci ne devaient pas entraîner l'église contre son gré sur le terrain de sujets de société qui pouvaient la mettre en porte-à-faux : la discrimination à l'égard de personnes ou de groupes de personnes, le mépris de l'église ou de la religion, des relations personnelles spécifiques, y compris sexuelles, ou des activités contraires à la loi.

Le sous-traitant avait d'emblée pris l'initiative de dire au groupe de jeunes que le propriétaire des lieux ne donnerait probablement pas suite en raison de leur homosexualité, disant son « dégoût » personnel à propos de ce probable rejet. L'association répondait que de toute manière le prix de la location était trop élevé. Mais les échanges de mails ont continué et l'association a fini par demander à visiter les locaux et à solliciter davantage d'informations de la part de la communauté évangélique – à croire que cela est devenu une affaire de « testing ». De fait le refus était tombé – et le sous-traitant s'en excusait platement.

Très « choquée », l'association a donné un important retentissement médiatique à cette « discrimination », pour saisir ensuite le Collège des droits de l'homme.

Celui-ci vient donc de juger que le rejet avait une motivation purement discriminatoire, que ce soit de la part de la communauté évangélique comme de celle du sous-traitant, directement liée à l'orientation sexuelle des demandeurs, et ce malgré l'affirmation de la communauté religieuse selon laquelle c'était le type d'activité projeté qui avait justifié son refus. Elle n'a pas apporté la preuve de cette motivation, a estimé le Collège, qui n'a pas non plus entendu la communauté évangélique lorsque celle-ci a souligné l'absence de dommage causé par le refus, puisque le groupe homosexuel lui-même n'a cessé de dire que le tarif de location était trop élevé pour lui, et qu'il chercherait autre chose.

Elle s'est bornée à dire que, la prestation comportant un prix, le refus constitue bien un refus de vente ou de service interdit au titre de la non discrimination.

Bien entendu, les évangéliques ont invoqué la liberté religieuse que reconnaît notamment la Convention européenne des droits de l'homme. Le Collège a répondu que cette liberté ne permet d'échapper au principe de non-discrimination affirmé dans loi « AWGB » que pour les rapports juridiques à l'intérieur de la communauté. En revanche, le principe s'applique pleinement dans les rapports de l'entité religieuse avec des tiers, hors du cadre propre. « Ainsi, le législateur a réglé la question de manière à trouver un équilibre entre la liberté religieuse et l'interdiction de la discrimination », précise le Collège.

Celui-ci a donc jugé que l'Evangelische Gemeente Utrecht s'est rendue coupable de discrimination interdite à l'égard de l'Association néerlandaise pour l'intégration des homosexuels (COC) à raison de l'orientation sexuelle.

L'église a un mois pour faire connaître au Collège les mesures qu'elle entend prendre. Son avocat a précisé qu'il ne s'attendait pas à ce que COC revienne à la charge pour forcer l'église à lui louer son local : « Pour cette association, il s'agissait d'une affaire de principe », a-t-il commenté.

Une affaire de principe lourde de conséquences, et pas seulement aux Pays-Bas puisque les lois d'égalité et de non-discrimination existent quasiment partout dans l'UE et que celle-ci possède sa propre Charte des droits fondamentaux en ce sens.


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Le Royaume-Uni veut davantage de hauts fonctionnaires gays

Le Bureau du Cabinet, ministère britannique de l’exécutif chargé notamment du bon fonctionnement du service public, vient d’annoncer la mise à place d’un nouveau « Talent Action Plan » destiné à repérer et à faire tomber les barrières qui empêchent les LGBT d’accéder aux cadres les plus élevés de la fonction publique. Mais attention ! Ce n’est pas pour leur faire plaisir. L’objectif est d’améliorer les compétences à ce niveau en évitant que des gens de talent ne soient écartés du fait de leur orientation sexuelle. « Il faut fournir un excellent service public aux familles qui travaillent dur, et pour cela nous avons besoin des meilleurs fonctionnaires », a déclaré le ministre, Francis Maude.
En attendant cela a tout, cependant, de la discrimination positive. Le directeur de cabinet, Sir Jeremy Heywood, invoque la « morale » et l’engagement de son ministère de « construire une fonction publique inclusive et diverse », charabia que les habitués reconnaîtront.
Les plans précédents n’ont pas fonctionné, déplore le Bureau du Cabinet, faute de s’intéresser aux réalités. Et quand des technocrates veulent connaître les vrais problèmes, que font-ils ? Bingo ! Une commission d’études. Celle que le gouvernement britannique met en place en l’occurrence va tenter de comprendre pourquoi l’appartenance à plusieurs groupes constitue un frein pratique quand il s’agit d’atteindre les meilleures places : les femmes, le minorités ethniques, les LGBT et les handicapés. Quatre rapports sont attendus, une deuxième vague d’études, en fonction des résultats, est déjà programmée.
Et une fois les barrières identifiées ? Eh bien, il suffit d’imaginer la suite. Des lois, des contraintes, des peines augmentées, de nouvelles campagnes contre l’« homophobie », des aides à l’embauche. Car ils ont beau annoncer que le but est de donner des chances égales à tous, seul le talent faisant la différence, l’expérience prouve qu’on aboutit toujours à des mesures positives en faveur des groupes visés. 
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11 septembre, 2014

L’ONU a recommandé au Chili d’autoriser l’accès des mineures à l’avortement

Un grouped’experts des Nations unies spécialisé dans les discriminations à l’égard des femmes a recommandé mardi au Chili de légaliser l’avortement pour les mineures, invoquant le taux alarmant de grossesses adolescentes dans ce pays.
Frances Raday, universitaire féministe (photo : Haaretz).
Il s’agit d’« une affaire de santé physique et mentale », selon les termes du document de travail publié par le « Groupe de travail » de l’ONU sur les discriminations envers les femmes : le rapport affirme que chaque année, 60.000 à 70.000 avortements illégaux ont lieu au Chili – selon la vieille habitude des partisans de l’« IVG » d’invoquer des chiffres très élevés, généralement bien au-delà de la réalité.
« Les avortements illégaux sont dangereux par définition, mais c’est pire lorsque les femmes qui se
rendent à l’hôpital pour des complications sont dénoncées à la police par les autorités sanitaires. Les femmes ne sont pas seulement exposés à des avortements qui ne sont pas sûrs, on les empêche de chercher de l’aide en cas de complications », affirme Frances Raday, présidente du groupe de travail.
Assurant que la « violence intrafamiliale touche une femme sur trois », elle ajoute qu’il « est nécessaire de transformer une culture de discrimination et de stéréotypes d’une société conservatrice marquée par des valeurs religieuses qui ont laissé la femme sur le bord du chemin ». Telle est bien l’idéologie (du genre) défendue par tant d’agences onusiennes : elle récuse la religion et la rend coupable de tous les maux. 

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Le cardinal Francis George dénonce la religion du laïcisme

L’archevêque de Chicago, le cardinal Francis George, a écrit cette semaine dans son éditorial hebdomadaire du journal de son diocèse que les Etats-Unis ont désormais leur « religion d’Etat » : le laïcisme. Une religion qui s’impose parfois avec la même brutalité que « la charia ».
Un tel franc-parler surprend aujourd’hui de la part d’un prince de l’Eglise.
Plutôt que de vous donner une idée, quelques citations, je vous propose de découvrir le texte in extenso. Il en vaut la peine. Vous verrez que ce que le cardinal George écrit vaut aussi pour la France et pour d’autres pays jadis chrétiens. Il explique notamment que s’engager sur la route du pouvoir, dans la situation actuelle, suppose une forme d’apostasie : l’acceptation des idoles du jour.
Je vous propose ici ma traduction de ce texte. Le titre choisi par le cardinal est détourné de celui du roman de Dickens, A Tale of Two Cities. – J.S.

Le conte de deux Eglises

Il était une fois une Eglise fondée au moment où Dieu est entré dans l’histoire humaine afin de donner à l’humanité un chemin vers le salut éternel et le bonheur avec lui. Le Sauveur envoyé par Dieu, son Fils unique, n’écrivit pas de livre mais fonda une communauté, une Eglise, sur le témoignage et le ministère de douze apôtres. Il envoya à son Eglise le don de l’Esprit Saint, l’esprit d’amour entre le Père et le Fils, l’Esprit de la vérité que Dieu avait révélée sur lui-même et sur l’humanité en faisant irruption dans l’histoire de l’humanité pécheresse.
Cette Eglise, communion hiérarchique, a continué son chemin au cours de l’histoire, vivant parmi différents peuples et cultures mais toujours guidée pour ce qui fait l’essentiel de sa vie et de son enseignement par le Saint Esprit. Elle se disait « catholique » parce qu’elle avait pour raison d’être et pour but de prêcher une foi universelle et une moralité universelle, qui embrassent tous les peuples et toutes les cultures. Cette prétention devait souvent provoquer des conflits avec les classes dominantes de nombreux pays. Au bout de quelque 1.800 ans de son histoire souvent orageuse, cette Eglise s’est retrouvée en tant que tout petit groupe dans un nouveau pays de l’Amérique du Nord-Est qui promettait de respecter toutes les religions parce que cet Etat ne serait pas confessionnel ; il n’allait pas tenter de jouer le rôle d’une religion.
Cette Eglise savait qu’elle était loin d’être socialement acceptable dans ce nouveau pays. L’une des raisons pour lesquelles celui-ci avait été créé était précisément de protester contre la décision du roi d’Angleterre de permettre la célébration publique de la messe catholique sur le sol de l’Empire britannique dans les territoires catholiques du Canada nouvellement conquis. Il avait trahi le serment de son couronnement par lequel il s’était engagé à combattre le catholicisme, défini comme « le plus grand ennemi de l’Amérique », et de protéger le protestantisme, en mettant la religion pure des colonisateurs en danger, leur donnant ainsi le droit moral de se révolter et de rejeter son règne.
Pour autant, bien des catholiques dans les colonies américaines pensaient que leur vie pourrait être meilleure dans ce nouveau pays plutôt que sous un régime dont la classe dominante les avait pénalisés et persécutés depuis la moitié du XVIe siècle. Ils ont pris ce nouveau pays comme le leur et l’ont servi fidèlement. Leur histoire sociale n’a pas manqué de conflits, mais de manière générale l’Etat a gardé sa promesse de protéger toutes les religions et de ne pas s’opposer à leur égard en faux rival, comme une fausse Eglise. Jusqu’à une date récente.
Il y avait toujours eu un élément quasi religieux dans le credo public de ce pays. Il vivait du mythe du progrès humain, qui ne laissait guère de place à la dépendance par rapport à la providence divine. Il tendait à exploiter la religiosité des gens ordinaires en utilisant un langage religieux afin de les coopter jusqu’à les faire adhérer aux objectifs de la classe dominante. Diverses formes d’anti-catholicisme faisaient partie de son ADN social. Il avait encouragé les citoyens à se considérer comme les créateurs de l’histoire mondiale et comme les gérants de la nature, de telle sorte qu’il ne fût plus nécessaire de consulter une source de vérité extérieure à eux-mêmes pour vérifier la bonté de leurs objectifs et de leurs désirs collectifs. Mais il n’avait jamais assumé explicitement les atours d’une religion, ni dicté officiellement à ses citoyens ce qu’ils devaient penser ou quelles « valeurs » ils devaient faire leurs afin de mériter de faire partie de ce pays. Jusqu’à une date récente.
Ces dernières années, la société a revêtu d’approbation sociale et législative toutes sortes de relations sexuelles autrefois qualifiées de « péchés ». Puisque la vision biblique de ce que signifie le fait d’être humain nous dit que toute amitié, tout amour ne peut s’exprimer au travers de relations sexuelles, l’enseignement de l’Eglise sur ces questions est désormais une preuve d’intolérance à l’égard de ce que la loi civile affirme, voire impose. Là où jadis on demandait de vivre et de laisser vivre, on exige maintenant l’approbation. La « classe dominante » – ceux qui façonnent l’opinion dans les domaines de la politique, de l’éducation, de la communication, du divertissement – utilise la loi civile pour imposer à tous sa propre forme de moralité. On nous dit que, même au sein du mariage, il n’y a pas de différence entre hommes et femmes, alors que la nature et nos corps eux-mêmes apportent la preuve évidente qu’hommes et femmes ne sont pas interchangeables à volonté lorsqu’il s’agit de former une famille. Néanmoins, ceux qui ne se conforment pas à la nouvelle religion – nous avertit-on – mettent leur citoyenneté dans la balance.
Lorsqu’une récente affaire d’objection religieuse à l’égard d’une des dispositions de la Health Care Act (NDLR : l’Obamacare) aboutit à un jugement qui allait contre la religion d’Etat, le Huffington Post (le 30 juin 2014) exprima son « inquiétude » quant au fait de pouvoir être « à la fois catholique et bon citoyen ». Et ce n’est pas en écho aux nativistes qui élevèrent la voix contre l’immigration catholique dans les années 1830. Ce n’est pas davantage la voix de ceux qui ont brûlé des couvents et des églises à Boston et à Philadelphie, une dizaine d’années plus tard. Il ne s’agit pas davantage d’une expression du Know-Nothing Party des années 1840 et 1850, ni du Ku Klux Klan qui brûlait des croix devant les églises catholiques du Midwest après la guerre civile. C’est une voix bien plus sophistiquée que celle de l’American Protective Association, dont les membres s’engageaient à ne jamais voter pour un candidat catholique à une charge publique. Il s’agit plutôt de la voix pharisaïque de certains membres de l’Establishment américain aujourd’hui, qui se voient comme des « gens de progrès », des « illuminés ».
Pour beaucoup de catholiques, le résultat inévitable est une crise de la foi. Tout au long de l’histoire, lorsque les catholiques et les autres croyants de la religion révélée ont été contraints de choisir entre être enseignés par Dieu ou instruits par des politiques, des professeurs, des éditorialistes de grands journaux et des artistes du monde du divertissement, nombreux sont ceux qui ont choisi d’aller du côté du manche. Cela permet d’amoindrir une importante tension au cœur de leur vie, même si cela entraîne aussi l’idolâtrie d’un faux dieu. On n’a pas besoin de courage moral pour se conformer au gouvernement et à la pression sociale. Il faut une foi profonde pour « nager à contre-courant », ainsi que le pape François a encouragé les jeunes à le faire lors des JMJ de l’été dernier.
Nager à contre-courant signifie limiter son propre accès aux positions de prestige et de pouvoir au sein de la société. Cela veut dire que ceux qui choisissent de vivre conformément à la foi catholique ne seront pas les bienvenus en tant que candidats politiques aux postes nationaux, qu’ils ne feront pas partie des conseils éditoriaux des grands journaux, qu’ils ne seront pas chez eux dans la plupart des facultés universitaires, qu’ils ne feront pas une belle carrière d’acteurs ou d’artistes. Ni eux, ni leurs enfants, qui seront également suspects. Dans la mesure où toutes les institutions publiques, peu importe qui les possède ou les fait fonctionner, seront agents du gouvernement et conformeront leurs activités aux exigences de la religion officielle, l’exercice de la médecine et du droit deviendra plus difficile pour les catholiques fidèles. Cela signifie déjà dans certains Etats que ceux qui ont des entreprises sont obligés de conformer leur activité à la religion officielle ou payer une amende, de même que les chrétiens et les juifs doivent payer une amende à cause de leur religion dans les pays gouvernés par la charia.
Celui qui lit le conte des deux Eglises, un observateur extérieur, pourrait noter que la loi civile américaine a beaucoup fait pour affaiblir et pour détruire l’unité de base de toute société humaine : la famille. Alors que s’affaiblissent les contraintes internes qu’enseigne toute saine vie familiale, l’Etat aura besoin d’imposer toujours plus de contraintes extérieures sur l’activité de chacun. L’observateur extérieur pourrait également noter qu’inévitablement, l’imposition par la religion officielle à tous les citoyens et même au monde entier de tout ce que ses adeptes désirent, engendre le ressentiment. L’observateur pourrait faire remarquer que le statut social joue un rôle important dans la détermination des principes de la religion d’Etat officielle. Le « mariage des couples de même sexe », pour prendre un exemple actuel, n’est pas une question qui intéresse les pauvres ni ceux qui sont en marge de la société.
Comment ce conte se finit-il ? Nous n’en savons rien. La situation actuelle est évidemment bien plus complexe que celle du scénario d’un conte, et il y a beaucoup d’acteurs et de personnages, y compris au sein de la classe dominante, qui ne veulent pas voir leur cher pays se transformer en fausse église. On aurait tort de perdre espoir, puisqu’il y a tant de gens bons et fidèles.
Les catholiques savent, avec la certitude de la foi, que lorsque le Christ reviendra dans la gloire pour juger les vivants et les morts, l’Eglise, qui sera reconnaissable d’une manière ou d’une autre dans sa forme catholique et apostolique, sera là pour l’accueillir. Il n’y a aucune garantie divine de cette sorte pour quelque pays, culture ou société de quelque époque que ce soit.
+ Cardinal Francis George, OMI.

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09 septembre, 2014

Prison ferme pour un homme qui a provoqué l’avortement de sa compagne

Vincent Ménard, 38 ans, habitant à Cambronne-lès-Clermont, vient de voir sa peine de quatre ans de prison dont un avec sursis confirmée par la cour d’appel d’Amiens pour avoir provoqué un avortement sur sa compagne sans le consentement de celle-ci.
L’« interruption de grossesse » sans le consentement de la femme est en pratique la seule forme d’avortement aujourd’hui poursuivie et condamnée en France, étant entendu que même les « IVG » pratiquées hors-délais dans des pays voisins où la procédure est légale n’entraînent pas de mise en examen.
L’homme espérait voir la peine prononcée en septembre 2013 par le tribunal correctionnel de Beauvais diminuée ; contrairement à ce qui s’était passé en première instance, il avait fait montre de remords devant les juges d’appel, affirmant regretter « profondément » son acte et se disant « conscient désormais qu’il ne lui appartenait pas de décider seul qu’il n’y aurait pas d’enfant », comme l’a expliqué son avocat, Me Jérôme Crépin. Cela n’aura pas suffi.
Les faits remontent à février 2012, lorsque Vincent Ménard apprend que sa concubine est enceinte de plus de trois mois et demi. Si sa « partenaire » est ravie, « toujours amoureuse », il n’est plus dans le même état d’esprit et il ne sait pas quoi faire. Les délais de l’« IVG » légale sont dépassés. « Marie » – le prénom a été changé – est de toute façon heureuse d’attendre l’enfant de son compagnon.
C’est alors que Ménard décide de foncer vers Barbès, à Paris. Il cherche – racontera-t-il à la barre du tribunal de Beauvais, en septembre 2013 – à se procurer des cachets pour se suicider. N’en trouve pas. (Il est vrai que dès avoir appris que son amie était enceinte, il avait viré les 115.000 euros du compte commun sur son compte en banque personnel, prompt à protéger ses intérêts financier, dira le procureur.) Vincent se rabat – explique-t-il encore – sur des pilules abortives : le Cytotec, vanté par les partisans de l’avortement pour un usage domestique dans les pays où l’avortement demeure illégal. Il en versera suffisamment dans le « smoothie » qu’il propose à son amie pour que celle-ci, six heures après avoir avalé la boisson, soit prise de crampes violentes. Elle subit une rapide dilatation du col et perd son bébé dans la foulée. Elle a beau hurler, terrifiée : Vincent est parti. Elle est abandonnée.
Inutile de dire que le couple a lui aussi éclaté.
Vincent Ménard a été condamné à verser 20.000 euros de dommages et intérêts à « Marie », et à quatre ans de prison dont un avec sursis : immédiatement incarcéré, il a rapidement fait appel et obtenu sa remise en liberté, dans l’espoir d’obtenir une réduction de peine lui permettant de bénéficier d’un aménagement qui lui permette de conserver son emploi.
Les juges d’appel n’ont pas voulu l’entendre et la condamnation a été confirmée.
On note cependant la profonde incohérence de la loi pénale qui refuse à l’homme ce qu’elle reconnaît d’office à la femme.
Vincent Ménard a invoqué, pour expliquer son geste, sa « peur de l’avenir », le fait qu’il « n’était pas prêt pour avoir un enfant », ses inquiétudes matérielles et financières, ses pensées suicidaires, le fait que son couple battait de l’aile : « Je ne pensais pas pouvoir assumer mon rôle de père. Je n’avais déjà pas le contrôle sur ma propre vie, alors m’occuper d’un enfant… »
« On lui a fait un enfant dans le dos », dira élégamment son avocat à l’audience. C’est un langage que l’on entend aussi de la part des femmes qui accusent leur partenaire de les avoir bernées de manière à ce qu’elles tombent enceinte – et qui avortent ensuite.
Sa condamnation souligne la profonde incohérence de la loi française qui admet précisément tous ces motifs lorsque c’est la femme qui « choisit » d’avorter : elle et elle seule les invoque. Sous le régime de la loi de « vraie égalité entre les femmes et les hommes », adoptée au creux de l’été en fin de session extraordinaire et symboliquement promulguée le 4 août, elle n’a même plus à les exprimer puisque tout ce qui restait, symboliquement, de la condition de détresse exigée pour la dépénalisation de l’« IVG » a été rayé du code de la santé publique en même temps qu’on en a effacé le mot.
Pour le père, rien de tel. Pas de parité ; pas d’égalité devant la loi. A l’heure du « gender mainstreaming » en vue d’obtenir la parfaite « égalité de genre », il n’a aucun droit sur l’enfant à naître – fût-ce celui de l’éliminer – tandis que la femme les a tous. Et pourtant elle peut lui réclamer des pensions alimentaires si l’enfant naît contre son gré.
Quant à l’enfant, il n’existe dans cette affaire qu’en tant qu’il était désiré par sa maman, on ne parle pas de sa mort à lui, uniquement de ce qu’a subi la femme du fait de l’avortement pratiqué sans son consentement.
On notera donc le caractère trompeur de la notion de « projet parental ». Les bioéthiciens expliquent volontiers, et c’est entré dans les lois et dans les mœurs, que l’enfant n’existe et ne mérite protection que dans la mesure où il y a sur lui un « projet parental » qui en quelque sorte l’humanise. Mais en réalité seul compte le « projet maternel ». Dans une culture de mort, le père est l’ennemi numéro un.

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