23 janvier, 2015

Rendez-vous à la Marche pour la vie du 25 janvier



Ce blog est au repos depuis quelques jours, mais pas moi ! L'actualité pro-vie est importante, je reviens bientôt à plein régime.

En attendant, rendez-vous à la Marche pour la vie à Paris, dimanche 25 janvier.

La préfecture de police de Paris ayant refusé le rendez-vous initial Place de La Bastille, les organisateurs ont choisi un nouveau point de rendez vous pour la Marche (le même que l'an dernier) :

13h30 Place Denfert Rochereau
Paris 14ème.

N'oubliez pas le double enjeu de la marche : affirmer le respect dû à la vie de toute vie humaine naissante, mais aussi manifester contre l'euthanasie qui tente, d'une manière ou d'une autre, de faire son entrée dans le droit français.

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16 janvier, 2015

A Manille, le pape François fait l'éloge d'Humanae Vitae

Le lieu est bien choisi. C'est au Philippines, qui ont été le théâtre récemment d'une confrontation entre l'Eglise et les autorités politiques à propos de la contraception, que le pape François a voulu rendre un hommage appuyé à l'encyclique Humanae Vitae de Paul VI qui a proclamé le caractère illicite des moyens de contraception « artificiels », c'est-à-dire qui empêchent délibérément la conception en fermant un acte potentiellement fécond à la vie.

Le pape s'exprimait devant une salle comble, la « Mall of Asia Arena », en espagnol. Le texte complet de son intervention, où il parle beaucoup de la nécessité d'écouter Dieu dans le « repos » ou le « sommeil » de la prière (en jouant sur l'homonymie songe-sommeil en espagnol), et de sa dévotion à saint Joseph, est ici.

J'en ai traduit quelques extraits significatifs (c'est moi qui souligne). Et j'ajouterai une note à la fin.

Se reposer dans la prière est particulièrement important pour les familles. Le premier lieu où nous apprenons à prier, c’est la famille. Ne l’obliez pas : la famille qui prie ensemble, reste ensemble. C’est important. C’est là que nous apprenons à connaître Dieu, à grandir en hommes et femmes de foi, à nous voir comme membres de la grande famille de Dieu, l’Eglise. C’est dans la famille que nous apprenons à aimer, à pardonner, à être généreux et ouverts, et non fermés et égoïstes. Nous apprenons à aller au-delà nos propres besoins, pour rencontrer les autres et partager notre vie avec eux. C’est pourquoi il est si important de prier en famille. Très important. C’est pour cela que les familles sont tellement importantes dans plan de Dieu sur l’Eglise. Prier ensemble en famille, c’est se reposer dans le Seigneur. 
(…) 
Soyons attentifs aux nouvelles colonisations idéologiques. Il y a des colonisations idéologiques qui cherchent à détruire la famille. Elle ne naissent pas du songe, de la prière, de la rencontre avec Dieu, de la mission que Dieu nous donne. Elles viennent du dehors, c’est pourquoi je dis que ce sont des colonisations. Ne perdons pas la liberté de la mission que Dieu nous donne, la mission de la famille. Et de même que nos peuples à un moment de leur histoire sont parvenus à la maturité qui leur a permis de dire « non » à n’importe quelle colonisation politique, en tant que familles nous devons être très, très sagaces, très habiles, très fortes pour dire « non » à n’importe quelle colonisation idéologique de la famille. Et demander à saint Joseph, qui est ami de l’ange, de nous envoyer l’inspiration qu’il nous faut pour savoir quand nous pouvons dire « oui » et quand nous devons dire « non ». 
(…) 
La famille est aussi menacée par les tentatives croissantes, de la part de certains, de redéfinir l’institution même du mariage – ce qui les guide, c’est le relativisme, la culture de l’éphémère, le manque d’ouverture à la vie. 
Je pense au bienheureux Paul VI au moment où lui était posé le problème de la croissance de la population, il a eu le courage de défendre l’ouverture de la famille à la vie. Il connaissait bien les difficultés qu’il y avait dans chaque famille, c’est pourquoi sa Lettre encyclique était si miséricordieuse pour les cas particuliers. Et il a demandé aux confesseurs d’être très miséricordieux et compréhensifs par rapport aux cas particuliers. Mais il regardait plus loin, il regardait les peuples de la terre et il a vue cette menace de destruction de la famille par la privation d’enfants. Paul VI était courageux, c’était un bon pasteur et il mettait en garde ses brebis contre les loups qui approchaient. Qu’il nous bénisse depuis le ciel en cet après-midi. 
Notre monde a besoin de familles bonnes et fortes pour vaincre ces dangers. Les Philippines ont besoin de familles saintes et unies pour protéger la beauté et la vérité de la famille dans le plan de Dieu, et pour qu’elles soient un soutien et un appui pour les autres familles. Toute menace contre la famille est une menace pour la société elle-même. Comme l’affirmait souvent saint Jean-Paul II, l’avenir de l'humanité passe par la famille. L’avenir passe par la famille ! Ainsi donc, prenez soin de vos familles ! Protégez vos familles ! Voyez-y le plus grand trésor de votre pays et soutenez-les toujours par la prière et la grâce des sacrements. Les familles rencontreront toujours des difficultés, n’en ajoutez pas davantage. Au contraire, soyez de vivants exemples d’amour, de pardon et d’attention. Soyez des sanctuaires du respect de la vie, en proclamant le caractère sacré de toute vie humaine depuis sa conception jusqu’à sa mort naturelle. Quel grand don pour la société si chaque famille chrétienne vivait pleinement sa noble vocation ? Levez-vous avec Jésus et Marie, et suivez le chemin que le Seigneur trace pour chacun de vous.

*


Je note en passant les mots du pape François sur la « colonisation ». A supposer que toute colonisation soit destinée à être écartée lorsque le colonisé arrive à maturité, je ne suis pas sûre que le processus aboutisse toujours. Combien de colonisés par des forces de civilisation les ont rejetées pour être de nouveau colonisées par des pays ou des idéologies qui les coupaient des sources de la vie ? Passons.

Il y a aussi le passage sur Humanae Vitae, si « miséricordieuse pour les cas particuliers ». Est-ce à prendre au sens des préoccupations « pastorales » au nom desquelles le dernier synode extraordinaire sur la famille a cherché à assouplir la mise en œuvre de certains enseignements doctrinaux de l'Eglise ? La lecture du texte de Paul VI rassure sur ce point : il y est question de cas difficiles où la régulation naturelle des naissances est admise.

C'est ce qu'a expliqué John Paul Meenan, professeur de théologie morale à Our Lady Seat of Wisdom Academy à John Henry Westen de LifeSiteNews en citant le texte. Il ajoute que l'encyclique évoque la « compassion » au nom de l'Eglise qui connaît les faiblesses des fidèles : « Elle a pitié de la multitude, elle accueille les pécheurs. » Mais l'encyclique ajoute que l'Eglise « ne peut faire autre chose que d'enseigner la loi ».


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15 janvier, 2015

Pour les anglophones, un article sur “Charlie”

C'est par ici.



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13 janvier, 2015

Un homme se réveille après 12 ans en « état végétatif »… mais conscient


Avant…

Il s’appelle Martin Pistorius. Il est chef d’entreprise. Il a aujourd’hui 39 ans, une épouse, et vit à Harlow, en Angleterre. Un homme comme les autres, à part son fauteuil roulant. Mais pas tout à fait : son histoire est celle d’un « garçon fantôme ». A douze ans, en Afrique du Sud où il est né, Martin Pistorius  est tombé malade. Peu à peu, il a perdu la voix, l’appétit. Puis il a commencé à dormir, et dormir… Il fuit les êtres humains. Dix-huit mois plus tard, il est totalement handicapé, ne communique plus du tout, on diagnostique un « état végétatif ». Les médecins estiment qu’il n’y a rien à faire.
Alors ils l’ont renvoyé chez lui. Ses parents, Rodney et Joan Pistorius, se sont entendu dire que leur fils était un légume. Il n’y avait plus qu’à lui assurer des soins de confort, il allait mourir.
Mais la mystérieuse maladie n’allait pas aboutir de cette façon. Les parents s’occupaient de lui, étonnés de le voir vivre, vivre toujours. Une histoire de dévouement qui a connu ses moments noirs : pour le couple, pour l’entourage – et pour Martin !

Aujourd'hui.

Pendant deux ans, le jeune adolescent est resté dans un réel état d’inconscience. Il n’en a aucun souvenir. Mais peu à peu, au bout de deux ans, il s’est intérieurement réveillé. Il a commencé à entendre, à voir, à sentir son corps. Sans pouvoir bouger volontairement, sans pouvoir parler, sans pouvoir donner le moindre signe de conscience.
Le calvaire allait durer dix ans. Dix ans au cours desquels son père s’est occupé inlassablement de lui. Lever à cinq heures pour préparer Martin qui était accueilli dans un centre de soins de jour spécialisé. Chaque jour, il allait l’y chercher au bout de huit heures. Bain. Repas donné à la cuillère. Coucher. Rodney se couchait à son tour, non sans avoir réglé son réveil pour sonner deux heures plus tard : pour être sûr de se réveiller afin de retourner son fils dans son lit, histoire d’éviter les escarres…
Martin, de son côté, hurlait, criait intérieurement. Mais il essayait aussi de glaner des bribes de vie du monde extérieur. La joie ? Ecouter la radio dans la voiture de son père, entendre les résultats du dernier match de cricket ; encourager son frère et blaguer quand celui-ci jouait à un jeu vidéo et faisait ses commentaires ; apprivoiser le temps, en repérant l’angle de la lumière quand les gens disaient l’heure. Il se réfugiait dans le rêve ou dans la contemplation des batailles de fourmis – et parfois dans le noir, dans le refus du monde qui l’entourait. Il sentait la douleur et le poids de son corps, sanglé dans son fauteuil. En tout cas, il n’avait pas d’espoir.
Un beau jour sa mère, à bout, pensant qu’il n’entend rien, lâche : « J’espère que tu vas mourir. » C’est un choc. Il se rend compte de « la vérité crue ». « Je vais passer le reste de ma vie comme ça : complètement seul. » Il aspire à la tendresse, à un amour qu’il a peur de ne plus jamais recevoir. Il se sent condamné à jamais. Et finit par se résigner : sa mère ne fait-elle pas le deuil de l’enfant bien vivant et actif qu’elle a connu ? « J’étais invisible : un garçon fantôme. »
Plus personne ne le regarde. C’est comme s’il n’était pas là… Sauf une soignante qui devine la réalité, et se bat pour faire conduire Martin dans une clinique spécialisée dans l’établissement d’une communication avec des handicapés de toutes sortes. Peu à peu, il apprendra à communiquer par ordinateur, avant de regagner, petit à petit, le contrôle de son corps.
Cette belle histoire est racontée par Thaddeus Baklinski sur LifeSite. Les anglophones trouveront le livre de Martin Pistorius, Ghostboy, ici.
On pense évidemment à Vincent Lambert. Il y a eu dans le cas de Martin une erreur de diagnostic d’« état végétatif ». Vincent Lambert a été diagnostiqué en état de « conscience minimale » : il l’était au moment où on lui a appliqué une première procédure de fin de vie à Reims en avril 2013. Aujourd’hui, des experts nommés par le Conseil d’Etat estiment, sur la foi de quelques examens, que son état s’est « légèrement dégradé » et qu’il est en état végétatif chronique. Sans doute, aussi, a-t-il subi des examens dont Martin Pistorius n'avait pas bénéficié. Mais qu’en est-il exactement ? La conscience humaine reste un mystère…
P.S. Oui, j’étais à l’audience de la CEDH pour Vincent Lambert la semaine dernière et je vous en parlerai prochainement !

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11 janvier, 2015

Le dernier Madiran vient de paraître

Jean Madiran. Photo : O. Figueras
Le deuxième – et hélas le dernier – tome des Chroniques sous Benoît XVI réunissant les articles écrits par Jean Madiran depuis 2010 et jusqu'à sa mort, survenue en juillet 2013, sortira en librairie le 22 janvier prochain, grâce aux éditions Via Romana.

Son regard sur l'actualité nous manque. Qu'aurait-il pensé de ce monde qui nous entoure désormais, où entre attentats islamistes, « droit à l'avortement » et les manœuvres pour faire légaliser l'euthanasie, les informations nous renvoient l'image d'une France qui se meurt parce qu'elle renie les promesses de son baptême ?

Ces dernières chroniques de Jean Madiran, rassemblées, renforcées par leur cohérence et leur nombre, apportent tout de même une réponse.

J'ai eu l'immense honneur et l'intimidante tâche de préfacer ce livre. 

On peut déjà commander Les Chroniques sous Benoît XVI de Jean Madiran ici.

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Radio Courtoisie, ce dimanche… A réécouter dès lundi matin




Didier Rochard m'a fait le grand plaisir de m'inviter dans son émission ce dimanche 11 janvier de 18:00 à 19:30 sur Radio Courtoisie, « Le Libre journal des auditeurs », pour parler notamment de l'affaire Vincent Lambert et de la Marche pour la Vie, en compagnie de Paul Ginoux-Defermon. Nous avons ensuite évoqué avec Me Philibert Lepy les attentats de cette semaine et les manifestations où je le précise, je n'étais pas : je ne suis pas Charlie ! L'émission est rediffusée ce lundi à partir de 01:30 et lundi matin à partir de 7:30.

Ecouter en ligne : c'est par ici. Depuis n'importe où dans le monde !

Ecouter en différé : il faut s'inscrire sur le site, puis ce sera par là.




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07 janvier, 2015

Pour Vincent Lambert et contre la “peine de mort” : une tribune du Pr Xavier Ducrocq

J'étais mercredi à la Cour européenne des droits de l'homme de Strasbourg où se plaidait l'affaire Vincent Lambert. Je publierai bientôt un compte-rendu d'audience substantiel sur ce blog. Abonnez-vous pour ne pas le manquer !

En attendant, voici une tribune du Pr Xavier Ducrocq, professeur de neurologie et d'éthique au CHU de Nancy, devenu proche de Vincent Lambert et défenseur de sa vie, qui était présent à l'audience. A lire et à diffuser. A signer aussi, et à faire signer ! Toutes informations à la fin de ce message.



Vincent Lambert : au nom de la vérité, ne condamnons pas l’intouchable


Le savez-vous ? Le 24 juin 2014, la peine de mort a été rétablie en France. 
Elle l’a été, sans consultation du pouvoir législatif ni des citoyens, à l’encontre de Vincent Lambert. 
Vincent Lambert n’est pas un terroriste. Il n’a jamais posé de bombe dans un lieu public afin de massacrer des innocents. Vincent Lambert n’est pas un tueur en série récidiviste. Il n’a jamais fait de mal à personne. 
Si Vincent Lambert était un assassin ou un terroriste, si, en France, il encourait encore la peine de mort, il se rencontrerait des médias, des groupes de pression, des grandes consciences, partout dans le monde, pour élever la voix, prendre sa défense et tenter d’empêcher son exécution. 
Mais Vincent Lambert n’est ni un assassin ni un terroriste. Vincent Lambert est, seulement, un grand handicapé. C’est l’unique raison pour laquelle, le 24 juin dernier, le Conseil d’État a autorisé ses médecins à le laisser mourir de faim. Pour en arriver à cette décision, et nous convaincre qu’elle était la seule bonne, digne et humaine, on nous a dit que : 
— Vincent était plongé dans une inconscience dont il ne sortirait plus. C’est faux.
Vincent est conscient. Dans un état de conscience différent du nôtre, certes, mais conscient. À l’instar des autres personnes dans cet état dit pauci relationnel, Vincent perçoit son environnement, il éprouve des émotions, des sentiments, des douleurs, des angoisses, peut-être des joies. Simplement il n’est plus capable de les exprimer d’une manière qui nous soit compréhensible. Vincent n’est plus « comme nous », il n’a pas cessé pour autant d’être l’un de nous. 
— Les mêmes qui nous ont dit que Vincent n’était plus conscient nous disent aussi, pour contradictoire que cela soit, qu’il a « manifesté son désir de mourir ». C’est faux.
Vincent n’a jamais pu « exprimer » de manière sûre et fiable, comme l’ont d’ailleurs constaté les experts mandatés par le Conseil d’État afin de l’examiner, une telle volonté. Vouloir lui faire « dire » qu’il « désire mourir »  revient à projeter sur lui les vœux d’autrui. 
Vincent n’a pu manifester que des signes d’inconfort, de douleur, de désagréments divers liés à son handicap, qu’il était possible de soulager, pourvu qu’on veuille en prendre la peine. Or, depuis des mois, au risque choisi d’aggraver ses souffrances, Vincent est prisonnier de sa chambre d’hôpital, avec ses quatre murs pour seul horizon, sciemment privé des soins qui lui sont nécessaires et susceptibles de rendre plus tolérable son état : kinésithérapie, orthophonie, mise à disposition d’un fauteuil ergonomique qui rendrait confortable la position assise, stimulations sensorielles, sorties … Les visites de ses parents et ses proches sont étroitement surveillées. 
Pourtant, Vincent ne se laisse pas mourir. 
Une fois déjà, ses médecins ont pris sur eux de cesser de l’alimenter. Trente et un jours, Vincent a été privé de nutrition. D’ordinaire, il n’en faut pas tant pour qu’un patient « qui veut mourir » décède, en effet. Vincent, lui, n’est pas mort. 
— On nous a dit que Vincent avait exprimé, avant l’accident qui l’a laissé handicapé, « sa volonté d’être euthanasié s’il devait un jour se retrouver dans cet état ». C’est faux.
Outre qu’il n’existe aucune trace écrite d’un tel choix, alors que Vincent, travaillant en milieu hospitalier, savait la nécessité de l’exprimer de manière incontestable, il n’a fait l’objet d’aucun acharnement thérapeutique. Personne ne s’acharne, contre tout bon sens et toute pitié, à le maintenir en vie. 
Vincent vit. Il n’a pas besoin d’être « maintenu artificiellement en vie ». Il respire seul, n’est relié à aucun appareil dont le débranchement entraînerait l’arrêt immédiat de ses fonctions vitales et, s’il est nourri par sonde stomacale, il s’agit d’un choix de commodité, non d’une nécessité puisqu’il a récupéré la faculté de déglutir et qu’il pourrait donc boire et s’alimenter. Ce qu’il fait, d’ailleurs, lorsque ses proches lui donnent un peu de soda ou de gâteau. 
— On nous a dit que Vincent « était en fin de vie » et qu’il fallait abréger ses souffrances. C’est faux. 
Vincent ne risque pas de mourir, en tout cas pas de mort naturelle. Vincent n’est pas malade, Vincent n’est pas à l’agonie. Vincent est handicapé. Dans l’incapacité de pourvoir à ses propres besoins. Comme un nouveau-né. Et, comme un nouveau-né que l’on « oublierait » de nourrir, si Vincent, comme le Conseil d’État l’a permis, est privé de manger, il mourra, lentement, de dénutrition. Ce qui n’est pas une mort rapide, ni « bonne », ni douce ni clémente. 
On nous a trop menti au sujet de Vincent. 
La vérité est que Vincent est handicapé. Lourdement. Très lourdement. La vérité est que ses chances de redevenir un jour « comme nous » sont minces, même si elles existent. La vérité est que Vincent fait peur. 
Il fait peur parce qu’il nous renvoie à notre propre fragilité, notre propre vulnérabilité, notre propre faiblesse, à notre condition mortelle. Et que cela nous est insupportable. 
Mais, en tuant Vincent et ceux qui lui ressemblent, nous n’en finirons ni avec notre fragilité, ni avec notre vulnérabilité, ni avec notre faiblesse. Encore moins avec notre condition mortelle. Nous ne ferons que les rendre plus lourdes et plus pénibles, parce que nous aurons renoncé à ce qui faisait notre humanité, c’est-à-dire l’attention, le soin, la compassion et l’aide dus aux plus petits, aux plus faibles et aux plus désarmés. 
Vincent ne demande pas qu’on le tue. Il a besoin qu’on l’aime. Comme il est. 
Si nous lui refusons cet amour, au nom de considérations « humanistes et compassionnelles », à qui d’autres, demain, le refuserons-nous ? Quelle autre vie nous semblera soudain indigne, selon nos critères de bien-portants, d’être vécue ? Qui d’autre supprimerons-nous pour crime de non-conformité avec les idéaux de notre société ? Et qui, quelle commission s’arrogera le droit de définir ce qu’est une vie « digne d’être vécue » ? 
Si nous laissons rétablir la peine de mort pour Vincent Lambert, ne venons pas, le jour où d’autres estimeront à notre place que notre vie, ou celle d’un être cher, a perdu toute valeur, ne venons surtout pas dire : « Je ne savais pas ! »
Pr Xavier Ducrocq



La cour européenne des droits de l’homme doit
se prononcer sur le cas de Vincent Lambert, ce jeune accidenté de la
route en état pauci relationnel dont, le 24 juin dernier, le Conseil
d’État a autorisé la mise à mort par privation de nourriture.

Si cette instance supranationale devait entériner l’arrêt du Conseil
d’État autorisant à laisser mourir Vincent, ou si la France,
désavouée, décidait de passer outre à ce jugement et d’exécuter ses
propres décisions juridiques, ce ne serait pas seulement un drame pour
Vincent, pour ses parents et ses proches qui se battent afin
d’empêcher ce dénouement.

Ce serait un drame pour chacun d’entre nous et pour notre civilisation
tout entière.

Car Vincent n’est pas « en fin de vie », car Vincent n’a pas demandé
le « droit de mourir dans la dignité ». D’autres ont décidé à sa place
que sa vie, telle qu’elle est aujourd’hui, ne mérite plus d’être
vécue.

Si nous laissons sans mot dire exécuter cette décision de justice, si
Vincent, et ceux qui sont dans le même état que lui, doivent mourir
uniquement parce qu’ils sont lourdement handicapés, qui d’autre,
demain, deviendra, à son tour, la cible de cette « compassion »
meurtrière ? Qui décidera, et sur quels critères, de la valeur de nos
vies et de celles de nos proches ?

Parce que nous pouvons tous être concernés, parce que nous ne voulons
pas d’une société où Vincent, et tant d’autres, parce qu’ils sont
faibles, malades, handicapés, âgés, n’auraient plus leur place,
diffusons, signons, faisons signer ce texte !

EN UTILISANT CETTE ADRESSE MAIL avec vos nom et prénoms :
signaturetribune@sfr.fr

Précisez le cas échéant vos qualités socioprofessionnelles
(professions de santé, juristes, journalistes, élus, ecclésiastiques,
universitaires, chefs d’entreprise, enseignants, officiers, artistes,
écrivains, etc.)






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06 janvier, 2015

Belgique : un jeune père réclame l'euthanasie à cause de maux de tête “insupportables”

Peter Ketelslegers, 32 ans, souffre d'une forme rare de maux de tête : des migraines récurrentes qui
l'assaillent plus d'une douzaine de fois par jour, lui donnant l'impression que son œil est traversé par un couteau. Père de deux garçons de 7 et 12 ans, l'homme est prêt à les laisser orphelins, mais ne veut pas se suicider : « Je ne peux pas leur faire ça. »

Depuis le mois d'août, il a rendu publique sa douleur en publiant une vidéo où on le voit hurler de douleur. Marchant à la morphine, il souffre tout de même « à en devenir fou » et ne voit pas d'autre solution que d'en terminer avec la vie. Un implant neurostimulateur lui a donné un temps de répit, mais rapidement, les migraines ont repris le dessus, trouvant un moyen de « contourner » l'obstacle comme il dit.

Pour l'heure, les médecins de Peter Ketelslegers refusent d'accéder à sa demande, estimant que toutes les options thérapeutiques ne sont pas épuisées : sa douleur est insupportable, reconnaissent-ils, mais non « sans perspectives » comme l'exige la loi belge d'euthanasie.

La publicité donnée à cette affaire, le film insoutenable qui rend chacun témoin de sa douleur, sont autant de manipulations qui – quelle que soit l'issue du cas – « démocratisent » l'euthanasie, la rendent acceptable par l'opinion.

En Belgique, on en a tué pour moins que cela…

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Le prisonnier belge ne sera pas euthanasié

Par décision du ministère de la justice belge, le prisonnier Frank Van Den Bleeken qui devait être transféré vers la section hospitalière de la prison de Bruges pour pouvoir y obtenir l'euthanasie sera finalement placé dans le centre de psychiatrie légale de Gand, en vue d'y recevoir des soins. Il sera peut-être par la suite transféré aux Pays-Bas, conformément à sa première demande. Il semblerait qu'un centre spécialisé dans l'accueil des condamnés à de longues peines présentant des problèmes psychiatriques soit prêt à le recevoir, avec la bénédiction du ministère néerlandais de la justice.

C'est une réponse à la décision des médecins du prisonnier, détenu depuis près de 30 pour des viols et le meurtre d'une jeune fille de 19 ans, de ne pas lui accorder la piqûre létale. Les raisons de leur revirement n'ont pas été rendues publiques, et sont de toutes façons couvertes par le secret médical. Mais le ministre belge, Koen Geens, en a « pris acte ».

Depuis sa nomination, le nouveau ministre a mis en avant sa volonté d'améliorer les conditions de détention et surtout de soin pour les patients souffrant de troubles psychiatriques, parents pauvres des prisons belges. Faits pour lesquels la Belgique a été régulièrement condamnée par la Cour européenne des droits de l'homme.

Frank Van Den Bleeken serait-il par hasard déçu par le refus in extremis de ses médecins ? On peut imaginer que non : il avait lui-même déclaré qu'il voyait la mort comme une solution seulement parce qu'il souffrait de son état présent, et plus particulièrement du manque de soins, ajoutant que ses pulsions empêchaient de toute manière qu'il soit libéré.

Le prisonnier aura donc la vie sauve, et la presse internationale pousse un « ouf » de soulagement. Ils avaient vu la permission d'euthanasie pour le violeur-assassin comme une forme hypocrite de rétablissement de la peine de mort.

C'est tout le paradoxe de cette affaire : on fait tout ce qui est possible pour sauver la peau d'un homme qui a violé et tué, tandis que d'autres se voient proposer l'euthanasie comme solution à leurs problèmes, comme une démarche « humaniste ».

Rien de tout cela n'est très cohérent.

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04 janvier, 2015

“La vie de vos enfants vaut ce vaut votre vie de prière pour eux.”

Un texte à méditer en cette fin de période de vacances, à l'heure où les enfants retournent à l'école… Trouvé au hasard d'une recherche sur internet, il porte la signature de l'abbé Roger Pallais et encourage les parents à « éduquer dans la foi ». Avec l'efficacité que donne la prière.

C'est à lire ici (attention, il s'agit d'un document, il vous faudra donc le télécharger).

Addendum : problème avec le lien. Celui-ci fonctionne, il faut ensuite cliquer sur Eduquer dans la foi.

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Nouvelle loi en Californie : vers la discrimination positive en faveur des LGBT

Sonia Luna : femme, hispanique, lesbienne…
Non seulement elle est d’origine immigrée – une partie de la famille de Sonia Luna arrive du Mexique – mais en outre cette jeune femme est lesbienne. Expert comptable, elle a ouvert une société de conseil à Los Angeles, et elle espère bien tirer profit d’un nouveau programme qui pourrait très prochainement favoriser les entreprises dites « gay » ou LGBT, en instituant en leur faveur une discrimination positive pour l’obtention de contrats publics et professionnels en Californie.
Sonia Luna a déjà su tirer parti de programmes similaires visant à aider les femmes et les minorités ethniques. Deux faits l’encouragent à se présenter en outre en sa qualité de femme homosexuelle : déjà, les agences fédérales, la National Football League et plus d’un tiers des sociétés « Fortune 500 » – les entreprises américaines classées par le magazine selon leur chiffre d’affaires – encouragent les offres en provenance de sociétés dirigées par des gays, des lesbiennes et des transgenre. D’autre part, une nouvelle loi de Californie exige depuis le 1er janvier des grandes entreprises de service public qu’elles déclarent le montant des sommes qu’elles dépensent auprès de ces compagnies.
Le tout sur le modèle des mesures prises pour promouvoir les possibilités économiques pour les minorités ethniques, les femmes et les vétérans handicapés…
Sonia Luna se réjouit de ces coups de pouce en affirmant qu’ils lui permettent d’être « encore plus fière » de ce qu’elle est. Sa société, Aviva Spectrum, doit à cette fin être officiellement reconnue comme appartenant à une personne LGBT par la National Gay and Lesbian Chamber of Commerce : celle-ci doit apporter la preuve de la propriété de l’entreprise visée ainsi que tout document ou autre preuve de sa préférence sexuelle…
700 entreprises ont déjà obtenu le fameux certificat au cours de ces dix dernières années, tandis que la Chambre de commerce LGBT œuvre depuis l’arrivée de Barack Obama à la Maison Blanche pour promouvoir la signature de contrats avec ces sociétés par le biais de la US Small Business Administration.
Voilà pour les petites et moyennes entreprises : les grandes elles aussi se mobilisent bien au delà de la Californie. Parmi elles : IBM, PepsiCo, ConAgra Foods, Marriott International et American Airlines. Ces entreprises tiennent désormais les comptes des contrats et des dépenses auprès de partenaires LGBT.
On n’attend pas de démarches similaires de la part du gouvernement fédéral – en tout cas pendant la législature actuelle, le Congrès étant dominé par les Républicains. Pour l’heure, Obama a exigé dès 2009 des différents Départements qu’ils ne « discriminent » pas au détriment des LGBT, et le lobby ne désespère pas d’obtenir un jour un statut de minorité protégée pour que l’on passe à la discrimination positive.

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03 janvier, 2015

Le prisonnier belge sera euthanasié le 11 janvier

Les autorités belges pensaient ne pas annoncer l’euthanasie de Frank Van Den Bleeken, 51 ans, ce conduit par  minibus vers la section hospitalière de la centrale de Bruges vendredi prochain ; il devrait être euthanasié à la fin de sa « permission », dimanche. C’est ce qu’a annoncé une porte-parole du ministre de la justice Koen Geens au quotidien flamand De Morgen.
condamné pour viol et meurtre qui a obtenu de la justice le droit d’être transféré vers un hôpital carcéral, afin d’y obtenir une piqûre létale. Finalement, le prisonnier de Turnhout, a-t-on appris samedi, sera
La justice s’est en fait contentée d’approuver en référé la demande de transfert de 48 heures : la décision d’accorder l’euthanasie est d’ordre « médical » et ce sera son médecin qui décidera en dernière analyse.
En attendant, le prisonnier, très atteint sur le plan psychiatrique, profite de ses derniers jours de vie pour prendre congé de ses amis de détention.
Frank Van Den Bleeken avait demandé dans un premier temps un transfert vers un établissement carcéral spécialisé aux Pays-Bas pour y recevoir les soins psychiatriques requis par son état – il s’estime lui-même trop dangereux pour être remis en liberté – mais la justice belge avait décidé que le ministre de la justice, qu’il avait saisi de la demande, n’était pas compétent pour ordonner le transfert. Subsidiairement, l’avocat du prisonnier avait demandé qu’il puisse être placé en situation d’obtenir l’euthanasie, au motif que les souffrances psychiques du prisonnier étaient insupportables et sans aucun espoir. Il est en prison depuis près de 30 ans et n’a aucune perspective de libération.
Van Den Bleeken a été examiné par plusieurs psychiatres au cours de ces dernières années : sans se concerter, ils ont tous diagnostiqué une maladie mentale et affirment qu’il souffre terriblement de sa détention.
Ce qui constitue tout de même un aspect substantiel de la vie en prison : c’est bel et bien une « peine ». Mais l’absence de soins psychiatriques pour les détenus aggrave la situation. Et souligne en même temps que l’incarcération longue peut sembler bien plus cruelle pour les détenus que la peine de mort…
Depuis que Van Den Bleeken a obtenu la possibilité de se faire euthanasier, au moins quinze détenus ont demandé une « solution » semblable, et on s’attend même à une accélération de la demande une fois que l’acte aura été accompli.
Beaucoup de questions se posent dans ce dossier : quel est le degré de responsabilité pénale de ce malade de l’esprit ? Pourquoi ne reçoit-il pas de soins ? Physiquement, il n’est pas en fin de vie… L’euthanasie n’est-elle pas ici une sorte de solution de facilité, voire une peine de mort déguisée qui au fond arrange tout le monde ?
Que la société belge s’en accommode avec si peu d’émotion est sans doute le signe d’une « démocratisation » croissante de la mort choisie, fût-ce au moyen d’une hypocrisie qui l’arrange bien.
Les sœurs de Christiane Remacle, la jeune victime de Van Den Bleeken, battue, violée et étranglée à 19 ans, observent de leur côté que personne ne s’intéresse à la souffrance qui les consume depuis 1989, date du crime : une souffrance qui a eu raison de la santé et de la vie de leur mère, morte de chagrin. Le meurtrier mourra « paisiblement » et sans douleur, dans un lit, entouré de ceux qui l’aiment et d’un prêtre : rien de tel pour la victime que tous ont oubliée… Elles souhaiteraient pour leur part que l’homme reste en prison jusqu’à la fin de ses jours.

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01 janvier, 2015

Vœux pour 2015

Chers lecteurs,

Il y a un an, mes « vœux pour la France » saluaient une femme que je ne connaissais pas. Le hasard de la vie et des amitiés nous avait conduits à assister à son enterrement. Elle venait de mourir, jeune, laissant son mari et huit enfants, et une œuvre qui perdure : une école hors contrat où les intelligences sont formées et aussi les âmes, dans l’amour de Dieu. L’enterrement, le sacrifice, le Golgotha : mystère de la souffrance féconde et de la fidélité en tout. Pour quoi ? Pour que France, pour que chrétienté ressuscitent.
A la veille de 2015, par une journée de froid et de gel et un beau soleil d’hiver, nous avons assisté à un mariage. Les enfants chrétiens de deux familles chrétiennes s’unissaient devant Dieu après avoir reçu dès leur enfance l’enseignement et l’exemple du mariage vrai. Ils font partie de cette petite minorité de Français qui pratiquent toujours, pour qui l’engagement fidèle va de soi : ceux qu’on a vus, joyeux et frais, pauvres ou riches, issus souvent de familles nombreuses qui aujourd’hui sont les authentiques non-conformistes, défendre des évidences sur la famille et sur la vie dans les rues de nos villes.
Chaque cérémonie à sa manière, l’enterrement comme le mariage, renvoient vers une même réalité : cet accroissement du peuple des élus, dans la patrie céleste, qui est le vœu permanent de Dieu pour l’humanité.
Prenons en cette année 2015 l’exacte mesure des combats qui sont les nôtres. Des combats politiques, pour la souveraineté, pour les droits des Français (et des catholiques) en France : tout cela est nécessaire.
Mais sachons aussi, c’est ce que je souhaite et vous souhaite, qu’il n’y a pas mille façons de sortir de la crise spirituelle, intellectuelle et morale où nous sommes plongés, cause de toutes les autres crises. Si nous ne recherchons pas d’abord le royaume de Dieu, nous pouvons en être sûrs : le reste ne nous sera pas donné par surcroît. Ou alors, tout au plus, une paix et une prospérité matérielles trompeuses qui, par les temps que nous vivons, ne seraient que tranquillité du désordre.
Car les désordres sont nombreux.
Ceux qui s’en lamentent, ceux qui les combattent, ceux qui prient et qui agissent pour qu’ils cessent sont volontiers rejetés comme ne s’intéressant qu’aux problèmes « sociétaux », éloignés des « préoccupations du peuple ». Mais ce sont ces désordres qui sont à la racine des préoccupations du peuple. L’avortement et le refus de la vie apportent leur propre rançon : ils ont fait une nation faible, ouverte à tous vents, risquant son identité et ses droits, économiquement menacée, croulant sous les dettes, et par ce biais elle est aux mains de ceux qui les possèdent.
On peut déplorer la situation et même espérer en venir à bout par les urnes ou des choix politiques, encore qu’aucun pays n’ait réussi à ce jour de se soustraire à l’emprise de ce pouvoir dont l’objectif est de détruire aussi bien l’homme que ses communautés naturelles, et qui peut mettre n’importe quelle nation à genoux.
Mais plus encore il faut, comme le disait Benoît XVI, des « minorités créatives ». La même sorte de minorité a sauvé la civilisation malgré la chute de l’Empire romain s’enfonçant dans une même décadence haineuse de la vie que celle de notre époque. La même qui, entourée par le culte de la mort des Aztèques, a vécu le miracle des conversions indigènes en étant ce qu’elle devait être. La même que celle d’une Jeanne d’Arc et de quelques capitaines qui ont œuvré autant qu’il le fallait sur le plan humain, mais qui n’ont pas oublié l'essentiel : « Dieu premier servi. »
Nous vivons des temps de refus radical de Dieu – et c’est pourquoi, me semble-t-il, le « politique d’abord » ne suffit plus, en tout cas celui de la politique politicienne du jeu démocratique où le refus de Dieu et de sa Loi est un préalable, un « ticket d’entrée ».
C’est en gardant ou en restaurant Dieu dans nos familles, dans nos écoles, dans nos modes de vie, dans nos fidélités, dans notre culture – et cela peut se faire, justement, à l’échelle de la personne et de la famille – que nous pourrons changer les choses de l’intérieur. Si la famille est la cellule fondamentale de la société, eh bien, les mariages vrais – et leur manière irremplaçable d’enraciner les nouvelles générations dans nos patries d’ici-bas – peuvent la reconstruire pas à pas.
Dieu sait pourtant combien elle est abîmée. Nous vivons dans des lieux et des temps où sur la pente descendante de la culture de mort, ce sont les fondements et les « fondamentaux » qui sont en train de céder. Et c’est bien pour cela qu’il ne sert pas à grand-chose d’œuvrer pour tel ou tel légitime bien temporel s’il n’y a pas en même temps, et même d’abord au point ou nous en sommes, une réaffirmation, une défense, une remise en place des vérités et des lois les plus basiques : le respect de la vie humaine, le respect des lois qui gouvernent la constitution et la vie des familles, la défense des droits prioritaires des parents sur l’éducation des enfants. A quoi s’ajoute le devoir et donc le droit d’honorer Dieu par son choix de vie et par sa manière de vivre. Cela étant sauf – et c’est à chacun de le mettre, autant que possible, en œuvre dans sa vie – nous pouvons espérer de commencer à guérir notre « dissociété ».
D’autres diront : « politique d’abord ». Ce fut la leçon de Jeanne d’Arc, qui commença par faire sacrer le roi légitime… Mais ce fut une réponse aux prières des Français, n’en doutons pas. Et elle vivait en chrétienté. Même l'ennemi qu'elle combattait légitimement vivait en chrétienté. Aujourd’hui la chrétienté est bannie de l'espace public. Et la légitimité se cache, elle est oubliée ou niée : le seul accord partagé est celui qui consiste à rejeter l’essentiel.
Oui, la France, comme bien d’autres nations jadis chrétiennes et soucieuses de justice, est à genoux…
Mon souhait pour 2015 est que nous en prenions acte, où que nous vivions. Car nous sachant mis à genoux, nous pouvons décider de l’être, véritablement, parce que c’est à genoux que l’on prie, parce que Dieu est le vrai maître de notre histoire. Aussi l’an de grâce 2015 sera-t-il une année enracinée dans l’espérance : celle qui nous est permise, celle qui est même notre devoir quand tout semble perdu.

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Australie : vers la contraception obligatoire pour les « assistés » ?

Un ancien ministre travailliste australien, Gary Johns, a proposé dans une tribune publiée par The Australian de réserver les allocations de chômage, desolidarité et autres aides sociales aux personnes qui apportent la preuve qu’elles utilisent une forme de contraception, afin que les contribuables n’aient pas à supporter les frais de l’arrivée de nouveaux enfants dans ces foyers.
« Il ne doit pas y avoir d’encouragement de la part des contribuables à avoir des enfants. Les parents potentiels pauvres, sans formation ou délinquants choisissent d’avoir des enfants. Qu’il en soit ainsi. Mais personne ne doit devenir parent alors qu’il reçois des allocations sociales. Certaines familles, certaines communautés, certaines cultures engendrent les affrontements. Les gouvernements n’arrivent pas toujours à les régler. La contraception obligatoire pour ceux qui reçoivent des allocations contribuerait à mettre un terme à la reproduction intergénérationnelle des affrontements. Pour ce qui est des non-allocataires inaptes, il nous faut simplement les endurer en silence. »
Comme toujours dans ce type de cas, la proposition outrageuse repose sur un fait divers qui a frappé les esprits : en l’occurrence le cas d’une femme de Cairns accusée d’avoir poignardé ses sept enfants et sa nièce.
Et il faut préciser que l’ancien ministre du gouvernement Keating s’est également éloigné du Parti travailliste australien. Et que de nombreuses organisations d’aide aux plus pauvres ont dénoncé sa proposition : notamment celles s’occupant de parents seuls.
Il n’empêche que la proposition de Gay Johns a été assez entendue pour trouver une place dans les médias. Ne pas s’y tromper : une « tribune » ne reflète pas nécessairement le point de vue du journal qui la publie mais il ne publierait pas s’il y était radicalement hostile. C’est même un moyen de faire passer des messages et de mettre sur la place publique des arguments qu’on veut faire circuler sans avoir l’air d’en prendre toute la responsabilité.

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Chili : le ministre de la Santé démissionne à la suite de déclarations sur l’avortement

Helia Molina, ministre de la Santé du Chili, vient de démissionner de son poste après avoir provoqué l’indignation publique en affirmant que de riches familles chiliennes ont fait avorter leurs filles dans des cliniques de l’« élite », ou « cuicas » comme on dit dans ce pays.
Le porte-parole du gouvernement a expliqué que Mme Molina « a présenté sa démission pour éviter de créer des polémiques artificielles qui peuvent distraire le gouvernement ».
Elle avait déclaré au journal La Segunda : « Dans toutes les cliniques “cuicas”, des familles conservatrices ont fait avorter leurs filles. » Dans le même entretien, elle promettait d’envoyer un projet de loi gouvernemental de dépénalisation de l’avortement devant le Parlement chilien dès la mi-janvier, conformément à la promesse de la présidente Michelle Bachelet de rétablir la légalité de la mise à mort des tout-petits en cas de viol, de danger pour la vie de la mère ou de non-viabilité du fœtus.
Les déclarations à la fois polémiques et haineuses du ministre ont provoqué la colère des cliniques privées, qui les ont à travers leur groupement professionnel rejetées avec vigueur, tandis que le ministère de la Santé s’est désolidarisée des propos de Mme Molina.
L’avortement est interdit pour n’importe quel motif au Chili depuis 1989, après cinquante ans de dépénalisation partielle pour les cas de danger de vie de la mère et de grave handicap du fœtus. Depuis que le Chili est sous le régime de l’interdiction totale la mortalité maternelle a baissé de manière continue et elle est maintenant au plus bas par rapport à l’ensemble du continent américain, Etats-Unis compris.
Pour autant le lobby de l’avortement éprouve le besoin d’annoncer d’importants chiffres d’avortements clandestins ou spontanés – quelque 30.000 par an – alors même qu’ils sont par définition impossibles à connaître. Et ce pour en obtenir une légalisation d’abord exceptionnelle, et sans doute par la suite beaucoup plus large, ainsi que cela se passe partout.
Mais de deux choses l’une : ou bien il y a autant d’avortements clandestins, et aucune mort maternelle liée à ces avortements, ce qui réduit à néant les arguments du lobby de l’avortement pour la légalisation et renforce ceux des défenseurs de la vie qui peuvent avec justesse avancer qu’une partie des « 30.000 » tout petits victimes d’avortements spontanés ou provoqués sont tués de manière criminelle chaque année. Ou bien il y en a beaucoup moins, et toujours pas de morts maternelles pour justifier qu’on « libère » enfin les femmes d’un état paternaliste qui préfère les voir mourir que de les laisser disposer de leur corps.


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