23 novembre, 2014

Pays-Bas : vers une institutionnalisation du don d'organes après euthanasie

Ce n’était qu’une question de temps. Les Pays-Bas s’apprêtent à établir un protocole de donation d’organes après euthanasie, ce qui devrait multiplier les possibilités de prélèvement d’organes vitaux sur des personnes ayant choisi le moment de leur mort. En codifiant cette procédure, on entend à la fois aider les candidats à l’euthanasie à donner du « sens » à leur mort, et faciliter une pratique qui reste extrêmement marginale dans le premier pays au monde à avoir légalisé l’euthanasie : on compte 6 cas en 16 ans. (Par exemple : celui-ci.)
Marginale ou pas, la pratique de l’utilisation du corps d’une personne dont la mort a été programmée est évidemment dans la logique de l’euthanasie légale.  C’est tellement évident que personne ne semble se poser de questions « éthiques » sur le don d’organes couplé à une euthanasie : on ne s’inquiète que du « comment ». Il est vrai que la transgression première – qu’un médecin puisse procurer volontairement la mort alors qu’il est censé soigner – fait sauter toutes les barrières, à brève ou à longue échéance.
Ce sont des responsables d’hôpitaux universitaires qui ont établi le protocole : l’Erasmus MC de Rotterdam et l’hôpital académique de Maastricht (MUMC) ont publié des directives nationales qui n’attendent plus que l’accord de la Fondation néerlandaise de la transplantation. Une fois validé, le protocole deviendra contraignant pour l’ensemble des médecins et hôpitaux des Pays-Bas. En attendant les médecins intéressés peuvent déjà s’en servir, s’agissant d’une procédure des plus précises qui fixe les conditions du prélèvement d’organes pas à pas.
Le principal obstacle tient au fait que l’euthanasie est en règle générale pratiquée par le médecin de famille, à domicile, le plus souvent en présence des proches de la victime. Ce contexte ne convient pas du tout à la donation d’organes vitaux : ceux-ci doivent être prélevés dans les minutes qui suivent le constat de la mort, ce qui suppose donc un décès à l’hôpital, et la proximité de l’équipe et de la salle d’opération prêtes pour le prélèvement.
Pour les auteurs des directives, Gert van Dijk, médecin éthicien, et Hanneke Hagenaars, coordinatrice de transplantations de l’hôpital Erasmus, et Jan Bollen du MUMC, l’objectif était donc de surmonter ces difficultés en posant le principe d’une intervention du médecin de famille à l’intérieur des murs de l’hôpital (médecin qui doit dégager par écrit l’hôpital de toute responsabilité juridique), chose que nombre d’hôpitaux n’apprécient guère. Il faut donc les encourager… Le protocole prévoit notamment qu’un médecin hospitalier vérifie la conformité de la procédure d’euthanasie même si c’est le médecin de famille qui donne la mort. Ce médecin hospitalier ne doit pas avoir de lien avec le service de prélèvement des organes.
Par ailleurs, l’euthanasie et le prélèvement d’organes doivent être clairement dissociées, afin d’éviter que le patient ne choisisse l’euthanasie en vue de donner ses organes. Il sera donc exigé que le patient réponde à tous les critères de l’euthanasie légale et que son cas ait même été vu et approuvé par un médecin spécialisé de l’euthanasie, « médecin-SCEN », qui soit valider l’accord donné par le médecin de famille. Ce n’est qu’ensuite que la demande de donner ses organes sera prise en compte, à condition qu’elle émane spontanément du patient et que le médecin de famille s’abstienne absolument d’évoquer le premier cette possibilité avec le patient.
Enfin, la justice doit être prévenue préalablement afin que le constat de la mort puisse être fait immédiatement par un médecin spécialisé chargé lui aussi de vérifier que l’euthanasie a été pratiquée dans les règles.
L’autre inconvénient de la procédure – selon les « éthiciens » et la presse – concerne les proches du patient euthanasié : vu qu’il faut transférer le corps sans tarder, il n’y a pas de temps pour les « adieux ». En pratique ils devront attendre le retour du corps après prélèvement. Mais sans aucun doute la presse saura mettre l’accent sur le courage, la générosité, l’utilité du don d’organes après euthanasie. Jusqu’à ce que tout semble aller de soi.
En 2013, 273 personnes ont effectivement pu donner leurs organes aux Pays-Bas. La même année, observent les auteurs du protocole, il y a eu plus de 4.800 déclarations d’euthanasie. Même si les malades du cancer ne peuvent donner leurs organes – et ils forment le groupe le plus important des euthanasiés – il reste les victimes de sclérose en plaques ou de la maladie de Charcot et autres malades neurologiques dont les organes sont en bon état de marche. « Même si un petit pourcentage (des euthanasiés) choisit la donation d’organes après la mort, cela équivaudra à un doublement des donneurs post-mortem », assure Gert van Dijk.
Exacte ou pas – en fait, les prédictions quant aux effectifs des euthanasiés-donneurs demeurent disparates – l’estimation est par nature optimiste, en ce sens qu’elle correspond à une espérance et à une volonté.

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22 novembre, 2014

Un élu municipal de gauche dénoncé pour avoir qualifié l'« IVG » d'« acte barbare »

Jimmy Parat
Un conseiller municipal de la majorité de Bagnolet – ville dirigée par le PS – a provoque l'indignation mardi soir en condamnant l'avortement au cours d'un débat du conseil communautaire Est Ensemble portant sur le vœu de reconstruire la maternité des Lilas. Jimmy Parat, vice-président du Conseil, a osé qualifier l'avortement d'« acte barbare » et de « meurtre ». Il paraît que toutes les représentants de toutes les formations politiques présentes ce soir-là ont « réagi ».

« Je reconnais que j’ai été cru et que mes propos n’étaient peut-être pas dignes d’un élu. J’ai été débordé par l’émotion, car, pour moi, c’est un sujet sensible », a-t-il expliqué par la suite. Jimmy Parat, élu sous l'étiquette Dynamique Citoyenne, qui a apporté son soutien au maire PSS Tony Di Martino dès le soir du premier tour des municipales, n'a pas présenté d'excuses, malgré le tollé, se bornant à ajouter :
« J’aurais peut-être dû expliquer que je ne remets pas la loi en question, ni même la reconstruction de la maternité, mais que, pour moi, une maternité a d’abord vocation à accompagner des naissances. Et si les femmes ont le droit de disposer de leur corps, il faut aussi assumer ses erreurs. Ce n’est pas pareil en cas de viol, bien sûr. » 
Parat assure avoir reçu des soutiens – privés. Pas celui du maire Di Martino qui a convoqué l'élu jeudi matin, non sans s'être désolidarisé de ces propos qui ont passé l'invisible frontière de la vie politique française : se dire ouvertement opposé à l'avortement, même de manière partielle comme l'a fait Parat, c'est déchirer son ticket d'entrée dans le cercle restreint des élus. Mais attention, il se pourrait bien que Parat bénéficie à cet égard de certains passe-droits : sa page Facebook le montre en compagnie d'une femme voilée…

Une pétition circule pour que Jimmy Parat soit relevé de ses fonctions d'élu.

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21 novembre, 2014

Après la mort de 14 femmes de leur stérilisation en Inde, une attaque féministe contre le contrôle de la population

Kalpana Wilson, féministe, femme de gauche…
mais opposée au contrôle de la population.
Le texte dont je vous propose ci-dessous la traduction est dû à un professeur spécialiste de la théorie du genre : le Dr Kalpana Wilson, « Senior Fellow » au Gender Institute de la London School of Economics, en Théorie du genre, globalisation et développement. Il va de soi que je ne partage pas tous les points de vue de cette universitaire et il est encore plus certain qu'elle ne partage pas ceux de ce blog. Mais ce qu'elle expose ici est d'autant plus intéressant qu'elle dit tout cela à la place où elle est, depuis une perspective de « droits des femmes », « anticapitaliste », pour montrer que le discours actuel sur la surpopulation y est radicalement opposé. Publié il y a trois jours sur le site de la LSE, le texte n'y est plus disponible qu'en cache (ici). Je vous laisse faire la part des choses. — J.S.

L’horrible mort d’au moins 14 femmes ayant subi des opérations dans des camps de stérilisation dans le Chhattisgarh, l’un des Etats les plus pauvres de l’Inde, met en lumière la violence persistante des politiques de contrôle de la population dont le gouvernement Britannique est l’un des premiers promoteurs à l’échelle mondiale. Loin de donner aux femmes pauvres du Sud du globe les contraceptifs dont elles ont besoin, ces politiques les déshumanisent, les taxant de « reproduction excessive », et fixe des « objectifs » qui rendent possibles les atrocités comme celles du Chhattisgarh. Et bien que ces politiques soient enracinées dans des idées profondément racistes et patriarcales, elles sont aujourd’hui mises en œuvre au nom des droits et des « choix » reproductifs.
Il y a deux ans le gouvernement britannique et la Fondation Bill et Melinda Gates, qui a joué un rôle majeur pour inciter le Royaume-Uni à jouer un rôle de premier plan à propos des questions de population, ont accueilli le sommet de Londres sur le planning familial. Avec USAID, le FNUAP et d'autres organisations internationales, ils ont annoncé une stratégie de planning familial chiffrée à 2,6 milliards de dollars. Quelques mois plus tard la Secrétaire au développement, Justine Greening a annoncé que le Royaume-Uni allait « entreprendre une action déterminée par rapport au planning familial » : outre les projets existants visant à inciter 120 millions de femmes et jeune filles supplémentaires dans les pays les plus pauvres à recourir au planning familial volontaire d'ici à 2020, ses initiatives allaient comprendre une distribution accrue d'implants contraceptifs.
Bien qu'il affirme s'opposer à toute forme de contrainte, il a déjà été révélé que le Département pour le développement international (DfID) contribuait au financement de stérilisations forcées dans les États indiens de Madhya Pradesh et de Bihar au cours desquelles – comme cela s’est produit dans le camp de stérilisation il y a quelques semaines – beaucoup de femmes pauvres sont mortes. [NDLR : une version amendée du texte publiée par The Guardian, précise que le DfID a protesté contre cette rédaction, assurant qu'il avait explicitement condamné les stérilisations forcées, prenant en outre des mesures pour assurer que l'aide britannique ne puisse y être consacrée.] On mentait à ces femmes, souvent issues des castes Dali, à propos de l'opération, on les menaçait de perdre leur carte de rationnement ou leur accès aux plans d’aide sociale du gouvernement, on les soudoyait avec des petites sommes d’argent, avant de les opérer dans des conditions d’insécurité épouvantables afin de remplir les objectifs fixés par le gouvernement.
La stérilisation des femmes a longtemps été le principal moyen utilisé pour mettre en œuvre des politiques de contrôle de la population de l'Inde. Pendant l’état d’urgence en Inde au milieu des années 1970, les libertés civiles étant suspendues, des hommes étaient emmenés de force vers des camps de stérilisation similaires pour y subir des vasectomie, mais cela a provoqué une opposition massive, et, au bout du compte, la défaite électorale historique du Parti du Congrès en 1977. Des recherches menées en 2005-2006 laissent penser qu’environ 37 % des femmes mariées avaient été stérilisées. Les morts officiellement répertoriées comme étant dues à la stérilisation entre 2003 et 2012 sont évaluées à 12 par mois en moyenne ; les chiffres réels pouvant être plus bien plus élevés encore. En 2012 un rapport de Human Rights Watch a prévenu que si cette politique de stérilisation n'était pas modifiée, les engagements pris par le gouvernement indien au Sommet sur le planning familial à Londres allaient conduire à de nouveaux abus et à une pression accrue sur les travailleurs de santé en vue d’atteindre ces objectifs.
Le soutien britannique à la stérilisation de masse des femmes pauvres et marginalisées qui caractérise la politique de population indienne n'est pas public. Mais un grand nombre des contraceptifs que le DfID et ses partenaires institutionnels recommandent de manière plus ouverte ne laissent pas aux femmes le droit au contrôle, et mettent leur vie en danger. Les féministes du Sud du globe et les féministes de couleur en Amérique du Nord et au Royaume-Uni ont fait campagne pendant des années contre les essais de nouveaux médicaments menés de manière contraire à l'éthique, et contre le dumping de contraceptifs injectables et implantables tels Net-En, Norplant et Depo-Provera. Ce dernier est par exemple, selon certaines sources, administrées de force à des femmes éthiopiennes en Israël.
La Fondation Gates a été critiquée de nombreuses fois pour ses étroites relations avec des géants pharmaceutiques, ainsi que pour son rôle dans le financement d’essais de médicaments et de programmes de vaccination qui se sont révélés contraire à l'éthique, et dangereux. Cela comprend des essais cliniques du vaccin HPV contre le cancer cervical, fabriqué par Glaxo SmithKline et Merck Sharp & Dohme en Inde en 2009, dont on a mensongèrement affirmé qu'il s'agissait d'une « étude d'observation post licence », pour lesquels 23.000 jeunes filles âgées de 9 à 15 ans issues de communauté pauvres ont été choisies, en se passant du nécessaire consentement parental. L’essai a été suspendu après la mort de sept adivasi – des jeunes filles indigènes âgées de 9 à 15 ans.
L'initiative actuelle du DfID avec Merck consiste à pouvoir l'implant de longue durée Implanon auprès de « 14,5 millions des femmes les plus pauvres » d'ici à 2015. L’Implanon a cessé d'être utilisé au Royaume-Uni en 2010 parce que les personnels de santé formés le trouvaient trop difficile à insérer, et l’on avait des craintes à propos de son innocuité. Outre des effets secondaires débilitants, il y avait des cas où l’implant disparaissait dans le corps des femmes. Merck a développé une nouvelle version, Nexplanon, détectable aux rayons X, mais a obtenu l’autorisation de continuer la vente des stocks existants d’Implanon. C’est ce médicament qui est promu par les programmes DfID et FNUAP dans les pays les plus pauvres, bien que ces pays affichent un déficit épouvantable de personnel de santé formé. En Ethiopie, l'un des pays cibles, les insertions massives font partie des transferts de tâches ou des auxiliaires formés à la hâte doivent jouer le rôle des médecins et des infirmières expérimentés.

Comme les approches antérieures de la question de la population, qui remontent à Malthus, celles qui sont en cours reposent sur l'idée de rendre les pauvres responsables de leur propre pauvreté, en dédouanant le capital. De même, la croissance de la population dans le Sud du globe est  reliée au changement climatique, en détournant l'attention du rôle des émissions carbone du Nord, et elle est tenue pour responsable des crises alimentaires causées par l'accaparement des terres par des sociétés transnationales et des gouvernements étrangers. Alors qu’on affirme que le contrôle de la population est lié à une mortalité maternelle en baisse et à un meilleur taux de survie des enfants, ceux-ci ne peuvent s’obtenir sans changer le modèle économique dominant, rendant possible des investissements substantiels pour rendre les soins accessibles. Mais le discours actuel sur la population insiste sur le fait que les politiques néolibérales imposées par la Banque mondiale et le FMI, où les soins ainsi que l'éducation, les systèmes d’assainissement et d’autres services publics essentiels été décimés depuis des années 1980, peuvent rester en place. Il est révélateur que l'ancien Secrétaire au développement, Andrew Mitchell, ait pu décrire les politiques de population comme étant  d'un « excellent rapport qualité-prix », citant l'exemple de la Tanzanie : il a affirmé qu'elle « aura besoin de 131.000 professeurs de moins en 2035 si la fécondité continue de baisser – ce qui économisera des millions de livres sur le long terme ».

Le contrôle de la population aujourd'hui fait en réalité partie d'une stratégie plus large du capital global, où le travail des femmes est élargi et intensifié, la responsabilité pour la survie du foyer étant de plus en plus féminisée, tandis qu’un nombre croissant de femmes sont incorporées dans des chaînes de valeur mondiale, dominées par des sociétés transnationales. C'est bien cela, et non une préoccupation à propos des droits et des choix, qui est à la racine des politiques comme celles de la DfID et de la Fondation Gates qui empêchent les femmes au Sud du globe d’obtenir un vrai contrôle de leur corps. De plus en plus, les femmes demandent la justice reproductive : cela implique d’exposer cette stratégie au grand jour et de confronter les structures de pouvoir et d’inégalité,  seul moyen d'empêcher d'autres morts comme celles qui se sont produites au Chhattigarh.









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20 novembre, 2014

Pétition de l'ECLJ pour la protection de la vie des enfants nés vivants à la suite d'un avortement

L'affaire des enfants abandonnés ou tués après avoir survécu à un avortement (j'en parlais tout à l'heure ici) se poursuit, avec un nouveau refus du Conseil de l'Europe d'y prêter attention. La pétition pour soutenir une action commune contre ce scandale est en ligne ici.

L'ECLJ (European Centre for Law and Justice) vient de publier un communiqué à ce sujet.

« Le 19 novembre, veille de la jJournée internationale des droits de l’enfant, le Commissaire aux droits de l’homme du Conseil de l’Europe a fait savoir qu’il estime que la pratique de l’infanticide néonatal ne relève pas de sa compétence et refuse de rencontrer des ONG désireuses de l’informer à ce sujet. En juillet 2014, le Comité des Ministres ne parvenait pas à se prononcer sur ce même sujet. L’ECLJ appelle à saisir l’Assemblée parlementaire : http://citizengo.org/fr/13818-condamnation-des-infanticides-neonataux 
Par un courrier du 1er novembre, quatre organisations non gouvernementales (le Bureau international catholique de l'enfance, l’Union mondiale des organisations féminines catholiques, la Fédération des associations familiales catholiques en Europe et le Centre européen pour le droit et la justice) ont demandé à M. Nils Muižnieks, le Commissaire aux droits de l’homme du Conseil de l’Europe, de le rencontrer pour lui remettre un dossier exposant le sort des enfants nés vivants après un avortement. 
Chaque année en effet, de nombreux enfants naissent vivants lors d’avortements, en particulier quand ils sont pratiqués au-delà de la 20ème semaine de grossesse. Ces enfants sont le plus souvent abandonnés à la mort sans soins, luttant pour respirer pendant parfois plusieurs heures, ou tués par injection létale ou asphyxie, puis jetés avec les déchets biologiques. Ces faits sont attestés par des données officielles et des témoignages de sages femmes. Une étude publiée dans le British Journal of Obstetrics and Gynaecology a conclu qu'à 23 semaines de gestation, le taux d’enfants survivant à l’avortement atteint 10 %.
Laisser des enfants agoniser sans soins, ou les tuer, simplement parce qu'ils ne sont pas désirés, est inhumain. C’est pourquoi, ces ONG voulaient rencontrer le Commissaire aux droits de l’homme pour lui demander de réaffirmer que tous les êtres humains nés vivant, ont le même droit à la vie et aux soins de santé, sans discrimination fondée sur les circonstances de leur naissance, conformément aux droits de l’homme.
Mais le Commissaire a refusé de recevoir ces ONG, estimant que sa compétence « ne couvre pas les questions soulevées ». Pourtant, le 15 janvier 2014, il avait pris position publiquement contre les avortements sélectifs en fonction du sexe, demandant leur interdiction pénale. En outre, la Convention Internationale relative aux Droits de l’Enfant,  dont on célèbre le 25ème anniversaire, rappelle que « l’enfant, en raison de son manque de maturité physique et intellectuelle, a besoin d’une protection spéciale et de soins spéciaux, notamment d’une protection juridique appropriée, avant comme après la naissance ».
Déjà, saisi par un député de cette violation des droits fondamentaux, le Comité des Ministres du Conseil de l'Europe, qui réunit les gouvernements des 47 Etats membres, n’avait pas réussi, en juillet dernier », à trouver un accord sur les mesures à prendre « pour garantir que des fœtus qui survivent à un avortement ne soient pas privés des soins médicaux auxquels ils ont droit (en leur qualité de personnes vivantes au moment de leur naissance) en vertu de la Convention européenne des droits de l’homme ». Certains gouvernements, par crainte de remettre en cause l’avortement tardif, refusaient de reconnaître publiquement que ces nouveau-nés ont des droits.
Le refus du Commissaire aux droits de l’homme et l’incapacité du Comité des Ministres à affirmer que tous les nouveau-nés ont le droit à la vie et aux soins de santé est une honte et manifeste un consentement tacite à l’infanticide et aux traitements inhumains.
Reste encore l’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe qui pourrait peut-être avoir le courage d’affronter ce sujet et de suppléer aux manquements du Commissaire et du Comité des Ministres.
A cette fin, l’ECLJ va saisir officiellement l’Assemblée parlementaire, conformément à la procédure de pétition prévue à l’article 65 du règlement de l’Assemblée. Cette procédure permet à tout citoyen de demander au Présidente et au Bureau de l’Assemblée d’inscrire un sujet à l’ordre du jour. 
Afin de donner du poids à cette demande auprès de l’Assemblée, l’ECLJ invite toute personne à s’associer à cette Pétition en indiquant ses coordonnées. Nous vous demandons de vous joindre à notre Pétition parce qu’il y a un besoin urgent de dénoncer ces infanticides et d’y mettre fin.

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Le Conseil de l’Europe refuse de répondre sur le cas d’enfants nés vivants à la suite d’un avortement

Voici une information de LifeSite qui m’avait échappée, peu reprise dans la presse française (je ne l’ai trouvée qu’ici) et qui prend tout son sens en cette Journée internationale pour les droits de l’enfant. On sait à quel point les droits de l’enfant à naître sont piétinés par l’avortement et par toutes les techniques qui permettent la manipulation et l’élimination de l’embryon. Mais l’infanticide demeure interdit, non ?
Voire. Les récits ne manquent pas, dans les pays européens, d’avortements volontaires « ratés » suivis de la naissance d’un enfant vivant. Rien n’autorise la mise à mort d’un nouveau-né vivant, mais dans les faits c’est bien ce qui se passe. Nombre de témoignages de professionnels de la santé attestent que dans ce cas, les nouveau-nés sont soit « évacués » avec les déchets hospitaliers même s’ils montrent des signes de vie, ou laissés dans un local pour y mourir, soit tués par étouffement ou par injection létale.
Le Comité des ministres du Conseil de l'Europe
se lave les mains de l'affaire des enfants nés vivants
à la suite d'un avortement
Ce scandale a fait l’objet de questions écrites devant le comité des ministres du Conseil de l’Europe qui depuis des mois, refuse de répondre sur le fond.
LifeSiteNews a eu accès aux documents qui rendent compte de ce refus de répondre à la suite d’une question écrite d’Angel Pintado, membre espagnol de l’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe (APCE), du Parti populaire européen. La question avait été déposée le 31 janvier dernier, en ces termes :
« Dans nombre de pays européens autorisant l’avortement tardif, il arrive que des fœtus humains naissent vivants, en survivant à leur avortement. Des infomations et des articles relatant des entretiens avec des travailleurs de santé révèlent qu’il n’est pas rare de trouver un fœtus avorté dont le cœur bat et qui se lutte pour respirer. Au Royaume-Uni, par exemple, il est rapporté qu’en une seule année on a laissé mourir 66 bébés dont l’avortement n’avait pas réussi. En Suède, un tel enfant a vécu de manière autonome pendant 90 minutes après l’avortement, et n’a reçu aucun soin jusqu’à sa mort. En Norvège, il existe des éléments de preuve montrant que certains de ces nouveau-nés auraient été viables s’ils avaient reçu les soins médicaux appropriés.
Quels actions spécifiques entend entreprendre le Comité des ministres pour garantir que les fœtus survivant à l’avortement ne soient pas privé des traitements médicaux auxquels ils ont droit – en tant que personnes humaines nés vivantes – aux termes de la Convention européenne des droits de l’homme ? »
Aucune. Aucune action en ce sens parce que les pays membres concernés ne veulent pas attirer l’attention du public sur le fait que des bébés nés vivants sont laissés à leur agonie, sans le moindre soin, ou qu’ils sont illégalement euthanasiés, parce que cela soulèverait la question des avortements tardifs au-delà du seuil de viabilité.
Il a fallu attendre le 9 juillet 2014 pour qu’une réaction, laconique, intervienne : « Les Députés ont demandé à la Présidence d’informer le Président de l’Assemblée parlementaire qu’“en raison d’une absence de consensus, il n’a pas été possible d’adopter une réponse à la Question écrite n° 655 de M. Pintado”. »
Mais on sait ce qui s’est passé auparavant, grâce aux informations publiées par LifeSite. Au départ, la question d’Angel Pintado a été traitée par le secrétariat du Comité des ministres, alors que celui-ci venait de procéder à un échange de vues, les 12 et 13 février : il avait été décidé de laisser le secrétariat préparer une ébauche de réponse en vue de discussions futures. Cette ébauche allait éluder la question : notant l’« absence de consensus » sur la question de l’avortement en Europe, elle suggérait de laisser la Cour européenne des droits de l’homme, bras judiciaire du Conseil de l’Europe, prendre la responsabilité de s’exprimer sur la question de Pintado. Cela s’appelle botter en touche.
S’ensuivit une passe d’armes où plusieurs délégations au Comité des ministres firent observer que cela ne constituait en rien une réponse à la question de Pintado qui ne concerne pas directement l’avortement mais les droits humains d’enfants nés vivants, droits protégés par la Convention européenne des droits de l’homme. La jurisprudence de la CEDH est claire : la « marge d’appréciation » des 47 Etats du Conseil de l’Europe sur le moment où commence la vie humaine et à partir duquel elle doit être protégée n’existe que pour la période précédant la naissance. Cette jurisprudence – que l’on peut trouver scandaleuse en soi, mais ce n’est pas l’objet de ce débat – s’est développée pour répondre au fait que les Etats membres ont conservé le pouvoir souverain de fixer les lois relatives à l’avortement.
Remettre l’affaire à la CEDH, ajoutaient ces délégations, revenait à l’enterrer corps et biens : seules des personnes représentant les intérêts des enfants morts peuvent saisir cette juridiction en leur nom : en pratique, il s’agit de leurs parents. Pour des raisons évidentes, s’agissant de ceux qui ont demandé l’avortement au départ, ils ne le feront jamais.
Plusieurs délégations nationales ont alors suggéré la rédaction d’une nouvelle réponse qui réaffirmerait le principe fondamental du droit universel à la vie, l’interdiction des traitements dégradants et inhumains, et le droit à l’accès aux soins sans discrimination en raison des circonstances de la naissance. Certaines d’entre elles ont même ajouté que le Comité des ministres devait inviter les Etats membres du Conseil de l’Europe à prendre en compte le seuil de viabilité dans leurs législations nationales relatives à l’avortement, ainsi que l’a récemment fait la Norvège. Les bébés prématurés nés avant 18 semaines de grossesse peuvent respirer de manière autonome pendant des minutes, voire des heures ; le seuil de viabilité fixé par l’Organisation mondiale de la santé est de 22 semaines. Mais plusieurs pays, dont le Royaume-Uni et les Pays-Bas, autorisent l’avortement, quasiment à la demande, jusqu’à 24 semaines, et en cas de malformation, l’avortement « médical » est permis jusqu’au terme de la grossesse, comme au Royaume-Uni et en France. Parmi les nombreuses  « complications » de ces avortements tardifs, celle qu’on redoute le plus est la « naissance vivante »…
Etant donné que les témoignages attestent que dans la plupart des cas ces nouveau-nés sont abandonnés jusqu’à leur mort, sans soins, ou directement tués par euthanasie, une nouvelle réponse a été préparée et soumise aux délégués du Comité des ministres le 25 juin. Pendant ce temps, la question écrite d’Angel Pintado a été discutée dans les parlements nationaux de l’Irlande et de la Pologne. Cette nouvelle réponse soulignait que tout être humain né vivant a droit à la vie et doit recevoir les soins nécessités par son état.
En pratique, nombre de ces nouveau-nés mourraient probablement quand même en raison de leur grande maturité ou des dommages causés par la procédure d’avortement, mais du moins seraient-ils entourés et recevraient-ils ainsi des soins palliatifs pendant la durée de leur courte vie. Ceux qui, réagissant bien au traitement, survivraient, pourraient être accueillis au sein de leur propre famille ou proposés à l’adoption.
C’est en accord avec la jurisprudence de la CEDH, et en l’absence de consensus à propos de l’avortement et du moment à partir de laquelle la vie prénatale doit être protégée, qu’il a été suggéré que tous les Etats membres autorisant l’avortement prennent en compte les différents intérêts légitimes se trouvant en concurrence, en ajoutant que les Etats devraient prendre en compte le facteur de la viabilité dans leurs lois sur l’avortement.
Après des mois d’atermoiements et de réponses hors-sujet, le Comité des ministres a fini par répondre, le 9 juillet, qu’il ne répondrait pas à la question écrite de Pintado, et ce malgré le fait que de nombreux Etats membres partagent ses inquiétudes.
Et c’est ainsi que le scandale de ces nouveau-nés que l’on laisse mourir va pouvoir tranquillement se poursuivre. Les dernières statistiques connues datent de 2007 et concernent ce triste chiffre de 66 bébés nés vivants en 2005 à la suite d’un avortement, et qu’on a volontairement laissé mourir. Le tollé qui l’avait accueilli avait conduit le gouvernement britannique à ne plus publier de statistiques à ce sujet. La plupart des pays occultent les données concernant les naissances vivantes à la suite d’un avortement.

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19 novembre, 2014

Le cardinal Burke affirme que c’est le diable qui sème la confusion à propos du mariage

Pour le cardinal Raymond Burke, il n’y a pas de doute : la confusion et les erreurs actuelles à propos du mariage sont l’œuvre du diable. S’exprimant devant quelque 300 délégués lors d’une conférence sur la famille et le mariage organisé par Catholic Voice à Limerick, en Irlande, il a déclaré samedi : « Même au sein de l’Eglise, il y a ceux qui voudraient obscurcir la vérité sur l’indissolubilité du mariage au nom de la miséricorde. »
Celui qui vient d’être remercié comme préfet de la Signature apostolique et renvoyé vers la fonction en l’occurrence peu honorifique de cardinal protecteur de l’Ordre de Malte est un cardinal jeune – 66 ans – qui a encore beaucoup à apporter à l’Eglise comme l’un de ses princes et fidèles serviteurs du pape. Il l’a montré en parlant clair sur les événements qui viennent de secouer à travers cet étrange synode dont il a publiquement regretté qu’il se soit focalisé sur la communion pour les divorcés « remariés », la cohabitation et le « mariage » des couples de même sexe.
Il faut écarter ces sujets, tenir ces controverses « brûlantes » « hors de la table » des discussions, a-t-il déclaré, affirmant qu’ils avaient détourné le synode de son véritable travail lors de la première session d’octobre, rapporte The Catholic Herald.
Le cardinal a rappelé que ces questions ne peuvent pas faire l’objet de discussions parce qu’elles sont déjà réglées. On ne peut envisager, en ce qui concerne l’accès à la communion, un assouplissement des restrictions imposées à ceux qui ont divorcé et qui se sont « remariés » sans faire constater la nullité de leur mariage originel : « Je ne parviens pas à comprendre comment – si le mariage est indissoluble et qu’une personne vit en contradiction avec cette indissolubilité du mariage – comment une telle personne peut être admise à recevoir la sainte communion », a-t-il déclaré.
Et de demander aux fidèles laïques d’écrire au Pape, aux autorités vaticanes, à leurs évêques, pour faire connaître leur manière de voir. Cet appel à l’action se double d’un devoir d’information et de formation des consciences ; et sur ce plan-là  le cardinal Burke est en première ligne.
Il a dénoncé avec colère la « mentalité contraceptive » qui est « contraire à la vie », l’accusant d’être à la source de la « dévastation qui chaque jour s’opère dans le monde par le jeu de l’industrie riche à millions de la pornographie », et de la « politique incroyablement agressive » du lobby homosexuel. Autant de réalités qui peuvent seulement aboutir au « profond malheur et même au désespoir de ceux qu’elles touchent ».
Le cardinal Burke s’est dit « poussé aux larmes » par les tentatives de mettre en place la « théorie du genre » dans les écoles : elle est « inique », a-t-il martelé, ajoutant qu’il ne devrait pas être permis d’exposer les enfants à une « pensée aussi corrompue ».
Mais « la société est allée encore plus loin dans sa confrontation avec Dieu et sa loi en détournant le nom du mariage pour qualifier les liaisons entre des personnes de même sexe ». C’est sous un tonnerre d’applaudissements qu’il a précisé récuser le terme de « mariage traditionnel » pour désigner le mariage entre un homme et une femme.
« Je réponds : y a-t-il une autre forme de mariage ? J’ai peur qu’en utilisant ce type de terminologie nous ne donnions l’impression de penser qu’il existe d’autres formes de mariage : eh bien, nous ne le pensons pas. » Raison pour laquelle le cardinal Burke continue d’affirmer – il l’a dit lors de la conférence de Limerick, puis devant les journalistes venus l’interroger – qu’il refusera la communion à un homme politique catholique ayant voté pour le « mariage » des couples de même sexe.

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Stérilisation infernale : la mobilisation contre Essure continue

Le ressort Essure. Synonyme d'enfer
pour beaucoup.
Plus de 11.000 femmes se mobilisent actuellement aux Etats-Unis contre les effets secondaires parfois terribles de l’implant contraceptif Essure, cette petite spirale métallique que le médecin glisse dans les trompes de Fallope pour que la scarification des tissus qu’elle provoque aboutisse à leur obstruction complète en quelque trois mois. La société Conceptus, qui l’a développée, et Bayer qui la commercialise, vantent un produit discret, sans chirurgie, sans hormones et efficace à 99 %.
Mais sur les 750.000 femmes qui l’ont adoptée, ce groupe non négligeable de 11.000 personnes regrettent amèrement leur décision. L’an dernier je signalais qu’Erin Brokovich s’était emparée du dossier. L’affaire est de nouveau sous les projecteurs dans la presse américaine où des femmes viennent témoigner, devant les caméras, de l’« enfer » qu’est devenue leur vie.
Une mère de cinq enfants parle de ses problèmes de poids, de migraines insupportables, d’hémorragies, de douleurs. Telle autre raconte comment elle se sent littéralement déchirée de l’intérieur du fait de la présence de ces corps étrangers : on lui a proposé une hystérectomie, et des traitements hormonaux… Sueurs, mal-être, douleurs de toutes sortes, fatigue chronique sont quelques-uns des effets secondaires débilitantes rapportées par des femmes en colère contre Essure. Chez certaines, l’implant a migré, endommageant d’autres organes. On compte même des grossesses : une page Facebook rassemble les photos d’enfants conçus par des femmes qui avaient eu recours à cette procédure de stérilisation.
L’affaire poursuit donc son cours avec la difficulté, déjà signalée l’an dernier, liée au bénéfice de la « loi de préemption » qui met Bayer à l’abri de toute procédure légale en réparation des dommages causés par Essure. La Food and Drug Administration ayant eu accès à toutes les études préalables à la mise sur le marché, et ce nombre étant considéré comme exhaustif et suffisant, le produit est estimé « sûr » et les femmes qui l’adoptent ne peuvent plus faire constater l’inverse.
Dans une vidéo mise en ligne par KFOR, un responsable de Bayer se dédouane à sa façon : tous les effets indésirables d’Essure étant listés dans la notice du produit, les femmes ne peuvent pas se plaindre si elles en sont victimes.


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La photo du jour

Voici un bébé « photographié » in utero au moyen de l'échographie 4D. Il s'appelle Leo Hargreaves, il a ici 31 semaines. Et il a l'air franchement heureux…




Et c'est un bébé qui a continué de sourire, dès sa naissance…

Source : ici.

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18 novembre, 2014

En 2050, on choisira la PMA comme un mode de vie

Un avenir sans « grossesses non désirées » et « sans avortements » : c’est ce que prévoit le Pr Carl Djerassi pour 2050, date à laquelle, pense-t-il, une bonne part des bébés du monde occidental naîtront par fécondation in vitro, par procréation médicalement assistée, donc. Connu comme l’un des inventeurs de la pilule contraceptive, le professeur austro-américain envisage l’obsolescence de son invention : jeunes hommes et jeunes femmes congèleront leurs gamètes, et se feront stériliser, certains de pouvoir recourir à la PMA, estime-t-il.
Dans une interview au Daily Telegraph, le scientifique justifie ses prédictions par le taux de succès grandissant des fécondations artificielles, ce qui permettra selon lui de les envisager en dehors du contexte d’infertilité, tout en rassurant la « génération mañana » sur le fait qu’elle pourra tranquillement remettre la maternité ou la paternité à plus tard – avec la certitude que sperme et ovules, prélevés dans leur jeunesse, sont de « meilleure qualité ».
A la manière d’un Jacques Attali, Djerassi croit tout pouvoir prédire – mais il est vrai que la culture ambiante pousse en ce sens. « La grande majorité des femmes qui choisiront la FIV à l’avenir seront des femmes fertiles qui ont congelé leurs ovules et remis leur grossesse à plus tard. Les femmes de vingt ans choisiront d’abord cette approche comme une forme d’assurance, qui leur procure la liberté face aux décisions professionnelles, ou en l’absence du bon partenaire, ou du tic-tac inexorable de l’horloge biologique. Cependant, je prédis que beaucoup d’entre elles décideront d’être fertilisées par IVF en raison des avancées des diagnostics génétiques préimplantatoires. Et une fois que cela se produira, l’IVF deviendra une façon normale, non-coïtale, d’avoir des enfants », pense-t-il.
Ce sera l’ultime séparation entre le sexe et la reproduction, assure cet homme de 91 ans qui aura accompagné la « libération sexuelle » des années 1960 avant d’en produire l’aboutissement logique.
Dans ces prévisions dignes du Meilleur des mondes, on voit bien la conjonction contre nature entre la maîtrise absolue de la fécondité, l’eugénisme total, et la dénaturation de la sexualité. Et de la paternité et de la maternité : combien de temps durerait l’envie d’être parents biologiques de ses enfants, si un « produit » de meilleure qualité devenait ainsi facilement accessible ? Et pourquoi, à ce moment-là, ne pas généraliser ce qui se fait déjà aujourd’hui de manière exceptionnelle : « louer » une mère porteuse pour ne pas abîmer son corps, interrompre sa carrière, vivre les affres de la grossesse ?
De toute façon, l’activité sexuelle n’aurait plus alors aucune signification : dénuée de sa finalité procréatrice, elle serait du même coup vidée de sa finalité unitive, pour ne garder qu’une dimension « récréative », sans responsabilité et sans conséquence. Un monde totalement inhumain…
Ce n'est pas cela, pourtant, que lui reprochent les nombreux articles critiques parus dans la presse britannique à la suite de cet entretien : on met l'accent sur le danger de mettre tous ses « œufs » dans le même panier, sur la manière dont de telles promesses peuvent tromper les gens sur la maîtrise absolue de la fertilité, qui reste hors de portée. Mais sur le principe ? Pas de problème !

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17 novembre, 2014

Contraception bon marché : pour inonder les pays pauvres

Les laboratoires Pfizer se sont entendus avec des organisations d'aide internationale pour créer une
version peu chère (grâce aux subventions) et facilement transportable du contraceptif injectable Depo-Provera, dont l'efficacité sur trois mois est très recherchée, paraît-il, par les femmes des régions les plus pauvres du monde, et notamment en Afrique. L'intérêt d'une injection trimestrielle étant que l'homme, au sein du couple, n'a pas à être nécessairement au courant, contrairement à ce qui se passe pour les contraceptifs oraux – et chers.

Jusqu'ici les seuls obstacles à une diffusion du Depo-Provera dans les zones reculées des pays en voie de développement était son coût et sa présentation, qui rendait l'administration par des soignants qualifiés obligatoire, et obligeait par la même les femmes à de grands déplacements, tous les trois mois, pour venir chercher leur piqûre.

Pfizer en a donc développé une nouvelle version, largement financée par des groupes comme la Bill & Melinda Gates Foundation, Children's Investment Fund Foundation et USAID ; ils aideront également à subventionner sa distribution.

Au lieu de se présenter comme une injection classique où le produit doit être introduit dans une seringue au moment de la piqûre, le nouveau contraceptif « léger », baptisé Sanaya Press, comporte une dose un peu réduite qui est conditionnée dans un système « Uniject » : une sorte de bulle de plastique avec une courte aiguille. Le produit est injecté en sous-cutané en pressant sur la bulle et peut être administré sans formation particulière.

A 1,50 $ la dose, le produit reste cher à l'aune africaine, par exemple, mais l'aide internationale fera que le produit puisse être vendu à 1 $ la dose aux institutions de santé des pays « aidés » par le biais de la stérilisation de leurs femmes… Sanaya Press devrait ensuite être administré gratuitement, ou moyennant une très petite somme, à celles qui le demandent.

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Pérou : l'avortement après le viol, c'est un double traumatisme

Lequel de ces deux êtres humains
est le fruit d'un viol ?
Les évêques du Pérou ont diffusé un communiqué sous le titre « Sauvons les deux » pour contester un
récent projet de loi qui prétend légaliser l'avortement en cas de viol, soulignant que cela aboutirait à un double traumatisme pour ces femmes.

« Nous exprimons une nouvelle fois notre défense de celui qui a le droit de naître : l'enfant conçu et pas encore né », affirme le communiqué de la conférence épiscopale.

« Le fait que la fécondation se soit produite comme conséquence d'un viol ne change en rien cette manière de juger l'avortement. L'Eglise condamne avec force toute forme de viol, et elle affirme en même temps qu'il n'est jamais légitime de tuer l'enfant conçu, même pas dans les circonstances condamnables et brutales du viol. Dans le viol suivi d'une fécondation, c'est-à-dire là où est conçue une nouvelle vie humaine, il y a deux victimes : la mère (la femme violée) et l'enfant.

« Le fruit de cet acte violent est un “enfant innocent” qui a droit à la vie et qui ne porte pas la culpabilité de cette action si brutale. Ce n'est pas “l'enfant innocent” qu'il faut punir en le tuant : il faut poursuivre et châtier le violeur avec tout le poids de la loi. »

Les évêques poursuivent : « Soumettre une mère à l'avortement en cas de viol, c'est soumettre la femme à un double traumatisme ou dommage physique, psychologique et spirituel : le viol et l'avortement. Ce dernier – c'est démontré – laisse en la femme des marques et des blessures profondes très difficiles à effacer, connues sous le nom de “syndrome post-avortement”. »

« Les cas exemplaires de femmes violées et enceintes, qui sagement et vaillamment ont choisi de protéger la vie de leur enfant, témoigne de ce que cette décision est celle qui réellement triomphe du viol, puisque c'est le choix du bien par dessus le mal, le triomphe de l'amour sur la violence. »

Ils signalent pour finir que légaliser l'avortement en cas de viol ouvrirait la porte à des abus puisque n'importe quelle union, même consentie, pourrait dès lors être présentée comme « contraire à la volonté de la femme », comme un viol ouvrant droit à l'avortement.

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Jean-Pierre Jouyet et Bernard Woolley

Rien à voir avec la culture de vie, mais je ne résiste pas.

Observez bien ces deux hommes :






Vous aurez reconnu, certainement, Jean-Pierre Jouyet.

La deuxième photo est celle de Bernard Woolley (Derek Fowlds), personnage d'une des meilleures sitcoms anglaises, Yes Minister suivi de Yes Prime Minister. Satires politiques où rien de ce qui est électoraliste ne vous est épargné. Woolley, secrétaire du Premier ministre (arrivé au faîte du pouvoir grâce à ses calculs électoraux et à sa nullité), fait l'interface avec l'inamovible toute-puissance de la haute administration. Lorsque la série passait sur la BBC, la chambre des communes se vidait : personne ne voulait rater ça.

Jouyet-Woolley : je trouve la ressemblance frappante.

Chers lecteurs anglophones, si vous avez du temps pour une agréable récréation, allez voir par !

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15 novembre, 2014

Veillées pour la vie : c'est dans quinze jours !



Le samedi 29 novembre, partout en France… Pour la cinquième fois, à l'orée du “Nouvel an liturgique”, nous prierons pour le respect de la vie.


Ainsi se perpétue l'initiative de Benoît XVI qui avait demandé en 2010 la célébration des premières vêpres du 1er dimanche de l'Avent pour la cause de la vie naissante.

Toutes les informations sont ici.


Pour trouver le rendez-vous le plus proche,
la carte des veillées déjà en place est par là.


Il est encore temps, bien sûr, de se mobiliser pour organiser une veillée plus près de chez soi, et de l'inscrire sur le site veilleespourlavie.com.

Il semble que cet appel de Benoît XVI ne continue d'être massivement entendu qu'en France, où plusieurs évêques participeront : Mgr Aillet, Mgr Carré, Mgr d'Ornellas, Mgr Delmas, Mgr Scherrer, Mgr Leborgne…


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14 novembre, 2014

Et maintenant, l'“insémination naturelle”

Cela se passe aux Etats-Unis : des hommes jeunes ou un peu moins jeunes, offrent gratuitement leur sperme aux femmes désirant procréer et qui n'ont pas les moyens de passer par les banques et des procédures médicales compliquées. Gratuitement – et naturellement : en clair, ils proposent d'avoir des relations (c'est leur récompense en quelque sorte) avec les demanderesses qui auront ainsi une bonne chance de tomber enceintes.

Kyle Gordon, par exemple, se présente comme « donneur de sperme » sur sa page Facebook, avec des photos de son enfance pour donner une idée de ce que pourraient être ses enfants. A 23 ans, cet étudiant se vante de ne pas boire, de ne pas se droguer, de ne pas fumer : il ne boit même pas de café et a adopté un régime « sperm-friendly » pour obtenir des rendez-vous n'importe où aux Etats-Unis.

Il revendique au moins une naissance grâce à ses services…

L'insémination « naturelle », c'est donc tout simplement l'acte conjugal détourné au profit des fantasmes de ces messieurs dont certains expliquent rêver non pas d'avoir quelques millions de dollars, mais quelques douzaines d'enfants.

C'est le cas d'un nommé « Joe » qui a déjà trois enfants adolescents. Il assure quant à lui avoir déjà eu une trentaine d'enfants, qu'il a engendrés grâce à une double vie, à l'insu de sa femme.

Une de ses partenaires a témoigné sous couvert de l'anonymat : elle n'avait pas les moyens de payer 700 $ pour une fiole de sperme vérifiés et dépistés : « Je m'en fiche d'avoir un mari ou un homme, je veux juste l'enfant. »

Pauvre gosse…

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Botswana : un juge reconnaît des droits aux militants LGBT

Un juge a renversé l'interdit gouvernemental qui pesait sur un groupe de lobbying LGBT, LEGABIBO, affirmant qu'il devait être enregistré comme association légale et qu'il pourra faire campagne en vue d'obtenir le changement de la législation anti-homosexuelle en vigueur au Botswana.
Le juge Rannoane (à droite) avec
le président du Botswana

Le juge Terrence Rannoane a précisé que cette législation, qui interdit les actes homosexuels au
Botswana, reste en vigueur. Mais au nom de la démocratie, il a jugé que « la liberté d'expression, le rassemblement et l'association sont des valeurs importantes » protégées par la constitution du pays.

Et d'expliquer que la décision de refuser l'enregistrement de LEGABIBO avait été prise selon la « croyance erronée que les demandeurs avaient l'intention d'accomplir des actes homosexuels, ce qui est un crime ».

On peine à croire en effet que des groupes LGBT demandent des droits en tant que tels alors en se référant à leur seule attirance subjective et privée. 


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