19 mars, 2014

Pour Jacques Testart, “le risque eugénique se précise”

Le biologiste Jacques Testart, qui a fait naître Amandine, premier « bébé-éprouvette » français, dénonce fermement la logique eugéniste de la procréation médicale dans un entretien à La Vie. Extraits par ici.

A retenir, à propos de la généralisation probable du diagnostic pré-implantatoire :
« On ne voit pas pourquoi on ne se proposerait pas le DPI à tous les parents, pour rechercher toutes les maladies possibles. Cette logique est imparable, on ne peut que l'accepter ou la rejeter en bloc. Seule la pénibilité actuelle de la FIV limite la médicalisation généralisée. »
Il parle carrément d'un « changement d'humanité »


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10 mars, 2014

“IVG” : un comité du Conseil de l'Europe contre l'objection de conscience

Le Comité des droits sociaux du Conseil de l'Europe a fait droit à la demande de la Fédération internationale du Planning familial en approuvant sa plainte contre l'Italie dénonçant le trop grand nombre de médecins objecteurs de conscience qui refusent de pratiquer des avortements. En moyenne, 70 % des médecins sont objecteurs, une proportion qui avoisine les 90 à 95 % dans certaines régions.

La plainte avait été déclarée recevable en 2012 (voir ici) par l'International Planned Parenthood Federation European Network (IPPFEN). Affilié au plus gros pourvoyeur mondial d'avortements, l'IPPFEN affirmait que les médecins italiens « abusent » de leur droit à l'objection de conscience, et qu'il fallait donc déclarer que la loi italienne « viole le droit à la santé (…) en protégeant insuffisamment le droit d'accéder aux procédures d'interruption de la grossesse ». En particulier, le réseau dénonçait l'absence de mesures pour garantir la présence d'un personnel non-objecteur dans tous les hôpitaux publics.

Cette absence, selon le Planning, viole le « droit à la vie, à la santé et à l'autodétermination des femmes cherchant à mettre fin à une grossesse ».

C'est par 13 voix contre 1 que le Comité des droits sociaux du COE a approuvé la plainte et s'engage désormais à vérifier que l'Italie prendra les « mesures nécessaires » pour appliquer pleinement la loi 194 légalisant l'avortement dans ce pays.

Hilary White de LifeSiteNews rapporte les propos d'une parlementaire ex-féministe et ancien secrétaire d'Etat à la Santé, Eugenia Roccella, soulignant que l'IPPF, « corps obscur », se saisit là une nouvelle fois du Conseil de l'Europe pour « attaquer » le droit souverain d'un Etat de s'occuper de ses propres affaires. Le COE, rappelle-t-elle, a adopté en 2010 une résolution très forte défendant et élargissant le droit à l'objection de conscience. A quoi s'ajoute le fait que le nombre des avortements continue de baisser en Italie ; selon Mme Roccella, chaque gynécologue non-objecteur enregistre en moyenne 1,7 demande par semaine.

Mgr Ignacio Barreiro, directeur du bureau de Rome de Human Life International, a souligné pour LifeSite que sans avoir de pouvoir de contrainte sur le gouvernement italien, le comité du Conseil de l'Europe contribue à augmenter la pression et à militer pour le soi-disant « droit » à l'avortement.


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09 mars, 2014

Madrid : des petits cercueils blancs pour l'“avortement zéro”

Des militants et des responsables du mouvement espagnol Derecho a vivir ont déposé des petits cercueils en carton blanc, samedi, devant le siège du Partido Popular, pour exiger l'adoption rapide de la loi promise par le Premier ministre Mariano Rajoy pendant sa campagne électorale. Rajoy dispose de la majorité absolue au parlement espagnol, lui ont rappelé les dizaines de manifestants, souligne HazteOir.

Rappelant que la loi actuelle a créé un véritable « permis de tuer », Ignacio Arsuaga, figure emblématique de cette association qui ne sera satisfait qu'une fois obtenu « l'avortement zéro » (Aborto cero), a mis le chef du gouvernement espagnol devant ses responsabilités à l'heure où la presse s'interroge sur la détermination du PP. Le projet de repénalisation du crime contre l'enfant à naître ne figurait pas, en effet, dans le discours de politique générale prononcé il y a quelques jours par Mariano Rajoy.

« N'attends pas les urnes européennes, fais la réforme ! » – « Rajoy, tous les jours, 308 enfants meurent » – « Chaque être humain a le droit de vivre. » – « Rajoy, toi tu es né, pourquoi pas moi ? » : voilà quelques-uns des slogans ornant les cercueils.

Car en Espagne, on ne craint pas de parler vrai, ni de dire que l'avortement tue.

L'événement était organisé pour marquer la Journée internationale de la femme, pour rappeler que ce qui est « vraiment progressiste, c'est de défendre le droit fondamental à la vie ». « Il est profondément rétrograde que nous autres femmes nous retrouvions abandonnées si souvent par la société et par les institutions dans une circonstance aussi difficile qu'une grossesse inattendue », a souligné une porte-parole du mouvement, Lorena Díaz.




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07 mars, 2014

Les millions de Warren Buffett pour l'avortement

Vendeur de journaux à 14 ans, Warren Buffett a toujours eu un sens aigu des affaires au point de se classer, en ce début de XXIe siècle et à 83 ans, parmi les quatre personnes les plus riches du monde. Sa fortune atteint les 60 milliards de dollars. Et à l'instar de son ami Bill Gates il est prêt à donner, beaucoup – pourvu qu'une partie de son argent serve à financer le « contrôle de la population ». En 2012, il était déjà le premier donateur américain individuel.
LifeSite cite un article de National Review selon lequel la fondation créée par l'investisseur de génie fait
transiter des millions de dollars vers des organisations pro-avortement, et aussi vers des fournisseurs d'avortement. En 2011, 115 millions de dollars sont venus au secours de groupes de promotion de l'avortement légal, et une belle part de la somme a doté des organisations qui financent l'avortement pour des femmes à bas revenus.

L'auteur de l'enquête, Betsy Woodruff, estime même que Buffett est l'un des représentants les plus généreux du mouvement pro-choix – mais ajoute qu'il lui a été malaisé de rassembler les preuves de cette assertion, vu que Buffett reste aussi discret que possible quant à son activité en faveur de l'avortement. La journaliste estime que non seulement le multi-milliardaire oriente volontiers ses dons vers les groupes pro-choix, mais qu'il préfère soutenir ceux qui fournissent activement des « ivg ».

A lui seul, selon Betsy Woodruff, Warren Buffet a financé à hauteur de 21 millions de dollars la National Abortion Federation Hotline Fund, une ligne téléphonique ouverte aux femmes qui désirent avorter mais n'en ont pas les moyens. Le budget opérationnel de ce fonds est de 26 millions de dollars…

Le Planning familial américain (Planned Parenthood) a bénéficié en 2011 de 40 millions de dollars de dollars de la part de Buffett, mais celui-ci a également pris soin de verser un million de dollars à l'Abortion Access Project (près du tiers de son budget annuel) dont l'objet est d'étendre l'avortement aux hôpitaux catholiques et aux communautés conservatrices où la pratique est interdite ou mal vue.

Voilà pour les Etats-Unis. Dans le reste du monde, Buffett choisit les pays pauvres où il  cherche à faire diminuer la natalité : pour y contribuer, voyez ce don de 16 millions de dollars à un groupe nommé DKT International, qui se vante sur son site d'avoir éliminé par avortement quelque 1, 2 million d'« enfants non désirés » en Inde, en Ethiopie, au Mozambique et ailleurs en 2013. D'autres dons profitent à la promotion de la pilule abortive RU 486 dans les pays en voie de développement.

Mais s'il donne beaucoup, il n'en parle jamais.

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06 mars, 2014

Royaume-Uni : Mme Warren pourra fabriquer un orphelin…

La Haute Cour de Londres a autorisé jeudi une Britannique à pouvoir utiliser la semence congelée de son époux décédé jusqu'à 2023, afin de lui laisser du temps pour concevoir un enfant. Elle a ainsi obtenu un délai supplémentaire de 8 ans alors que la date limite pour la destruction de la semence avait été précédemment fixée en 2015.

Son mari, moniteur de ski, avait fait congeler son sperme en 2005 et il était mort d'un cancer en 2012.

L'information complète est sur www.20min.ch.


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Veillée pour les chrétiens persécutés : le 10 avril à Paris



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Mgr Reig Pla : l'avortement, un holocauste silencieux

Mgr Juan Antonio Reig Pla
Toutes les commissions épiscopales – fussent-elles des sous-commissions – ne sont pas obligatoirement « beaucoup plus de morts que la Guerre civile : un holocauste silencieux ».
adeptes de la langue de buis, ainsi que vient de le démontrer le président d'une entre elles en Espagne, celle qui se charge des questions « Famille et Vie ». Il est vrai que son président, Mgr Juan Antonio Reig Pla, a depuis longtemps tenu sur l'avortement un langage parfaitement clair. A l'occasion de son appel à Journée mariale pour la famille et la vie organisée fin mars par son diocèse d'Alcala de Henares et ceux, voisins, de Madrid et Getafe, il a déclaré que l'avortement a causé en Espagne

Il commentait l'expression horrifiée du pape François apprenant que l'Espagne compte plus de 100.000 avortements par an.

« La liberté de la femme, en tant que dynamisme intelligent, est une liberté en vue du don et on ne doit pas la corrompre en affirmant de manière despotique le droit de choisir, le droit d'en finie avec l'enfant engendré », a-t-il déclaré, déplorant que la femme soit « dévaluée en la positionnant comme championne de la destruction de la vie ». Pas un centime du contribuable ne doit servir, jamais, « à détruire la vie humaine », a-t-il dit.

Le prélat a souligné qu'il fallait séparer la question du droit à la vie « du débat politique et des luttes partisanes » : non pas parce qu'il ne faudrait pas défendre la vie sur le plan politique, mais parce que la question, précisément, ne peut faire l'objet de débat. Il a rappelé qu'il s'agit d'un « droit pré-politique, antérieur à l'Etat », que toute législation doit garantir.

Voilà un langage qu'on n'entend plus guère, puisque même les plus convaincus des défenseurs de l'enfant à naître et de toute vie humaine innocente insistent souvent sur la nécessité de porter ces « débats » dans la sphère publique. S'il est vrai qu'il faut tout faire pour convaincre, persuader, arriver à attirer vers la vérité ceux qui se trompent, de mauvaise foi ou non, et avancer donc des arguments, objectivement le respect de la vie n'est pas sujet à débat car le débat suppose que des points de vue différents soient admissibles. Et donc que des compromissions puissent être envisageables.

Défendre la vie, c'est bien affirmer un interdit fondamental : « Tu ne tueras pas l'innocent. » Comme toutes les meilleures lois, elle est courte, lapidaire, et le principe qu'elle pose est d'une richesse qui lui permet d'éclairer les questions apparemment les plus complexes.

Faisant les comptes, Mgr Reig Pla a souligné que depuis la légalisation de l'« interruption volontaire de la grossesse » en Espagne, en 1985, deux millions d'enfants à naître ont été avortés.

Que faire ? Puisque le pape François demande que l'on sorte dans les rues, avec un regard de miséricorde, Mgr Reig Pla a expliqué que la Journée mariale visait à opérer une « révolution des consciences », pour que tous les participants prient pour la famille et pour le respect de « toute vie humaine depuis sa conception jusqu'à la mort naturelle ».

Il a également souhaité qu'en Espagne et dans tout l'Occident on sache promouvoir une culture de respect pour toute vie humaine ; dans son pays, il verrait bien la création d'un groupe pro-vie dans chaque paroisse afin d'offrir aux femmes enceintes une « aide qui ne les juge pas ».

Source : InfoCatolica.

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“Jessica”, homme transgenre – et agresseur sexuel

« Jessica »
Christopher Hambrook, 37 ans, est biologiquement un homme. Mais voilà quelque temps qu'il se présente comme transgenre. Et comme on ne doit pas faire de discrimination à l'encontre des transgenre – ce sont les droits LGBT – dans un pays aussi évolué que le Canada, il a pu en profiter pour obtenir la possibilité de s'introduire dans un abri pour femmes de Toronto. Bilan : plusieurs agressions sexuelles en 2012.

C'était l'année où le gouvernement de l'Ontario venait de passer sa loi sur l'identité de genre. Les opposants à la loi l'avaient qualifiée de « loi toilettes » (Bathroom bill) en expliquant qu'elle conduirait à permettre aux hommes s'identifiant avec le sexe féminin à utiliser les toilettes et autres lieux réservés aux femmes à des fins d'agression.

Le cas Hambrook est venu confirmer cette interprétation et s'est achevé, la semaine dernière, avec la
décision d'un juge de Toronto, de le faire incarcérer de manière « indéfinie » au motif qu'il s'agit d'un « délinquant dangereux ».

En tant que « Jessica », il avait agressé une femme endormie en lui arrachant ses vêtements et s'en était pris à plusieurs reprises à une femme sourde, la contraignant à le toucher, l'épiant alors qu'elle prenait sa douche.

Des agressions sans viols en l'occurrence, mais Hambrook n'est pas un perdreau de l'année. Avant de s'installer à Toronto en 2009 comme « Jessica », il vivait au Québec où il était stripteaser et escort… man. En 2002, il était condamné à quatre ans de prison pour avoir agressé sexuellement une fillette de cinq ans. Libéré sous caution, il avait alors violé une femme de 27 ans souffrant d'un handicap mental.

Le procureur (ou son équivalent devant la justice canadienne) a facilement pu faire valoir que Hambrook représentait une menace importante et qu'une condamnation indéfinie était seule en mesure d'assurer la protection du public. Le juge McMahon a retenu cette peine en se disant « sûr qu'il n'y a pas d'espoir raisonnable qu'une mesure moins sévère soit de nature à protéger efficacement le public face à Christopher Hambrook ».

La condamnation de ce prédateur a permis à divers responsables de mouvements pro-famille et pro-vie canadiens à demander le retrait immédiat de la « Bathroom Bill ». « On n'a pas besoin d'être neurochirurgien pour comprendre que le fait de permettre aux hommes d'accéder aux toilettes et à d'autres lieux privés allait fatalement aboutir à des agressions », a déclaré Jack Fonseca de Campaign Life Coalition à LifeSiteNews, d'où je tire cette histoire exemplaire.

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27 février, 2014

Dîner-débat avec Jeanne Smits à Paris le jeudi 6 mars

Le Forum de la France chrétienne vous invite à un dîner-débat avec

Jeanne Smits

Journaliste, directrice du journal Présent
Vice présidente de l’AGRIF

“Le combat pour la Vie, contre l’avortement et l’euthanasie”


Dîner-débat au Foyer de la Madeleine
Place de la Madeleine, Paris 8e.


Inscription : tél au 06.20.35.55.48, ou envoyer un chèque de 30 euros par personne, lundi matin 3 mars dernier délai, à l'ordre de : APHEC, Banque Postale, Paris 11 000 74 N,
APHEC, 5 rue Robert Desnos, 78210 Saint-Cyr.

• On peut télécharger le bulletin d’inscription sur france.chretienne.free.fr.

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26 février, 2014

Le cardinal Müller redit l'impossibilité pour les divorcés remariés de communier

A-t-on vraiment parlé, à 80 voire 90 % du temps pendant le consistoire sur la famille à Rome – comme l'a raconté le cardinal Barbarin – de la question des divorcés remariés ? Yves Daoudal fait là-dessus les commentaires qui s'imposent. Et le nouveau cardinal Gerhard Müller, déjà auteur d'un texte fort sur le sujet, a de nouveau mis les points sur les i dans une interview publiée mardi par La Stampa, citée par LifeSite, alors même que la préférence visible semblait avoir été donnée samedi au discours bien plus ambigu du cardinal Kasper, qui a occupé la majeure partie de la matinée.

Le préfet de la Congrégation pour la Doctrine de la foi, a souligné de nouveau que permettre à des catholiques mariés, divorcés et remariés civilement de s'approcher de la communion porterait gravement atteinte à l'institution du mariage elle-même. « Le dogme de l'Eglise n'est pas n'importe quelle théorie fabriquée par quelques théologiens, il s'agit de la doctrine de l'Eglise, rien de moins que la parole de Jésus-Christ, qui est très claire. Je ne peux pas changer la doctrine de l'Eglise », a déclaré le cardinal Müller.

Dans le même entretien, il a dénoncé « une idéologie qui s'étend contre la famille, et contre le mariage ».

Il serait donc plus urgent, si l'on comprend bien, de combattre cette idéologie et de préserver l'enseignement de l'Eglise à ce sujet d'attaques qui sont tellement à la mode, que de les faciliter par des affirmations édulcorées…

On sait que les pressions actuelles s'appuient sur l'existence de difficultés personnelles rencontrées par des divorcés remariés qui, bien que se trouvant en situation « irrégulière », aimeraient pourtant continuer de pratiquer leur foi.

A quoi le cardinal répond : « Il existe évidemment et il a toujours existé des difficultés individuelles et personnelles dans le mariage, mais ici la question est celle du mariage en tant qu'institution divine. (…) Nous ne voulons pas seulement défendre le mariage et la famille, nous voulons aussi soutenir le développement de la famille dans notre société. Jésus-Christ a clairement institué le mariage en tant que sacrement, avec les éléments de l'indissolubilité et de la bipolarité des deux sexes. »

Le cardinal Kasper, lui, avait déclaré qu'il fallait faire et que l'on fera des changements dans la « pratique pastorale » de l'Eglise pour permettre aux catholiques « remariés » de s'approcher de la communion après avoir observé une « période pénitentielle » mais sans quitter leur nouvel état.

Enième démenti-rectification de ce pontificat, rappelle Hilary White de LifeSite, le porte-parole du Vatican et chef de la Salle de presse, le P. Federico Lombardi, a fait savoir que le discours du cardinal Kasper, « qui a traité du thème en profondeur et de manière structurée et nuancée », ne sera pas publié et ne se veut pas une « anticipation » sur le prochain synode sur la famille.

Le cardinal Müller, pour sa part, n'a pas hésité à remettre en cause les poussées en ce sens de la Conférence des évêques allemands qui l'avaient ouvertement défié en novembre en indiquant que quoi qu'il dise, elle allait assouplir la pratique.

Le cardinal a rappelé à la Stampa que les « dimensions légale et pastorale » de la question ne s'opposent pas : « Le ministère ne peut avoir une conception différente de celle de la doctrine, la doctrine et le soin pastoral sont la même chose. Jésus-Christ en tant que pasteur et enseignant et Jésus-Christ en tant que parole ne sont pas des personnes différentes. Non, la doctrine de l'Eglise est très claire. Nous devons rechercher des manières pour développer le soin pastoral en faveur du mariage, mais pas seulement pour les divorcés-remariés, mais pour ceux qui vivent dans le mariage. Nous ne pouvons pas toujours nous focaliser sur cette seule question de savoir s'ils peuvent communier ou non. Les problèmes et les blessures résident dans le divorce, les enfants qui ne peuvent plus avoir leurs parents et qui sont contraints de vivre avec d'autres qui ne sont pas leurs parents : voilà les problèmes. »

Oui, il est « lamentable » que de nombreux catholiques ne connaissent pas l'enseignement de la Bible et de l'Eglise sur cette question, mais ce n'est pas une raison pour le changer, a-t-il ajouté : « Nous ne pouvons pas amoindrir la révélation et la parole de Jésus-Christ parce que tant de catholiques ne connaissent pas la réalité. » « Nombreux sont ceux qui ne participent pas à la messe dominicale parce qu'ils ne connaissent pas sa valeur pour leurs vies. Nous ne pouvons pas dire, par voie de conséquence, que la messe est moins importante ! Ce serait un paradoxe si l'Eglise disait, parce que tous ne connaissent pas la vérité, que la vérité n'est pas obligatoire pour l'avenir. »

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24 février, 2014

L'étrange “suicide assisté” d'une femme triste de vieillir

Oriella Cazzanello avait 85 ans, elle était riche, et elle avait été fort belle. Si belle, si attachée à son style de vie très libre – rapporte ce site suisse – qu'elle avait choisi de ne pas avoir d'enfant. Elle supportait mal de vieillir. Elle s'offrait volontiers, à l'occasion, une escapade dans un spa et ses proches ne se sont pas inquiétés lorsque, fin janvier, ils n'arrivaient pas à la joindre. Mais l'absence s'est prolongée et ils ont fini par avertir la police de la disparition de leur parente.

C'est mardi dernier que le notaire de la famille de la vieille dame a reçu, par la poste, l'urne contenant les cendres d'Oriella Cazzanello et un certificat de décès établi en Suisse. Et une lettre, émanant de la « clinique » Dignitas de Bâle où elle avait bénéficié du « suicide assisté ». La lettre expliquait que Mme Cazzanello, « en pleine possession de ses facultés mentales » aux termes d'une visite auprès d'un spécialiste effectuée auprès d'un spécialiste avant de demander le geste fatal, avait choisi de mourir parce qu'elle ne supportait ni la solitude, ni la perte de sa beauté physique.

Le « suicide assisté » avait été facturé 10 000 euros.

Histoire particulièrement macabre et désespérante, signe d'une perte du sens de la vie ?

C'est possible. Mais pour Dignitas, malgré tout, l'affaire est gênante puisque les motifs indiqués suggèrent que la mort y est « vendue » de manière bien légère, à l'heure où le discours officiel sur l'euthanasie voudrait y voir seulement une « solution » ultime quand rien d'autre ne peut plus soulager la personne qui la demande. Même si la loi Suisse permet à une personne dépressive de bénéficier du suicide assisté à condition d'avoir fait constater son état par deux experts. Il « n'est pas habituel », souligne l'autre association de suicide assisté suisse, Exit Suisse, que de tels certificats soient délivrés.

Exit Italia, de son côté, met en doute les motifs du suicide assisté avancés par la presse italienne : pour le Dr Emilio Coveri, son coordinateur, les médias italiens sont tous « asservis par le Vatican », prompts à « discréditer les associations offrant l'euthanasie ». « Mme Cazzanello, je la connaissais. Elle était dans un très mauvais état de santé, elle avait subi diverses opérations. Sa dépression était la conséquence de tous ces maux physiques. »

Mais en fait, l'histoire semble plus compliquée que cela. Si Dignitas – selon l'article cité plus haut – n'a pas voulu s'exprimer sur le cas de la vieille dame, il semblerait qu'une autre association ait été mêlée à l'affaire : Life Circle dans le canton de Bâle. La même association qui avait facilité le suicide assisté d'un magistrat italien, Pietro d'Amico, 62 ans, en certifiant qu'il souffrait d'une pathologie grave. L'autopsie réalisée à la demande de sa famille avait permis d'établir qu'il n'en était rien…

Mme Cazzanello, habitant à Arzignano, se serait donc approchée de Life Circle qui aujourd'hui, assure qu'en effet la vieille dame avait fait le choix de s'adresser à cette association avec un dossier attestant que son état était « particulièrement grave ».

Vrai ? Faux ? La famille d'Oriella Cazzanello, pour sa part, n'en croit rien. Elle a intenté une action en justice. « Parce qu'Oriella allait bien », assure son avocat, Claudia Longhi. « Elle était mélancolique, ça oui. Elle ne supportait pas de vieillir, surtout parce que jeune, elle était très belle. C'était une dame un peu spéciale, qui par choix avait décidé de ne pas avoir d'enfant et d'avoir des relations assez libres. Une personne très riche, habituée à être au centre des regards. Mais sa santé était bonne. J'ai moi-même parlé avec son médecin. Elle n'avait aucune maladie grave, ce que raconte M. Coveri est tout à fait faux. »

Seule, elle ne l'était pas non plus puisqu'elle habitait le même immeuble que son frère et des neveux : une quinzaine de proches au total, assure l'avocat.

Mais surgit un autre personnage. Celui qu'on a recherché en pensant que Mme Cazzanello avait été conseillée dans son choix d'euthanasie. Qui l'avait aidée à s'approcher d'Exit Italia. A organiser le voyage peut-être, voire qui l'avait conduite à Bâle. Claudia Longhi assure qu'un « cher ami » de Mme Casanelli a pu jouer ce rôle, que c'est lui qui a pris contact avec Exit Italia. « Selon ce qui est en train d'émerger lentement, il pourrait recevoir un bel héritage. Le conditionnel est de rigueur, mais l'affaire est tout sauf limpide », assure-t-elle.

Une enquête a été ouverte par le parquet d'Arzignano.

Et on se dit que si les médias italiens étaient vraiment « aux ordres du Vatican » pour discréditer les organismes d'aide à l'euthanasie et au suicide assisté, ils seraient passés dans cette affaire à côté d'accusations bien plus graves que celles qui ont fait la une des journaux la semaine dernière. Aujourd'hui, les journaux locaux d'Arzignano en sont d'ailleurs à expliquer que le fameux « cher ami » est recherché dans le cadre de l'enquête et que des bijoux ont disparu du domicile de la… victime.

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20 février, 2014

Blog un peu endormi…

Comme moi.

J'espère revenir plus régulièrement vers vous dans les jours qui viennent ! Abonnez-vous à ce blog, comme cela vous ne manquerez pas les messages…


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L’ONU contre le Saint-Siège

Lu pour vous : le rapport qui demande à l’Église de modifier sa doctrine
 

Difficile à trouver. Mais en cherchant bien, on peut le lire en ligne : le projet de rapport brut dont la version définitive a été publiée mercredi de la semaine dernière par les « experts indépendants » du Comité onusien pour les droits de l’enfant et ses injonctions à l’Eglise catholique romaine. Elles vont bien au-delà de celles que j’évoquais dans notre numéro d’avant-hier, citées d’après des sources anglophones ou hispanophones. Elles sont proprement hallucinantes.

Enfin… pas tant que ça. Elles entrent parfaitement dans le cadre d’une guerre mondiale contre la loi naturelle dont l’Eglise est la meilleure garante, guerre où le très marginal lobby LGBT joue un rôle de premier plan. Et elles ne sont pas à prendre à la légère : lorsqu’un évêque espagnol les qualifie d’inquisition laïque, il souligne, en utilisant l’image que l’on a aujourd’hui de cette institution d’Eglise, à la fois la puissance et le « dogmatisme » de ce qu’il faut bien appeler la religion des temps modernes. A moins que, dans son nihilisme, il ne s’agisse du nihilisme des derniers temps…

Et ainsi se dresse, contre la foi et la religion universelles, fondées sur la vérité, la singerie d’universalité de la religion laïque qui est une athéocratie.

Le Comité pour les droits de l’enfant veille à la mise en œuvre et au respect de la Convention des droits de l’enfant, sur lesquels le Saint-Siège a soumis ses propres observations – avec un énorme retard – à la suite d’une première évaluation réalisée il y a quatorze ans. Le Saint-Siège – et avec lui l’ensemble du monde catholique, souligne le rapport du Comité – n’a pas satisfait aux exigences présentées alors. Surtout, le rapport estime que le Saint-Siège, et avec lui l’Eglise, devrait enfin, en retirant ses réserves à cet égard, considérer la Convention des droits de l’enfant comme ayant préséance sur son droit interne. « Le Comité recommande au Saint-Siège d’entreprendre une révision complète de son cadre normatif, en particulier le droit canonique, en vue d’assurer sa pleine adéquation avec la Convention » : il s’agit clairement de faire primer la loi civile sur la loi morale et religieuse.

Passons sur la proposition d’installer partout des autorités et des mécanismes permettant de mettre en œuvre et de vérifier cette adéquation, aussi bien pour les conseils pontificaux, les conférences épiscopales, les institutions religieuses que les individus. Avec les moyens, s’il vous plaît : « humains, financiers et techniques ».


L’Eglise, concède le rapport, fait beaucoup pour les enfants. Mais il serait grand temps qu’elle le fasse en partant d’une « approche basée sur les droits des enfants » et qu’elle ait un système permettant la traçabilité des dépenses qu’elle fait pour eux, et (sic) l’évaluation du budget nécessaire pour assurer les droits des enfants vivant dans l’Etat du Vatican…

Il va falloir que l’Eglise mette en place des programmes de conscientisation sur les droits des enfants dans ses programmes éducatifs et scolaires, mais aussi pour tous ses enseignants et responsables d’institutions religieuses. Et puis pour tout le clergé, et dans tous les séminaires.

Il va falloir que l’Eglise, et le droit canonique, fassent disparaître les termes stigmatisants : « enfants illégitimes » (canon 1 139 par exemple). « Tout en prenant note de la déclaration de progrès faite en juillet 2013 par le pape François, le Comité est préoccupé par les déclarations passées du Saint-Siège sur l’homosexualité qui contribuent à la stigmatisation sociale et à la violence à l’encontre des adolescents lesbiens, gay, bisexuels et transgenres et des enfants élevés par des couples de même sexe. »

Nul ne s’étonnera de ce que cela soit avancé au nom de la non-discrimination : il ne faut pas discriminer à l’encontre des enfants nés hors mariage en les qualifiant d’« illégitimes » ; il va falloir que l’Eglise mette en jeu « toute son autorité morale » pour condamner toute forme de discrimination, de violence ou de harcèlement à l’encontre des enfants « à raison de leur orientation sexuelle ou de celle de leurs parents ».

Et il ne s’agit pas de ne pas leur faire du tort ! Dans ce concept de la non-discrimination, ce n’est pas la protection de la dignité humaine de chacun qui est au premier plan, mais le refus de tout discours moral. La dictature du relativisme le veut : il faut qualifier d’insupportable l’enseignement selon lequel l’activité homosexuelle est un péché…

« En se référant à ses préoccupations déjà exprimées sur la discrimination à raison du genre, le Comité regrette que le Saint-Siège continue de mettre l’accent sur la promotion de la complémentarité et de l’égalité de dignité, deux concepts qui diffèrent de l’égalité en droit et en pratique visée par l’article 2 de la Convention et qui sont souvent utilisés pour justifier des politiques et des législations discriminatoires. » A l’heure de la théorie du genre « qui n’existe pas », le Comité regrette d’ailleurs bien que « le Saint-Siège n’ait pas pu produire des informations précises quant aux mesures prises pour promouvoir l’égalité entre filles et garçons et pour ôter les stéréotypes de genre des manuels des écoles catholiques ».

La Vierge Marie voilée, saint Joseph qui la protège et travaille pour faire vivre le foyer de Nazareth ? Quel scandale ! Encore un peu – il suffira de « mettre en œuvre » une Convention concernant les adultes – et l’Eglise sera sommée d’ordonner les femmes. D’en faire des évêques ou des porteuses de cercueils…

Il va falloir aussi que l’Eglise se mette à respecter le droit des enfants à la liberté d’expression. Les familles catholiques aussi, tiens ; un peu de démocratie à la table familiale fait des merveilles pour promouvoir l’égalité ! Et dans les écoles ? Que les enfants aient droit de participer à la planification des programmes scolaires…

Les enfants de prêtres sont aussi à protéger. Pour qu’ils puissent connaître leurs pères, être élevés par eux. (A l’heure du « mariage » gay et de la procréation médicalement assistée, on croit rêver…)

L’ Eglise est encore sommée d’aider à éviter l’abandon d’enfants en « procurant la planification familiale, la santé reproductive, des conseils adéquats et du soutien social afin d’éviter les grossesses non désirées », et d’en finir avec les « boîtes à bébés » où les mères peuvent laisser le bébé qu’elles ne se sentent pas en mesure d’élever.

Des recommandations interminables

Il va falloir (mais oui, la liste est vraiment très longue) que l’Eglise en finisse avec les punitions corporelles, avec ses « raclées rituelles » qui sont à bannir aussi bien dans les institutions de l’Eglise que dans les foyers. Le droit canonique devra être modifié afin de permettre la punition des contrevenants. L’enseignement, lui, prendra soin d’« interpréter l’Ecriture sainte » en ce sens…

« Le Comité s’inquiète de la position du Saint-Siège selon laquelle les autorités civiles ne doivent intervenir dans le cadre familial qu’au seul cas où des abus avérés ont été commis, afin de ne pas porter atteinte aux devoirs et aux droits des parents. Une telle position porte gravement atteinte aux efforts entrepris pour prévenir les abus et les manquements à l’égard des enfants. Le Comité s’inquiète aussi de ce que le Saint-Siège, en dépit de son influence considérable sur les familles catholiques, n’ait pas encore adopté une stratégie d’ensemble afin de prévenir les abus et les manquements au sein du foyer. »

Naturellement, il va falloir que les enfants disposent au sein de l’Eglise de mécanismes pour se plaindre de ce type d’abus…

Passons encore sur les paragraphes concernant les « prêtres pédophiles », pour retenir cette autre injonction : le droit canon devrait « reconnaître la diversité des cadres familiaux ». Et l’Eglise devrait s’efforcer de réunir les enfants placés dans des institutions catholiques avec leurs parents.

Pour les jeunes filles, il faudra encore fixer, pour protéger leur santé et leur bien-être, les cas où l’avortement sera permis, l’urgence étant d’amender le canon 1398. Mais aussi de faire tomber « les tabous sur la sexualité adolescente », de promouvoir « le planning familial et la contraception », et l’éducation sexuelle obligatoire pour les adolescents, filles et garçons, afin d’éviter les grossesses précoces et les maladies sexuellement transmissibles : ce sera l’« éducation à la santé reproductive ».

Cette véritable charte de l’anti-catholicisme n’a sans doute pas de pouvoir contraignant immédiat. Mais elle est dans l’air du temps, et elle inspirera les travaux et les règles des institutions internationales tout en justifiant toute coercition en ce sens au sein des Etats à l’encontre de l’Eglise.

Le cadre d’une nouvelle persécution…


Article extrait du n° 8043 de Présent, du Vendredi 14 février 2014.

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15 février, 2014

Vincent Lambert a-t-il le droit de vivre ? Des experts en neurologie sollicités par le Conseil d'Etat

Eric Kariger, le médecin qui a par deux fois décidé
que Vincent Lambert « n'aurait pas voulu vivre ».
Il est « désavoué » par la décision du Conseil d'Etat,
note Jérôme Triomphe, avocat des parents du jeune homme.
Car les juges veulent en savoir plus sur l'état réel de
Vincent Lambert avant de prendre une décision
de vie ou de mort à son égard.
17 juges du Conseil d'Etat – son vice-président et les présidents de section – ont décidé aujourd'hui de remettre à plus tard, en tout cas avant l'été, leur décision dans l'affaire Vincent Lambert. Ils ont décidé de demander un rapport d'experts à trois neurologues d'une part, trois spécialistes qui vont devoir déterminer si l'état de Vincent Lambert peut s'améliorer, et s'il est possible d'interpréter certains de ses gestes comme des « refus de vivre », et d'autre part Jean Leonetti, auteur de la loi sur la fin de vie qui est au cœur de ce débat.

Rien n'est donc joué mais un point est déjà acquis : la possibilité de l'utilisation de la loi Leonetti en vue de faire mourir une personne diminuée, mais en bonne santé. L'euthanasie justifiée par l'absence de qualité de vie

Voici  ce que j'en écrivais dans Présent ce matin, avant de connaître la décision du Conseil d'Etat rendue publique à 16 h cet après-midi.

L’affaire Vincent Lambert, un révélateur

A l’heure d’écrire ces lignes la décision du Conseil d’Etat, réuni en formation plénière à propos de la vie ou de la mort de Vincent Lambert, n’était pas encore connue. Mais quelle qu’elle soit, l’affaire aura révélé ce qu’à Présent nous disions depuis 2005 : la loi Leonetti sur la fin de vie est déjà une loi d’euthanasie.

Vincent Lambert a 38 ans. Il a été victime d’un accident de la route, il y a cinq ans, qui l’a laissé très gravement handicapé et, après une période en coma artificiel et en « état végétatif », il se trouve dans un état de « conscience minimale plus » qui lui permet de percevoir le monde qui l’entoure et d’éprouver des sensations ; son néocortex – « siège de la conscience » comme ils disent – étant particulièrement préservé.

Il est par ailleurs en bonne santé.

Comme quelque 1 700 patients traumatisés crâniens dans son état en France, il est tout sauf « en fin de vie ». Mais son épouse s’est rangée à l’avis du médecin du CHU de Reims qui a décidé que, étant « suspecté un refus de vivre » du fait du refus de soins (toilette, rasage) constatés à la fin de 2012, il fallait suivre la « volonté » de Vincent Lambert et le « laisser mourir » en lui supprimant l’alimentation et l’hydratation qui lui sont actuellement administrées directement dans l’estomac.

Au terme d’un long feuilleton devant les juridictions administratives – une première décision d’urgence lui avait sauvé la vie en mai dernier alors qu’il avait été privé de nourriture depuis 31 jours ! – on arrive à une croisée des chemins, celui du respect pur et simple de la vie étant définitivement barré.

Jeudi matin, un rapporteur public s’est en effet exprimé pour donner le point de vue du gouvernement devant les dix-sept présidents de section du Conseil d’Etat réunis pour donner leur avis sur cette affaire « exceptionnelle et dramatique », comme il l’a dit.

Rémi Keller a un à un rejeté les arguments contestant l’interprétation de la loi Leonetti dans le sens de l’euthanasie, c’est-à-dire de la possibilité offerte à un médecin, après avoir consulté un autre médecin et les proches d’un patient, de décider de provoquer la mort d’un patient qui n’est pas en fin de vie en le privant d’eau et de nourriture.

Il l’a fait en invoquant le droit des pays européens ou américains qui ont pris ces dernières années des décisions similaires – c’est dire l’importance de la dimension internationale des progrès de la culture de mort, et du combat qu’il faut lui livrer à ce niveau.

Il l’a fait en estimant que nourrir et hydrater un patient par sonde gastrique au motif que les « fonctions vitales de la mastication et de la déglutition » sont atteintes constitue un « traitement médical » et non un soin, et qu’on peut à ce titre le suspendre ou le refuser dès lors que l’un ou l’autre des critères de la loi Leonetti est rempli. Ce traitement doit être « inutile » : pour Vincent Lambert, Rémi Keller reconnaît qu’il est « inopérant ». Ou il doit être « disproportionné » : comme, dans le cas de Vincent Lambert, il ne s’agit pas d’une technique lourde ou qui entraîne des « souffrances » : on ne le retiendra pas non plus.

Reste « l’obstination déraisonnable » qui se juge d’après le maintien en « survie artificielle ». Sur ce point, Rémi Keller se fait prudent, se référant, comme fréquemment au cours de sa longue intervention, aux travaux préparatoires à la loi Leonetti et au rapport d’évaluation signé par le même Jean Leonetti en 2008. Tout va tourner autour d’un seul point : l’état de Vincent Lambert peut-il s’améliorer ? Si oui, l’obstination n’est pas déraisonnable et il faut le laisser vivre. Si non, le retrait de nourriture en vue de le faire mourir entre bien dans le cadre de la loi.

Et à cette fin, le rapporteur public a suggéré qu’on soumette Vincent Lambert à de nouvelles expertises à faire en moins de six semaines, et que Leonetti (qui a fait savoir partout que sa loi s’applique selon lui aux « pauci-relationnels » comme lui) soit aussi consulté.

Trois solutions étaient donc possibles lors de l’annonce publique du résultat de l’affaire vendredi à 16 heures. Les juges pouvaient choisir de ne pas suivre Rémi Keller et voter pour la vie de Vincent Lambert, en décidant que nul ne peut connaître sa volonté aujourd’hui, mais cela laisserait ouverte la possibilité de mise à mort dans le cadre de directives anticipées. Ou bien ils pouvaient demander une expertise, instaurant – comme l’a plaidé le conseil des parents de Vincent Lambert, Me Claire Le Bret-Desaché – un jugement sur la qualité et la valeur d’une vie humaine. Ou enfin décider de la mise en œuvre immédiate du « protocole de fin de vie ».

Dans tous les cas, sur le plan médiatique, politique et probablement judiciaire, c’est l’interprétation euthanasique de la loi Leonetti qui est justifiée en plein jour.


Article extrait du n° 8044 de Présent, du Samedi 15 février 2014  



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Conférence de Jeanne Smits à Rennes le samedi 15 février à 17 h



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12 février, 2014

La presse féminine découvre la beauté de l'accueil de la vie

Guère le temps de blogguer ce soir… Je vous propose donc rapidement de découvrir ce beau témoignage sur l'accueil d'un bébé atteint de trisomie 18 dont les parents ont respecté la vie et qu'ils ont aimé magnifiquement pendant sa courte vie.

L'histoire a été racontée sur aufeminin.com avec des trémolos et beaucoup d'admiration.

Alors qu'en France l'immense majorité des trisomiques sont avortés.

Mais la culture de vie est plus belle que la culture de mort.


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10 février, 2014

Pays-Bas : 42 euthanasies sur des malades psychiatriques en 2013

42 personnes souffrant de maladies psychiatriques ont été euthanasiées l'an dernier aux Pays-Bas, selon un chiffre officiel révélé aujourd'hui par le ministre de la Santé néerlandais, Edith Schippers, en réponse à une question écrite du parlementaire travailliste Khadija Arib.

Sur les 42 signalements d'euthanasie en cause, 31 ont déjà été passés au crible par les commissions régionales d'évaluation de l'euthanasie : ils ont tous été jugés conformes aux critères de la loi.

C'est un chiffre en très nette augmentation puisqu'en 2011, 13 patients psychiatriques ont été euthanasiées, en en 2012, 14. Si le chiffre a ainsi triplé d'une année sur l'autre, c'est sans doute, selon le ministre, que les médecins sont davantage disposés à pratiquer l'euthanasie dans ce contexte d'absence de maladie mais de souffrances jugées « insurmontables ». Elle ajoute penser que l'approbation des 27 cas signalés en 2011 et 2012 par les commissions d'évaluation est connue des médecins ce qui a permis à leurs opinions à propos des normes légales à propos de l'euthanasie ont pu évoluer.

Le site medischcontact (où figure le lien vers la réponse complète) souligne que le ministre estime « logique » le développement des capacités des médecins à déterminer, de mieux en mieux, à quel moment un patient psychiatrique souffre de manière suffisamment insupportable et sans perspectives pour répondre aux critères de la loi.

La question de l'élue portait sur l'un de ces 42 cas où l'on avait consulté un troisième, puis un quatrième médecin SCEN (spécialisé dans l'évaluation préalable des critères justifiant l'euthanasie) avant de mettre à mort un malade psychiatrique de Maastricht. Les trois premiers avaient donné un avis négatif.

Mme Schippers a dénoncé cette pratique, assurant que la consultation d'un deuxième, voire d'un troisième médecin SCEN ne se justifie qu'en cas de désaccord entre le praticien de famille et le premier spécialiste consulté.

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07 février, 2014

Manifestons contre les Femen ! Date et heure




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05 février, 2014

Manifestation de ce samedi contre les Femen : bras de fer avec la Préfecture

L'Agrif est actuellement en négociations avec la préfecture de police de Paris concernant la manifestation de samedi après-midi. Après le refus de manifester place Vendôme et place de l'Opéra, c'est désormais la place des Invalides (angle de l'Assemblée nationale) qui est sur la sellette.

Faudra-t-il aller manifester devant le Lavoir Moderne, au 35 rue Léon dans le 18e arrondissement de Paris, au local des Femen, comme l'écrit le Salon beige ?

Les renseignements seront donnés dès que possible. La page Facebook est ici ; pour l'AGRIF, c'est par .

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Aimez-vous “Présent” ? Un appel à l'aide !

C’est le moment de nous aider. La presse, toute la presse va mal, et spécialement les quotidiens, à l’ère de l’abandon de la lecture et de la consommation immédiate et éphémère d’informations sur internet.

Pour Présent, les handicaps sont encore plus lourds.

Les annonceurs ne se bousculent pas à nos portes pour nous apporter une manne publicitaire. Cela préserve notre indépendance, certes, mais un peu, ce ne serait pas de refus…

Nous n’avons pas les moyens de faire de coûteuses campagnes publicitaires. Nos journalistes, nos éditorialistes ne sont pas invités dans les gros médias.

Vous, chers lecteurs de ce blog, faites déjà, bien souvent, de lourds sacrifices pour scolariser convenablement les enfants, soutenir tel prieuré, telle chapelle, tel monastère, tel institut religieux. Vous vivez à contre-courant et vous en payez le prix.

Nous sommes enfin dans un contexte où aucun grand parti politique ne propose un programme qui concilie le « nationalisme à la française » avec la nouvelle donne mondiale d’une plongée vertigineuse et globale vers la dictature, la tyrannie de la culture de mort qui rejette Dieu et la loi naturelle non par ignorance, mais par défi.

C’est une guerre sans précédent contre les nations, les peuples, mais aussi et surtout contre la vie, la famille, les âmes.

Une guerre où chacun se doit d’être soldat.

Les uns sont soldats à genoux, les autres soldats engagés sur les champs de bataille dont le visage a tant changé depuis ceux d’il y a cent ans : hôpitaux, écoles, mairies, assemblées politiques… Partout où la civilisation chrétienne est frontalement attaquée avec une puissance qui se calcule en milliards d’euros.

« N’ayez pas peur », disait pourtant Jean-Paul II. Et il ajoutait : « N’ayez pas peur d’accueillir le Christ et d’accepter son pouvoir ! » Accepter le pouvoir du Christ, c’est la réponse aux malheurs de tous les temps, mais ne pas avoir peur, c’est la grâce qui est proprement réservée aux nôtres.

Et s’il nous la faut, c’est bien parce que ce qui nous manque le plus, c’est le courage. Courage d’être cohérents. De laisser régner le Christ en toute chose. Courage aussi d’être les soldats de sa Vérité.

Présent a été fondé pour participer à ce combat, dans la cité. Mal ? Imparfaitement ? Bien sûr. Mais enfin c’est notre tâche : tenter d’offrir un juste regard sur le monde qui nous entoure, et soutenir tout ce qui se fait de bien.

Aidez-nous à le faire encore longtemps. Car aujourd’hui nous avons peur… eh oui ! peur de disparaître, faute de moyens. Aidez-nous à trouver 500 abonnés « à temps complet », après nous avoir si magnifiquement aidés, cet été, à trouver près de 500 abonnés « prospectés » à demi-tarif. Cela suffira. Mais il le faut.


Article extrait du n° 8034 de Présent, du Samedi 1er février 2014.

Pour s'abonner, c'est par ici : je m'abonne.

Pour obtenir un tarif parrainé, écrivez-moi via les commentaires de ce blog, ou téléphonez au 01 42 97 51 30.


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Un couple néerlandais choisit la mort “ensemble”

David et Willemke Postma, Frisons, à la vie, à la mort.
Parce que l'euthanasie légalisée banalise le suicide.
« C'était un adieu magnifique. » Ainsi parlent les quatre fils de David Postma, 86 ans, et son épouse Willemke Postma-Kloosterman, 84 ans, qui se sont donné la mort ensemble la semaine dernière aux Pays-Bas devant leurs enfants Rypke (59 ans), Gerrit (57), Ids (52) et Albert (49).

David et Willemke n'étaient pas particulièrement malades, seulement bien âgés et inquiets de devoir abandonner leur maison pour une maison de retraite médicalisée. L'échéance était proche. Ils ont donc choisi, comme ils l'annonçaient depuis longtemps, d'organiser leur propre mort.

Willemke pensait le temps venu depuis quelques années déjà. « Ça suffit
bien maintenant. Il est temps d'aller au four », disait-elle (le couple a été incinéré samedi dernier dans un de ces crématoriums lugubre dont les Pays-Bas ont le secret). Mais « Père n'est pas prêt », ajoutait-elle : avec quatre fils, dix petits-enfants et deux arrière petits-enfants avec qui les liens étaient agréables, il y avait bien encore une raison de vivre…

Une fois la décision prise ensemble, à la fin de l'année dernière, c'est David qui a tout pris en mains. Il s'est renseigné sur internet, a commandé les doses létales, s'est occupé de blinder son affaire afin que ses fils ne soient pas inquiétés, car il ne s'agit nullement d'une euthanasie légale.

C'est lui encore qui a résilié les abonnements, bouclé les différents dossiers administratifs, fait les déclarations à propos de son intention de se suicider avec sa femme. Et il s'amusait à renvoyer les courriers reçus pendant les dernières semaines avec la mention : « Décédé. » Et Willemke disait : « Père s'occupe de tout, je l'accompagne, c'est simple. »

Restait à choisir la date. Décembre ? Non, il y a les fêtes : il ne fallait pas que les enfants associent Noël et la mort des parents. Ils ont donc fêté Noël en famille, regardé des vieilles photos, versé quelques larmes, beaucoup ri : tout le monde savait que c'était le dernier. Janvier ? Un mois où il ne se passe pas grand chose, alors… Alors on s'est souvenu de la tante Dout, ç'aurait été son anniversaire si elle n'était pas elle-même décédée déjà. Willemke proposait d'attendre encore un peu. Les garçons n'étaient pas d'accord. « Elle t'attend de l'autre côté avec les pâtisseries. »

Le jour J a donc été fixé en janvier. Willemke et David ont accueilli leurs fils le matin, en pyjama : « Pas besoin de se faire beaux aujourd'hui. » Ils ont mis de la musique d'accordéon, ils ont dansé. « On quitte la vie en dansant, que c'est beau », dit la mère.

Bras dessus, bras dessous, les voici  dans l'embrasure de la porte de leur chambre à coucher, chacun un yaourt à la main : David y avait déjà ajouté les doses létales. Ils se mettent dans leur lit, Willemke a avalé son yaourt bien vite pendant que son mari dit : « Mais que fais-tu ? On avait dit qu'on partirait ensemble ! » « J'ai déjà fini », répond-elle. Le temps de faire un signe de la main vers ses enfants, et elle s'assoupit. Quelques instants plus tard, David fait la même chose, et s'endort à son tour.

« C'était fantastique », ont raconté les fils… « Un adieu magnifique. » Et puis : « Mère devait avoir faim… » 

Ils ont prévenu la police, la mort n'est pas naturelle, une enquête est ouverte.

Mais déjà la presse néerlandaise raconte l'affaire avec la complaisance que vous devinez à travers le récit qui précède, trouvé dans le très sérieux Algemeen Dagblad.

Bienvenue en 2014.


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Canada : la Cour suprême du British Columbia refuse le retrait de l'alimentation et de l'hydratation à une malade d'Alzheimer

Margot Bentley
LifeSite rapporte qu'un tribunal de la Colombie britannique, province anglophone du Canada, vient de rejeter la demande d'une famille visant à faire cesser l'alimentation et l'hydratation d'une patiente de 82 ans atteinte d'un stade avancé d'Alzheimer. Le juge J. Greyell, de la Cour suprême du British Columbia, a estimé qu'en dépit de directives anticipées rédigées à plusieurs reprises par Margaret Bentley depuis 1991, le fait de cesser de la nourrir alors qu'elle n'est pas en mesure d'exprimer sa volonté et qu'elle n'est en aucun cas mourante constituerait une « négligence » et relèverait, fût-ce sa volonté, du suicide assisté qui constitue un crime pénalement puni.

La décision, très longue, envisage de multiples aspects de la question (on peut la trouver intégralement ici en langue anglaise, sur un site pro-euthanasie. Le juge s'interroge longuement sur l'état de santé de la vieille dame, sur sa capacité à exprimer sa volonté par rapport à des gestes simples, sur la personne ou les personnes habilitées à refuser ou non en son nom certains traitements, sur la nature de l'alimentation et de l'hydratation – traitement ou soin ordinaire – etc.

S'agissant d'abord d'une application des lois et règlements de cette province canadienne, le jugement contient nombre de considérations particulières que je ne vais pas retenir ici.

Il faut noter aussi que Mme Bentley est alimentée à la cuillère et non par sonde : on l'occurrence, le juge estime que la l'alimentation et l'hydratation administrées de cette manière constituent un soin et non un traitement, à l'inverse de l'alimentation et de l'hydratation administrées de manière « artificielle » qu'il qualifie de « traitement » en invoquant les dispositions actuelles des lois et règlements de la province.

On ne peut dont faire un parallèle point par point avec l'affaire Vincent Lambert.

En revanche, des éléments de l'argumentation du juge méritent d'être relevés à l'heure où la promotion de l'euthanasie est globale et que les jurisprudence étrangères sont volontiers citées dans les affaires par les partisans de sa légalisation.

• Les directives anticipées écrites de Margot Bentley comportaient un refus de l'hydratation et de l'alimentation au cas où elle se retrouverait dans la situation où elle est aujourd'hui : grabataire, incontinente, incapable de communiquer avec les siens voire de les reconnaître. Infirmière, elle était souvent confrontée à cette situation et faisait savoir de manière régulière à ses proches qu'elle ne voudrait pas vivre ainsi. Elle demandait même à être « euthanasiée » si elle perdait toute capacité relationnelle. Faisant une lecture très précise des directives, le juge a noté que celles-ci ne rejetaient pas les soins ordinaires et il a considéré qu'une alimentation par la bouche ne constituant pas une thérapie, elle devait être maintenue.

• Même si cette forme d'alimentation constituait un soin, il a souligné que la décision de la faire mourir par son retrait ne correspondait pas nécessairement la volonté actuelle de la patiente, les êtres humains ayant la faculté d'évoluer et de changer d'avis, et que même les personnes de confiance désignées par Mme Bentley ne peuvent l'exprimer valablement.

• Le juge a noté que d'après le témoignage du personnel soignant, Mme Bentley se voit proposer la nourriture, sans insistance excessive, qu'elle mange des quantités différentes selon les jours et les heures, qu'elle peut refuser de continuer de manger d'un plat salé puis accepter de manger son dessert. Elle exprime donc d'une certaine manière sa volonté de manger.

• Le juge a noté que l'avis d'un expert médical spécialiste de son état doit être pris en considération plutôt que celui d'un généraliste : en l'occurrence, cet expert a estimé que le fait de pouvoir montrer ses préférences alimentaires et d'avoir accepté de manger de cette manière depuis plusieurs années indique quelle est la volonté de Mme Bentley, en même temps que cette durée montre qu'il n'y a aucune urgence ni raison pour lui enlever l'alimentation et l'hydratation.

• Le juge Greyell souligne que même si l'alimentation et l'hydratation orales constituaient un traitement, ce qu'il n'estime pas exact, pour autant le fait de les qualifier ainsi ne changerait rien à sa décision. Car il ne s'agirait pas d'un traitement d'urgence mais d'un traitement ordinaire dont on ne peut soudain affirmer qu'il ne serait pas accepté par le patient (paragraphe 87 de la décision). Il ajoute que la désignation d'une personne de confiance par la patiente, mais dans le cadre de directives anticipées qui ne sont pas absolument claires, ne suffit pas à donner à un proche la possibilité de prendre une telle décision.

• Le juge maintient que, même si une personne est en mesure de demander une aide au suicide, cela n'en fait pas moins un crime puni de 14 ans de prison, et qu'aucune décision de sa part ne pourrait exonérer les responsables de la clinique où réside Mme Bentley de leur responsabilité criminelle s'ils décidaient de la priver de nourriture et d'hydratation, étant entendu que c'est cette privation qui serait cause de la mort, et non la maladie dont elle souffre.

Affaire fort intéressante en vérité, même si elle ne règle pas la question, encore différente, de l'alimentation et de l'hydratation artificielles. Qui, elle, sur le plan moral, doit s'apprécier à divers moments : faut-il toujours installer une alimentation artificielle quand elle est possible ? Il semble que non. Peut-on interrompre une alimentation artificielle une fois installée en vue de faire mourir ? Non, puisque la mort est alors le but recherché et que c'est ce geste qui provoque la mort, et non la maladie. Ne peut-on jamais interrompre une alimentation artificielle une fois installée ? Si, lorsque cette alimentation ne remplit plus sa fonction de préserver la vie ou provoque des souffrances inutiles, ou lorsque la mort est tellement imminente qu'elle n'a pas de raison d'être.


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Le cardinal de Madrid agressé par les Femen : venez protester samedi à Paris

Cinq extrémistes Femen ont agressé le cardinal de Madrid, Mgr Antonio Rouco Varela, dimanche, alors qu’il s’apprêtait à entrer dans l’église paroissiale des Saints Just et Pasteur, revêtu de ses ornements liturgiques. Hurlant « l’avortement sacré », la poitrine et le dos barrés de slogans haineux (« Tonio, hors de mon c… » ; « Femen » et des croix inversées) les énergumènes se sont jetées sur le prélat en lui lançant des culottes trempées dans de la peinture rouge.

Des paroissiens ont aidé le cardinal, connu pour ses prises de position fermes pour la vie et pour la famille, à entrer dans l’église tandis que les Femen continuaient de hurler, le poing levé, avant de s’égailler dans les rues alentour aux applaudissements de quelques sympathisants.

La plateforme citoyenne hazteoir.org (Fais-toi entendre) a lancé une pétition sur son site pour demander au ministre de l’Intérieur, Jorge Fernandez Diaz, d’« agir immédiatement » pour garantir la sécurité des évêques, des prêtres et religieux, des laïcs et des lieux de culte, et faire traduire en justice les femmes qui ont mené cette agression contre le cardinal de Madrid.

Tous à Paris ce samedi 8 février !

Dernière minute : la Préfecture a interdit la manifestation là où elle l'avait d'abord fixée. Le rendez-vous n'est donc plus place des Invalides. Bernard Antony a engagé un bras de fer pour obtenir un lieu convenable. Le blog de Bernard Antony est ici.

Bernard Antony, président de l’AGRIF, communique :

Ce samedi, la foule, rassemblée à l’appel de l’AGRIF, proclamera donc l’exigence pour la paix civile de dissolution du groupuscule terroriste et raciste de fureur anti-chrétienne des Femen.

Elle le fera avec vigueur mais sans haine, avec toute la commisération que nécessitent ces personnes aveuglées, conditionnées, manipulées. Ces pauvres femmes sans soutien-gorge sont ainsi dans la triste continuité de la barbarie des sans-culottes !

Mais elle proclamera aussi la nécessité de la lutte pour la culture de vie contre les lois de la culture de mort et de l’idéologie nihiliste qui les sous-tend.

L’AGRIF, redisons-le, lutte contre le racisme antifrançais, défendant les Français de toutes couleurs et de toutes religions, injuriés, agressés parce qu’ils sont simplement français.

Elle lutte contre le racisme antichrétien entraînant notamment les agressions perpétrées par les Femen.

Mais aujourd’hui, elle lutte contre ce racisme véritablement antihumain qui, au mépris de la morale naturelle, entend imposer, comme ce fut le cas avec le nazisme et le communisme, des lois de déni d’humanité.

Voilà pourquoi, ce samedi 8 février, la grande manifestation de l’AGRIF pour exiger du gouvernement une mesure d’ordre public, sera aussi celle d’une grande cohérence dans la doctrine de vie et d’amour, française, chrétienne, universelle de la véritable écologie humaine.





Cet article a paru dans Présent daté du 5 février 2014. Aidez le seul quotidien de la culture de vie à exister : abonnez-vous !

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